Le linéament briançonnais oriental |
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à consulter pour suivre cet exposé : carte d'ensemble du Briançonnais, carte du massif d'Escreins et carte de la Haute Ubaye-Haute Maira Son contexte général est présenté dans la page exposé d'ensemble sur la tectonique de la région briançonnaise |
Dans toute la zone briançonnaise des
failles longitudinales recoupent les nappes et les plis
de rétrodéversement. Elles sont parallèles
à l'allongement de la zone, donc à ses plis et à
ses surfaces de chevauchement, ce qui ne les rend parfois pas
évidentes à observer. C'est notamment le cas dans
les secteurs du Briançonnais oriental, où ces surfaces
de chevauchement sont souvent basculées aux abords de la
verticale, fait qui a eu pour conséquence que l'on a tendance
à confondre ces failles tardives avec les chevauchements
des nappes élémentaires.
A la latitude du Briançonnais proprement dit on peut en
distinguer deux groupes :
- Un premier groupe, occidental, est constitué par
le faisceau de la faille de la Durance, dont le tracé
a dirigé le cours de la vallée de la Durance en
aval de L'Argentière. Bien défini dans la région
de Guillestre ce faisceau de failles semble d'amortir au nord
de L'Argentière, encore que la plus orientale, la faille
de Trancoulette, se suive au delà à travers
toutes les montagnes du massif de Montbrison et de Serre Chevalier.
- Un second groupe affecte la partie orientale de la zone
briançonnaise : c'est celui qui sera plus spécialement
étudié ci-après. Il constitue un faisceau
de cassures espacées les unes des autres de quelques kilomètres.
Mais ce faisceau de cassures ne représente en fait qu'un
tronçon d'un grand linéament que l'on peut suivre
depuis le val
Maira (en Italie), en passant par la Haute
Ubaye et le Queyras occidental ("faille de Ceillac"),
et la Vanoise ("cicatrice de Chavière"
en marge orientale de la zone houillère de la Vanoise)
jusqu'en Tarentaise. En raison de cette grande continuité
longitudinale, il est proposé de le désigner du
nom de "Linéament* briançonnais oriental".
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Carte géologique très simplifiée du Briançonnais au sens très large montrant le tracé des principales cassures constituant le linéament briançonnais oriental (légende commune au schéma structural des Alpes)
figure encore |
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1/ A la latitude du Briançonnais proprement dit la plus marquante des cassures de ce faisceau est la faille de la Clarée. Il s'agit d'un couloir fracturé, orienté presque N-S, qui est large souvent d'une ou plusieurs centaines de mètres et sur lequel se branchent quelques failles satellites. Il est souligné par des affleurements souvent importants de gypses et de cargneules, hébergeant des corps plus ou moins lenticulaires de terrains variés, en prédominance rattachables aux "écailles intermédiaires" du domaine ultra-briançonnais.

Deux autres failles, comparables et à peu près parallèles à la faille de la Clarée et inclinées comme elle vers l'ouest, se suivent également du nord au sud du Briançonnais oriental (voir la carte nord et la carte sud de ce secteur); ce sont à l'ouest la faille de Lenlon et à l'est la faille des Acles (voir la page Acles).
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Ces cassures ont pour caractéristique
remarquable de trancher les charnières des plis rétrodéversés
qui affectent les nappes briançonnaises, ce qui signifie
clairement que leur formation est encore plus récente
que le rétrocharriage du Briançonnais sur le domaine
piémontais. Elles ont un très fort pendage
vers l'ouest, pendage qui s'atténue en général
vers le haut, ce qui semble dû à une déformation
tardive en rétro-déversement (basculement
vers l'est). Leur jeu semble avoir été principalement
extensif, avec des rejets pluri-hectométriques, mais comportait
vraisemblablement aussi une composante coulissante. Ce phénomène, particulièrement favorisé
par le contexte extensif, implique que des masses gypseuses susceptibles
d'alimenter ces remontées existaient en profondeur : il
s'agit probablement du prolongement (en position renversée
sous les nappes briançonnaises rétrocharriées)
de la "nappe des gypses" on désigne souvent
ainsi la semelle gypseuse que l'on trouve en Maurienne (en amont
de Modane) sous la nappe des schistes lustrés. On notera également que c'est le long de ces cassures que s'observent la plupart des affleurements rattachables aux "écailles intermédiaires" du domaine ultra-briançonnais : on peut penser que ces lambeaux, dont la répartition précise et la disposition sont souvent assez capricieux, ont sans doute été entraînés vers le haut, probablement de façon assez chaotique, avec ces remontées diapiriques. 