Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/brianconnais/_lieux_SerCh_Gaulent_PHaute/Prorel.html

montagne du Prorel, Puy Saint-André

pentes de rive droite de la Guisane et de la Durance à l'ouest de Briançon

Les pentes de rive droite de la Guisane et de la Durance à l'ouest de Briançon sont constituées, jusqu'assez haut (plus de 2000 m), par le houiller du coeur de l'anticlinorium briançonnais occidental. On y trouve d'ailleurs d'assez nombreux restes d'anciennes mines d'exploitation d'anthracite. La D 35 y recoupe un très épais "filon couche" de roche volcanique (microdiorite) qui s'y est injecté latéralement entre les strates de grès et de charbon.


même fenêtre < image plus grande, muette > nouvelle fenêtre
Les pentes méridionales de la montagne du Prorel

vus du sud-est, depuis la rive gauche de la Durance (du village du Mélezin).

f.T = faille N-S de Trancoulette ; n.Co = nappe de la Condamine.
On remarque que le matériel siliceux permo-werfénien (tq, V) du flanc occidental de la zone houillère, interprété comme la semelle de charriage de la nappe de Champcella (n.Cp), se rebrousse sous le chevauchement de la nappe de la Condamine (ØCo) en un synclinal des Combes (s.C), déversé vers la gauche (vers l'ouest).
cs-Mbr = brèches du Prorel (rattachées au matériel dit "de la 4° écaille") ; elles reposent sur une lame de dolomies du Trias moyen. Cette lame coiffe à son tour le flysch noir à olistolites (fnO), dans lequel sont englobés les affleurements de gypse du replat de Notre-Dame-des-Neiges (ils représentent sans doute la semelle lubrifiante sur laquelle a glissé l'énorme élément exotique du sommet du Prorel ...).

La crête du Rocher Blanc, qui couronne ces pentes du côté nord-ouest, est rattachée à la nappe de la Condamine. On y observe une succession briançonnaise qui est bien typique par l'importance de ses lacunes : les marbres du Jurassique supérieur y reposent en effet directement sur les calcaires du Trias moyen, voire même sur les quartzites du Trias inférieur et sont coiffés de couches rouges du Crétacé supérieur.

Cette succession est d'ailleurs assez différente de celle de la cime de la Condamine pour qu'on puisse s'interroger sur leur appartenance à une seule et même nappe.


même fenêtre < image plus grande, muette > nouvelle fenêtre
La Crête du Rocher Blanc

vue du nord-ouest, depuis le sommet de Serre Chevalier

f.R = faille de la Ricelle (prolongement oriental de celle du col de la Pisse ?) ; cs-Mbr = brèches du Prorel.


Le sommet du Rocher Blanc

vu du nord-ouest, depuis le sommet de Serre Chevalier

détails de la stratigraphie de la nappe de la Condamine :
La barre de calcaires pélagiques du Malm repose directement sur les dolomies ladiniennes (Trias moyen) ; elle est recouverte par des marbres en plaquettes peu épais, qui débutent par un niveau de plusieurs mètres de calcschistes rouges (c.r.) puis par un peu de flysch noir.
Toute cette succession ne fait pas 100 m d'épaisseur mais, ayant un pendage conforme à la pente forme des dalles structurales inclinées vers l'observateur. Elle est tranchée par la faille de la Ricelle (f.R) qui abaisse, en avant-plan, les micaschistes reconstitués de Serre-Chevalier.

Dans le versant sud de la crête du Rocher Blanc, qui tombe sur le village des Combes, la semelle de quartzites et de Verrucano de l'unité du Rocher Blanc, disposée à l'endroit, repose, en contrebas du sommet 2550, sur d'autres couches de même âge (permo-triasique), disposée à l'envers, qui forment le sommet 2478 (qui est d'ailleurs celui auquel s'appliquait originellement le nom de Rocher Blanc). Ces dernières représentent le flanc oriental d'un synclinal des Combes, très déversé vers l'ouest. Ce pli ressemble beaucoup au synclinal de Roche Baron, que la Durance tranche au niveau de Queyrières, et en représente approximativement le prolongement septentrional.

On peut être tenté de considérer ce synclinal des Combes comme un crochon créé par l'avancée de l'unité chevauchante qui forme le sommet 2550. Les couches qu'il affecte représentent clairement la couverture stratigraphique normale de la marge occidentale de la zone houillère (c'est-à-dire le flanc ouest de l'anticlinorium briançonnais) et sont rattachées à la nappe de Champcella, dont elles constitueraient la partie la plus interne (sa "racine"*).
Ce synclinal se poursuit d'ailleurs vers le nord au delà de Serre Chevalier, où il réapparaît, sous la nappe de la Condamine, au Serre Châtelas et à la Tête du Grand Pré.

La montagne du Prorel, qui domine Briançon, représente l'extrémité sud-est du chaînon. Elle se singularise à trois égards :
1 - par sa disposition en chapeau (c'est une butte témoin, isolée par l'érosion), posé presque horizontalement au sommet des reliefs de la zone houillère.

