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Montagnes de Serre Chevalier

pentes de rive droite de la Guisane à Chantemerle

La montagne du Serre Chevalier, qui a donné son nom à la plus célèbre station des Alpes du Sud, n'est qu'une grosse butte assez molle, au milieu d'alpages dont elle n'est même pas le point culminant (celui-ci est le sommet de l'Eychauda) ...


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Panorama d'ensemble du domaine skiable de Serre Chevalier
vu du col du Granon

Carte structurale schématique du contexte de ce chaînon

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Les pentes méridionales de la station de Serre Chevalier

vus du nord-est, depuis la rive gauche de la Guisane (pentes à l'ouest du col du Granon) (cliché Pierre Gidon).

Ce versant de la montagne doit ses pentes, douces en moyenne mais coupées de ressauts, au glissement de multiples petits paquets rocheux. Ce phénomène a pour effet que les contacts entre les unités y sont largement masqués et que leur tracé sur ce cliché est, par conséquent, assez approximatif.
On constate néanmoins que (comme sur le versant sud du Prorel) les niveaux carbonatés du Trias Moyen (tc-d) de la nappe de la Condamine (n.Co) reposent directement, ou par l'intermédiaire d'une lame de Permo-Trias quartzitique (tq-V) peu épaisse, sur les grès houillers : cela est interprété comme le fait que cette nappe représente la couverture de la "zone houillère" mais qu'elle s'en est décollée lors du charriage.

f.P = prolongement probable de la faille du col de la Pisse (lèvre nord abaissée) ; f.C = faille du Châtelas (lèvre sud abaissée), donc peut-être conjuguée* de la précédente.
cs-Mbr = brèches du Prorel (rattachées au matériel dit "de la 4° écaille")

Pour les géologues la célébrité de cette montagne est liée à ce qu'elle est formée d'affleurements énigmatiques de micaschistes, qui ont été considérés pendant de longues années comme une klippe*. À la fin du XIXe siècle leur découvreur, Pierre Termier, en avait fait sa "4° écaille", c'est-à-dire l'unité la plus haute de l'édifice des nappes briançonnaises de ce massif.


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Le versant oriental des pentes septentrionales de la station de Serre Chevalier

vus du nord-est, depuis la rive gauche de la Guisane, des pentes à l'ouest du col du Granon (suite du cliché précédent)
(suite vers la droite à la page Cucumelle)

n.Cp = nappe de Champcella ; n.Co = nappe de la Condamine ; 4° éc. = chapeau de la "quatrième écaille", couronnant la succession de la nappe de la Condamine.
f.M = faille de Méa ; f.T = faille de Trancoulette (en grande partie masquée par la crête Serre-Chevalier - Chatelas) ; f.C = faille du Châtelas (elle abaisse la nappe de la Condamine par rapport à son soubassement siliceux, au sud de l'échine de quartzites du Châtelas).
Les affleurements de houiller du flanc ouest de l'anticlinorium de la zone houillère sont presque totalement masqués par les paquets glissés provenant des affleurements de la nappe de La Condamine, qui dominent Serre Ratier.

On a reconnu bien plus tard (M. Lemoine, dans les années 1960) que le matériel de cette "4° écaille" était en réalité une brèche de micaschistes (des "micaschistes reconstitués"). Plus récemment (Barféty et Tricart, dans les années 1990) on s'est rendu compte que cette brèche faisait en réalité partie d'un olistostrome* inclus dans le flysch noir du sommet de la succession de la nappe de la Condamine.
Le terme de "4° écaille", encore assez souvent usité par tradition, ne désigne donc pas une entité tectonique mais une formation stratigraphique d'âge éocène.

Cette interprétation s'accorde bien avec le fait que l'on observe, en nombre d'autres points, dans le flysch noir de la zone subbriançonnaise et de la zone briançonnaise, la présence d'éléments exotiques plus ou moins volumineux (mais dans des proportions moindres qu'ici).


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Le versant méridional des montagnes de Serre Chevalier

vus du sud-est, depuis les pentes sud du Rocher Blanc.

n.Cp = nappe de Champcella ; n.Co = nappe de la Condamine ; 4° éc. = chapeau de la "quatrième écaille", couronnant la succession de la nappe de la Condamine.
f.T = faille de Trancoulette (elle se partage en deux branches parallèles) ; f.P = faille du col de la Pisse.

Du point de vue structural les affleurements de la "4° écaille" se situent en contrebas nord des affleurements de Trias et de Jurassique de la nappe de la Condamine, qui forment le groupe montagneux de la Condamine et du Rocher Bouchard. Ceci est dû au jeu extensif de l'importante faille E-W du col de la Pisse, qui détermine l'abrupt par lequel l'extrémité de la crête de la Coste Groselière tombe sur les pâturages de Serre Chevalier (vallon Mélivrin). Cette cassure semble bien se poursuivre vers l'est par la faille qui limite du côté nord les affleurements triasico-jurassiques du Rocher Blanc, bien qu'entre les deux passe la faille N-S de Trancoulette, qui introduit un décalage dans le sens dextre.
Du côté nord des affleurements de la "4° écaille", le matériel triasico-jurassique de la nappe de la Condamine est ramené au jour, dans la crête de la Balme et de Roche Gauthier, à la faveur d'une autre cassure (orientée SW-NE), la faille du col de Méa.
En définitive les reliefs du Serre Chevalier et du Sommet de l'Eychauda correspondent donc - un peu paradoxalement - à un panneau effondré, où se trouve exceptionnellement conservé, grâce à cette circonstance, la partie tout-à-fait supérieure de la succession de la nappe de la Condamine (partie que l'érosion à enlevée partout ailleurs).


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Les confins du chaînon de Montbrison et des montagnes de Serre Chevalier

vus d'avion, de l'est, depuis l'aplomb de Briançon

n.Cp = nappe de Champcella ; n.Co = nappe de la Condamine ; 4° éc. = chapeau de la "quatrième écaille", disjoint par les failles et par l'érosion en 3 affleurements, couronnant la succession de la nappe de la Condamine.
f.T = faille de Trancoulette ; f.PF = faille de la Peyre du Feu ; f.P = faille de la Pisse ; f.M = faille de Méa.

page en cours de finition !


Voir l'
aperçu général sur la tectonique du Briançonnais
Voir aussi l'aperçu général sur la bordure orientale du Massif du Pelvoux

 Carte géologique simplifiée des montagnes à l'ouest de Briançon
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

carte cliquer sur les imagettes Légende
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Briançon


(Rocher de l'Yret)

Cucumelle Gd Pré

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