a) Excursion principale
L'itinéraire pédestre ici décrit
(fig. 1) demande une journée
entière. Son point de départ se situe au parking
de la Correrie de la Grande Chartreuse, où doivent être
abandonnés les véhicules.
Le parcours est le même, à l'aller comme au retour,
en ce qui concerne sa partie basse (A), comprise
entre la Correrie et le Habert de Bovinant. En amont de ce point
deux itinéraires sont proposés pour l'accès
au Grand Som :
- L'itinéraire "méridional" (B),décrit
dans le sens de la montée, est le plus intéressant.
Toutefois comme il fait un détour important vers le sud
pour emprunter le Pas de la Suiffière ceci introduit une
rallonge de trajet qui ne peut être envisagée que
si l'on dispose de suffisamment de temps. D'autre part la traversée
du pas de la Suiffière, bien que dépourvu de difficulté,
peut toutefois paraître localement délicat aux personnes
craignant les passages un peu abrupts à flanc de falaise.
- L'itinéraire "septentrional" (C),
décrit dans le sens de la descente, est plus direct et
correspond d'ailleurs à la voie d'accès classique.
Il présente deux variantes (fig.
1) :
. le « sentier des moutons », totalement dépourvu
de difficulté, rejoint assez vite l'arête nord de
la montagne et la parcourt presque de bout en bout.
. Le sentier du « sangle de Bovinant » suit
une vire en face ouest jusqu'à peu de distance du sommet
: il est par places un peu exposé et peut donc être
dangereux en début de saison, lorsqu'il est encore encombré
de neige, si l'on est pas très sûr de son pied.
b) Itinéraires annexes :
Deux excursions plus brèves, l'une et
l'autre praticables depuis le Col de Bovinant, sont en outre décrites
au chapitre E :
- au Col du Fret (E2). Cette excursion peut, d'autre part,
être complétée par un accès au Grand
Som par son versant est (E3b), ce qui fait décrire
un circuit assez long, quel que soit ensuite l'itinéraire
de descente adopté car il comporte une descente de 400
m avant de remonter au sommet).
- au Col de Léchaud (E3), d'où l'on peut
même pousser jusqu'au Petit Som et revenir en circuit par
le col de la Ruchère (cette partie n'est pas décrite
ici ; elle fait l'objet d'un fascicule spécial).
c) Autres itinéraires, non décrits (fig. 1) :
Il est possible de gagner beaucoup plus rapidement
le Pas de la Suiffière (itinéraire, B2) en montant
directement depuis la Correrie mais cette variante est moins intéressante
au point de vue géologique (son seul intérêt
est de permettre une large observation des faciès des calcaires
du Fontanil dans la première partie du trajet, immédiatement
après le départ depuis La Correrie).
Parvenu au pied du Pas de la Suiffière on aura ensuite
le choix entre atteindre directement le sommet, en parcourant
la deuxième partie de l'itinéraire "méridional"
dans le sens où elle est décrite, ou gagner le col
de Bovinant en parcourant la première partie de cet itinéraire,
en sens inverse de sa description.
Enfin, au départ des abords du col du Cucheron le sentier
du col des Aures mène au sommet par le versant est. Sa
partie terminale (sentier Racapé), équipée
de câbles sur une cinquantaine de mètres dans la
traversée des rochers qui dominent le col des Aures, est
décrite dans la partie E3b.
Cette excursion se déroule à
cheval sur la partie orientale de la Chartreuse médiane
et sur la marge occidentale de la Chartreuse orientale, de sorte
qu'elle permet d'analyser avec un relatif luxe de détails
les rapports entre ces deux secteurs (voir l'opuscule d'introduction
générale en ce qui concerne la définition
et la place de ces entités structurales).
Les observations qu'elle permet sont très nombreuses et
variées, à toutes les échelles. La succession
stratigraphique du massif y affleure assez largement, surtout
pour les termes supérieurs (Urgonien et terrains plus récents).
Que ce soit sur les lieux traversés ou dans les paysages
plus lointains elle donne de nombreux exemples de grandes structures
(plis et failles de divers types, notamment chevauchements et
décrochements).
Elle est notamment l'une des plus riches et des plus intéressantes
du massif pour qui s'intéresse à l'analyse tectonique.
