Tours Saint-Jacques, Pont de l'Abîme |
La cluse de Bange, ouverte par le Chéran entre l'extrémité méridionale du Semnoz et la montagne de Bange, montre, à l'ouest de la localité d'Allèves, deux curiosités touristico-géologiques : le Pont de l'Abîme et les Tours Saint-Jacques.

Le Pont de l'abîme enjambe, à son débouché aval, la profonde gorge du Chéran. Les appuis de ce pont reposent sur une barre d'Urgonien qui appartenait à la retombée occidentale de l'anticlinal du Semnoz, mais qui a été renversée et séparée du reste du pli par le chevauchement "frontal" des Bauges.
On traverse ce dernier accident, le long de la route de rive droite (D.5), peu à l'ouest de la localité d'Aiguebelette : la surface de chevauchement passe entre les affleurements des calcaires du Fontanil, en disposition renversée sur l'Hauterivien, et les premiers affleurements (les plus occidentaux) du Berriasien marneux de coeur du pli, à schistosité de flanc normal.

Les Tours Saint-Jacques sont des monolithes de calcaires du Fontanil qui surgissent en rive droite de la cluse de Banges, à l'aplomb du village d'Aiguebelette.
Il s'agit d'un typique ensemble de "paquets tassés"*, isolé comme un gâteau au coeur d'un véritable cirque à plancher incliné vers le Chéran (vers le sud) et centré sur le village d'Allèves. Ce cirque est cerné par une barrière de falaises de calcaires du Fontanil en forme de croissant de lune ouvert vers le sud, qui représente la crevasse d'arrachement principale de la masse glissée.
En fait tout le fond du cirque est occupé par du matériel glissé, mais une partie de ce matériel est très fragmenté (comme cela se produit dans les éboulements). D'autre part les masses non disloquées sont partagées par des crevasses secondaires en plusieurs paquets que séparent des vallonnements. Les tours ont été détachées les unes des autres par des crevasses de troisième ordre, qui se sont seulement entrebâillées à l'occasion de ce glissement.

L'origine de ces glissements est le fait que
la dalle de calcaires du Fontanil possède là, à
la voûte de l'anticlinal du Semnoz, un net pendage vers
le sud . Or, dans cette direction, elle a été sapée
par le Chéran lorsque celui-ci s'est encaissé en
entaillant la cluse. Cela a déclenché le glissement
d'une partie de cette dalle, sur les marnes du Berriasien, en
direction du thalweg de la rivière.
Ce processus est tout à fait équivalent à
celui qui a créé les chaos*
de Chartreuse.
|
|
|
|
|
|
||
|
|
|
|
|
|
|
|