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Les Gorges, La Garenne, Orgeoise


pentes nord-orientales de la cuvette de Voiron
voir la page de vues d'ensemble sur le site de Voiron

Les pentes nord-orientales de la cuvette de Voiron, qui culminent avec les petites montagnes de Monure et de Vouise (voir la page "Vouise"), ont un soubassement de molasse miocène, conglomératique dans les pentes supérieures, sableuse au contraire dans les basses pentes.


version plus grande, muette, de cette image
La partie orientale de la cuvette de Voiron
vue du sud, d'avion (altitude de vol = environ 800 m) en 1967.

Le bedrock de molasse miocène affleure dans les pentes des reliefs dominant la ville. Il est recouvert par les alluvions glaciaires et fluviatiles dans la dépression où s'étend l'agglomération.


Les gorges de la Morge entaillent abruptement ce soubassement de molasse sableuse qui y affleure largement.

La rive droite des gorges de la Morge
vue du sud-est, depuis la route de l'hôpital, en rive gauche

Falaise de molasse sableuse homogène, ça et là mieux consolidée en strates gréseuses plus résistantes, lenticulaires

Ces gorges ont été creusées, à partir du stade 3, par les eaux qui s'échappaient alors du lac de Saint-Étienne de Crossey. En effet ces eaux ont été repoussées contre les pentes de la Vouise parce qu'elles devaient contourner la langue glaciaire occupant la dépression de Coublevie (voir la page "Coublevie") pour s'écouler vers l'aval du glacier (vers l'ouest).


figure plus grande
Carte de la région située au nord-est de Voiron au Quaternaire récent

Les numéros indiquent les épisodes de retrait du front de la langue glaciaire iséroise qui occupait la dépression de Voiron. À l'angle nord-ouest de la carte est représentée l'extrémité méridionale de la langue de glacier rhodanienne de l'Ainan (voir la carte d'ensemble du Bas Dauphiné).
L'épisode de retrait 3 est subdivisé en deux sous-stades, chacun avec sa crête morainique (M3' et M3"). Durant les épisodes de retrait 3 les eaux de la Morge s'échappent en passant à flanc des buttes de Tolvon et de Vouise, où elles s'enfoncent en créant les gorges (tracé fléché entre Vouise et Croix Bayard), et s'échappent en alimentant le lac de la dépression des Blanchisseries, au nord de Voiron. Ces gorges de la Morge se sont encaissées plus profondément par la suite, chaque abaissement du niveau du front glaciaire entraînant de sa part une reprise d'érosion de ce cours d'eau.


Elles se sont approfondies depuis, par encaissement sur place du cours de la rivière. En effet dès que son lit s'est creusé dans la molasse, qui est un matériau très homogène, la Morge n'a plus eu, avant Voiron, de possibilité ni d'occasion de trouver un raccourci pour rejoindre plus directement la vallée de l'Isère.

Les gorges de la Morge
vues d'aval, depuis leur rive droite (pentes de la colline de Vouise).

Lors de l'épisode de retrait qui a abandonné la moraine M3" la Morge, repoussée à l'extérieur de l'emplacement du glacier, a suffisamment creusé pour entailler, dans le bedrock* molassique, un sillon parallèle au flanc de la cuvette de Coublevie. Ultérieurement elle a conservé ce tracé, en s'encaissant progressivement sur place (au lieu de crever la crête morainique abandonnée pour s'écouler plus directement vers Coublevie et la vallée de l'Isère).

Au nord-ouest des gorges les raides pentes boisées de la montagne de la Vouise, qui descendent vers l'ouest (La Garenne), sont également formées de molasse sableuse. Elles montrent une typique morphologie de petits ravins qui sont des chenaux d'écoulement torrentiels et s'épanouissent vers le haut, sous la falaise sommitale, en "entonnoirs de réception". Plus bas, dans le secteur déboisé à pente plus douce (maintenant envahi par l'urbanisation) ces petits ravins débouchent sur le replat de La Garenne en créant un système des cônes de déjections coalescents.
On peut remarquer que la surface de ces cônes alluviaux se raccorde sans discontinuité avec celle de la terrasse supérieure de La Garenne (
voir ci-après). Cela veut dire que l'activité torrentielle qui a raviné ce versant s'est pratiquement terminée lorsque s'est formée cette terrasse (c'est-à-dire au stade 4 de la chronologie du retrait glaciaire). Seul le petit ravin le plus méridional a encore une activité et entaille la terrasse de la Garenne.


