Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/chartreuse/6_sites_ch/cht_som_NW.html
en cliquant ci-dessus la page s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, sans barre de boutons et avec son titre correct, à partir de laquelle il sera aisé de créer un bookmark.

 Versant nord-ouest du Charmant Som
pentes au nord-est du Col de la Charmette

L'ensemble du versant ouest de la montagne du Charmant Som, largement boisé, montre une alternance de bandes de terrains, allant de l'Urgonien inférieur au Sénonien supérieur, qui courent à flanc de pente : elles correspondent au flanc ouest de l'anticlinal médian et au flanc oriental du synclinal de Proveysieux, qui lui fait suite du côté ouest.

image sensible au survol et au clic

Le versant occidental du Charmant Som et le haut vallon de Proveysieux - La Charmette
vus du sud-ouest, depuis le sommet des Rochers de Chalves.
Failles : f.GP (en rouge) = faille du Grand Poyat; d.O = décrochement de l'Oursière ; ØC (en jaune) = chevauchement de Canaple.
Plis : s.H = synclinal des Haberts ; a.F = anticlinal du Fournel ; s.G = synclinal de Girieux ; a.R = anticlinal du Rachais ; s.P = synclinal de Proveysieux.


Cette page concerne le secteur du Charmant Som situé au nord du vallon de la fontaine de l'Oursière. Comme celui situé au sud de ce vallon ce secteur est également sculpté dans les couches qui forment la transition entre de l'anticlinal médian de la Chartreuse (plus précisément son repli occidental, l'anticlinal du Fournel) et le flanc oriental du synclinal de Proveysieux mais celles-ci y sont plus profondément disséquées par l'érosion, en raison de l'élévation générale, progressive, des axes des plis, du sud vers le nord. Sa structure est d'autre part dominée par la présence de deux grandes cassures qui s'y recoupent presque orthogonalement :

- La faille du Grand Poyat, orientée N-S, le traverse du sud au nord à flanc de pente. Elle affecte plus précisément le flanc ouest de l'anticlinal du Fournel en y provoquant le surhaussement de sa partie inférieure, qui constitue le compartiment ouest de la faille (situé du côté du col de la Charmette, par conséquent).
- Le décrochement de l'Oursière, grossièrement orienté E-W, recoupe et décale dans le sens dextre la faille précédente (dont l'antériorité chronologique ne saurait donc faire de doute). Son tracé est un peu compliqué par le fait qu'il s'y embranche des cassures satellites.

Les rapports entre ces deux cassures sont analysés plus en détail dans les itinéraires décrits à la page "Charmant Som ouest" et notamment celui qui monte depuis le col de la Charmette, par la fontaine de l'Oursière.

Malgré la couverture boisée des parties basses du versant les conditions d'affleurement sont suffisamment favorables à une analyse instructive des rapports de ces deux accidents avec les plis. La description détaillée des données d'observation est donnée ci-après sous la forme d'une description des itinéraires que l'on peut parcourir au départ du col de la Charmette.
Ils y débutent l'un et l'autre par une piste d'exploitation forestière : celle qui part vers le nord donne accès au chemin qui monte au Charmant Som par le vallon de l'Oursière et l'arête nord, de Chamechine (itinéraire A, décrit en page "Charmant Som NW", dans le sens de la montée). Celle qui s'élève directement vers l'est permet de gagner les chalets du Charmant Som en rejoignant le crête de la montagne à l'épaule du Fournel (itinéraire B, décrit dans la présente page dans le sens de la descente).

Tracé des itinéraires du Charmant Som.

Itinéraire A : points 9 à 13
Itinéraire B : points 1 à 5

Les traits barbulés indiquent les principales lignes de falaises.

Les traits épais en grisé représentent le tracé sur la surface topographique des accidents tectoniques majeurs : AF = anticlinal du Fournel, SH = synclinal des Haberts du Charmant Som ; ACS = anticlinal du Charmant Som ; FGP = faille du Grand Poyat ; DO = décrochement de l'Oursière.


On remarquera que le tracé de la faille du Grand Poyat est décalé par les failles transverses, de décrochement, qui sont donc plus récentes.

