Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/brianconnais/_lieux_Cervieres_ENevache/Pece.html
La rive orientale de la basse vallée
de la Clarée entre Plampinet et Val-des-Prés
Les crêtes de Pécé forment
une longue muraille assez monotone, presque totalement formée
de calcaires et dolomies triasiques briançonnais, qui reste
orientée N-S depuis Plampinet jusqu'aux Alberts. Cette
rectilinéarité traduit le fait que la vallée
s'est inscrite là en suivant la grande ligne de cassure
de la faille de la Clarée. Cet accident majeur tranche
les nappes briançonnaises dont l'empilement est spécialement
bien visible dans les abrupts de la rive orientale de la basse
Clarée.

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La crête de Pécé et la partie septentrionale
de la Basse Clarée
vue du nord-ouest, depuis la vire de la face est de la Grande
Chalanche
u.Pc = unité de Pécé supérieure
; u.Pi = unité de Pécé inférieure
; u.E = unité du col de l'Échelle ; u.L
= unité de Lenlon
a.P = anticlinal déversé de la Pointe de
Pécé. Noter la disposition, à l'endroit,
des couches de ce pli (seulement déversé et non
couché) à l'opposé de ce qui se passe, en
dessous, dans l'unité du col de l'Échelle ; s.B
= synclinal couché de la Roche Bernaude ; a.G =
anticlinal couché de la Pointe Gaspard ; s.Pl =
synclinal couché de Plampinet.
f.Cl = faille de la Clarée (on a symbolisé
par un schéma la disposition du plan de cassure, penté
vers l'ouest, et le sens de son rejet, extensif).
La faille elle-même ne s'observe véritablement
qu'en de rares points (au pied des pentes de rive ouest), car
elle est masquée le plus souvent sous les éboulis
et les alluvions fluviatiles, qui garnissent le fond de vallée
sur près de 1 km de large. Cette largeur du fond de vallée
et son calibrage régulier témoignent par ailleurs
de son modelage par le passage des glaciers quaternaires.
L'orientation des versants, parallèle
à l'axe des plis, est très défavorable à
la mise en évidence de ces derniers, qui n'apparaissent
guère en coupe qu'à la faveur des entailles des
deux ravins affluents, plus transversaux, des Acles et de la Lauze.
Ailleurs les plis se devinent à la présence de dalles
structurales incurvées en creux ou en bosse.
En fait un gros tiers inférieur
du versant occidental de la crête de Pécé
est formé par une grande dalle structurale ondulée
qui appartient à la seule unité de l'Échelle
(voir la page Échelle).
Elle ne montre là que ses calcaires triasiques, renversés
et affectés d'ondulations (qui prolongent vers le sud les
plis couchés du chaînon des Rois
Mages). Les ondulations en creux (flancs inverses d'anticlinaux)
sont le plus souvent remplies de cargneules qui forment ainsi
de larges flaques à flanc de versant.
Ces cargneules représentent soit la semelle de charriage
de l'unité de l'Échelle, soit un garnissage remonté
par diapirisme le long de la faille de la Clarée. A ce
propos il faut également signaler la présence de
placages, en lambeaux isolés, de quartzites, qui sont accompagnés
de roches variées appartenant au cortège habituel
des "écailles intermédiaires" (un affleurement
rapportable à ces unités, particulièrement
important puisque long de près de 1 km, affleure en bas
de pentes en face du Rosier et de Val des Près). En effet
ces affleurements sont du même type que ceux que l'on rencontre
de façon discontinue ailleurs le long de la faille de la
Clarée.

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La Crête de Pécé
vue du nord, d'enfilade, depuis le col des Acles
f.Aw = faille des Acles (branche ouest) : noter
l'important abrupt de faille qu'elle détermine dans le
versant est de la crête de Pécé. Son compartiment
oriental (à gauche) est en effet constitué par les
terrains tendres (calcschistes du Malm - Crétacé
inférieur prédominants) des "écailles intermédiaires"
du col de Dourmillouse.
u.Pc = unité de Pécé supérieure
; u.Pi = unité de Pécé inférieure
; u.E = unité du col de l'Échelle.
NB1 : Le redoublement des couches triasiques verticales
du versant est de la crête est assez énigmatique
et son interprétation est donc sujette à caution
(la surface de chevauchement qui a été tracée
est seulement déduite du fait qu'aucune charnière
ne se décèle dans la bande de dolomies ladiniennes
qui court verticalement au revers gauche du sommet)...
NB2 : L'unité de Pécé inférieure est
presque totalement masquée par les éboulis dans
ce versant. On voit néanmoins qu'elle s'intercale sous
l'unité supérieure et qu'elle doit prolonger sur
cette rive du vallon des Acles l'unité de la Côte
Névachaise qui est dans une situation comparable sur la
rive opposée (voir la page
Acles).
La crête de Pécé
elle même est coiffée par une klippe de calcaires
triasiques qu'il faut attribuer à une unité indépendante,
l'unité supérieure de Pécé.
En effet elle se différencie de celles de l'Échelle
et de la côte Névachaise, qu'elle coiffe au nord
du torrent des Acles, par le fait qu'elle est disposée
à l'endroit. De plus elle est séparée de
ces unités inférieures par une surface, inclinée
vers l'est, qui tranche les flancs des plis des unes et des autres
de ces unités. Cette surface basale de l'unité de
supérieure de Pécé ne se présente
donc pas comme une surface d'imbrication de nappes mais plutôt
comme une cassure postérieure aux plis qui ont affecté
les nappes imbriquées : ceci empêche donc de déterminer
quelle était, avant le jeu de cette faille, la position
de l'unité de supérieure de Pécé dans
l'édifice des nappes empilées.

