Veurey, Bec de l'Échaillon |


En effet le dessin sigmoïde des couches de ce flanc de
pli comporte une section presque plane mais fortement pentée
vers l'est, qui est intercalée entre deux zones de flexion
(flexures de la Dent de Moirans et de la Poste de Voreppe) par
lesquelles se fait son raccord à des couches bien moins
pentées.
Un tel dessin, correspond à une inflexion "monoclinale"
(c'est-à-dire sans changement du sens de pendage).
C'est celui que revêtent les flancs des plis coffrés*,
qui sont typiques du style de plissement dit "jurassien".
Du côté sud-ouest Veurey est dominé par des escarpements boisés qui culminent à la bosse de la Cuche. Les ressaut rocheux de leur partie supérieure, formés par les calcaires du Jurassique supérieur (Tithonique à Séquanien) sont séparés des molasses miocènes des pentes de rive droite de la Voroize par la "faille de Voreppe", prolongement méridional du chevauchement occidental de la Chartreuse (voir plus de détails sur cet accident tectonique à la page "Voreppe" et dans la publication n° 175 ).
Avec un peu de recul, par exemple depuis les abords du pont sur l'Isère, on se trouve bien situé pour voir le tracé à flanc de pente de cet accident (dont le plan de cassure est orienté à peu près selon le N45°) et pour en apprécier le pendage (qui s'avère proche de 45° vers le SE)
La haute falaise inférieure du Bec de l'Échaillon est formée de calcaires massifs récifaux qui comportent même, par places, de véritables massifs de polypiers en position de vie. Ils ont été exploités, au siècle dernier, en carrières souterraines comme pierre à chaux et aussi comme marbres (selon la teneur en carbonate et en dolomite et selon la dureté de leurs différents niveaux). Un niveau particulièrement friable (ayant de ce fait un aspect crayeux), situé à leur partie inférieure, a fourni d'assez nombreux fossiles - polypiers, oursins, brachiopodes gastéropodes (nérinées) et bivalves (rudistes) - dont la détermination à conduit à rapporter ces couches au Portlandien* (c'est-à-dire à leur attribuer un âge proche de celui du Tithonique).
La vire qui couronne cette falaise ("balcon de l'Échaillon") est formée d'alternances de lits marneux et
de calcaires contenant des huitres et brachiopodes d'espèces connues dans les faciès littoraux du Valanginien du Jura, ainsi que de rares ammonites et des microfossiles (calpionelles) du Berriasien moyen-supérieur. Elle est dominée par un ressaut de calcaires massifs qui ont été exploités encore récemment en carrière au niveau de la vallée (ancien emplacement des "Bains de l'Échaillon"). Ils correspondent au niveau connu dans le Jura sous le nom de "marbre bâtard" (d'âge vraisemblable Berriasien terminal) et passent vers le haut au calcaires du Fontanil (ici valanginiens, donc) qui ne forment qu'un talus boisé.
Il est à noter que cette succession stratigraphique se retrouve à l'identique sur la rive opposée de l'Isère, dans le soubassement de la montagne de Ratz, aux Balmes de la Crue de Moirans.

Carte géologique très simplifiée de l'extrémité septentrionale du Vercors.
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication n° 074
Cette carte est imprimable à l'échelle du 1/250.000°
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légende
des couleurs
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