La Condamine-Châtelard |
Pour traverser ce puissant ensemble rocheux la rivière a dû s'y entailler une gorge, car les séquences gréso-calcaires de ce flysch sont moins faciles à affouiller que les terrains qui encadrent cette bande synclinale (ceux, formés de Terres Noires, de leur substratum autochtone, du côté aval, et ceux de la bande de flyschs argileux de l'Unité de Serenne du côté amont).


version
plus grande de cette image
Coupe longitudinale très schématique,
le long de la vallée de l'Ubaye
de sa source (à droite) à son confluent avec la
Durance (à gauche)
Seuls sont représentés les ensembles rocheux majeurs
qui se superposent (les couleurs sont celles de la carte schématique
ci-dessus).
Les traits gras indiquent les superpositions anormales, dues aux
charriages (ils délimitent les grandes "nappes de
charriage) Ø est la surface de chevauchement majeure,
séparant le domaine autochtone de celui des nappes, qui
le recouvre.
Cet empilement de tranches de roches est ployé par 5 grands
plis que coupe successivement la vallée.
Ce sont du SW vers le NE : le synclinal de la basse Ubaye (qui est bordé du côté ouest par l'anticlinal
de Remollon), l'anticlinal de la fenêtre de Barcelonnette,
le synclinorium de Jausiers - Condamine (dont le pli le
plus oriental est le synclinal de Meyronnes), l'anticlinal
des gorges supérieures de l'Ubaye ("anticlinal
de Marinet") et le synclinal de la haute vallée
de l'Ubaye ("synclinal d'"Acceglio"), en
domaine piémontais.
Comme bien d'autres chevauchements observables au sein de la nappe du Parpaillon, cette surface de chevauchement s'avère correspondre à un coeur d'anticlinal rompu et aplati. En effet elle est jalonnée de couches versicolores du sommet de la formation du col de Vars (celles-ci ne forment toutefois ici qu'un chapelet d'affleurements très discontinu, donc peu visible dans le paysage).
- Son flanc oriental, qui se développe dans les escarpements de la Tête de l'Homme, est entaillé par les gorges de l'Ubayette en aval de Meyronnes et par celles de l'Ubaye au Pas de La Reyssole.

L'examen attentif des strates du flysch montre qu'elles sont affectées d'une multitude de plis, de tailles diverses et organisés de différentes façons. Certains de ces plis sont des plis parasites de plis plus grands (souvent plus fréquents à la charnière de ces derniers) ; d'autres jalonnent des bandes plissées, très peu obliques aux couches, qui traduisent leur froissement le long de surfaces de cisaillement sans rupture.
Cette multiplicité des plis est favorisée par la régulière alternance de niveaux argilo-schisteux et de bancs gréseux ou calcaires (voir à ce sujet la page mode de plissement).

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Détail agrandi de la vue précédente (partie centrale au sommet du cône d'éboulis qui descend dans les bois). Cette vue montre le dessin exact des charnières, notamment aux limites supérieure et inférieure de la bande plissée. Il y apparaît que, de part et d'autre de cette bande, les bancs reprennent la même disposition, avec la même polarité haut-bas. Cette bande plissée ne correspond donc pas aux replis
d'un coeur anticlinal ou synclinal (ce qui serait le cas si la
polarité des bancs était inversée d'une
éponte à l'autre de la bande). |
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| Remarque
complémentaire : Si l'on regarde l'affleurement dans
son ensemble on en retire l'impression que les bancs sont plus
épais dans la zone plissée que de part et d'autre.
L'examen de l'agrandissement montre (notamment sur la charnière
inférieure) que c'est l'épaisseur de chaque banc
qui varie, entre ses parties où il est proche de la verticale
(il y est épais) et celles où il se rapproche de
l'horizontale (il s'y amincit). Ce fait indique que, sans doute après la formation de ces plis, les strates de flysch ont été soumises à un aplatissement sub-vertical, aboutissant partout à un étirement selon le plan des couches, sauf à l'intérieur de la bande plissée, où l'écrasement était par contre orienté le plus souvent selon le plan des couches (redressées), provoquant leur épaississement. |

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