(figure agrandissable)


pour explorer ce secteur
vous pouvez aussi consulter la
carte géologique détaillée du chaînon du Charmant Som.
(à reporter sur un fond topographique)

itinéraire A- Montée au Charmant Som par le versant nord-ouest

1/ Montée à la Fontaine de L'Oursière depuis le col de la Charmette

Emprunter le chemin forestier qui part horizontalement vers le nord-ouest.
Il ne traverse d'abord que des éboulis riches en débris de silex ; au bout de 400 m il franchit une échine qui plonge assez abruptement vers la gauche et entaille alors des bancs subverticaux, orientés nord-sud, de calcaires à silex du Sénonien supérieur. Il traverse ensuite une combe garnie d'éboulis d'Urgonien qui proviennent d'une falaise visible à travers bois sur la droite, avant d'atteindre le lit d'un petit ruisseau (le chemin rejoint l'extrémité nord de cette falaise 200 m en aval du point 9). Les rochers sur lesquels ce ruisseau cascade en contrebas ouest sont encore formés de calcaires à silex du Sénonien supérieur. Immédiatement au nord-est le chemin grimpe raide, en s'entaillant dans des calcaires argileux très blancs : ceux-ci appartiennent déjà aux couches de passage à la "craie marneuse" du Sénonien inférieur ; ils représentent donc la suite normale de la succession (puisque la base de cette dernière est du côté est).

Au sommet du raidillon tourner vers l'est en laissant sur la gauche le chemin qui se dirige horizontalement vers le nord en direction du col de la Cochette. Après 200 m de trajet ouest-est, où l'on ne voit que des éboulis sur de l'argile d'altération bariolée, les calcaires à silex du Sénonien supérieur affleurent de nouveau dans le tournant encaissé qui ramène vers le sud-est.

On se trouve ici nettement plus à l'est que les affleurements précédents, qui étaient pourtant situés plus bas dans la succession : ce décalage est dû à ce que, entre les deux, on a traversé la branche nord du décrochement dextre de l'Oursière. De fait après le passage d'un vallonnement où s'ouvre une petite clairière on passe sans transition aux calcaires argileux à silicifications du sommet du Sénonien inférieur (appartenant à l'autre côté de cette branche de faille).

Les calcaires argileux à silicifications du sommet du Sénonien inférieur affleurent à l'intérieur du tournant ou le chemin s'engage dans le thalweg du ruisseau de l'Oursière ainsi que dans le soubassement du brise-charge. Ils butent de l'autre côté du ravin, en face du brise charge, contre l'extrémité nord-est de la falaise aperçue précédemment en sous-bois, car ils en sont séparés par le décrochement de l'Oursière.

Cette falaise qui représente la lèvre sud de la branche sud de ce décrochement montre une succession Urgonien inférieur à Sénonien inférieur. La Lumachelle n'y forme toutefois qu'un placage vertical, épais de 2 à 3 m, sur le côté ouest de la falaise urgonienne : cet amincissement résulte du biseautage des couches frictionnées contre le plan de faille. En outre tous les bancs prennent dans ce secteur une orientation proche de N50 à N60, alors que leur azimut est plus proche de N20 dans les affleurements plus éloignés de la faille : ceci résulte d'un "crochonnement", c'est-à-dire d'une torsion (ici dextre), par entraînement des couches situées au voisinage du plan de faille sous l'effet du mouvement coulissant.

La portion de chemin qui fait suite, orientée est-ouest, mène en une centaine de mètres au point 9, en suivant la branche sud du décrochement de l'Oursière. Aussi le thalweg qu'elle emprunte est-il bordé du côté sud par un mur d'Urgonien inférieur et du côté nord par une échine boisée à soubassement de Sénonien inférieur puis de Lumachelle et d'Urgonien supérieur.


figure plus grande
Carte détaillée des abords de la Fontaine de l'Oursière.
La faille de l'Oursière est ici constituée par deux branches pratiquement parallèles encadrant un compartiment intercalaire étroit.
On appréciera le décalage dû à la branche sud de la faille de l'Oursière en constatant que c'est le Sénonien inférieur du compartiment est de la faille du Grand Poyat qui affleure, au sud de la faille de l'Oursière, dans le prolongement des couches à Orbitolines de son compartiment ouest (qui déterminent un petit couloir s'élevant en sous-bois au nord de l'abreuvoir).
Cette branche ne semble pourtant pas se prolonger beaucoup vers l'Est : elle doit s'y amortir et y être relayée par la branche nord. C'est l'inverse qui se produit vers l'ouest.


