Pierre Châtel, Saint-Théoffrey, Pétichet |
Entre le Grand Lac et le Lac de Pétichet, la constitution du soubassement rocheux des lacs et de leurs reliefs bordiers change complètement. Cela est dû à ce que le plateau des lacs est traversé en biais par une grande cassure, la faille de Pétichet (non tracée sur la carte géologique au 1/50.000° Vizille). Bien qu'elle ne soit nulle part observable à l'affleurement l'existence et le rejet de cette faille découlent à l'évidence des données cartographiques, car elle interrompt la continuité des bandes d'affleurements, globalement allongées N-S, et notamment d'une façon particulièrement claire celles observables dans sa lèvre sud-est.

image sensible au survol et au clic

L'extrémité sud du Grand Lac et le lac de Pétichet vus du sud-ouest, depuis les pentes de Saint-Théoffrey (hameau des Berlioux)
f.P = faille de Pétichet (le compartiment gauche a reculé vers l'arrière par rapport à celui de droite) ; (cL = calcaires de Laffrey)
gl.R = alluvions glaciaires rissiennes (crête du Canier et pentes de la combe aalénienne de Cholonge) ; gl.W1, gl.W2 et gl.W3 = alluvions glaciaires wurmiennes, respectivement du premier stade de retrait (Pierre Châtel), du second (Les Thénaux) et du troisième (Pétichet).
Cette cassure est en fait un important décrochement, car elle interrompt et décale dans le sens dextre le tracé de l'accident médian de Belledonne : celui-ci, venant du nord, aboutit au sommet du ravin du Grand Rif de Saint- Barthélémy et y bute contre les escarpements de Lias du Grand Serre, précisément parce qu'il y est tranché par la faille de Pétichet (voir la page "Grand Serre"). On retrouve son tracé NS plus de 5 km vers le sud-ouest au niveau du Lac de Pétichet, qu'il traverse longitudinalement.
L'origine glaciaire du creusement et de la disposition en chapelet des lacs de Laffrey est attestée par les dépôts morainiques qui garnissent les seuils séparant les éléments successifs de cet alignement. Celui de Pétichet est particulièrement spectaculaire.

L'extrémité sud du Grand Lac, à Pétichet (village en haut du cliché)
vu de l'est, d'avion, depuis l'aplomb du village de La Fayolle.
L'éclairage rasant d'hiver souligne le dessin d'un beau vallum morainique
abandonné par une langue de glace qui venait de la droite,
c'est-à-dire de la vallée de la Romanche (ce qu'indique
le sens de la concavité de la crête morainique).
D'un stade au suivant, le front glaciaire reculait de la gauche
vers la droite. : l'arc morainique interne, le plus récent
donc, et le mieux conservé est crevé par le ruisseau
déversoir du lac, qui le contourne par l'est (en bas à
droite du cliché) puis s'insinue entre les deux arcs pour
franchir l'arc externe du côté ouest (en haut à
gauche du cliché) et se jeter dans le lac de Pétichet (hors
du cliché).


Carte géologique simplifiée,
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication n° 074
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