À cet égard un certain nombre d'aspects de l'architecture
du chaînon du Grand Som peuvent paraître un peu complexes
aux personnes n'ayant qu'une formation géologique sommaire
: il leur conviendra de ne pas s'attarder sur les détails
et de ne s'y intéresser que plus tard, lorsque leur oeil
se sera mieux formé au cours d'excursions plus faciles
sous cet angle.
1/25.000° I.G.N. : TOP 25 « Massif
de la Chartreuse Sud » 3334 OT, ou Série bleue «
3333 ouest - "Saint-Pierre-d'Entremont / Col du Granier »,
ou Montmélian 5-6.
1/50.000° B.R.G.M. (géologique) : feuilles Domène
(XXXIII-34) et Montmélian (XXXIII-33).
- Les paragraphes ou phrases écrits en italiques
sont ceux relatifs au choix ou au repérage de l'itinéraire
;
- Les textes encadrés donnent des aperçus
globaux sur la géologie de la partie d'itinéraire
qui leur fait suite ;
- Les paragraphes écrits en retrait concernent,
selon le cas, des détails secondaires, des observations
accessoires ou des commentaires plus spécialisés
dont l'abord nécessite une culture géologique relativement
poussée : ils peuvent donc être sautés en
première lecture.
- Les astérisques * renvoient le lecteur, pour plus
d'explications sur des termes particuliers ou sur le contexte
géologique général, à l'opuscule spécial
consacré à la vue d'ensemble de la géologie
du massif de la Chartreuse. Ce dernier pourra aussi être
consulté pour obtenir des compléments d'informations
sur les formations géologiques rencontrées. Il faudra
cependant se reporter à la notice des cartes géologiques
à 1/50000° si l'on cherche une description détaillée
de ces formations.
- Les sigles placés entre crochets [] dans le texte
sont les notations désignant les niveaux stratigraphiques
sur les cartes géologiques de la France à 1/50.000°.
On trouvera, dans la liste des abréviations (via le bouton
ad hoc), les noms de ces niveaux et l'ordonnance de leur succession
ainsi que les notations abrégées qui leur correspondent
dans les diverses figures.
- Le symbole 'phi' minuscule, utilisé sur les figures
pour désigner les chevauchements mineurs (Ø désignant
ceux plus importants) n'est pas disponible pour les textes. il
est donc remplacé par 'f' dans les légendes
La première partie du trajet, depuis le parking de la Correrie jusqu'au delà de N.D. de Casalibus, se déroule en suivant une combe monoclinale* qui est déterminée, dans le flanc est de l'anticlinal du Couvent (unique pli de la Chartreuse médiane à cette latitude), par les calcaires argileux tendres du Berriasien.
À N.D. de Casalibus l'itinéraire s'oriente globalement presque vers l'est, ce qui l'amène au contraire à traverser dans le sens remontant les différents termes successifs de la série stratigraphique, jusqu'au Sénonien inférieur inclus.
De la Correrie une route goudronnée
(interdite aux voitures) mène au couvent de la Grande Chartreuse. Cette route suit le sommet d'un replat en pente douce
garni de prairies, sans affleurements. Ce replat correspond à
la surface sommitale d'un colmatage d'alluvions quaternaires,
formé d'épandages ébouleux (cônes de
déjections) recouvrant des dépôts fluvio-glaciaires
(où se mélangent des matériaux locaux et
exotiques).
Ce talus herbeux est dominé à main droite (à
l'est) par une raide pente boisée, où perce de façon
discontinue la barre rocheuse des calcaires du Fontanil, puis
par les falaises urgoniennes du massif du Grand Som.
À main gauche, de l'autre coté de la combe, l'horizon
est limité par une échine boisée. Cette dernière
correspond au Tithonique, incliné en « dalles structurales
» vers l'observateur. Ces couches sont ployées sur
la crête (La Fitole) en une charnière qui représente
le coeur de l'anticlinal médian.
Dépasser les bâtiments et l'esplanade
du couvent pour atteindre la bifurcation des routes de Billon
et de N.D. de Casalibus (Point 1).
