Queyrières, Saint-Martin de Queyrières, Prelles |
La Durance s'échappe du bassin de Briançon par un tracé en gorges orientées N-S qui débute à Prelles, par l'entaille du verrou de Roche Baron, et se termine au nord de La Bessée, par le défilé du Pertuis Rostand.

Au nord, à Prelles, la rivière tranche brutalement l'extrémité septentrionale de l'échine rocheuse de Roche Baron. Cette dernière représente un typique verrou* glaciaire dont l'origine est clairement tectonique : en effet il est formé par une barre N-S de quartzites du Trias inférieur, plus résistante que les schistes à lits de grès du Houiller, qui l'encadrent. Ces couches dessinent un beau synclinal dont les flancs correspondent respectivement à la zone anticlinoriale houillère à l'est et à l'anticlinal de Queyrières à l'ouest.

L'entaille de la Durance a sans doute été déterminée par la faille de Prelles, qui tranche le pli obliquement (en biseau aigu). Mais le tracé de cette cassure n'est plus suivi par le cours de la rivière et passe en rive nord par le hameau de Piolier (qui est bâti sur un replat déterminé par la cassure, à l'endroit où elle coupe les quartzites du flanc oriental du synclinal).
| Au SW de Prelles la faille se perd d'abord sous
des éboulis et sous des paquets glissés en rive
droite de la Durance. Puis elle détermine un abrupt de
quartzites qui s'élève en oblique en direction
de Bouchiers (en passant au nord de la chapelle Saint-Hippolyte).
Il paraît très probable qu'elle se poursuive au
delà de ce hameau en passant à l'ouest de la butte
1572 (relai hertzien), dans les marbres en plaquettes subbriançonnais.
En effet cela expliquerait pourquoi l'importante faille N-S de
Trancoulette ne semble pas se poursuivre au sud de Bouchier :
elle y serait recoupée en travers par la faille de Prelles.
De fait, au delà de Bouchier, le prolongement hypothètique du tracé de la faille de Prelles le conduirait à rejoindre, en rive droite de la Gyronde, l'extrémité nord des abrupts du flanc est de la montagne des Têtes, où se termine vers le nord, de façon énigmatique, la faille N-S des Casses, qui limite du côté occidental, la fenêtre de l'Argentière. Cette interprétation conduirait donc à lever toutes les énigmes relatives aux failles N-S de ce secteur en considérant que cette dernière cassure constitue le prolongement méridional de la faille de Trancoulette, après décalage de son tracé, dans le sens dextre, par la faille de Prelles. |
Entre Prelles et Queyrières la rive gauche de la vallée s'élargit
en un replat qui se poursuit au sud de Queyrières : il
correspond à une bande d'affleurements de houiller qui
représente le coeur, évidé par l'érosion
de l'anticlinal de Queyrières (qui fait suite immédiatement
à l'ouest, au synclinal de Roche Baron).
La Durance s'engage de nouveau en gorges entre la chapelle Saint-Hippolyte
et le Rocher de Queyrières, point où elle traverse
le contact de chevauchement de la zone briançonnaise.

Immédiatement au sud de ce point le Rocher de Queyrières est formé par les couches d'âge secondaire attribuées à l'unité briançonnaise inférieure (nappe de Roche Charnière). Ils y forment une simple lame de calcaires triasiques, pincée verticalement le long du contact Briançonnais - Subbriançonnais. L'érosion l'a dégagée en relief parce qu'elle est prise entre deux zones de terrains tendres( marbres en plaquettes à l'ouest et schistes houiller à l'est). Cette lame s'effile totalement au sud du village, laissant le houiller briançonnais venir en contact direct avec les marbres en plaquettes subbriançonnais jusqu'aux abords de Sainte-Marguerite.
Ce biseautage en navette* fusiforme de la lame rocheuse et l'attitude très redressée de l'accident de Queyrières
sont deux faits qui portent à ne pas le considérer simplement comme la surface de charriage des nappes briançonnaises sur le subbriançonnais mais plutôt à y voir une faille sub-verticale, N-S, dont le rejet vertical consiste en un fort abaissement de ces nappes dans son compartiment oriental.
Cette interprétation s'accorde avec le fait que c'est nécessairement dans ce secteur que doit se prolonger vers le nord la faille de La-Roche-de Rame, qui représente la plus orientale des cassures appartenant au faisceau que devient la faille de la Durance au nord de La-Roche-de Rame (d'autant que les cassures les plus occidentales de ce faisceau ne semblent pas se prolonger dans le subbriançonnais de la fenêtre de l'Argentière). De plus, en dépit des lacunes d'affleurement occasionnées au sud de Sainte-Marguerite, par l'importance des formations superficielles, cette hypothèse d'un raccord entre la faille de Trancoulette et celle de la Durance par l'intermédiaire de l'accident de Queyrières semble plutôt en accord avec les données
cartographiques.
|
Carte structurale schématique extrait de la carte d'ensemble du Briançonnais
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|