La structure du site de la Fontaine de l'Oursière (point 9), résumée par le croquis cartographique de la figure ci-dessus, est assez complexe car elle résulte de la rencontre de deux grandes failles verticales : la faille du Grand Poyat, orientée ici à peu près N20°E, y est recoupée par une autre, est-ouest, le "décrochement de l'Oursière". La première est décalée d'environ 200 m vers l'E, du côté nord (décalage dextre) par la seconde. C'est le tracé de cette dernière que suit à peu près le grand chemin, en aval de l'abreuvoir comme en amont.

Il est à remarquer que la source ne se situe sur aucun des tracés des failles qui passent ici. Sa localisation correspond simplement à la limite inférieure d'une langue du vaste épandage d'éboulis plus ou moins grossiers qui tapisse le versant du côté sud-est. Il ne s'agit donc pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser avant un examen précis de son emplacement, de venues d'eau canalisées le long d'une surface de faille mais plutôt de l'émergence de circulations plus superficielles recueillies dans un thalweg du bedrock comblé par les éboulis.

L'examen de ce petit secteur montre clairement les rapports entre les différents types d'accidents qui s'y rencontrent : la faille du Grand Poyat apparaît ainsi comme un accident relativement ancien, antérieur en tous cas à la famille des failles de décrochement, dont fait partie celle de l'Oursière.
Les conclusions sur la signification de la faille du Grand Poyat et sur sa place dans l'évolution tectonique du secteur sont exposées dans un encadré spécial.

 

2/ De la Fontaine de l'Oursière à l'extrémité nord du Pré Bâtard.

En amont de l'abreuvoir le chemin suit la bande des affleurements de Sénonien écrasés par le coulissement est-ouest au point de développer une schistosité verticale (avec un azimut de l'ordre de N60). Il monte d'abord parallèlement à la branche sud du décrochement de l'Oursière puis rencontre, 50 m à l'est de la source, le tronçon décalé de la faille du Grand Poyat avant d'emprunter la branche nord du décrochement (carte ci-dessus).

Ayant remonté ainsi sur 200 m depuis le captage il est intéressant de quitter le chemin sur la droite (avant son débouché dans les prairies), pour atteindre un gros éperon rocheux (point 10a) que l'on distingue à travers les bois, 50 m. plus à l'est (un sentier mal tracé longe le pied de cet éperon).
L'Urgonien que l'on trouve là porte du côté ouest un placage de Lumachelle à pendage vertical : il s'agit du flanc ouest de l'anticlinal du Fournel, que l'on avait abandonné précédemment en se déplaçant vers l'ouest et auquel on est maintenant ramené par notre cheminement vers l'est. Ces couches étant orientées nord-sud, elles devraient se prolonger jusqu'à traverser le chemin (où n'affleure pourtant que du Sénonien). Au lieu de cela elles sont tranchées par le décrochement de l'Oursière, ce qui détermine les imposantes falaises qui tombent sur le Pré Bâtard, au revers nord de l'éperon rocheux.

Une traversée horizontale ramène au chemin, vers son débouché dans l'extrémité sud de la combe de prairies du Pré Bâtard
On peut, de là, prendre d'abord vers l'est le sentier de montée directe au Charmant Som.
Pour s'engager dans le grand ravin supérieur de l'Oursière il contourne par le sud une barre rocheuse (qui s'ennoie sous une vaste jupe d'éboulis) : on y retrouve de la Lumachelle, plaquée verticalement sur le côté ouest de dalles d'Urgonien (point 10b). Il est évident qu'il s'agit là du prolongement des couches du point 10a, décalées vers l'est par la faille de l'Oursière qui longe le pied de la falaise, masquée par l'éboulis. La distance entre ces bancs verticaux, qui se correspondent, est de 200 m, ce qui mesure le rejet horizontal du décrochement.