Il est recommandé de faire là un détour
de 250 m vers le sud-est pour gagner le calvaire qui domine
le couvent
Ce monument est érigé sur un affleurement des
calcaires argileux, alternés de marnes, du Berriasien inférieur
[n2C]. La vue, particulièrement bien dégagée
vers l'aval (coté sud), révèle la structure
générale de la Chartreuse médiane, par la
coupe naturelle du Charmant Som (fig.
2).
Prendre la route de N.D. de Casalibus [ou
le chemin qui s'en détache, dès son départ,
vers la droite (pancarte "série artistique"),
qui est un raccourci suivant la rive gauche du thalweg (fig. 1) ]:
Cette nouvelle partie du trajet ne montre toujours pas d'affleurements
du soubassement rocheux car elle se déroule sur un vieil
éboulis totalement stabilisé (en amont de la chapelle
de N.D. de Casalibus celui-ci comporte de très gros blocs,
dont l'un sert de socle à la chapelle St Bruno, ce qui
signe un ancien éboulement catastrophique).
Arrivé sur un grand replat boisé,
en vue de la chapelle de N.D. de Casalibus il faut laisser sur
la gauche la route qui y mène et emprunter le large chemin
d'exploitation forestière qui l'évite par la droite.
Ce chemin reprend, sur 500 m, une traversée ascendante
à flanc des pentes d'éboulis boisés, au terme
de laquelle il entaille, sur quelques dizaines de mètres,
un affleurement de calcaires argileux gris, à pâte
un peu bioclastique. Les bancs, épais de 20 à 50
cm., sont le plus souvent jointifs, localement alternés
de minces lits de marnes bleutées à patine jaune.
Il s'agit des couches inférieures du calcaire du Fontanil
[notées n2F sur la carte], d'âge Berriasien supérieur
; leur pendage, d'environ 65° vers l'est, montre qu'elles
appartiennent bien au flanc oriental de l'anticlinal médian.
On atteint alors (point 2) le large
vallonnement de la clairière de Bourdoire, à l'entrée
de laquelle se détache, à main droite, le sentier
de Bovinant (pancarte), tandis que le chemin d'exploitation forestière
se poursuit en direction du col de La Ruchère.
À la montée, il est plus intéressant, quoique
plus long et moins agréable, de suivre ce chemin. Par contre
le sentier de la source, plus rapide, est préférable
à la descente.
variante a : par le chemin forestier
Poursuivre encore, sur 200 m environ, par
le chemin du col de La Ruchère (qui longe la clairière
de Bourdoire par son bord nord-ouest) jusqu'au moment où
il tourne vers le nord-ouest ; emprunter sur la droite un chemin
d'exploitation (ouvert en 1994) qui se dirige d'abord vers l'est.
Il revient ensuite vers le nord pour effectuer un lacet à
flanc des basses pentes du Petit Som, puis s'élève
vers le sud-est en entaillant l'échine boisée de
la rive droite du vallon de Bovinant
(point 3b).
Cette entaille de chemin donne une coupe fraîche des calcaires
finement bioclastiques, un peu roussâtres, des couches de
transition entre les marno-calcaires du Berriasien inférieur
et les calcaires du Fontanil.
On se trouve ici, à peu de chose près, dans les
mêmes niveaux qu'à l'affleurement précédent
(point 2), bien que l'on soit ici nettement plus haut et plus
à l'est. Compte tenu des pendages (toujours vers l'est)
on devrait donc à avoir atteint une formation d'âge
nettement plus récent (plus haute dans la succession stratigraphique).
En fait c'est bien ce qui s'observe de l'autre coté du
thalweg (au sud de la source) où affleurent, à la
même altitude, les calcaires massifs de la partie haute
des calcaires du Fontanil (ils y forment une première ligne
de falaises que l'on devine à distance dans les pentes
boisées sous la falaise de Mauvernay).