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le versant occidental de la montagne de Vouise
vu depuis la colline de Charauze (au nord de la ville)

Dans les basses pentes, déboisées, de la Vouise et de Monure le bedrock molassique est masqué par des dépôts alluviaux quaternaires. Ces derniers montrent, en contrebas de la moraine 2 qui barre le vallon du Noyer Vert, un étagement de replats plus ou moins nets, qui ont été abandonnés en marquant les niveaux successifs qu'atteignait la marge de la langue glaciaire dans cette dépression au cours du retrait würmien.

Ces dépôts se singularisent avec ceux du versant septentrional de la dépression de Voiron(voir la page "Verdin"), par l'absence de crêtes morainiques.
Cela vient de ce que, aux stades 3 et plus récents, les eaux de la Morge, augmentées de celles de la fonte de la langue glaciaire, ont formé là un lac en marge nord du glacier. Ce lac remplissait le diverticule septentrional de la cuvette de Voiron, libéré par le retrait de la langue glaciaire qui s'y engageait auparavant. À cette époque l'actuelle "zone industrielle des Blanchisseries" représentait alors une ébauche d'ombilic* obturé du côté sud par la glace qui n'occupait plus que l'emplacement de la ville de Voiron. Le bord septentrional de la masse de glace trempait donc dans l'eau du lac, de sorte que les matériaux morainiques s'y diluaient dans l'eau et n'y ont pu former aucune crête morainique.
Les eaux de ce lac ne pouvaient s'en échapper que par l'ouest de la cuvette de Voiron, ce qu'elles firent en y creusant les vallées mortes qui entaillent maintenant ces collines. Les étapes du retrait de la glace occasionnèrent des baisses résultantes du niveau des eaux, qui se sont enregistrés par la construction d'une série de terrasses fluvio-lacustres étagées.


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Faubourgs et pentes septentrionales de Voiron
vus du sud-ouest, depuis Saint-Olive (cliché datant de 1962)

L'altitude de prise de vue est celle du sommet de la terrasse de La Garenne (dont on ne voit donc pas la superficie).

La terrasse de la Garenne est la terrasse principale, la plus remarquable et la mieux dessinée. Elle s'est formée lors de l'épisode stadiaire 4S, et elle est dominée du côté NE (Orgeoise, Noyer Vert) par des banquettes surélevées de quelques mètres et de bien moindre surface, qui correspondent aux étapes de retrait immédiatement antérieures.
Jusqu'aux années 80 (avant qu'elle soit envahie par les constructions) le rebord de la terrasse principale offrait, à la faveur de petites carrières, des coupes de ses dépôts, ce qui permettait d'y observer des dispositions sédimentaires intéressantes.

Coupe de la partie supérieure des dépôts de la terrasse de La Garenne

Succession fluvio-lacustre, à stratification sub-horizontale avec, vers le bas, prédominance de dépôts fins, de décantation dans des eaux calmes (lac) et, vers le haut, apports plus grossiers abandonnés par des courants fluviatiles, lorsque la dépression commence à être comblée.
Au sommet, la lentille de cailloutis (consolidés en conglomérat) correspond à l'un des chenaux qui parcouraient le sommet de la terrasse pour en gagner le bord occidental et évacuer leurs eaux par les vallées mortes qui entaillent les collines à l'ouest de Voiron.


Un diapir* à l'échelle métrique, dans les sables de la partie basse de la terrasse de la Garenne
à mi-distance de l'église Saint-Pierre et de l'angle sud-ouest du périmètre du collège de La Garenne.
cet affleurement n'est plus visible, la carrière ayant été comblée et incorporée à une propriété privée.

Sous le poids des couches supérieures, le sable limoneux non consolidé, encore gorgé d'eau, a localement giclé vers le haut en rebroussant et en perçant une croûte sableuse mieux indurée.



Carte de détail des dépôts quaternaires du Voironnais
entre Charavines au nord et Saint-Jean de Moirans au sud
Partie orientale (cuvette de Voiron)
commentaire explicatif. Image de taille plus réduite

Documents sur le quaternaire du Bas Dauphiné
Pour en savoir plus sur les dépôts morainiques et fluviatiles des environs de Voiron et du seuil de Rives, voir la publication n° 163
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille "Voiron".

Le Verdin

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