Revenir dans la combe des basses prairies du Pré Bâtard, ouverte dans la "Craie marneuse" [c6M] et la remonter en direction du nord. A cette occasion on peut s'écarter du sentier pour faire des incursions jusqu'au sous-bois de l'échine située à l'ouest (point 11) : quel que soit le niveau exact où on le fait, cela conduit à passer du Sénonien marno-calcaire aux calcaires à silex (niveaux de transition, encore crayeux), puis, brutalement, aux calcaires urgoniens. C'est que la lisière des bois correspond au tracé de la faille du Grand Poyat, toujours orientée à peu près N20°est (fig.1).

Le Pré Bâtard est le vallon herbeux qui s'élève du sud vers le nord depuis l'entaille E-W du vallon supérieur de l'Oursière. Il s'inscrit dans une bande de couches particulièrement tendres que constituent les marnes claires du Sénonien inférieur : elles affleurent là, en couches verticales, en bordure est de la faille du Grand Poyat, qui remonte à l'affleurement l'Urgonien tout au long de l'échine boisée qui limite le vallon du côté ouest. Du côté est, au contraire on trouve la succession normale des couches, du haut vers le bas, jusqu'à l'Urgonien supérieur des abrupts de Chamechine.
Depuis la partie inférieure et moyenne de ce vallon on bénéficie d'une vue assez spectaculaire sur la partie ouest de la coupe donnée par l'entaille du haut vallon de l'Oursière, où un examen attentif de la falaise permet d'y distinguer le dessin de la charnière de l'anticlinal du Fournel et d'apprécier, au décalage de son flanc ouest, la valeur du rejet du décrochement de l'Oursière. .

image sensible au survol et au clic

Les falaises de l'éperon nord-ouest du Charmant Som

vues du nord, depuis le Pré Bâtard (partie droite de la coupe ci-dessous)
La limite stratigraphique supérieure de l'Urgonien (interface entre Urgonien supérieur et Lumachelle) est soulignée de rouge
s.H = synclinal des haberts. ; d.O = décrochement de l'Oursière ; a.F = anticlinal du Fournel
L'écart entre les deux pointes des demi-flèches mesure la valeur du mouvement de coulissement dextre entre les deux points homologues du flanc ouest de l'anticlinal du Fournel, au nord du décrochement à gauche et au sud à droite.



Coupe de la rive gauche (méridionale) du ravin supérieur de l'Oursière
(le Charmant Som vu du nord)

Au sommet du vallon du Pré Bâtard le sentier atteint une dépression marécageuse. Au nord-ouest de celle-ci (100 m au nord-est du point 1596) se trouve le grand aven du Pré Bâtard L'ouverture de ce gouffre (Point 12a), bouchée d'éboulis, se situe dans l'Urgonien du compartiment ouest, et non sur le tracé de la faille, qui passe 50 m. plus à l'est, à la limite des prairies et des rochers urgoniens du rebord de l'aven. On peut d'ailleurs, en plusieurs points, en voir le miroir et le situer au décimètre près, bien que les calcaires à silex émergent mal de l'herbage (il s'agit des niveaux de transition avec la "craie sénonienne", lités et à patine jaunâtre). On peut même constater son décalage sénestre de 5 mètres par une petite cassure orientée N150. Cent mètres plus au nord (Point 12b) la limite entre Urgonien (rochers dénudés) et Sénonien (prairies) s'infléchit brutalement et s'oriente vers le nord-est sur près de 200 m : cela vient de ce que le tracé de la faille du Grand Poyat est de nouveau sectionné et décalé, ici vers l'est, par une cassure (cette dernière est donc dextre est se rattache à la même famille que le décrochement de l'Oursière).