Il se produit donc, le long du thalweg de Bourdoire, un décalage
vers le haut (ou vers l'est, ce qui revient au même
vu leur pendage est) des couches de rive nord du thalweg, par
rapport à celles de la rive sud. Cette disposition
est dûe au fait que le fond du vallon suit à peu
près le décrochement de Bovinant, faille
à rejet dextre qui s'observe plus directement aux abords
de Bovinant.
variante b : par la source
Le sentier qui suit le bord méridionale de la clairière de Bourdoire ne montre d'abord qu'une terre argileuse rougeâtre, sans doute formée par l'altération des marno-calcaires berriasiens, qui est de plus en plus mêlée d'éboulis au fur et à mesure que le sentier s'élève ensuite vers l'est sur les pentes de rive gauche du vallon de Bourdoire. Juste avant d'atteindre le fond de vallon il montre enfin le bedrock de ce versant, constitué de marno-calcaires du Berriasien, dans lequel il s'inscrit jusqu'à la source (point 3a).
Ces couches appartiennent au compartiment septentrional du décrochement et montrent un feuilletage schisteux assez intense qui est sans doute dû à la proximité de la cassure.
La fontaine Saint-Bruno (non dénommée sur la carte topographique) est le point de captage d'une excellente source qui s'échappe entre les gros blocs du vieil éboulis stabilisé. Sa localisation correspond à un point bas du contact entre les éboulis qui remplissent le vallon et leur bedrock*. L'éboulis joue, grâce à sa grande perméabilité, le rôle de conduit naturel et le bedrock calcaréo-argileux, de faible perméabilité collecte les eaux à sa surface.
Il s'agit donc d'une source qui serait aisément polluable par des infiltrations se produisant à l'amont (encore qu'elle soit bien protégée par l'importance du couvert forestier et l'absence de cause de pollutions dans tout le raide versant qui sépare la source des falaises calcaires).
Mais la faible variation saisonnière du débit de la source rend très probable qu'elle ne soit qu'accessoirement alimentée par des eaux d'infiltration dans l'éboulis. L'essentiel de ses eaux doit correspondre à des venues profondes, circulant sans doute dans les calcaires du Fontanil du compartiment sud du décrochement et que doit drainer la faille lorsqu'elle les coupe, puisque du côté nord son rejet ramène à leur niveau des calcaires argileux du Berriasien (plus imperméables).
Le vrai griffon se trouve donc sans doute un peu plus haut le long du tracé de la faille, et le parcours des eaux au sein des éboulis est sans doute limité au trajet entre ce griffon et leur émergence à l'air libre (cette disposition est qualifiée d'émergence reportée).
Les deux variantes se rejoignent vingt mètres avant le tournant où le chemin d'exploitation forestière tourne vers le sud-est, pour rentrer dans le vallon (à la descente il faut être vigilant pour repérer le sentier de la fontaine Saint-Bruno).
Au-delà du tournant de l'échine boisée, le chemin ne traverse plus que des éboulis, qui tapissent les pentes septentrionales du vallon de Bovinant. Ceux-ci sont alimentés par les falaises de calcaires du Fontanil de l'arête sud du Petit Som, tandis que la rive opposée du vallon est fermée par les falaises urgoniennes de la crête de Mauvernay. Le fait que ces deux barres rocheuses semblent se prolonger l'une l'autre, alors qu'elles sont en fait d'âge différent, résulte du décalage dextre dû à la faille de Bovinant.
Laisser la branche de chemin qui continue
à flanc, sur l'autre rive, pour prendre le sentier de Bovinant,
qui revient vers la gauche.
Ce sentier s'élève, sur 150 m. de dénivelée,
dans les éboulis du flanc nord du vallon, puis traverse
le fond de ce dernier pour s'élever sous les falaises urgoniennes
de la rive sud. Il rejoint celui qui va au Col de la Ruchère
par le Pas du Loup au pied de la barre rocheuse qui ferme le vallon
à la façon d'un petit cirque (point 4).
Cette barre rocheuse, constituée par la masse supérieure
urgonienne [n5U], représente le rebord du verrou rocheux
soutenant les prairies de Bovinant. Le sentier en longe d'abord
le pied vers le nord, sur une cinquantaine de mètres avant
d'effectuer un lacet en profitant d'un effacement de l'abrupt.
Ici percent, sous une mince couche d'éboulis, des bancs
de calcaires gris, à cassure jaune : ce sont ceux de la
vire à orbitolines [n5O], dont les marnes restent cependant
masquées sous l'herbe. Mais ces bancs ne se poursuivent
pas vers le nord et y butent au contraire contre une falaise massive,
constituée par la masse urgonienne inférieure [n4U]
: il passe donc à cet endroit une faille qui a pour effet
de remonter les couches de son compartiment nord : c'est le décrochement
principal de Bovinant (D, fig.
