Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/chartreuse/6_localites_ch/echelles_est.html
en cliquant ci-dessus, la page s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, sans barre de boutons et avec son titre correct, à partir de laquelle il sera aisé de créer un bookmark.

Saint-Christophe-sur-Guiers


La localité de Saint-Christophe-sur-Guiers est située peu à l'est des Échelles, toujours dans la plaine alluviale du Guiers mais à sa bordure orientale, au pied d'une ligne d'abrupts qui se détache, depuis le Mont Beauvoir, de l'extrémité méridionale du chaînon de L'Épine. Ceux-ci sont déterminés par une faille subverticale (la faille du Mont Beauvoir)

image sensible au survol et au clic

Le raccord entre le val de Couz et celui de Saint-Laurent-du-Pont
vu du sud, dans l'enfilade du synclinal de Couz, depuis la route forestière de Fétrus (Saint-Laurent-du-Pont)

s.Ba = synclinal de Bande (partie médiane du synclinal de Voreppe) ; f.B = faille du Mont Beauvoir ; s.Be = synclinal de Berland (partie orientale du synclinal de Voreppe) ; a.mC = anticlinal du Mont du Chat - L'Épine ; s.C = synclinal de Couz ; a.É = anticlinal des Égaux.

Le val de Couz se connecte, de part et d'autre de la gorge du Guiers, avec la partie orientale de celui de Saint-Laurent-du-Pont (val de Berland). Cette dernière est séparée du val principal, passant à Saint-Christophe la Grotte, par la faille extensive du Mont Beauvoir qui surélève le compartiment nord-oriental de l'anticlinal du Mont du Chat et traverse les plis en biais.
En arrière-plan le val de Couz débouche dans la dépression du Lac du Bourget - Aix-les-Bains.

La faille du Mont Beauvoir est traversée par la route N6 à l'entrée de son tunnel. Elle y rehausse brutalement l'Urgonien de son compartiment oriental par rapport à la dépression à soubassement molassique de Saint-Christophe.


figure agrandissable
La bordure orientale de la dépression des Échelles
vue du sud, depuis les abords du village de Saint-Christophe-sur-Guiers

Sous cette perspective on voit que la voûte de l'anticlinal de l'Épine - Mont du Chat est affecté d'une inflexion synclinale transverse, parallèle à celles de Fourvoirie et de La Ruchère.
La double charnière (anticlinal-synclinal) que l'on observe de place en place le long de la falaise qui descend du Mont Beauvoir représente vraisemblablement le crochon associé à la faille du Mont Beauvoir (f.B), faille dont le tracé suit le pied de la ligne d'abrupts, entre Urgonien et molasse miocène.
(Voir ci-après l'explication des détails de la partie droite du croquis).

À l'est de ces abrupts le flanc oriental du chaînon de L'Épine prend l'aspect d'un plateau d'Urgonien horizontal. Ceci résulte en partie de ce que l'on s'approche du fond du synclinal immédiatement plus oriental (synclinal de Couz), mais aussi du fait que ces plis majeurs N-S sont affectés ici d'une inflexion synclinale, très ouverte, transverse à leurs axes (elle appartient à une famille de déformations analogues représentée sur toute la bordure occidentale de la Chartreuse).

Le Guiers tranche ce plateau en gorges abruptes et étroites (gorges de l'Échaillon) qui montrent, à leur débouché, que l'abrupt urgonien qui borde ce chaînon du côté ouest ne correspond pas à un miroir de faille, contrairement à ce qui s'observe plus au nord (par exemple à l'entrée sud-ouest du tunnel des Échelles). Il faut en déduire que la faille du Mont Beauvoir s'amortit là, en passant à un pli, ou que celui-ci n'est qu'un crochon de cette faille (cette hypothèse est confortée par le fait que, à la latitude du Mont Beauvoir, la faille est également bordée, du côté est, par une flexion anticlinale des couches très similaire).

Charnière anticlinale mise à nu par une carrière, dans l'Urgonien
Vue prise du nord-ouest, depuis le hameau de la Croix Saint-Martin (Saint-Christophe-sur-Guiers).

Cette carrière, située en rive gauche du Guiers, 250 m au sud du pont Saint-Martin, montre que l'abrupt urgonien qui domine la plaine alluviale à Saint-Christophe-sur-Guiers, dans le prolongement de celui de la faille du Mont Beauvoir, ne correspond pas à une faille mais à une flexure antiforme* en genou (il s'agit sans doute, en fait, du crochon de cette faille).
Une vue rapprochée de la dalle structurale décapée dans la moitié gauche du cliché montrerait une grande abondance de stries de friction subverticales (perpendiculaires à l'axe du pli) : elles sont certainement dues au glissement couche sur couche qui se produit communément dans des roches ayant ce type de litage.
On note que le pli ne manifeste aucune tendance au renversement de son flanc court, dont le pendage s'atténue au contraire vers le bas. Cette observation rend très difficile une interprétation qui voudrait que ce pli ait été induit par l'amortissement, au niveau de l'Urgonien, d'une faille inverse affectant les niveaux plus profonds (c'est-à-dire conformément au schéma dit du "pli de progression")