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La Crête de Pécé
vue de l'ouest, depuis la crête de Peyrolle
u.E = unité du col de l'Échelle
; u.Pi = unité de Pécé inférieure
; u.Pc = unité de Pécé supérieure.
f.Cl = faille de la Clarée ; f.A = faille
des Acles (ces deux cassures, orientées perpendiculairement
au regard, sont en fait masquées par des avant-plans).
Enfin la partie moyenne du versant
est constituée par une unité intercalaire, l'unité
inférieure de Pécé, qui est encadrée
par deux bandes de cargneules. Vers le haut on voit sans ambiguïté,
notamment dans la coupe du ravin de la Lauze (et singulièrement
dans les abrupts du Grand Pierron) qu'elle s'enfonce sous
l'unité supérieure. Vers le bas, par contre ses
rapports avec l'unité de l'Échelle sont plus ambigus.
En effet elle en est séparée par des cargneules
qui semblent plaquées sur le versant mais qui, dans la
coupe du ravin de la Lauze, s'enfoncent verticalement entre les
deux unités. De plus cette unité est affectée
d'ondulations à plan axial peu penté, ce qui l'apparente
avec l'unité de l'Échelle. En conséquence
l'interprétation qui paraît la plus plausible consiste
à considérer qu'elle représente la réapparition
à l'affleurement de l'unité de la Côte Névachaise
(masquée passagèrement par le chapeau de l'unité
supérieure sous le sommet de Pécé).
La structure de la crête de Pécé
est donc, en définitive, complexe et l'interprétation.
des rapports entre les trois unités qui la composent reste
assez conjecturale...

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La Crête de Pécé
vue du sud, d'enfilade depuis le pas de la Fanfare
u.Pi = unité de Pécé inférieure
; u.Pc = unité de Pécé supérieure
; éc.i = unités rattachables aux "écailles
intermédiaires".
f.P = faille du sommet Pierron : elle abaisse, du côté
est, la surface de chevauchement de l'unité de Pécé
supérieure (tirets noirs gras) ; f.A = faille
des Acles (branche occidentale).
On voit avec une grande évidence que la faille des Acles
tranche orthogonalement l'empilement des nappes briançonnaises.
Le versant oriental de la crête de Pécé, presque rectiligne
et plus escarpé encore que l'occidental, correspond à
un abrupt de faille. Il s'agit de la branche occidentale de la
faille des Acles, qui juxtapose là, aux nappes briançonnaises
empilées, des unités plus internes, rattachées
par les auteurs aux "écailles intermédiaires".
On doit penser que ces dernières sont remontées
par le jeu de la faille, car des témoins de ces mêmes
unités affleurent sous les nappes briançonnaises
dans les basses pentes du versant Clarée.
La succession stratigraphique des unités du col de Dormillouse
et du soubassement de la crête de Chalvet est très
différente de celle des unités plus occidentales
des deux rives de la Clarée. Elle se caractérise
d'abord par la très grande réduction, voire l'absence
totale, de carbonates triasiques et par la présence en
lambeaux disjoints de quartzites du Trias inférieur.
L'essentiel de cette unité est formé de calcaires
et de calcschistes à zones siliceuses (Malm-Néocomien)
qui sont associés, en plusieurs points, à des affleurements
de micaschistes : ces derniers sont interprétables
comme des lames tectoniques de socle briançonnais ou (beaucoup
plus vraisemblablement) comme des olistolites ou des méga-brèches
d'âge Crétacé supérieur résultant
d'une érosion de ce socle, connue ailleurs dans le domaine
"ultra-briançonnais".
aperçu général sur
la
tectonique de la zone briançonnaise
cartes
géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille
Névache
N.B. Les liens
entre parenthèses sont des raccourcis qui font perdre la
barre de boutons : passer par la page d'accueil de leur section.
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