3).
On observe réellement ici ce décrochement, alors que son existence n'avait, jusqu'à maintenant, été mise en évidence que sur des arguments indirects. Son orientation est NE-SW et son rejet vertical - couches du compartiment sud abaissées par rapport à leurs correspondantes du compartiment nord - est conforme à ce qu'induit un déplacement dextre sur des couches qui pendent vers l'est (fig. 0).
Le miroir de faille est même visible (fig. 3a) une dizaine de mètres au dessus et à gauche du lacet (point 4a) et présente effectivement des stries et des cannelures presque horizontales, qui attestent bien d'un mouvement de coulissement.
Le sentier débouche dans les prairies
de Bovinant (point 4b) après un raidillon qui
correspond aux couches de la masse supérieure urgonienne.
Les bancs de calcaire roux à patine sombre de la "Lumachelle"
[n6L], y sont assez largement. masquées par de l'éboulis
venant des rochers de gauche, mais, si l'on cherche à suivre
ces couches vers le nord on les voit bute, à leur tour
(comme le faisaient, plus bas, celles de la vire à orbitolines),
contre la falaise urgonienne massive du compartiment nord du décrochement
de Bovinant.
Cette falaise, dont le pied est donc suivi par le tracé
du décrochement, s'efface vers le nord-est avant le chalet.
En effet, entre le chalet et le col de Bovinant, la cassure met
côte à côte, au nord comme au sud, des marno-calcaires
du Sénonien, garnis de prairies, et ne peut donc plus s'exprimer
dans la morphologie.
C'est ici que les deux intinéraires,
septentrional et méridional, divergent (fig.3). Il n'est pas nécessaire de
rejoindre le chalet ("habert") de Bovinant si l'on se
propose de suivre l'itinéraire méridional.
Toutefois ce site mérite visite, au moins par la vue qu'on
y découvre : elle porte surtout sur les plans proches (voir
ci-après). Mais des arrière-plans plus lointains,
jusqu'au massif de la Grande Sure, y sont visibles vers le sud-est
à la faveur de la trouée ouverte par le décrochement
de Bovinant dans la barrière urgonienne du flanc oriental
de l'anticlinal médian.
Le chalet est construit sur des calcaires argileux gris, à patine blanche, du Sénonien inférieur [c6-7M]. Ce sont ces mêmes couches dans lesquelles sont ouverts aussi bien le vallon gazonné qui mène, vers le nord, au col de Bovinant, que de la belle combe du vallon de Mauvernay qui s'ouvre vers le sud.
|
Pour l'essentiel, il s'agit d'une dépression allongée N-S, qui est presque assimilable à un val, car elle est ouverte par l'affouillement des roches particulièrement tendres (Sénonien) qui occupent le coeur du « synclinal de Mauvernay », qui sépare la Chartreuse médiane de la Chartreuse orientale. - Une première complication vient de ce que le flanc est de ce pli est rompu par une importante surface de chevauchement (Ø3 = chevauchement de la Chartreuse orientale) qui ramène l'ensemble du Grand Som d'est en ouest par dessus ce synclinal. - Une deuxième complication est le passage d'un faisceau de fractures verticales, obliques aux plis et qui les décrochent. Ces cassures ne sont, pour la plupart, que des satellites d'un décrochement majeur (le décrochement de Bovinant), dont la présence détermine largement l'élargissement de la dépression synclinale au sud du chalet. |
Du côté gauche de cette combe
l'horizon oriental est fermé par le rempart des falaises
du Grand Som. Ces dernières, essentiellement constituées
d'Urgonien, sont coupées de vires qui correspondent, selon
le cas, soit aux couches à orbitolines soit à la
Lumachelle (fig. 3b) (pour
plus de détails se reporter à la fig. 4 , prise du point 5).
Ces terrains sont plus anciens que le Sénonien qui occupe
la combe mais affleurent cependant bien au dessus de ce dernier.
