Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/chartreuse/6_sommets_ch/alpe_tracarta.html
| Le
col de l'Alpe, Tracarta |
Les hauts plateaux orientaux de Chartreuse
sont tranchés en oblique par le décrochement du
col de l'Alpe. Cette faille a guidé l'érosion, qui
a ouvert, en la suivant, un profond sillon incliné vers
le sud-ouest, le vallon du Pratcel. Ce sillon est dominé,
du côté nord par le rebord du plateau de l'Alpette
(qui culmine à la Croix de l'Alpe). Du côté
sud, le flanc oriental du plateau de l'Aulp du Seuil se termine
en pointe aux rochers de la Rousse en dominant également
ce fossé tectonique.

version
plus grande, sans commentaires, de cette image
Les hauts espaces de la Chartreuse orientale
au nord-est du cirque de Saint-Même
vus d'avion en direction du nord-est, de l'aplomb de la combe
de Fontanieu
Le décrochement du col de l'Alpe (d.CA)
traverse en biais l'axe du synclinal chartreux oriental (s.O)
: la charnière de ce pli est bien visible, dans le compartiment
nord, alors que l'on ne voit que son flanc oriental dans le compartiment
méridional (de droite), où la charnière du
pli est décalée vers l'avant, en deçà
de la limite inférieure du cliché.
On distingue bien les pentes boisées du "chaos"
de Tracarta, ceinturées à l'amont par la crevasse
d'arrachement des couches de l'Urgonien supérieur (Roche
Blanche).
Au sud du Pratcel, dans la partie basse, boisée,
des pentes septentrionales du plateau de l'Aulp du Seuil (au nord
de l'Alpette des Dames), s'étend le chaos
de Tracarta. Il s'est formé
par le glissement de la dalle d'Urgonien supérieur du flanc
est du synclinal, à la surface des lits marneux, inclinés
vers l'aval, des couches à Orbitolines et sa dislocation
partielle sur place (une partie des matériaux s'est également
éboulée dans la pente du cirque de Saint-Même).
La limite supérieure de cet arrachement correspond à
la falaise en demi-lune de Roche
Blanche. Ce chaos est actuellement colonisé par la
végétation, sous laquelle ses blocs sont noyés
et invisibles à distance.

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Le versant ouest du Col de l'Alpe
vu d'avion, de l'ouest
Les noms abrégés des failles sont les
mêmes que sur le schéma perspectif
: D = décrochement principal ; F = faille
annexe ; j = chevauchement
de la Rousse.

figure agrandissable
La rive sud du vallon de Valfroide
vue de la Croix de l'Alpe
Ø = chevauchement de La Rousse
Le décrochement de l'Alpe s'accompagne
de failles satellites avec lesquelles il délimite un fossé
effondré ("graben"*) rempli de Sénonien.
C'est dans ce matériau facilement affouillable que s'est
inscrit le vallon du Pratcel et de Valfroide,
qui s'élève jusqu'au col
de l'Alpe. Le plateau de l'Alpette, surélevé
par rapport à ce fossé est cependant en contrebas
de la lèvre sud du décrochement.
Celle-ci est en outre affectée par une faille inverse,
le chevauchement de la Rousse,
que l'on ne retrouve pas dans le compartiment nord car le décalage
dextre la reporte dans le domaine où l'Urgonien est enlevé
par l'ouverture du Grésivaudan.

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fenêtre
(figure
encore plus grande, pour impression) |
Le couloir de faille du Pratcel - col de l'Alpe
Le long du tracé du décrochement plusieurs failles
secondaires découpent des blocs qui s'effondrent entre
les lèvres nord-ouest et sud-est. Ainsi se délimite,
entre D et F1, un grand compartiment effondré rempli de
Sénonien.
Le miroir
de la faille D est bien dégagé par l''érosion
dans tout le secteur représenté par les blocs A
et B, où il forme un mur regardant vers le nord-ouest.
En aval de Valfroide (partie antérieure du bloc B) on
observe, le long de ce miroir de faille, une mylonite
de Sénonien. Son analyse microtectonique montre qu'elle
est due à un mouvement décrochant dextre.
On remarque accessoirement que le compartiment sud-oriental
est affecté, aux Rochers de la Rousse, par un chevauchement
(indiqué par un Ø minuscule) qui fait remonter
l'Urgonien inférieur sur le Sénonien du col de
l'Alpe. Cet accident est antérieur au jeu des décrochements.
|
Carte
géologique détaillée du plateau de l'Alpette
et du couloir tectonique du col de l'Alpe. |
Sur le versant est du col le couloir
de faille se manifeste moins clairement dans le relief : il faut
se placer bien dans son axe pour voir la ravine qu'il détermine
dans la ligne de falaise (le sentier qui s'élève
depuis le parking ONF de Pré Orcel emprunte la rive sud-est
de ce couloir pour gagner l'altitude du col).

