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Rive droite des gorges de la haute Ubaye


Les crêtes qui dominent la rive droite des gorges de la haute Ubaye sont sculptées dans une dalle calcaire de Trias et de Jurassique qui appartient à la nappe du Châtelet, à l'ouest, et à celle de la Font-Sancte, à l'est. Ces nappes se disposent en une large voûte anticlinale et sont posées, comme un couvercle, sur un édifice complexe d'autres unités empilées.


figure de plus grande taille

Bloc perpectif montrant la géométrie des unités en rive droite de la vallée de l'Ubaye

Seuls sont représentés avec des figurés les terrains antérieurs au Crétacé supérieur (les autres, marbres en plaquettes et flysch noir, rempliraient le vide laissé entre les unités). La faille des Houerts n'est pas représentée sur ce schéma (elle passe entre Pointe d'Escreins et Pic de Panestrel et aux abords ouest de La Blachière)
(pour les noms des unités se reporter à la liste des abréviations, via le bouton de la barre de gauche).
(extrait de la publication n° 024 , retouché)

Cette voûte anticlinale est rompue, entre la Pointe d'Escreins et le Pic de Panestrel, par l'accident de la faille des Houerts, par lequel la marge orientale de la nappe du Châtelet s'avance en chevauchement vers l'est sur la marge occidentale de la nappe de la Font-Sancte.


(figure agrandissable)
Coupe de la rive droite des gorges supérieures de l'Ubaye

La légende stratigraphique est celle de la carte géologique Aiguille-de-Chambeyron au 1/50.000°. Les couleurs, qui permettent de distinguer les unités tectoniques, sont celles du schéma d'interprétation rétrotectonique.
La faille des Houerts est la cassure qui passe entre la digitation du Sommet Rouge et l'Unité de Marinet.

Les pentes moins élevées de cette rive nord-ouest de la vallée de l'Ubaye montrent au contraire une succession de tranches de roches de nature variable, où les marbres en plaquettes, qui prédominent, alternent avec les calcaires triasiques et jurassiques. Cette disposition correspond à un empilement d'unités tectoniques imbriquées, qui sont globalement disposées avec leur pendage fortement incliné vers l'aval. Ces unités se répartissent par ailleurs en deux groupes assez dissemblables, de part et d'autre de l'anticlinal de Marinet à coeur de matériel siliceux permo-houiller (ces terrains forment l'éperon de la Tête du Seingle).

Il n'est pas possible voir l'ensemble de ce versant de la vallée d'un seul coup d'oeil, de sorte qu'on le parcourera ci-après par sections successives, de l'aval vers l'amont.


version plus grande, muette
Le débouché aval de la gorge de la haute Ubaye
vu de la rive gauche depuis les prés de l'Eyssilloun, en rive gauche du vallon de Fouillouse

La rive droite du vallon de Fouillouse forme les pentes d'avant-plan droit (envahies par l'ombre). Leurs ravins sont entaillés dans l'olistostrome à matrice de flysch noir "fn(olist)" du sommet de la succession de la nappe du Châtelet.
n.Ch = nappe du Châtelet ; n.S = nappe de Sautron (l'attribution de la masse des marbres en plaquettes de la Grand Roche à cette nappe reste hypothétique) ; n.AC = nappe de l'Aiguille de Chambeyron.

Voir la coupe interprétative des détails de la nappe du Chatelet à la page "Mortice".


version de plus grande taille, muette
La partie aval de la rive droite des gorges de la Haute Ubaye
vue du sud-est, depuis le Pas de la Souvagea, à travers l'ouverture du vallon d'Aval.
Le fond de la vallée de l'Ubaye n'est pas visible, masqué par le replat boisé coté 2199 du bas vallon d'Aval ; pour plus de clarté la partie du paysage située en rive gauche de l'Ubaye a été couverte d'un voile grisé.