Cette disposition n'est pas due à un synclinal qui aurait
renversé les couches du Grand Som sur celles du vallon
car toutes ces couches sont disposées à l'endroit
et plongent vers la gauche (vers l'est). Elle résulte du
soulèvement du bloc du Grand Som, associé à
son transport vers la droite (vers l'ouest), par le jeu du «
chevauchement de la Chartreuse orientale ». Cette
cassure majeure passe ici au pied des falaises qui dominent le
vallon de Mauvernay (fig. 3),
mais elle y est en général masquée sous les
éboulis.
|
C'est là un des secteurs où l'on voit le mieux affleurer cet accident et où l'érosion a le moins affouillé le long de son tracé : cela permet donc de se faire une idée précise des dispositions tectoniques qui lui sont associées. |
Depuis le chalet de Bovinant, regagner le fond
du large vallon de Mauvernay et le remonter en direction du sud.
Le fond de ce vallon et sur son flanc est sont abondamment garnis
par les éboulis à blocs de toutes tailles tombés
des falaises du grand Som, sauf en quelques points où le
fond du thalweg est entaillé dans les calcaires argileux
gris, à patine blanche, du Sénonien [c6-7M] (ceux-ci
percent aussi sous l'éboulis du versant est, surtout dans
la partie finale de la montée au col).
La rive ouest du vallon laisse par contre affleurer largement
la Lumachelle, qui forme une zone tapissée de prairies
ou d'arbustes, d'où émergent des dalles à
patine brunâtre. Plus près du rebord de falaise de
la crête de Mauvernay elle est formée par les dalles
blanches, dénudées, du sommet de l'Urgonien (ces
deux terrains affleurent presque partout ici en "dalles structurales"*)
Au Col de Mauvernay, gagner, par des pentes
d'herbe, le point le plus élevé de la crête
qui le jouxte du côté ouest (point
5).
Ce faisant on traverse le contact du Sénonien sur la Lumachelle,
puis, pratiquement à la crête, celui de la Lumachelle
sur l'Urgonien (en effet le pendage de ces terrains vers l'est
,bien que modéré, est tout de même plus fort
que la déclivité de la pente).
Depuis cette crête la vue plonge sur le couvent : on situe
bien ce dernier dans la structure de l'anticlinal médian,
dont la voûte d'Urgonien est dessinée par le Charmant
Som, bien visible à l'horizon sud (se reporter à
la fig. 2) et le coeur de Tithonique
par la crête boisée de la Fitole, immédiatement
à droite des bâtiments.
Mais l'intérêt de cet endroit vient surtout de la
vue qu'on y a sur le secteur de Bovinant et les falaises du Grand
Som (fig. 4) .
Après être revenu au col de
Mauvernay emprunter un sentier faiblement descendant qui s'engage
dans les pentes de son versant sud.
Ces pentes sont entaillées dans les marno-calcaires sénoniens
[c6-7M]. Arrivé à une première ravine (point
6), lever les yeux vers le haut de la pente pour y examiner
attentivement la disposition des strates : on voit alors que ces
couches dessinent un synclinal assez fermé et à
plan axial très redressé, un peu incliné
vers l'est : c'est le synclinal de Mauvernay (qui appartient
encore à la Chartreuse médiane).
Vers l'est les marno-calcaires sénoniens font place à
quelques bancs subverticaux, discontinus, de Lumachelle (reconnaissables
à distance à leur patine ocre), plaqués à
leur tour sous le flanc ouest d'une barre rocheuse urgonienne
(fig. 6) : c'est le flanc oriental
du synclinal.
Le sentier traverse cette barre urgonienne juste avant un ravin E-W particulièrement marqué, qui est le ravin principal du Rialet (point 7). À cette occasion on constate qu'il s'agit seulement d'une lame épaisse d'une cinquantaine de mètres, qui est en outre disloquée par de multiples fractures. Mais elle fait toujours partie intégrante du flanc est du synclinal, car, immédiatement plus à l'est affleurent des marnes à miches de l'Hauterivien (n3), à lits verticaux bien visibles. De plus celles-ci montrent, plus en amont, une nette charnière anticlinale, au delà de laquelle elles prennent un pendage est et s'enfoncent alors, en disposition stratigraphique normale sous le Barrémien inférieur et l'Urgonien des falaises sommitales du Grand Som (on observera ceci en s'engageant dans le ravin et en remontant ses pentes raides et instables sur une trentaine de mètres).
