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Plateau de l'Alpette, Croix de l'Alpe, 1821m.

On est là dans le second tronçon (en partant du nord) des hauts plateaux installés sur l'Urgonien du synclinal chartreux oriental.
Ce synclinal héberge d'assez larges affleurements de Lumachelle, qui garnissent les pentes sud-orientales du plateau (Chalets de l'Alpe) et son point culminant, la Croix de l'Alpe. On y trouve également du Sénonien, mais seulement dans son coeur, à son extrémité nord, près du col de l'Alpette.

Le plateau de l'Alpette, vu du NE (d'avion)

La gouttière synclinale que dessine l'Urgonien héberge, à droite du centre du cliché, les prairies de l'Alpette, installées sur le Sénonien du coeur du synclinal oriental (s.O), à son point le plus bas : on perçoit en effet fort bien que cette gouttière est inclinée vers le nord (vers l'avant droit).
Le synclinal est tranché et décalé (aussi bien dans le sens vertical qu'horizontal) par les deux failles de décrochements qui délimitent le plateau déprimé de l'Alpette: le décrochement du col de l'Alpe (d.CA) le surhausse par rapport à la partie plus méridionale du synclinal ; au contraire il est abaissé, vis-à-vis du plateau du Granier, par le décrochement de l'Alpette (d.A). Le décalage horizontal dû à ces failles (demi flèches) est plus facile à apprécier sur une vue prise dans l'axe du synclinal.
En avant droit la dalle urgonienne du Granier, inclinée vers le Grésivaudan (flanc ouest du synclinal, le flanc est étant enlevé par l'érosion qui a creusé le Grésivaudan) ; la gouttière synclinale de l'Urgonien se termine, vers le sud à la Dent de Crolles, où elle est tranchée par le Grésivaudan.


Du côté sud ce tronçon des hauts plateaux domine le rebord du large couloir de faille du col de l'Alpe, qui est pour l'essentiel occupé par un panneau effondré, rempli de Sénonien.


801119_granier_tracar_c6.jpg
version plus grande, muette, de cette image

Le plateau de l'Alpette et l'extrémité nord de l'Aulp du Seuil
Vus d'avion, du sud, depuis l'aplomb des Lances de Malissard
Cette vue d'enfilade de la partie septentrionale des hauts plateaux de la Chartreuse orientale montre qu'ils sont compartimentés en trois tronçons successifs par le passage des deux grands décrochements les plus septentrionaux, qui encadrent le plateau de l'Alpette.
s.O = synclinal oriental de la Chartreuse
N.B. La vue donnée par cette photo est avantageusement complétée par une autre prise du nord, donc en sens opposé.


L'étude précise de la répartition des affleurements du plateau révèle que la dalle urgonienne y est hachée de failles mineures :
1 - la plupart sont des décrochements rapportables aux deux familles connues en Chartreuse, mais surtout à la famille NE-SW, dextre.
2 - certaines, orientées presque N-S ont des rejets de failles normales. Elles sont analogues à celles de Bellefond et, comme elles, se montrent cachetées* par les couches de la Lumachelle.

 

Carte géologique détaillée du plateau de l'Alpette

Noter le décalage progressif de l'axe du synclinal (ligne de points noirs) par les multiples décrochements mineurs qui traversent le plateau.
Les astérisques 1, 2 et 3 désignent les emplacements où l'on peut observer le cachetage* de failles N-S par les couches de la Lumachelle (cf. la publication n° 165).


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Au coeur du plateau de l'Alpette s'ouvrent trois dépressions en cuvettes, dont la plus importante abrite les ruines de l'ancien habert de Barraux, qui sont fermées de tous côtés par des affleurements de Lumachelle. Ces dépressions, de dimensions pluri-hectométriques, font penser à des dolines. Toutefois cette interprétation est infirmée par le fait que leur fond n'est pas comblé de résidus de dissolution, mais constitué par la dalle sommitale de l'Urgonien, dégagée sur une large surface plane et percée de petits avens. Ces dépressions méritent donc seulement le nom de boutonnières d'érosion.


La dépression fermée des ruines des Haberts de Barraux
vue du nord, depuis sa fermeture aval.


La dénudation de l'Urgonien, au centre de ces dépressions, pose le problème du processus d'érosion qui les a créées : on peut difficilement penser que l'ablation de la Lumachelle en creux et évacuation des débris en résultant ait pu être le fait d'un creusement torrentiel dont les écoulements auraient été absorbés par les avens qui percent en deux points le plancher d'Urgonien des deux plus grandes de ces dépressions. Les débits que cela suppose ne sont pas réalisés à l'époque actuelle et l'on voit mal comment ils auraient pu l'être par le passé, compte tenu du faible bassin versant.
En fait tout porte à penser que la formation de ces dépressions résulte d'un léger surcreusement glaciaire lorsque le plateau était occupé par une langue de glace locale, c'est-à-dire à la fin de la dernière époque glaciaire (Würmien). À cette époque les eaux de fonte pouvaient en outre alimenter le réseau karstique par les avens présents sous la glace.

Du côté ouest le plateau de l'Alpette se termine par un crêt, qui correspond au flanc ouest du synclinal chartreux oriental et dont le revers pend doucement vers les prairies du coeur du synclinal. Les deux extrémités nord et sud de ce crêt sont coupées par des falaises déterminées part les décrochements qui tranchent ce synclinal, isolant des sommets en forme de promontoire en angle droit. Ce sont respectivement :

- au nord le Roc du Pinet, 1867 m, limité par les falaises qui ferment le site de la Plagne du côté sud et qui sont déterminées par le décrochement de l'Alpette.


version plus grande , sans commentaires géologiques
Le Granier (sommet sud) et Le Pinet, séparés par le décrochement de l'Alpette (d.A).
vus du nord-ouest depuis les pentes de la Cochette (Désert d'Entremont)
s.O = synclinal oriental ; a.P = anticlinal de Perquelin ; Ø3 = chevauchement de la Chartreuse orientale.


- au sud la Roche de Fitta, 1737 m, qui domine l'extrémité sud du sangle de Fouda Blanc et dont les falaises méridionales tombent sur le vallon du Pratcel, ouvert le long du décrochement du col de l'Alpe.


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L'extrémité méridionale du plateau de l'Alpette
vue du sud, depuis les basses pentes de l'Alpette de la Dame.

pcO = niveau des pseudo couches à Orbitolines, dans la partie haute de l'Urgonien inférieur.




 Carte géologique simplifiée de la Chartreuse orientale au nord de Saint-Pierre-d'Entremont
(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)

carte cliquer sur les imagettes Légende
carte géologique au 1/50.000° à consulter : feuille Montmélian

La Plagne

col de l'Alpette

Chapareillan
Saint-Pierre-d'Entr. LOCALITÉS VOISINES Barraux

Saint-Même

col de l'Alpe

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