2 - par le fait que sa succession ne comporte pas ou peu de semelle quartzitique permo-werfénienne : les niveaux carbonatés du Trias moyen de cette unité reposent en effet directement sur les grès houillers et ont de plus une épaisseur anormalement faible.

3 - par le fait que ses escarpements sommitaux sont presque entièrement formés de brèches à matériel essentiellement calcaréo-dolomitique triasique, épaisses de plus de 200 m.


même fenêtre < image plus grande, muette > nouvelle fenêtre
Le versant nord de la Crête du Rocher Blanc

vus du nord-est, depuis la rive gauche de la Guisane (pentes à l'ouest du col du Granon) (cliché Pierre Gidon).

Ce versant de la montagne doit ses pentes, douces en moyenne mais coupées de ressauts, à une morphologie de terrains glissés par petits paquets : les contacts entre les unités y sont largement masqués par ces phénomènes.
On constate néanmoins que (comme sur le versant sud du Prorel) les niveaux carbonatés du Trias Moyen (tc-d) de la nappe de la Condamine (n.Co) reposent directement, ou par l'intermédiaire d'une lame de Permo-Trias quartzitique (tq-V) peu épaisse, sur les grès houillers.

f.R = faille de la Ricelle (lèvre nord abaissée) = prolongement probable de la faille du col de la Pisse ; f.C = faille du Châtelas (lèvre sud abaissée), donc peut-être conjuguée* de la précédente.
cs-Mbr = brèches du Prorel.

L'âge des brèches du Prorel, crétacé supérieur ou jurassique supérieur, n'est pas connu avec précision. Leur signification est en outre un peu énigmatique : elles forment, avec leur semelle de dolomies triasiques, un chapeau reposant sur l'olistostrome du sommet de la nappe de la Condamine et sont accolées à un affleurement de micaschistes de la 4° écaille. Pour cette raison on a fait de cette brèche du Prorel un des éléments de la 4° écaille, bien que son matériel soit très différent de celui de Serre Chevalier et du sommet de l'Eychauda.

On envisage que cette différence de constitution reflète une alimentation par éboulements successifs, à partir d'un domaine saillant, soumis à une mise en relief périodique et un décapage de plus en plus profond, domaine qui est vraisemblablement celui dit "ultrabriançonnais" d'où seraient par ailleurs originaires les " écailles intermédiaires".

Les rapports entre le mésozoïque de l'unité Rocher Blanc - Prorel et son soubassement houiller sont plutôt problématiques par la quasi absence du tégument quartzitique intermédiaire que l'on trouve normalement à ce niveau.
Cette dénudation du houiller ne peut guère être mise sur le compte d'une érosion antérieure au Trias moyen et d'une trangression de ces derniers niveaux sur le houiller, car ce serait un fait pratiquement unique en Briançonnais (sauf peut-être dans le domaine ultrabriançonnais). D'autre part elle ne peut s'expliquer par l'effet d'une seule phase de charriage (le détachement et l'imbrication des nappes provoque en effet des redoublements mais il ne supprime pas les termes de la succession stratigraphique).

Il faut donc presque nécessairement admettre que cette unité Prorel - Rocher Blanc a été décollée de son soubassement siliceux dans un secteur encore plus oriental, pour être traînée jusqu'ici, sur un secteur où la "zone houillère" avait été, au préalable, débarrassée de son tégument quartzitique. Une possibilité envisageable est que cette mise en place directe de l'unité Prorel - Rocher Blanc sur le houiller corresponde à une étape tardive de remise en mouvement des nappes, qui serait intervenue après qu'une érosion de la voûte de l'anticlinorium briançonnais l'ait dégarnie de sa couverture post-houillère.
Cette hypothèse a l'avantage d'expliquer de façon particulièrement satisfaisante le crochon de rebroussement synclinal des Combes : ce serait un crêt de quartzites et de Verrucano, faisant saillie sur la surface d'érosion, qui aurait été "accroché" au passage par la nappe de la Condamine, lors de ce déplacement tardif. Elle est cependant tout-à-fait gratuite et formulée ici seulement parce que je n'ai pas connaissance qu'une autre hypothèse explicative ait jamais été proposée.


Voir l'aperçu général sur la tectonique du Briançonnais
Voir aussi l'aperçu général sur la bordure orientale du Massif du Pelvoux

 Carte géologique simplifiée des montagnes à l'ouest de Briançon
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

carte cliquer sur les imagettes Légende
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Briançon


Serre Chevalier

Grand Aréa

Granon, Peyrolle
Condamine

LOCALITÉS VOISINES

Briançon

Montbrison

Prelles Queyrières

N.B. Les liens entre parenthèses sont des raccourcis qui font perdre la barre de boutons : passer par la page d'accueil de la section cible

 accueil section Briançonnais

début de la page

sommaire de GEOL_ALP
Aller à la page d'accueil du site