Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/gap_digne/_lieux/_ss_barreme_lieux/senez.html
La localité de Sénez est située
(comme celle de Barrême) à la marge occidentale des
affleurements des couches inférieures du Tertiaire du flanc
ouest du synclinal N-S de Barrême. Ici aussi ces dernières
reposent en discordance directement sur le Crétacé
inférieur (marnes bleues apto-albiennes).
À l'est du village les couches du Tertiaire
(dont on ne voit plus le soubassement crétacé) décrivent
plusieurs plis mineurs, relativement fermés, dont l'un
au moins (celui qui forme la butte de Malvoisin) s'avère
avoir fonctionné pendant le cours même de la sédimentation
oligocène (comme ceux de Clumanc
et de l'Asse de Moriez).

version plus grande,
sans commentaires géologiques, de cette image
L'anticlinal synsédimentaire de Malvoisin
vu dans son axe, depuis la crête au sud de la gorge du Gipas.
Il s'agit là d'un bel exemple de pli "synsédimentaire"*,
d'âge oligocène : sa formation a dû se terminer
pendant le dépôt des conglomérats de l'Oligocène
supérieur (partie supérieure de la Molasse Rouge),
qui reposent sur sa voûte en discordance, car leurs bancs
inférieurs sont basculés avec le flanc ouest du
pli (et ce, de plus en plus de haut en bas).

figure agrandissable
(extrait de la notice de la carte à 1/50.000 Digne)
MR = Molasse Rouge ; gS = grès
de Sénez ; m = marnes priaboniennes.
Plus à l'est encore, dans les pentes
qui s'élèvent vers Lioux, on traverse un compartiment
surélevé où affleurent le Jurassique supérieur
et le Néocomien, jusqu'aux marnes bleues apto-albiennes,
qui forment le soubassement des prairies de l'ancien village de
Lioux.
Ce bloc se termine en pointe vers le nord, dans le diapir de Gévaudan,
par la réunion des deux bandes de cargneules triasiques
qui le délimitent. Celle de l'ouest, très étroite
par places, se connecte vers le sud (à la Tuilière
de Sénez) aux accidents de la pointe septentrionale du
bloc de Taulanne. Celle de l'est s'effile vers le sud, dans la
surface du chevauchement de l'unité du Castellard (dont
le Tithonique constitue le crêt de la Grau de Courchons).

figure
agrandissable
Coupe de la cuvette synclinale de Barrême dans sa
partie méridionale (transversale de Sénez)
mbl = marnes bleues, apto- albiennes ; cN
= calcaires à Nummulites ; mGlob = marnes à
Globigérines du Priabonien ; gS = grès de
Sénez ; mR = molasse rouge ; cgC = conglomérats
calcaires (sommet de la molasse rouge), discordant, vers l'est,
sur les plis affectant les couches sous-jacentes.
(se reporter à la colonne
stratigraphique)
La bande triasique occidentale, par ses caractères
de lame verticale représente de toute évidence l'émanation
méridionale du diapir de Gévaudan : l'emplacement
où ce dernier s'est mis en place (sans doute à l'Oligocène)
correspond au point de rencontre d'une cassure à peu près
N-S (le décrochement de Lambruisse) et du coeur triasique
d'un anticlinal NW-SE (celui du Castellard), auquel faisait suite
vers le sud le synclinal de Lioux (unité de la Sérage).
Ce sont vraisemblablement les compressions ultérieures,
contemporaines du charriage de la nappe de Digne, qui sont responsables
du rétrécissement (par écrasement NE-SW)
de ces bandes triasiques.
Du côté nord-est, le Tertiaire
des abords orientaux de Sénez s'enfonce sous la montagne
du Bois de Lieye, où il est recouvert en chevauchement
par du Sénonien, supportant une grosse épaisseur
de conglomérats d'Argens. Une lame de gypses, connectée
au diapir de Gévaudan, est injectée le long de la
surface de chevauchement.

figure agrandissable
Une interprétation (en trois étapes)
de l'évolution qui a abouti au dispositif actuel
mbl = marnes bleues, apto- albiennes ; cgA
= conglomérats d'Argens (Éocène inf.) ;
cN-gS = Priabonien (calcaires nummulitiques à Grès
de Sénez) ; cgC = conglomérats calcaires
de la partie supérieure de la Molasse Rouge.
Ce schéma essaie de faire la synthèse des déformations
observables entre la latitude de Saint-Lions et celle de Sénez
- Lioux (la coupe ne passe précisément par aucune
des localités indiquées et la topographie est une
reconstitution hypothétique grossière de ce qu'elle
pouvait être alors).
En coupe 1 on a indiqué la position des futures
fractures le long desquelles s'est faite l'ascension du matériel
gypseux : f.B = faille extensive de Bouquet Bas ; D
= décrochement dextre ; f.G = faille extensive
de Gévaudan.
Les bandes de Trias diapirique sont actuellement plus étroites
que sur la coupe 3 (notamment au sud et au nord de Gévaudan)
: cela traduit le fait qu'elles ont dû subir, postérieurement
à l'Oligocène, lors de la mise en mouvement de
la nappe de Digne, un étranglement induit par le serrage
E-W des masses rocheuses qui a été inévitablement
lié à ce phénomène.
L'hypothèse retenue
dans ces schémas est que le décollement de la succession
néocrétacée, responsable du plissement des
dépôts tertaires du sillon de Barrême, serait
intervenu au cours des montées diapiriques. Dans cette
hypothèse c'est l'élargissement des cheminées
diapiriques, dû à cette montée des gypses
triasiques, qui, en repoussant vers l'ouest le Néocrétacé
de la marge orientale du synclinal du tertiaire de Barrême,
a été le moteur de ces déformations (voir
l'aperçu
général sur les alentours
de Barrême).
|
N.B. les paragraphes mis en évidence
par un texte en couleur contiennent des vues personnelles,
partiellement inédites, de l'auteur.
voir l'aperçu
général sur les alentours de Barrême
version normale /
Carte structurale
des chaînons subalpins au sud-est de Digne /
version plus grande 
cartes
géologiques à 1/50.000° (*) à consulter : feuilles Laragne,
Seyne, Sisteron, La Javie, Digne.
N.B. Les liens entre parenthèses
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