Montagne de Vouise, Le Paris, Tolvon, Montmain |
Les petites montagnes de Vouise (735 m.), qui domine la ville avec sa statue monumentale, de Monure et du Bois de Montmain séparent la cuvette de Voiron de celle de Saint-Nicolas de Macherin et de Saint-Étienne de Crossey. Elles sont formées par la molasse miocène et enduites de placages morainiques qui témoignent de ce que le glacier wurmien les a recouvertes jusqu'à leur sommet lors de son maximum d'extension, avant de s'appuyer sur leur flanc lors de son retrait.


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Carte de la région située au nord et à
l'est de Voiron au Quaternaire récent
Les numéros indiquent les épisodes de
retrait du front de la langue glaciaire iséroise qui occupait
la dépression de Voiron.
L'épisode de retrait 3 est subdivisé en deux sous-stades,
chacun avec sa crête morainique (M3' et M3").
Durant les épisodes de retrait 3 les eaux de la Morge s'échappent
en passant à flanc des buttes de Tolvon et de Vouise, où
elles s'enfoncent en créant les gorges (tracé fléché
entre Vouise et Croix Bayard), et s'échappent en alimentant
le lac de la dépression des Blanchisseries, au nord de
Voiron. Ces gorges de la Morge se sont encaissées plus
profondément par la suite, chaque abaissement du niveau
du front glaciaire entraînant de sa part une reprise d'érosion
de ce cours d'eau.
À l'angle nord-ouest de la carte (Chirens) est représentée
l'extrémité méridionale de la langue de glacier
rhodanienne de l'Ainan (voir la carte d'ensemble du Bas Dauphiné).
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Carte de détail
des dépôts quaternaires du Voironnais entre Charavines au nord et Saint-Jean de Moirans au sud Partie orientale (cuvette de Voiron) |
Depuis le sommet, en descendant sur le versant ouest de la montagne de la Vouise, on rencontre la succession des constituants suivants :
- Le sommet est garni par une moraine à gros blocs qui a été abandonnée lors du premier stade du retrait de Würm.

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blocs inclus dans la moraine au sommet ouest de
la montagne de Vouise
au pied de la tour supportant la statue, vus de l'ouest, depuis
l'arrivée du sentier montant le long de la falaise.
Ces blocs de grès houillers, pesant sans doute plus de 10 tonnes, proviennent vraisemblablement de la Vanoise ou de la haute Tarentaise.

Le vallonnement sommital et le sommet ouest de la montagne
de Vouise
vus du nord-est, depuis l'échine du Replat.
On distingue, à la faveur d'une coupe forestière intervenue lors de l'hiver 2006, le vallonnement qui descend vers le nord entre les deux échines morainiques sommitales. Il a, sans doute été aménagé, au stade 1, par des eaux de fonte qui s'échappaient par une brèche de la crête morainique qui se situait là où se rejoignent les sentiers N et S.
- L'abrupt situé 70 m sous le sommet, sur le versant qui regarde Voiron, est formé par un banc de plus de 30 m d'épaisseur, formé de conglomérats miocènes (inclus dans les molasses à grain plus fin qui forment la partie inférieure de la montagne). Cet abrupt se situe peu au dessus du niveau de la moraine 2, ce qui porte à penser que les eaux de fonte qui longeaient le bord du glacier à ce stade auraient bien pu, les premières, avoir entaillé cette falaise dans le bedrock (avant que, comme toutes les falaises, elle s'entretienne d'elle-même par éboulements successifs).
- La moraine du stade 2 n'est représentée ici que par un peu de matériel glaciaire (blocs mêlés d'argile) conservé sur la crête qui descend vers Voiron (sur l'épaule située à l'altitude de 620). En effet la pente est là trop forte pour que le glacier ait pu y déposer une moraine (elle aurait été nécessairement emportée d'abord par les eaux de fonte du chenal marginal, puis par les ruissellement de versant). Par contre la crête de moraine est bien visible dans les pentes du versant sud, au dessus du village de Vouise, où elle soutient un replat de prairies qui s'abaisse doucement, d'ouest en est, de 610 à 580 m. Cette disposition atteste que le glacier isérois se partageait contre l'obstacle de la montagne en envoyant une langue diffluente en direction de Saint-Étienne de Crossey.
- Les raides pentes boisées qui descendent vers l'ouest, sous la falaise sommitale, sont entaillées dans la molasse sableuse par des ravinement torrentiels datant des épisodes 4 et plus récents (voir la page "Voiron NE").
Au nord de la montagne de Vouise la moraine 2 réapparaît au delà de la zone des ravines et y forme un bel arc à concavité ouest. Deux routes la franchissent chacune par une brèche, respectivement à La Teissonnière et à La Cou. Au delà elles s'engagent l'une et l'autre dans une vallée bien calibrée à fond plat marécageux, sans ruisseau qui les drainent (étangs des Eaux Noires et vallon de la Cou, inondé l'hiver) .La première rejoint la vallée de Saint-Nicolas de Macherin au seuil de la Pensière et la seconde y débouche au village du Paris, nettement au dessus du fond de vallée, mais à la même altitude de 500 m