2/ Le tracé de ce linéament du Briançonnais oriental peut être suivi tronçons par tronçons, à partir du secteur proprement briançonnais, vers le nord comme vers le sud, malgré quelques petites ambiguïté sur les correspondances exactes entre les cassures observables aux différentes latitudes : a) Vers le nord les deux failles de la Clarée et des Acles traversent la partie amont de la vallée de Bardonecchia, en encadrant le chaînon des Rois Mages (voir la carte de ce secteur). ![]() même fenêtre Le chaînon des Rois Mages et ses abords sud-orientaux en versant italien vus d'enfilade, du sud - sud-est, depuis le col des Acles (frontière franco-italienne à l'est de Névache) u.B = unité briançonnaise de Roche Bernaude ; u.GB = unité briançonnaise de Gran Bagna ; u.B = unité briançonnaise des Sette Fontane ; u.PE = unité piémontaise externe des Rocce del Rouas et du Grand Argentier ; u.L = unités ligures. a.G = anticlinal couché de la Pointe Gaspard ; s.B = synclinal couché de la Roche Bernaude. ØGB = surface de chevauchement (renversée) de l'unité briançonnaise de Gran Bagna ; ØPE = surface de contact tectonique (renversée) de l'unité u.PE avec u.GB. Il est à remarquer que dans ce secteur il décrit un coude presque brutal en passant d'un azimut N165 au sud à N10 au nord, ce qui représente une inflexion de 25° dans le sens de l'arcuature des Alpes (voir la carte à la page "cartes de Maurienne"). En rive droite de l'Arc des cassures similaires déterminent le vallon de Polset et le col de Chavière (voir la page Chavière) puis la vallée du Doron de Pralognan, dont il s'écarte un peu vers l'ouest à Pralognan pour se diriger vers Bozel en suivant les abords de la crête de La Portette - Dent de Villard. On le connaît là sous le nom de "cicatrice de Chavière - Champagny" et il y sépare deux domaines bien différents par leur socle paléozoïque, la Vanoise occidentale (zone houillère briançonnaise) et la Vanoise orientale méridionale (massif de Chasseforêt) puis septentrionale (massif de Bellecôte) Plus au nord encore, en Tarentaise, dans les pentes orientales de la station de La
Plagne, la trace du linéament briançonnais
oriental semble se perdre, car elle ne pénètre
pas, au delà de son intersection avec le chevauchement
septentrional de la Vanoise orientale, dans le soubassement de
ce chevauchement (c'est-à-dire dans la zone houillère
briançonnaise). Enfin, au nord-est de la station des Arcs l'accident subvertical de la Chal est définitivement tranché par un chevauchement peu penté qui traverse, au niveau de Sainte-Foy, les pentes de rive gauche de la vallée de l'Isère (Haute Tarentaise). Au nord-est de ce point on peut considérer que son prolongement septentrional, transporté par le charriage du Briançonnais interne, s'interrompt définitivement, enlevé par l'érosion. b) Vers le sud
le linéament du Briançonnais oriental rejoint d'abord
la vallée du Guil, en amont de ses gorges. Il comporte
deux failles principales qui encadrent le lambeau de schistes
lustrés d'Arvieux. ![]() même fenêtre Le site de Ceillac vu du sud, depuis la Croix du Signal du Mélezet La faille orientale (accident du col Fromage) passe par le vallon de Souliers (qu'elle traverse en sifflet), traverse le Guil à Château Queyras (en aval du verrou rocheux) se prolonge par le col de Fromage, le revers oriental des crêtes de Beaubardon et du Rissace (voir la page Rissace), le col Albert et le pied oriental des Rochers de l'Eyssassa pour rejoindre l'Ubaye à Combe Brémond (voir la page Maurin). ![]() La rive droite de l'Ubaye à la hauteur de Combe Brémond vue du bas vallon de Mary (en premier plan les quartzites triasiques de l'unité de Combe Brémond pointent sous les mélèzes). On perçoit bien le fait que la faille de Ceillac recoupe obliquement les autres surfaces de chevauchement, qui sont moins pentées (toutes sont d'ailleurs renversées vers la droite, c'est-à-dire vers le nord-est) ; il en va de même pour l'accident du col Fromage (bien que cela apparaisse moins clairement ici) ![]() et de la rive droite de l'Ubaye à la hauteur de Combe Brémond (en bas). Au sud de l'Ubaye (voir la carte de ce secteur) les deux failles se réunissent passagèrement, sans doute parce que l'entaille de la rivière est assez profonde pour atteindre le niveau où elles convergent vers le bas. Le linéament briançonnais oriental détermine alors le vallon de Mary (voir la page Mary). A partir du col de Mary et plus au sud, en territoire italien, le linéament se partage de nouveau en deux branches qui encadrent le chaînon du Monte Boulliagna (voir les pages Valle del Maurin, Chiappera et Boulliagna) puis, plus au sud celui du Monte Midia (mais il semble que ce soit la faille de Ceillac qui représente ici la branche orientale du faisceau de cassures). ![]() Le valle del Maurin vu du nord (orientation inverse de celle des clichés précédents), depuis le col de Mary (frontière franco-italienne) Ces deux cassures se perdent ensuite au sein des accidents longitudinaux qui affectent le permo-houiller axial de la zone briançonnaise, la plus occidentale au pied nord-oriental de la Rocca la Meja et la plus orientale au village de Preit où disparaissent les derniers jalons de carbonates mésozoïques qui la jalonnaient ("cicatrice de Preit"). 3/ Signification et origine du linéament briançonnais oriental En définitive, le linéament
briançonnais oriental s'avère correspondre sensiblement
(voire exactement) tant au nord qu'au sud, à la limite
entre deux domaines paléogéographiques du Paléozoïque
qui sont très distincts : le bassin des molasses houillères
à l'ouest et le bloc surélevé où
le socle métamorphique hercynien n'a reçu de sédiments
qu'à partir du Permien. |
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Pour plus de détails sur les accidents
longitudinaux de la marge orientale de la zone briançonnaise
on se reportera On trouvera d'autre part des vues nouvelles, inédites, sur les failles longitudinales des confins occidentaux du Briançonnais en Savoie (Tarentaise) à la page : "La faille de la moyenne Tarentaise" (section "Mont-Blanc - Beaufortain"). |
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Tectonique d'ensemble du Briançonnais |
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