Le versant est du col de l'Alpe
vu depuis le hameau de Chez Guimet, un kilomètre au nord
de Saint- Georges.
Le Pré Orcel se situe sur le tracé du
décrochement, dans la partie où la cassure traverse
en biais les pentes boisées installées sur l'Hauterivien
et les calcaires du Fontanil (ces couches y sont le plus souvent
masqués par une pellicule d'éboulis).
d.cA = décrochement du col de l'Alpe : il détermine
un couloir qui traverse les falaises très obliquement à
leur orientation d'ensemble (ce couloir n'est pas visible si on
ne regarde pas les les falaises en biais, depuis le nord-est).
Le point rouge indique l'emplacement
où le sentier traverse le miroir de faille (voir cliché
ci-après)
Ce sentier suit d'abord une longue vire, en
encorbellement horizontal sous un vaste toit surplombant
(une"balme" au sens strict du mot). Elle est due à
une légère différence de composition de l'un
des bancs du calcaire urgonien qui s'avère y être
plus fissile et s'effriter en fins débris.
 |
Vue rapprochée de l'encorbellement naturel que
suit le sentier du col de l'Alpe, au pied de l'auvent en surplomb,
avant d'atteindre la ravine déterminée par la faille.
Le rentrant de l'encorbellement correspond à un niveau
d'aspect crayeux où le calcaire a été partiellement
transformé en dolomite, minéral dont les cristaux
sont souvent mal jointifs, ce qui facilite l'ouverture de fissures,
voire l'effritement de la roche sous l'effet de la gélivation.
Le calcaire dolomitique se débite en feuillets subverticaux
qui s'éboulent en donnant des débris lamellaires.
Ce débit est causé par la présence d'un
intense clivage subvertical , orienté N110 (proche d'E-W)
Il est à remarquer que ce clivage s'observe dans tous
les calcaires massifs de Chartreuse ; mais ici il s'exprime de
façon particulièrement marquée.
|
Puis le chemin commence à s'élever
en petits lacets : c'est juste au point où a lieu ce changement
de tracé qu'il traverse la faille principale. Les affleurements
étant bien dégagés on peut y faire une analyse
microtectonique des abords de la cassure.

La faille du col de l'Alpe
dans les tous premiers lacets du sentier du versant est (emplacement
marqué d'un point rouge sur
le cliché plus haut dans la page).
Les alternances calcaires - marnes des couches à
Orbitolines sont effondrées et basculées vers l'ouest.
Elles déterminent un couloir de faille dont l'affouillement
(résultat de la faible résistance à l'érosion
de ces couches) a mis à nu le miroir de la lèvre
nord-ouest (formé par la partie médiane de l'Urgonien
inférieur).
Le sentier s'élève ensuite sur les couches de la
la lèvre sud-est de la cassure (partie gauche du cliché),
qui correspondent aux niveaux supérieurs de l'Urgonien
inférieur, immédiatement sous-jacents aux premières
couches à Orbitolines.
La composante de rejet vertical du décrochement correspond
donc ici à un soulèvement relatif de la lèvre
droite. Le sens du basculement des couches dans le couloir de
faille n'est pas cohérent avec ce rejet mais avec celui
du mouvement coulissant (dextre).
Tableau général
des pages consacrées aux différents secteurs du
chaînon des Hauts de Chartreuse :
 |
Carte géologique simplifiée
de la Chartreuse orientale aux alentours de Saint-Pierre-d'Entremont.
(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)
carte cliquer sur les imagettes
Légende
|
 |
carte géologique au 1/50.000° à consulter
: feuilles Montmélian
N.B. Les liens entre parenthèses
sont des raccourcis entre sections, qui font perdre la barre de
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