Cette morphologie témoigne de ce que, au stade 2 du retrait du glacier wurmien, les points bas de la crête montagneuse ont permis l'évacuation d'eaux de fonte issues de la langue glaciaire iséroise qui occupait la cuvette de Voiron. Elles pouvaient alors s'écouler en direction du secteur de la vallée de Saint-Nicolas de Macherin, alors non englacée . Cette vallée était occupée (jusqu'au niveau du seuil de la Pensière) par un lac dans lequel les cours d'eau qui s'y jetaient construisaient des cônes alluviaux deltaïques. C'est ce qui se produit notamment au Paris, où la vallée de La Cou s'épanouit en une terrasse triangulaire qui surplombe le fond de vallée, précisément à l'altitude du sommet du delta de Saint-Étienne de Crossey.(voir la page "Saint-Étienne de Crossey.").
La terrasse deltaïque du Paris est alimentée en outre par une courte vallée morte affluente issue du col entre les villages de Vouise et de Tolvon. A sa naissance (c'est-à-dire du côté sud) cette vallée morte est comme suspendue au dessus des gorges de la Morge et de la dépression de Coublevie : c'était là, en effet, que se trouvait alors la langue glaciaire qui émettait les écoulements qui ont creusé ce vallon (voir la page "Voiron nord-est").
Le vallon de La Cou est sans doute l'un des exemples les plus convaincants que l'on puisse voir de vallée morte créée par l'action des eaux de fonte glaciaires. On en trouvera ci-dessous quelques images, se succédant depuis l'amont vers l'aval :

Le vallon est vu d'enfilade depuis la brèche
de la crête morainique d'où s'échappaient
les eaux de fonte provenant du glacier (situé dans le dos
de l'observateur).
Noter le large fond plat et l'absence totale de cours d'eau (en
hiver il se forme même un lac provisoire à l'emplacement
des cultures)

La vallée morte de La Cou
vue de l'aval, de l'est, depuis le un point 300 m à l'ouest
du village du Paris.
Vue symétrique de la précédente, prise environ à 1 km en aval de la brèche de la crête morainique d'où s'échappaient les eaux de fonte (masquée par les arbres de gauche)

La vallée morte de La Cou reçoit en affluent
le tronçon de vallée morte qui provient du col entre
Tolvon et Vouise. Les deux vallées, confluentes au village
du Paris, évacuaient vers la gauche les eaux de fonte du
glacier Isérois, dans le lac de Saint-Étienne de
Crossey.
L'abrupt du versant droit de la butte de Tolvon, qui domine le
village est formé par un banc de conglomérats qui
est très vraisemblablement la suite de celui de la Vouise.

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Le versant sud-occidental de la vallée de Saint-Nicolas
de Macherin (partie méridionale)
vue du nord, depuis les pentes dominant le village du Bergureuil
Le Bois de Montmain est séparé de la butte de Tolvon par la vallée morte de la Cou qui débouche au village du Paris, où son fond est suspendu au dessus de celui de la vallée de Saint-Nicolas. C'est par cette vallée de la Cou que se déversaient dans le lac de Saint-Étienne de Crossey les eaux de fonte provenant de la dépression de Voiron (alors remplie par la langue de glace iséroise) et qu'elles y formaient un petit delta en bordure de ce lac.
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