On retrouve la faille du Grand Poyat dans les prairies supérieures du Pré Bâtard, qui continuent à en suivre le tracé du côté est. Mais ces dernières se réduisent, vers le nord, à un couloir de plus en plus étroit, entre les pentes raides de Chamechine, à l'est, et le chaos des rochers urgoniens du compartiment ouest de la faille. En le parcourant le sentier contourne par la droite deux avens successifs. Il est intéressant, ayant gagné le bord nord-est du premier, de revenir vers la gauche, en suivant le flanc nord de la petite crête qui le sépare du second (point 13a). Examinée de près la lèvre est de la faille du Grand Poyat montre là d'intéressants détails microtectoniques.


Coupe de détail, au niveau des avens du sommet du Pré Bâtard

Cette coupe, transversale à la faille du Grand Poyat, traverse, successivement, la Lumachelle, des grès verts albiens à fragments de fossiles phosphatés, les premiers bancs du Sénonien inférieur, en contact vertical avec l'Urgonien par le miroir de faille.
Elle montre bien l'attitude, ici très verticale, de cette faille. La schistosité S1 qui affecte le Sénonien basal est localisée aux un ou 2 m bordant le miroir de faille : elle est due au mouvement relatif des deux compartiments. L'inclinaison de la schistosité, très oblique au pendage des strates (So), indique une orientation du serrage qui est conforme avec un rejet de soulèvement relatif du compartiment ouest (en fait son inclinaison vers le sud, selon un azimut N50 et un pendage 45°SE, suggère aussi une composante de coulissement sénestre).


Au col coté 1639, extrémité tout-à-fait septentrionale du Pré Bâtard (point 13b) la faille du Grand Poyat juxtapose Lumachelle et Urgonien, sans Sénonien intercalaire (coupes ci-après, coupe inférieure). Cela vient de ce que la remontée générale des structures vers le nord conduit l'érosion à disséquer celles-ci de plus en plus profondément, à altitude égale.

C'est ici que cette grande faille peut être touchée pour la dernière fois. En effet son tracé plonge ensuite dans les abrupts impressionnants qui tombent, vers le nord, sur Malamille : il en traverse le pied vers l'est et va trancher l'extrémité inférieure de la crête de droite (Chamechine), là où son Urgonien, vertical, fait place à une croupe boisée de calcaires du Fontanil. La crête de gauche, qui rejoint le col de la Cochette, montre aussi de belles dalles verticales (ce qui nous renseigne sur le pendage du compartiment ouest de la faille). Les couches qui forment actuellement ces deux lignes de crête se trouvaient en continuité avant le jeu de la faille : c'est son rejet, qui consiste en un relèvement relatif du compartiment ouest, qui a amené côte à côte, au même niveau, les dalles urgoniennes verticales de Chamechine et celles qui se prolongent vers le col de la Cochette (coupes ci-après, coupe inférieure).

On trouvera un exposé d'ensemble sur la faille du Grand Poyat. à la page "Charmant Som sud-ouest"

 

3/ De l'extrémité nord du Pré Bâtard au sommet du Charmant Som.

Depuis le col coté 1639 (point 13b) le sentier gagne la partie nord de la crête de Chamechine en suivant le bord de la Combe de l'If. A cet endroit l'érosion a enlevé toute la voûte de l'anticlinal médian, y compris le synclinal des Haberts et la charnière de l'anticlinal du Fournel et n'a conservé que l'Urgonien du flanc ouest de ce dernier pli.

Au nord de ce trajet W-E l'extrémité nord-ouest du chaînon se partage en deux crêtes parallèles, formées l'une et l'autre par l'Urgonien, subvertical, du flanc ouest de l'anticlinal du Fournel, redoublé par le jeu de la faille du Grand Poyat :
- la crête de Chamechine (compartiment oriental) ne se poursuit guère plus au nord, car elle est vite tranchée à sa base par le prolongement septentrional de la faille du Grand Poyat, qui traverse à angle aigu les pierriers de la Combe de l'If avant que l'on en perde le tracé dans les sous-bois de Valombré. Elle est incisée, du côté ouest, par le couloir supérieur de la Combe de l'If, qui est une abrupte ravine ouverte dans les couches à Orbitolines verticales.
- la crête du Pas de la Cochette (compartiment occidental), qui prolonge l'échine occidentale du Pré Bâtard au nord du point 1639, court au contraire longuement pour se poursuivre jusqu'en rive droite du Guiers.

