Croix-Bayard |
La route N.520 menant de Voiron à Saint-Étienne
de Crossey passe, au lieu-dit Croix Bayard, un col qui correspond
à une entaille dans la moraine M3 qui ceinture le vallum
de Coublevie (voir la page "Coublevie").
Cette brèche naturelle, créée vraisemblablement
par un effluent d'eaux de fonte du glacier, a été
réentaillée pour le passage de la route, ce qui
permettait d'observer la constitution de la moraine (cette observation
est considérablement gênée désormais
par les aménagements apportés au site).

En fait on constate que, au sud de cette brèche, cette crête morainique se dédouble. Ceci est certainement lié au fait que le vaste espace plat ouvert devant le glacier par la dépression de Saint-Étienne de Crossey permettait à la marge de la glace de se déplacer horizontalement de façon importante à la moindre oscillation du niveau de la glace.

Du côté externe (NE) de la
crête morainique une petite carrière avait été
ouverte, dans les années 60, 150 m à l'est de l'embranchement
de la route menant à Voiron par les gorges de la Morge.
On y constatait la constitution à caractère très
fluviatile des couches, bien litées et à matériel
bien classé par calibre, sauf en ce qui concerne la couche
supérieure (qui garnit le flanc droit de l'affleurement)
qui est formée de matériel morainique à galets
striés.

Du fait de leur position externe par rapport
à la moraine M3 ces dépôts sont rapportables
à l'alluvionnement fluviatile qui s'est produit en bordure
de la langue de glace pendant son retrait de la position 2 à
la position 3. Leur caractère très fluviatile conduit
à les attribuer à une terrasse
marginale qui serait donc S3.
L'inclinaison des couches (en direction de la position occupée
par la glace) suggère l'intervention d'un processus est
classiquement connu dans les "terrasses de kame" qui
s'accumulent en marge d'un barrage glaciaire : ces couches, déposées
plus horizontalement, devaient s'appuyer sur la glace et c'est
la fonte de cette dernière qui a été la cause
de leur basculement.
Le front de taille y montrait, avant qu'il ne se dégrade, d'intéressants détails de la constitution et de la géométrie des couches alluviales.

On y voyait que ces couches sont affectées de micro-failles, certaines inverses, ainsi que de plis déversés résultant de l'amortissement de ces cassures vers le haut.


Ces déformations peuvent résulter de glissements associés au basculement des couches. On peut aussi se demander si, en outre, ces couches n'ont pas fait l'objet d'une compression lors d'une avancée passagère du glacier au cours de l'épisode de "stationnement" du front glaciaire qui a construit la moraine M3. La couche supérieure, formée de matériel morainique témoigne peut-être de cette poussée glaciaire.
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