les alentours de Barles |

La dépression de Barles
doit son relief globalement en creux à ce que la rivière coupe un vaste synclinal des
Sauvans à coeur de Terres Noires, tellement creux que le
lit de la rivière n'a pas réussi à atteindre le substratum de ces couches particulièrement faciles à affouiller. Des terrains encore plus élevés
dans la succession (Tithonique etc..) affleurent en outre, plus parcimonieusement, dans
les pentes plus élevées, notamment en rive droite
à la Petite et à la Grande Cloche ; ils s'abaissent,
avec le flanc sud de l'anticlinal de la Grande Cloche,
pour fermer la dépression en déterminant la gorge
des Clues
de Barles.
Les Terres Noires de la dépression de Barles sont par ailleurs
largement masquées par des nappes d'alluvions quaternaires
où prédominent les éboulis et paquets rocheux
glissés et les nappes torrentielles (glacis), ce qui y
contribue à l'adoucissement du relief.
À la marge septentrionale de la dépression (notamment à Barles même) le paysage change brutalement car les deux rives du Bès y sont armées par une barre rocheuse, formée par les calcaires du Lias (à succession d'épaisseur "réduite") qui représentent le flanc nord du synclinal des Sauvans. En s'éloignant du lit de la rivière on observe symétriquement, sur chaque versant, le basculement progressif de cette lame vers le sud, puis son total renversement sous la surface de charriage de la nappe de Digne.
En amont de Barles la rivière entaille son lit dans les couches de la nappe de Digne. Cette dernière, caractérisée par son Lias très épais, forme aussi les hautes crêtes (Blayeul, La Laupie, colle de l'Oratoire) ; les terrains plus élevés de sa succession stratigraphique (Tertiaire inclus) se développent tour à tour vers l'amont jusqu'aux lointaines crêtes de la ligne de partage des eaux entre Bès et Ubaye.
La nappe de Digne affleure aussi sur les hautes crêtes en aval de Barles mais là, d'une rive à l'autre de la rivière, l'érosion n'a pas effectué le même travail : en rive droite (occidentale) elle a totalement décapé la tranche des terrains appartenant à la nappe, mettant à nu son autochtone (montagne de Chine) ; par contre en rive gauche (orientale : Blayeul) elle a laissé subsister un couronnement de terrains de la nappe, que l'on voit coiffer l'autochtone jusque loin en aval (environs d'Esclangon).
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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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Deux faits sont à remarquer concernant la structure de la zone frontière entre nappe et autochtone :



2 - ici la nappe ne repose pas à
plat (ni même par une surface modérément
inclinée) sur l'autochtone qui affleure en aval, comme
elle le fait plus au nord, dans la vallée du Sasse, à
Bayons. Au contraire ses couches et sa surface de charriage se
rebroussent presque à la verticale, comme pour grimper
par dessus l'obstacle constitué par la barrière
du Lias autochtone, également vertical, de Chine et de
Proussier.
En fait ce redressement de la nappe correspond à une torsion,
tardive par rapport au charriage. Il s'avère dû à
un cisaillement déversé vers le nord-est, qui se
manifeste également dans la nappe par la formation des
plis couchés hectométriques de la Boulette (pentes
occidentales du Blayeul).
Cette torsion est sans doute la conséquence de ce que,
lors de l'avancée de la nappe, la lame de soubassement
siliceux anté-Keuper (que recoupent actuellement les clues
de Verdaches) de sa partie arrière, a fini par rencontrer
devant elle le rebord constitué par le Lias réduit
ployé en synclinal (synclinal des Sauvans). Elle l'a alors
repoussé devant elle, vers le sud-ouest, à la façon
d'une lame de bull-dozer, en le détachant en une "unité
de Chine" et en comprimant du même coup tout l'autochtone
de la demi-fenêtre de Barles (qui était retenu du
côté sud par le rebord du bassin de Valensole, affecté
du synclinal d'Auribeau).
En contrepartie de ce serrage, l'autochtone de la demi-fenêtre
de Barles s'est déformé en un bombement, ce qui
a soulevé (entre Barles et Esclangon) la partie de la nappe
qui le recouvrait. Cette partie de la nappe s'est ainsi trouvée
en position surélevée par rapport à la partie
située au nord de Barles, plus basse. C'est pourquoi, le
serrage aidant, elle a été induite à refluer,
par un mouvement (cisaillement) de sens "rétroverse"
(c'est-à-dire opposé à celui du déplacement
d'ensemble antérieur de la nappe) sur la partie de la nappe
située en amont de Barles.
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