n.Ch = nappe du Châtelet ; n.S = nappe de Sautron (l'attribution de la masse des marbres en plaquettes de la Grand Roche à cette nappe reste une interprétation hypothétique) ; n.AC = nappe de l'Aiguille de Chambeyron (digitation de Chauvet) ; n.FS = nappe de la Font-Sancte ; a.M = anticlinal de Marinet (affectant ici l'unité inférieure de Marinet).
f.H = faille des Houerts : noter le rebroussement synclinal de son compartiment oriental, qui témoigne du sens de mouvement indiqué par les demi-flèches.


version de plus grande taille, muette
La partie médiane de la rive droite des gorges de la Haute Ubaye
au niveau du vallon des Houerts et de la Tête du Seingle
vue du sud-est, depuis le vallon de Chillol
f.H = faille des Houerts (en bleu clair) ; s.B = synclinal de la Blachière (crochon de la faille des Houerts) ; a.M = anticlinal de Marinet ; ØAM = chevauchement de l'unité des Aiguilles de Mary.

Plus de précisions sur la Crête du Seingle


version plus grande, muette, de cette image

La rive droite de la gorge de l'Ubaye, à son débouché amont
vue de l'est, depuis l'aplomb de Combe Brémond (Maurin). La rive gauche de l'Ubaye est entièrement cachée par l'aile d'avion.

f.B = faille de la Barge (accident de rétrochevauchement tardif qui fait avancer l'anticlinal de Marinet sur la bande de Ceillac
La discordance entre la surface de charriage de la nappe de la Font-Sancte (ØFS), presque horizontale, et les unités tectoniques qu'elle recouvre, ployées par l'anticlinal de Marinet, est tout à fait évidente.
Dans les calcschistes de la bande Ceillac-Chiappera les zones sombres correspondent aux niveaux plus argileux de la partie basse de la formation (qui reposent sur le jurassique à Maljasset). Les niveaux clairs, plus calcaires, dessinent un grand synclinal en contrebas du col Girardin..

Au terme de ce parcours on peut dégager deux caractéristiques majeures :

1- Si l'ensemble est bien globalement disposé en un anticlinal de nappes le schéma de nappes empilées et enroulées ensemble est trop simple car on ne retrouve pas les mêmes unités empilées des deux côtés du coeur anticlinal : cela vient sans doute de ce que les nappes étaient originellement fragmentées en unités d'extension horizontale relativement modeste.

2- D'autre part cet anticlinal de nappes est fortement rompu du côté est, ce que l'on met sur le compte d'une transformation en un vaste pli-faille par des mouvements de rétrocharriage. C'est ainsi que la nappe de la Font-Sancte y avance en chevauchement sur des unités (notamment celles de la "zone" de Ceillac-Chiappera) qui s'avèrent, si l'on se réfère aux coupes plus septentrionales, lui être supérieures dans l'empilement originel.

Il faut ajouter que l'on observe très clairement que la surface de charriage de la nappe de la Font-Sancte est subhorizontale et qu'elle sectionne nettement la voûte de l'anticlinal de Marinet, qui est pourtant dessinée de façon très accusée dans les unités sous-jacentes. Il y a donc eu là un rabotage du sommet de l'édifice des nappes inférieures, enroulé par ce pli, avant la mise en place finale de la nappe de la Font-Sancte.

Une hypothèse envisageable est de considérer que ce rabotage a précédé ou accompagné les mouvements de rétrocharriage par lesquels cette nappe est venue reposer sur la bande des calcschistes de Ceillac-Chiappera. Au sujet de ce rétrocharriage se reporter au schéma rétrotectonique général du Briançonnais méridional.



rive gauche des gorges
consulter l'aperçu structural général sur la zone briançonnaise méridionale

 Carte géologique simplifiée des montagnes de Vars et d'Escreins
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

carte cliquer sur les imagettes Légende
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Aiguille de Chambeyron

FontSancte

lac Sainte-Anne
La Mortice

LOCALITÉS VOISINES

vallon de Mary

Fouillouse

Marinet
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