Têtes d'Amont et d'Aval, Tenailles de Montbrison |
La partie méridionale du chaînon de Montbrison, au sud du Pic de Montbrison, forme un puissant éperon qui se termine par d'impressionnants abrupts qui plongent sur la basse vallée de la Gyronde et dominent le village des Vigneaux.
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Sous la klippe de la Tête d'Amont, appartenant à la nappe de la Condamine, on est amené à y distinguer les unités suivantes (de haut en bas) : - l'unité supérieure de la Tête d'Aval, dotée d'un jurassique réduit et d'une épaisse série de marbres en plaquettes, ce qui la rapprocheeait plutôt de la nappe de la Condamine ; - l'unité moyenne de la Tête d'Aval,,
dont le Jurassique est relativement épais, avec des schistes
callovo-oxfordiens et, à son sommet un passage transitionnel
aux calcschistes à zones siliceuses du Néocomien
: il s'agit de la la série type de la nappe de Champcella. - l'unité inférieure de la Tête d'Aval, dont la succession semble voisine et que l'on tend donc à rattacher aussi à la nappe de Champcella ; sur le revers oriental de la crête elle semble se poursuivre par l'unité de la Salcette ; - l'unité de Bouchier et de la crête de Roche Motte. Elle se caractérise par une succession très réduite, les marbres en plaquettes reposant directement sur les calcaires anisiens inférieurs, ce qui conduit à la rattacher à la nappe de Roche Charnière. Cette unité repose enfin sur les marbres en plaquettes de la zone subbriançonnaise qui forment les basses pentes, boisées, à l'exception de la butte du Bois de Parapin. |
Le versant occidental de la crête
constitue, dans sa partie haute, un glacis incliné vers
la vallée de Vallouise, désigné du nom de
Côte de Jacet. Il est formé de marbres en plaquettes
coiffés de deux klippes de calcaires triasiques, posées
comme un béret incliné vers l'ouest, que l'on rapporte
à la nappe de la Condamine en raison de leur position sommitale
dans l'édifice. Elles forment respectivement le sommet
2765 et celui de la Tête d'Amont proprement dite (2815).
Le fait que la nappe de La Condamine ne soit plus représentée
là que par deux klippes de calcaires triasiques est dû
au surhaussement de l'édifice par le jeu de la faille du
Montbrison.
Plus bas le glacis est tranché par une barrière
de falaises qui montrent le soubassement des marbres en plaquettes,
formé par trois unités imbriquées, les unités
supérieure, moyenne et inférieure de la Tête
d'Aval. Leur succession stratigraphique conduit à les
attribuer sans ambiguité à la nappe de Champcella.
Les couches post-triasiques de l'unité supérieure
affleurent mal dans ce secteur car cette unité est tranchée
par la faille N-S de la Tête d'Aval (voir la page Salcette).

L'arête de la Tête d'Aval, qui descend vers le sud-ouest en direction de la vallée de la Gyronde coupe également cet empilement d'unités. On y remarque que le pendage des couches s'y accentue vers le bas (vers l'ouest) dans l'unité supérieure comme dans l'unité moyenne. Ceci traduit dans les deux cas une inflexion anticlinale qui semble être en fait un crochon lié au chevauchement de ces unités : il semble qu'il s'agisse simplement de "plis de rampe", associés au débitage de la nappe de Champcella en trois écailles, par un système de failles inverses.

Les abrupts qui tombent de cette arête
vers le sud donnent une coupe naturelle qui est la clé
principale de la structure du chaînon. En
effet cette coupe révèle deux faits qui sont importants
pour sa compréhension (voir la page
Salcette) :
- les rapports entre l'unité supérieure et l'unité
inférieure de la Tête d'Aval qui montrent que
la première ne paraît effectivement représenter
qu'une duplication supérieure, détachée de
la seconde par une faille inverse avec palier et rampe* ;
- l'existence et le rôle de la faille de la Tête
d'Aval, pentée fortement vers l'est, qui coupe en biais
l'empilement de lame superposées des unités du versant
ouest et le juxtapose aux plis du versant est
(voir la page Salcette).

Du côté est de la crête les deux klippes de la Tête d'Amont reposent (notamment au Pic de l'Aigle) sur les couches, contournées mais souvent subverticales, de l'unité des Tenailles. Or ces couches se rabattent vers l'ouest aux approches de la surface de charriage, ce qui ressemble assez à un crochon de chevauchement qui aurait été induit par la mise en place de la nappe de La Condamine.

Les marbres en plaquettes de l'unité
des Tenailles affleurent d'une part au creux des entailles du
revers oriental de la Tête d'Amont et d'autre part sur le
versant ouest, dans les pentes supérieures de la Côte
de Jayet. Or ces derniers affleurements ne peuvent guère
être séparés de ceux des pentes plus basses
de ce glacis, qui appartiennent à la partie supérieure
de l'unité de la Tête d'Aval.
Ceci porte à penser que ces marbres en plaquettes représentent
le coeur d'un synclinal, Ce pli a été rompu par
la faille extensive de la Tête d'Amont, qui a disjoint son
flanc ouest (unité supérieure de la Tête d'Amont)
de son flanc oriental (unité des Tenailles).
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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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