Tête de Miéjour, Aiguille Large |
Au nord de la dépression des lacs de Marinet la rive gauche du bas vallon de Mary est dominée par une crête à profil assez rectiligne qui culmine à la Tête de Miéjour, où elle domine les villages de Maurin (ce sommet doit son nom au fait qu'il se situe exactement au "midi" par rapport à ces villages et plus précisément à l'église de Maurin). Mais cette ligne de crête n'est qu'une arête secondaire qui se détache, au nord de l'Aiguille Large, d'une crête principale, plus haute et plus déchiquetée, qui court vers le nord-ouest, par l'Aiguille Pierre André, La Gélinasse et le Peigne, avant de s'abaisser pour former la barrière d'entrée amont des gorges de la Haute Ubaye, en aval de La Barge.

Le débouché aval du vallon de Mary, vu du sentier du col Tronchet (depuis l'altitude d'environ 2100)
u.Ro = unité du Roure ; f.C = faille de Ceillac ;
f.B = faille de La Barge ; u.aM = unité des Aiguilles de Mary.
La crête de Miéjour appartient à la bande de Ceillac-Chiappera, où affleurent principalement des calcschistes de type "marbres en plaquettes", d'âge Crétacé supérieur -Eocène. La simplicité tectonique apparente de cet ensemble est démentie par la présence d'une lame de gypses et de calcaires triasiques qui s'y intercale au niveau de l'épaule boisée de La Tunette.
En rive droite de l'Ubaye, au niveau principalement du village de Maljasset, cet ensemble se montre effectivement plissé et affecté d'imbrications. Il se poursuit vers le nord, par Ceillac puis par le col Izoard et la basse vallée de la Clarée, jusqu'à Modane et vers le sud jusqu'à Chiappera et au delà en Italie, en donnant un alignement de zones déprimées. Il jalonne en fait un accident majeur, le "linéament briançonnais oriental", qui a eu un jeu tardif par rapport aux charriages, mais dont les effets, complexes semblent témoigner d'une association de mouvements en extension et en rétro-chevauchement.
Les affleurements de cette bande de terrains sont délimités sont délimités du côté est par une dislocation majeure, la faille de Ceillac. Elle est fortement pentée vers l'ouest et injectée de gypses et cargneules ; son tracé est suivi d'assez près par le fond du thalweg du vallon de Mary.

ØSL = surface de chevauchement des schistes
lustrés (renversée vers l'est) ; u.CB = unité
de Combe Brémond ; fB = accident de La Barge (faille
de chevauchement rétroverse analogue à la faille
de Ceillac et à celle des Houerts) ; ØAM = chevauchement de l'écaille des Aiguilles de Mary : fH = faille des Houerts.
On voit que la faille des Houerts tranche l'anticlinal de Marinet
à proximité de la charnière de sa voûte
(a.M).
La crête de La Gélinasse est séparée de la crête de Miéjour par le vallon de Teste. Ce dernier est déterminé par une autre cassure, également fortement pentée vers l'ouest, la faille de la Barge. Elle fait reposer, en chevauchement sur la zone de Ceillac, la succession des couches permo-triasiques, surtout siliceuses, de l'unité des Aiguilles de Mary. Celles-ci sont ici redressées à la verticale car elles font partie du flanc oriental de l'anticlinal de Marinet, et ce fait s'ajoute à leur nature quartzitique pour conférer à leur crête un relief particulièrement hardi. Ceci n'est toutefois vrai que jusqu'au collet de Pichal, car plus au nord, aux rochers de la Queue, la crête s'amollit, du fait que ce sont alors les calcaires triasiques qui la constituent (aucune raison structurale ne semble justifier ce changement morphologique, dont la cause n'est aucunement évidente ...).

Le tracé de la faille de la Barge se rapproche de plus en plus, du nord vers le sud, de celui de la faille de Ceillac, de sorte que la bande des calcschistes de Ceillac se rétrécit au point de ne plus occuper, dès le niveau de la Bergerie supérieure, que les pentes inférieures de rive gauche du vallon de Mary.
La rive gauche du bas vallon de Mary, vue du sud-est, depuis le vallon du Roure. (pour améliorer la clarté du secteur commenté on a éclairci les arrière-plans de la rive droite de l'Ubaye).
u.aM = unité des aiguilles de Mary ; f.B = faille de la Barge ; u.CC unité ("bande") de Ceillac-Chiappera ; f.C = faille de Ceillac.


L'unité des Aiguilles de Mary chevauche les
calcschistes de la bande Ceillac - Chiappera par le truchement
de la faille de la Barge (f.B). Il s'agit
d'une cassure tardive, de rétrocharriage, qui coupe en
oblique les couches de l'unité des Aiguilles de Mary. Dans
le chaînon de l'Aiguille Large ces couches sont redressées
au voisinage de la verticale mais elles tendent à se renverser
vers l'est au sud du verrou du lac (dont on voit le pied sur la
bord gauche du cliché).
csi = niveaux marneux de la partie basse des "marbres en
plaquettes" de la bande de Ceillac (voir la page Maurin).
De nombreuses pierres des abords et des murs des chalets sont vertes : il s'agit de blocs d'andésite provenant de la dépression de Marinet (le bord oriental de ces affleurements est visible à gauche de l'Aiguille Large).

f.B = faille de La Barge : on distingue le crochon
qui tord les couches verticales de l'écaille des Aiguilles
de Mary et qui témoigne du sens du mouvement (d'ww en est) sur la cassure
tci = "calcaires vermiculés" de l'Anisien inférieur ; csi = niveaux marneux de la partie basse des marbres en
plaquettes de la bande de Ceillac (voir la page Maurin).
![]() |
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
![]() |
|
|
|
|
|
|
|
||
|
|
|
|
|
|
|
|