Lac de la Girotte, crête des Enclaves |
Le lac actuel de la Girotte est situé à l'emplacement d'un lac naturel plus petit dont le niveau a été surélevé par un barrage. Ce barrage ressemble curieusement, lorsqu'on le voit de la vallée, à un mur couronnant une crête, car il est installé sur un épaulement rocheux très marqué mais très faiblement échancré par l'ancien déversoir du lac.

Cet épaulement correspond sensiblement à la voûte d'une coupole de socle cristallin qui constitue le chaînon d'Outray, voûte qui s'abaisse doucement vers le nord sous son enveloppe de terrains sédimentaires.
Les appuis occidentaux du barrage sont donc fondés sur le cristallin tandis que les appuis orientaux et les rives de la retenue sont principalement constituées de terrains sédimentaires.qui représentent la couverture de la partie orientale du bloc d'Outray.
Dans le détail socle et couverture affleurent en bandes alternantes car ce bloc d'Outray oriental est accidenté de failles (la plus part à peu près N-S) que l'on peut considérer comme des cassures satellites de la faille du Sallestet. Cette dernière représente très vraisemblablement une ancienne cassure extensive qui délimitait le petit hémigraben du col du Sallestet, dont le substratum cristallin correspond au revers est du massif d'Outray.

L'architecture du barrage, imposée par sa situation très surplombante, est assez originale car cet ouvrage n'est pas constitué d'une voûte unique mais d'un enchaînement de petites voûtes appuyées sur des piliers intermédiaires (au nombre de 18).

On remarquera combien ce secteur montre de façon particulièrement évidente le contraste entre la tectonique du socle cristallin, débité par des cassures très redressées et celle de sa couverture sédimentaire, où la déformation des couches correspond à un transport avec étirement subhorizontal..

La crête des Enclaves qui domine le lac du côté sud-est correspond à la voûte anticlinale d'un autre de socle cristallin, tout juste décapée de sa couverture. De celle-ci il y subsiste encore des lambeaux, sous forme d'une dalle de grès triasiques que coiffent des chapeaux de grès triasiques et de cargneules.

Sur les flancs de cette voûte on trouve
un assez puissant remplissage de cargneules et de dolomies, que
complètent des lambeaux de Lias calcaire. Il est notamment
conservé à l'ouest, depuis le lac jusqu'au col de
Sallestet, dans un sillon apparemment synclinal, mais dont les
bordures sont accidentées de failles verticales (à
rejet modeste).
Cette structure, sans caractère compressif, témoigne
de ce que le sillon du Sallestet correspond à un ancien
fossé d'effondrement (d'âge sans doute jurassique),
que l'on peut considére vraisemblablement comme le fond
d'un ancien hémigraben secondaire sur le flanc oriental
de l'hémigraben principal de l'accident médian de
Belledonne.
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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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