Depuis l'extrémité nord de la crête de Chamechine on bénéficie en direction du sud d'une vue d'enfilade des arêtes, qui permet de voir se dessiner la charnière de l'anticlinal du Fournel dans leurs abrupts orientaux.


La crête de Chamechine et le sommet du Charmant Som
vus du nord, depuis l'éperon dominant la combe de l'If
Le raccourci perspectif fait se superposer deux coupes naturelles correspondant respectivement aux parties gauches des deux coupes ci-après (coupe supérieure en arrière-plan, coupe inférieure en avant-plan).
La charnière de l'anticlinal du Fournel, masquée d'ici, s'observe en parcourant la crête, peu avant d'arriver au collet de Chamechine.
d.O = décrochement de l'Oursière (il passe entre le sommet et le bec du Promontoire) ; f.CS = faille du Charmant Som ; a.F = anticlinal du Fournel.

L'Urgonien qui forme la crête, depuis Chamechine jusqu'au bec rocheux qui tombe sur la vallée du Guiers à l'aplomb de la butte du Promontoire, ne correspond qu'à la seule partie de l'anticlinal médian qui se trouvait à l'ouest de la faille du Charmant Som (voir plus loin dans cette page) : il s'avère même que c'est précisément au plan de cassure de cette faille que correspond la falaise du Bec du Promontoire.



Deux coupes de la crête de Chamechine (chaînon du Charmant Som, au nord du couloir du décrochement de l'Oursière) :
coupe de l'extrémité méridionale en haut, de l'extrémité septentrionale en bas.
f.CS = faille du Charmant Som.


À partir de l'extrémité nord de la crête de Chamechine (point 14a) le sentier suit cette dernière vers le sud, puis passe en versant ouest pour gravir une cheminée rocheuse et atteindre les rochers sommitaux de Chamechine. Il débouche finalement dans le vallonnement herbeux suspendu qui s'ouvre à l'est du rocher 1747 (son extrémité septentrionale, point 14b, est nommée collet de Chamechine sur les figures) et le redescend jusqu'à son extrémité méridionale (point 15), où il se bifurque entre une branche menant au sommet du Charmant Som et une autre descendant dans le vallon de l'Oursière.

A l'extrémité sud de la combe du collet de Chamechine la vue plonge dans le profond vallon de l'Oursière, qui tranche transversalement le chaînon en passant au nord du sommet du Charmant Som : elle permet d'analyser la structure des abrupts septentrionaux de ce sommet, dont la rive sud du vallon donne une coupe transversale naturelle.

image sensible au survol et au clic

Les falaises de la face nord du Charmant Som, vues du nord, depuis le replat de la crête de Chamechine qui forme un collet à l'est du point 1747 (partie gauche de la coupe supérieure ci-dessus).

a.CS = anticlinal du Charmant Som ; d.O = décrochement de l'Oursière ; s.H = synclinal des haberts.
La faille du Charmant Som (f.CS) est une cassure extensive ancienne, antérieure au plissement, initialement pentée de l'ordre de 60° vers l'ouest (vers la droite), qui est devenu verticale par l'effet du basculement dû au plissement (étapes 1 et 2 du schéma explicatif ci-après). En outre elle ne se poursuit pas vers le haut dans le secteur de l'antécime sud, où sa partie haute a été cisaillée par et décalée vers l'ouest (vers la droite) par un cisaillement tangentiel aux couches (étape 3 du schéma).
voir l'analyse de ce secteur à la page "antécime sud").
Le prolongement vers le nord (vers l'avant pour l'observateur) de cette faille (f.CS) ne passe pas par le replat de prairies de premier plan, comme on serait tenté de le croire au premier abord. En effet il est coupé, dans le vallon que cachent les épicéas du rebord du replat, par le décrochement de l'Oursière. Il est reporté nettement à gauche de l'observateur, au delà de la ligne de crête méridionale de Chamechine (c'est d'ailleurs cette faille f.CS qui détermine la falaise qui domine le versant Guiers Mort).


