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Pas de Rocheplane, cheminée du Paradis

partie méridionale des crêtes de Bellefond

Le point le plus bas de la crête de Bellefond est le Pas de Rocheplane (1860 m). Le sentier qui l'atteint, depuis les Petites Roches, s'élève sur une dalle structurale*, inclinée à 40° vers l'est, qui résulte du dégagement par l'érosion d'un miroir de faille.

Le versant oriental de la partie méridionale des crêtes de Bellefond
vu d'avion, du sud-est, depuis l'aplomb des Petites Roches (Les Vials).

L'observateur est presque placé dans le plan de la surface de faille de Rocheplane (f.R) ; le miroir de faille, dénudé à gauche du col, y forme un glacis enneigé.
Le Pas de Rocheplane proprement dit est situé dans le compartiment situé au dessus de la surface de faille. Cette dernière traverse la crête à la première échancrure au sud du col et ceinture, plus au sud, la pyramide sommitale du piton de Rocheplane). Ce compartiment supérieur de la faille de Rocheplane est celui qui a été abaissé par le rejet de la faille (il ne s'agit pas d'une faille inverse mais d'une faille normale*)
Uis = partie supérieure de la masse inférieure urgonienne ; pscO = "pseudo couches à Orbitolines" (pour les autres niveaux voir la liste des abréviations).


version plus grande, muette, de cette image
La crête de Rocheplane
vue du nord, depuis l'éperon rocheux 1860, au nord-est du Pas de Rocheplane

La dénudation de la surface de fracture de la faille de Rocheplane (f.R) détermine, en avant du piton 1938, les dalles (plus ou moins corrodées en lapiaz* par le ruissellement des eaux de pluie) sur lesquelles serpente en lacets le sentier qui monte par le versant des Petites Roches (il n'est que partiellement visible et impossible à distinguer sur ce cliché).
La surface de faille qui passe sous le Pas de Rocheplane (et qui traverse la crête au sud du col) s'enfonce en profondeur vers l'avant, sous la partie de crête d'où est pris le cliché (cette partie septentrionale de la crête est dans la même situation, vis-à-vis de la faille, que le sommet du piton de Rocheplane).
f.l est une faille longitudinale (N-S) de très faible rejet mais qui suffit, par la dénudation de son miroir (vertical), à déterminer un monolithe remarquable par sa forme en champignon.

Au sud du Pas de Rocheplane, le compartiment supérieur (oriental) de cette faille de Rocheplane ne s'est pas totalement effondré du côté du Grésivaudan : le témoin qui en subsiste forme la crête, à partir du piton 1938, sur quelques centaines de mètres (voir la carte).

version plus grande, muette, de cette image

Le Pas et le piton de Rocheplane
vus du nord, depuis les pentes septentrionales du Pas de Rocheplane (vue plus détaillée).

La faille verticale f.c est une faille conjuguée de f.R (son rejet est symétrique) mais cette dernière la décale. Elle se raccorde plus au sud (voir carte) à la faille du Paradis FPa (mais n'en est qu'une branche secondaire). Noter que la bissectrice de l'angle f.c / f.R (qui correspond à Z = axe du raccourcissement) est perpendiculaire aux couches : ceci suggère que ces failles ont affecté les couches alors qu'elles étaient horizontales, puis ont basculé avec elles lors du plissement.

La vire notée ps.cO correspond aux "pseudo-couches à Orbitolines", niveau à lits calcaréo-argileux situé une trentaine de mètres plus bas, dans la partie haute de l'Urgonien inférieur (elle est figurée par un ruban grisé sur la carte géologique).


version plus grande de cette image

Coupe passant peu au sud du Piton de Rocheplane.

dB = décrochement de Bellefond ; dP = décrochement du Prayet ; fPr = faille N-S du Prayet ; fPa = faille du Paradis

Au sud du piton 1938 le sentier de crêtes rejoint le pied ouest du "rocher pointu" en empruntant la cheminée du Paradis. Ce couloir naturel, étroit de moins d'un mètre et haut de 5 à 6 m correspond à une autre faille dont les deux lèvres se sont écartées l'une de l'autre, sans doute par suite d'un léger glissement des couches de la lèvre ouest vers l'aval de leur pendage.

La cheminée du Paradis

vue du nord, depuis son débouché supérieur

Le "bâillement" de la surface de cassure tend à être annulé par la présence de blocs éboulés, coincés entre les deux lèvres, à la faveur desquels on peut escalader cette fissure.

La lèvre ouest est celle de droite et le pendage des couches (indiscernable sur le cliché) est dirigé à 25° vers la droite.

Les cassures N-S telles celles de Rocheplane et du Paradis, se sont formées avant le plissement et ont été ultérieurement basculées, lors de ce dernier : on peut mettre ce fait en évidence au sud du chalet de Bellefond, dans les pentes coupées de barres rocheuses s'élevant vers le pas de Montbrun (en lisière sud des prairies du col de Bellefond), où ces failles s'avèrent cachetées* par la Lumachelle de l'Aptien.


figure agrandissable
Les deux étapes qui ont abouti à la disposition actuelle des failles longitudinales du chaînon de la Dent de Crolles
a) Débitage de la dalle urgonienne, par une extension est-ouest, à l'Aptien (époque de dépôt de la Lumachelle)
b) Plissement, à axe N-S, qui bascule (et éventuellement tord) les surfaces de failles.



Ce secteur est visité par les itinéraires du fascicule1R
carte géologique au 1/50.000° à consulter : feuilles Grenoble et Domène

 Carte géologique simplifiée des alentours de la Dent de Crolles.
(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)

carte cliquer sur les imagettes Légende


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