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col des Aravis et ses crêtes septentrionales

partie méridionale du chaînon des Aravis, au nord du col des Aravis

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Les sommets de la terminaison méridionale du chaînon des Aravis proprement dit, au nord-est de La Clusaz et du col des Aravis ont une structure d'ensemble très simple : il s'agit toujours d'un crêt* à regard sud-est qui correspond au flanc oriental du grand synclinal de Serraval de sorte que les couches y sont disposées en série stratigraphique continue, inclinée vers le nord-ouest d'environ 30°.

Le col des Aravis correspond à une profonde entaille qui tranche orthogonalement cette succession de couches. Elle leur fait dessiner un V topographique* accusé, notamment en ce qui concerne la barre urgonienne (en outre, au fond de l'entaille, cette barre est complètement effacée sur plusieurs centaines de mètres de large et masquée par des alluvions glaciaires).

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La trouée du col des Aravis vue du sud-ouest, depuis le belvédère aménagé à l'arrivée du télésiège de l"Étale 2000" (alt.1980, sur l'arête nord de la pointe de Merdassier)

Le versant nord est du col donne une bonne coupe naturelle, qui permet d'apprécier l'épaisseur des différents termes de la succession stratigraphique, sachant qu'il y a 1000 m de dénivellation entre le col et le sommet de l'Aiguille de Borderan.
Noter que le col n'est pas situé au point le plus bas du crêt urgonien, mais nettement plus à l'est, dans les marnes du Valanginien (masquées en fond du vallon par un garnissage de matériel morainique
On voit que la trouée du col a une section transversale en U avec deux versants très escarpés séparés par un assez large fond plat bien calibré.

Le col lui-même se situe à l'extrémité orientale d'un vallonnement assez ouvert et peu incliné, orienté NW-SE (c'est-à-dire transverse aux crêtes). Ce vallon présente, notamment au niveau de la traversée de la barre urgonienne (à son extrémité occidentale), une section transversale en U assez caractérisé : ce trait de relief, de cachet glaciaire, indique qu'il a subi le passage d'une langue glaciaire (qui diffluait sans doute depuis le val d'Arly vers l'intérieur des Bornes).
L'entaille de la barre urgonienne au niveau du col ne correspond à aucun accident tectonique : elle a peut-être été créée originellement (avant son aménagement par les glaciers) par le passage d'un ancien cours supérieur du Borne, qui se serait encaissé dans la traversée de cette barrière rocheuse, en s'écoulant depuis des reliefs occupant anciennement l'emplacement du val de l'Arly (ces reliefs ont été depuis arasés puis transformés en combe monoclinale par le creusement du lit de cette rivière)

Au nord du col des Aravis le crêt n'est armé par l'Urgonien qu'en ce qui concerne les sommets les plus méridionaux (Aiguille de Borderan, Les Parrossaz). Plus au nord la dalle urgonienne est fortement ébréchée et la crête elle-même (Grande Balmaz, Roualle, Tête Pelouse) est alors sculptée dans les calcaires argilo-siliceux de l'Hauterivien.

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L'extrémité méridionale de la crête des Aravis, au nord du col des Aravis vue de l'est, depuis le sommet du Mont de Vorès (Beaufortain septentrional), par dessus les reliefs mous des collines jurassiques de rive droite de l'Arly.
f.T = faille extensive du vallon des Torchères


Sur le revers nord-ouest de la crête principale l'Urgonien arme encore les contreforts des crêtes secondaires et barre les basses pentes des vallons dans lesquels la dalle urgonienne a été fortement disséquée par des glaciers locaux (ce sont de typiques combes glaciaires à profil en U, fermées à l'aval par des bourrelets morainiques).

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Le versant ouest des crêtes des Aravis, au nord du col vu du nord-ouest, depuis le sommet du Mont Lachat de Châtillon (La Clusaz se situe à l'extrémité droite du panorama embrassé par le cliché, derrière la Tête du Danay).
L'Urgonien "grimpe à l'assaut" de la crête principale, souvent taillée dans l'Hauterivien, en formant l'ossature des crêtes secondaires qui séparent les anciennes vallées glaciaires, dont le fond est creusé, jusque très bas, dans l'Hauterivien (les flèches symbolisent la position de la langue du glacier, dans son ombilic* frontal).
Ces crêtes et vallons secondaires sont coupés transversalement par la faille de la Pointe Percée (f.PP). La faille de la Grangeat (f.G) passe plus bas, au débouché des vallons, et coupe en biseau le contact stratigraphique entre Nummulitique et Sénonien.
a.MD = anticlinal du Mont-Durand (que coupe, plus à l'ouest, c'est-à-dire plus à droite, la cluse de La Clusaz)


Les seuls accidents tectoniques qui affectent ce monoclinal sont des cassures extensives orientées NW-SE et pentées d'environ 45° vers le sud - sud-ouest. Bien que leur rejet soit très modeste (environ 100 m pour la plus importante, la faille du vallon des Torchères), ce sont elles qui ont visiblement guidé le travail de l'érosion lors de l'ouverture des combes du versant nord-ouest car elles s'y inscrivent en suivant sensiblement le tracé de ces failles.

Par leur orientation et leur sens de rejet ces failles apparaissent à l'évidence comme les représentants les plus septentrionaux du système de cassures extensives du Charvin et de l'Étale. Sur l'ensemble de ce faisceau de cassures le rejet décroît régulièrement d'importance depuis la faille de la Goenne (qui a le plus fort rejet) jusqu'à celle de Tête Pelouse, où le rejet n'est que pluri-décamétrique. Il est clair que cela traduit un amortissement progressif des effets de cette extension, du sud-ouest vers le nord-est, à partir de l'accident majeur du système qui est la faille de la Goenne.

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L'extrémité orientale du chaînon des Aravis au nord du col des Aravis vu du nord-est, depuis l'épaule 2194 sur l'arête sud-ouest de Croise Baulet.
f.R = faille de la Roualle ; f.P = faille de Pelouse


Dans les pentes inférieures du versant nord-ouest, qui tombent sur le vallon des Confins de la Clusaz, la dalle urgonienne, ici conservée est affectée par le prolongement extrême méridional de la faille de l'Aiguille Percée, dont le tracé traverse le versant en biais pour rejoindre le pied des abrupts à l'entrée de la Combe du Grand Crêt. Son tracé se repère assez bien car les pitons inférieurs des crêtes qui séparent les combes parallèles de ce versant montrent une torsion synclinale ouverte vers l'ouest qui correspond au crochon des couches contre cette faille.

La disparition du tracé de cette faille au sud de la Combe du Grand Crêt, alors qu'elle devrait y affecter les couches apto-albiennes et sénoniennes sous lesquelles s'enfonce ici la dalle urgonienne, est intrigante. Elle semble due à ce que les couches sénoniennes ne sont pas affectées par la faille. En ce cas cela veut dire qu'elles la cachettent* et par conséquent qu'il s'agit d'une faille dont le fonctionnement a été antérieur au Sénonien.


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Carte géologique très simplifiée des abords septentrionaux du col des Aravis
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

Carte géologique à consulter : feuille Annecy-Ugine


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