Le vallon de l'Oursière est déterminé par le passage du décrochement de l'Oursière, qui décale toutes les structures dans le sens dextre et surhausse son compartiment nord par rapport à son compartiment sud. De ce fait l'érosion a rongé plus profondément la carapace urgonienne du côté nord du décrochement que du côté sud. En particulier la voûte même de l'anticlinal du Charmant Som, décalée vers l'est, a été complètement décapée de sa carapace d'Urgonien et affouillée dans les niveaux plus anciens, de sorte qu'elle fait place à la dépression en forme de cirque qui plonge vers le Guiers Mort.


L'observation de la rive méridionale du vallon de l'Oursière révèle que le flanc ouest de l'anticlinal du Charmant Som y est affecté d'une faille secondaire, verticale. Cette "faille du Charmant Som", orientée N-S, est intéressante à analyser car elle s'avère correspondre à une faille antérieure au plissement, déformée par ce dernier.


Schéma interprétatif de la formation du dispositif actuel
(l'ouest est à droite, comme sur le cliché précédent)

1 = jeu extensif de la faille du Charmant Som (F), au Crétacé ou à l'Oligocène (??) ;
2 = étape du plissement, basculant le plan de faille ;
3 = étape d'entraînement de l'Urgonien supérieur, sous le chevauchement de la Chartreuse orientale : ce mouvement se produit à la faveur de glissements couches sur couches au niveau des couches à Orbitolines (1) et de quelques cassures inverses secondaires (3) dans l'Urgonien supérieur. Le tronçon supérieur de F est littéralement transporté vers l'ouest d'une trentaine de mètres.
NB : c'est ce mouvement d'entraînement vers l'ouest qui est également à l'origine, au sud du Charmant Som, de la formation de l'écaille de Canaple.


L'accès au sommet du Charmant Som se fait en restant dans les couches de l'Urgonien inférieur : le sentier traverse le sommet du vallon de l'Oursière et atteint un couloir orienté E-W qui s'élève vers l'est en suivant plus ou moins exactement le couloir de faille du décrochement de l'Oursière. Il débouche presque sur la crête au niveau d'une profonde brèche (point 16b) et quitte alors ce couloir pour s'élever jusqu'au sommet, par des vires de sa rive sud, dans les bancs sub-horizontaux de la voûte de l'anticlinal du Charmant Som.

 


Ce secteur est visité par les itinéraires du fascicule 1A
.
Si vous avez envie d'explorer la montagne du Charmant Som vous pouvez aussi consulter les pages suivantes :
Le versant nord-ouest de la montagne
(Pré Bâtard et Chamechine)
Les versants nord et nord-est de la montagne
(Valombré et arête de Bérard)
Le versant ouest de la montagne
(entre Fournel et col de la Charmette)
Le versant sud du sommet
(alpages des chalets du Charmant Som)
***
 Le versant sud-ouest de la montagne
(crête de Canaple)
Le versant sud-est de la montagne
(Orgeval et route pastorale)
La Pinéa
Le tournant 1442 de la route pastorale

carte géologique détaillée du chaînon du Charmant Som
(à reporter sur un fond topographique)
Trois coupes d'ensemble, entre Orgeval et Charmant Som  

  *** Détails de la structure de l'antécime sud du Charmant Som
Panorama du sommet du Charmant Som

 Carte géologique simplifiée des alentours du Charmant Som.
(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)

carte cliquer sur les imagettes Légende
carte géologique au 1/50.000° à consulter : feuilles Grenoble et Domène

Crête de la Vache

Guiers Mort

Saint-Pierre- de-Ch.
col de la Charmette

LOCALITÉS VOISINES
Charmant Som N et Et

Charmant Som Fournel

antécime Sud

Charmant Som sud
L'accès aux localités entre parenthèses (= qui appartiennent à une autre section du site) fait perdre la barre de boutons ; pour éviter cet inconvénient retrouvez la page désirée en passant par la page d'accueil de la section correspondante.

accueil section Chartreuse

début de la page

sommaire de GEOL_ALP

Aller à la page d'accueil du site
Dernières retouches apportées à cette page le 14/11/08