L'examen de la falaise de rive droite du Guiers, au débouché des gorges de l'Échaillon, révèle la présence de complications tectoniques de détail qui sont intrigantes (mais difficiles d'accès...). Outre le prolongement vraisemblable de la charnière observable en rive gauche, on y décèle plusieurs plis dysharmoniques (c'est-à-dire qui n'affectent qu'une partie de la succession des strates).


image sensible au survol et au clic

Les plis dysharmoniques de la rive droite du Guiers, dominant Pont Saint-Martin, vus du sud-ouest, depuis le hameau de la Croix Saint-Martin (Saint-Christophe-sur-Guiers).

 

Ces plis affectent les strates de la partie basse des falaises d'Urgonien inférieur, tandis que la partie haute, au dessus d'une surface de dysharmonie* sD montre des strates qui sont restées planes.
s0a, s0b, s0c et s0d désignent des surfaces de strates soulignées pour montrer la différence de comportement de part et d'autre de sD . Le pli de gauche semble bien prolonger celui de la carrière de rive droite (cliché ci-dessus). En arrière-plan les lits plissés ne sont pas visibles car cachés par les éboulis de pied de falaise (noter la position du niveau s0d, dont l'abaissement apparent est un simple effet de perspective).

L'origine de cette dysharmonie de plissement peut être recherchée dans deux directions :
1- Il s'agirait de plis de slumping*, dus à un glissement synsédimentaires des couches, après le dépôt de
s0b et avant le dépôt de s0c. Cette interprétation trouve un appui dans le fait que sD semble sectionner les voûtes anticlinales. Mais il n'est pas d'autre exemple connu de telles structures dans l'Urgonien de la Chartreuse et l'on ne voit pas de raison particulière pour que cela ne se soit produit qu'ici.
2- Il s'agirait de plis d'entraînement liés à un mouvement de cisaillement entre couches (demi flèche noire), comme il s'en produit dans les flancs de tous les plis de flexion* (glissement relatif des couches de la voûte vers la charnière).
En dépit de la forme peu déversée des plis cette hypothèse semble, a priori, la plus plausible. Elle s'inscrit en particulier bien dans le cadre d'une interprétation qui consiste à voir dans la faille du Mont Beauvoir une cassure initialement extensive, basculée par le cisaillement de la couverture après le Miocène. La désolidarisation et le glissement relatif vers l'ouest de la tranche supérieure de l'Urgonien, qui en serait responsable, s'observe d'ailleurs également, non loin de là, à la charnière de l'anticlinal des Égaux.

Essai de schéma interprétatif de la faille du Mont Beauvoir
Pour expliquer les particularités de cette cassureon peut envisager une succession d'étapes de déformation qui sont en accord avec de nombreux faits connus :

1 - La cassure originelle (f.B) serait une faille extensive datant du Paléogène*.
a) Son compartiment oriental, soulevé, est écrêté par l'érosion à l'Oligocène.
b) Puis la sédimentation marine des molasses miocènes ennoie cette vieille surface topographique (l'épaisseur des sédiments miocènes est d'ailleurs, à cet endroit, totalement inconnue).

2 - Lors de la tectonique post-Miocène la compression horizontale et les cisaillements qu'elle a induits basculent à la verticale le plan de cassure. En outre ils déterminent, dans le compartiment surélevé, la formation d'un petit chevauchement j (= sD sur le cliché), qui est occasionné par le décollement et le glissement relatif vers l'ouest de la tranche de couche située au dessus du niveau des "pseudo-couches à Orbitolines" (pc.O = niveaux s0a à s0b sur le cliché).

3 - L'érosion quaternaire enlève la majeure partie de la molasse miocène et va jusqu'à ré-exhumer le miroir de la faille du Mont Beauvoir (en supprimant la partie frontale de la lame d'Urgonien entraînée par le chevauchement j).

 Carte géologique simplifiée
(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)

carte cliquer sur les imagettes Légende


carte géologique au 1/50.000° à consulter : feuille Montmélian

(Mont Grelle)

Vallée de Couz

Les Égaux
Les Échelles

LOCALITÉS VOISINES

Berland

(Gorges du Crossey)

Saint-Laurent -du-Pont

Guiers Mort
L'accès aux localités entre parenthèses (= qui appartiennent à une autre section du site) fait perdre la barre de boutons ; pour éviter cet inconvénient retrouvez la page désirée en passant par la page d'accueil de la section correspondante.

accueil section Chartreuse

début de la page

sommaire de GEOL_ALP

Aller à la page d'accueil du site
Dernières retouches apportées à cette page le 13/10/08