| Grand Renaud, Croix de la Garde, Tête des Filons |
A/ La crête de la Croix du Carrelet a une structure complexe, que l'exploration des ravins qui entaillent profondément son versant nord-est (ravin de la Pisse) et la face nord du Grand Renaud à permis
de déchiffrer de façon à peu près satisfaisante, même si certains détails restent encore obscurs (pour plus de détails consulter la publication n° 105).
On y voit les cassures chevauchantes qui affectent le socle cristallin au sud de Villard Notre-Dame s'y perdre au sein de la couverture jurassique, affectée par un fort plissement.


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Le versant nord du Grand Renaud (de Villard Reymond à la Combe du Grand Renaud)
vu du nord, depuis l'échine au nord du col du Solude (suite du paysage vers la droite, plus bas dans cette page).
ØvND = chevauchement de Villard Notre-Dame ; ØPG = chevauchement de Pierre Grosse ; s.VR = synclinal de Villard-Reymond ; f.cBR = faille de la Combe du Grand Renaud.
Les tirets roses correspondent à la base des couches condensées de la formation du Petit Renaud (désignées par la notation "c*")
L'interprétation de cette photo est donnée par la partie centrale de la coupe ci-dessus.
NB. La structure de ce secteur est dessinée conformément à des données plus récentes que la date de parution de la carte Vizille à 1/50.000°, dont les tracés sont ici partiellement erronés.
Cette structure complexe ne peut se comprendre que si l'on y voit le résultat de l'interaction de plusieurs déformations, de nature et d'âge différents, qui y ont superposé leurs effets.
1- Lors de la sédimentation jurassique l'actuel emplacement de la Combe du Grand Renaud correspondait au fond d'un hémigraben, limité du côté ouest par le bloc de socle soulevé qui arme maintenant le substratum de la Crête de la Pâle, de la Tête des Filons et de la Tête de Louis XVI.
2- Lors de la tectonique alpine de compression le serrage des blocs de socle a rapproché les deux bords de cet hémigraben et pincé son contenu, en déformant la couverture collée au socle cristallin en plis à plans axiaux presque verticaux : celà a créé le profond synclinal de Villard Reymond.
3 - L'arrivée des nappes de charriage d'origine plus interne (dans les domaines voisins plus orientaux) a occasionné un déplacement d'ensemble de la couverture sédimentaire par rapport au socle. Cela a déclenché la formation de failles de chevauchement qui ont affecté les parties hautes de la couverture (qui n'étaient pas abritées à l'intérieur de l'ancien hémigraben) et même certaines crêtes de blocs de socle. Telle est l'origine des chevauchements de Pierre Grosse et de Villard-Notre-Dame, qui prennent leur naissance dans le socle à l'est de la crête de la Croix du Carrelet et qui ont déterminé l'avancée d'une lame à semelle de Lias calcaire (portant la succession du sommet du Grand Renaud) sur le Bajocien et l'Aalénien du coeur du synclinal de Villard Reymond.

B/ La crête de la Tête des Filons est globalement un relief conforme, apparenté à une mont* jurassien car elle correspond à un pli majeur, l'anticlinal de Pré Gentil, dont la voûte s'abaisse d'ailleurs doucement vers le nord. Un examen plus attentif y montre toutefois des complexités de deux ordres :
1) ce pli est accidenté, comme plus au nord dans la montagne éponyme de Pré Gentil, de replis parasites dysharmoniques, particulièrement spectaculaires, notamment au voisinage de sa voûte ;
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Le versant occidental de la Tête des Filons vu de l'ouest, depuis l'arête sud du Taillefer (crête
des Mayes)
a.PG = anticlinal de Pré Gentil ; s.L = synclinal de la Lignarre (le coeur du synclinal, où affleurent
des schistes domériens, détermine le replat du point
2058
On distingue assez nettement, à leur changement de teinte,
les divers niveaux du Lias calcaire (cf. colonne
stratigraphique)
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La crête séparant la vallée d'Ornon de la Combe du Grand Renaud vue du nord, depuis la chapelle Sainte-Philomène, au nord de Villard-Reymond (suite du paysage vers la gauche, plus haut dans cette page).
s.VR = synclinal de Villard Reymond ; a.PG = anticlinal N-S de Prégentil ; s.C = synclinal NW-SE de Corbière ;
c.E = calcaires à encrines (repérés par une ligne de tirets pourpres).
3) dans ces montagnes de la rive gauche des gorges du Grand Riou de Villard-Reymond (à la différence de celles de rive droite) le Lias calcaire est couronné par un niveau décamétrique de calcaires à encrines. Ce niveau supporte suivant les points les couches du Domérien, du Toarcien ou directement de l'Aalénien. Il est assez clair qu'il s'agit là d'un équivalent latéral des calcaires du Petit Renaud qui affleurent plus au sud (dès le versant est de la Tête des Filons). Les affleurements les plus septentrionaux de ces faciès sont ceux de la Tête de Louis XVI (ils en forment la corniche sommitale).
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Le sommet des abrupts de face nord de la Tête de Louis XVI (détail du cliché précédent)
Les calcaires à encrines (repérés par une ligne de tirets pourpres) sont ici vraisemblablement d'âge carixien supérieur à domérien car ils sont recouverts sur le flanc ouest du sommet par des calcaires argileux gris toarciens.
noter la manière dysharmonique dont se développent les plis pluri-décamétriques qui accidentent la voûte de l'anticlinal majeur de Pré Gentil.
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| Grand Renaud-ouest |
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Vénéon en aval de Vénosc |
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