versant sud du col des Aravis, Pointe de Merdassier |

On observe qu'en bordure sud-ouest de ce vallon court une cassure, la faille du col des Aravis **, orientée NW-SE, qui s'avère parallèle et de même rejet extensif que les autres failles transverses du chaînon et en particulier à la faille de Merdassier (voir ci-après). L'identité d'orientation entre le tracé de cette cassure et celui du vallon du col porte à penser que le tracé de la faille à dirigé celui de ce vallon. Mais la présence de cette faille n'a pas pu, à elle seule, être à l'origine de l'ouverture de l'énorme brèche du col des Aravis, d'autant que d'autres cassures plus importantes de la même famille coupent le chaînon en d'autres points sans déterminer de pareils effets. Il est plus vraisemblable que la vallée du Nom et le col des Aravis aient été creusés, à une époque ancienne du Quaternaire où la vallée de l'Arly n'existait pas encore, par un cours d'eau qui descendait de crêtes situées alors plus à l'est, quelque part dans le prolongement méridional de l'actuelle chaîne du Mont-Blanc. Cette entaille originelle a dû être aménagée ensuite par le passage de langues glaciaires à l'occasion des glaciations successives..
** Le tracé de la faille du col des Aravis court à flanc des pentes des "envers des Aravis", au pied des abrupts de Merdassier (voir cliché ci-dessous). On ne peut en fait l'observer qu'aux deux extrémités de ce versant, là où s'interrompt la jupe d'éboulis qui en garnit le pied, c'est-à-dire au sud-est (sur l'échine des Plachaux), où il décale les couches du Tithonique et du Berriasien, et au nord-ouest (dans le secteur des sources du Nom), où il décale les couches du Nummulitique et du Sénonien.
La Pointe de Merdassier (2413 m.) est le premier sommet (le plus septentrional) que l'on rencontre sur la longue crête qui mène, depuis le col des Aravis, jusqu'au Mont Charvin. Il ne représente en fait que la première indentation d'un même crêt* à pendage ouest qui culmine plus au sud avec le sommet de L'Étale (2483 m.).
Ce crêt regarde vers l'est, où ses abrupts entaillent les couches successives de la série sédimentaire, tandis que son revers ouest est ici formé par la dalle structurale du sommet des calcaires nummulitiques, qui descend régulièrement jusqu'au col de Merdassier (où elle disparaît en s'enfonçant sous les flyschs nummulitiques).
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Le versant occidental de la Pointe de Merdassier et le cirque
de la Blonnière, vus de l'ouest, depuis le col de Plan Bois (pied nord de la
Montagne de Sulens)
f.M = faille de Merdassier ; f.MN = faille nord de Merdassier
Le côté droit de la crête de Merdassier (son
revers sud) correspond sensiblement au plan de cassure de f.M,
à peine décapé par l'érosion. L'orientation
de la prise de vue est est effet peu différente de celle
du miroir de faille, qui est vu presque d'enfilade.
L'ébréchure 2166 qui sépare la Pointe de Merdassier du sommet 2356 de "la Blonnière" (sans nom sur les cartes) est causée par le passage d'une importante faille de Merdassier. Elle pend vers le sud, de sorte que son tracé traverse la crête en dessinant un chevron* pointant vers le nord. Elle abaisse le Nummulitique du sommet 2356, en le décalant cartographiquement vers le sud-est, par rapport à celui de la Pointe de Merdassier et détermine, en versant ouest, le ravin principal de la Blonnière.
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La partie
des abrupts orientés vers le nord-est dans le versant oriental du sommet de Merdassier, vue du nord, d'avion.
f.M = faille de Merdassier ; f.MN = faille nord de Merdassier ; f.A =
faille principale de l'Arcalod ; s.S = synclinal de Serraval
(au coeur duquel est logée la klippe de Sulens).
La faille nord de Merdassier a un rejet de même sens, mais
d'amplitude moindre, que la faille de Merdassier principale. Elle
fait avec cette dernière un angle voisin de 15°, ce
qui porte à l'interpréter comme une faille de second
ordre, du type dit "de Riedel"*, formée en même
temps que la faille principale.
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Les failles transverses au chaînon de L'Étale sont de splendides exemples de failles extensives*, qui sont dotées d'un rejet de plusieurs centaines de mètres (à peu près égal à l'épaisseur de l'Urgonien). Deux détails sont à
remarquer : En fait ces failles représentent les prolongements les plus septentrionaux du faisceau des failles de l'Arcalod, qui ont également fonctionné originellement en extension NNW-SSE (voir la page "Aravis sud")). Le raccord entre ces deux faisceaux de cassures s'incurve pour contourner par le nord la montagne de Sulens, qui est abaissée vers le sud-est par ce système de cassures. (voir la publication n°181) |

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