Cet enchaînement synclinal - anticlinal pourrait faire croire qu'il y a raccord en continu entre la falaise urgonienne qui soutient le col de Mauvernay et celle des falaises sommitales du Grand Som.
Ce n'est pas le reflet exact de la réalité, car l'Urgonien du ravin du Rialet ne forme qu'une lame résultant d'un étirement tectonique assez important pour que l'épaisseur totale (350 m) qu'il devrait occuper normalement soit ici réduite à quelques dizaines de mètres. Cette lame s'effile d'ailleurs totalement lorsqu'on la suit, plus bas, vers le sud (voir la marge inférieure de la fig. 6), ce qui fait alors reposer directement les couches du coeur de l'anticlinal du Grand Som sur celles de la Lumachelle puis de l'Urgonien supérieur du flanc ouest du synclinal de Mauvernay). D'autre part la Lumachelle manque le plus souvent ici, supprimée par étirement (ou plutôt tronçonnement) tectonique et les marno-calcaires sénoniens sont extrêmement friables car ils sont affectés d'un écrasement schisteux intense qui traduit d'une autre façon la "tectonisation" de ce secteur.
En fait cette disposition correspond à une structure en pli-faille (fig. 5) rompu par le chevauchement de la Chartreuse orientale (Ø3)
Les deux plis situés de part et d'autre de ce chevauchement pourraient d'ailleurs être considérés comme de simples "crochons" (c'est à dire des torsions liées à la friction des couches) induits par le mouvement cisaillant le long de la surface de cet accident.
Enfin l'étirement enregistré par la lame d'Urgonien ne résulte pas d'une déformation "ductile" (à la façon d'une pâte) mais par du jeu des multiples fractures qui la hachent. Plutôt qu'un gros banc elle représente une zone de broyage tectonique, formée par une brèche de faille à très gros éléments.
Après le fond de ravin le sentier recoupe, par une traversée à peine ascendante, une alternance d'éboulis et d'affleurements de bancs hauteriviens verticaux, pour atteindre un col qui franchit le rebord sud du ravin du Rialet, en amont d'un promontoire rocheux saillant (point 8). On a, de là, en se tournant vers le nord, une excellente vue récapitulative de la structure traversée (fig. 7).
Sur le flanc nord-ouest (aval) du promontoire rocheux du Rialet, l'Urgonien est flanqué de Lumachelle et de Sénonien. Plus bas l'arête rocheuse est coupée par une brèche où passent les couches à orbitolines, dont la vire s'élève dans le versant SE avant de disparaître, coupée en biseau par la surface de cassure principale (Ø3) du chevauchement de la Chartreuse orientale. Il s'agit donc bien d'un lambeau un peu plus volumineux du flanc de pli que les failles satellites de Ø3 débitent en tronçons.
Plus au sud le sentier traverse en courbe de
niveau la jupe d'éboulis qui tapisse le pied des falaises
du Grand Som (ces falaises, entièrement formées
d'Urgonien inférieur, sont ceinturées à la
base par les bancs plus roux du Barrémien inférieur).
En se tournant vers le nord on voit de mieux en mieux, en s'en
éloignant, la disposition oblique de la lame urgonienne
du Rialet par rapport aux deux barres urgoniennes qui l'encadrent.
On s'aperçoit qu'elle subit un biseautage vers le bas,
au point de disparaître totalement à la limite supérieure
du couvert forestier (fig. 6).
Le sentier rejoint alors (point 9) celui qui monte depuis le col du Frenay pour franchir la berre de falaises au Pas de la Suiffière. (on peut, le cas échéant, rejoindre directement, depuis cet endroit le parking de la Correrie : voir fig. 1)
|
Cette structure est malheureusement mal visible "le nez dessus" et se distingue mieux à distance, par exemple depuis les pentes de la Scia (voir le fascicule 1B, fig.3). |
Le Pas de la Suiffière débute par une vire qui utilise des surfaces de stratification dans l'Urgonien inférieur et que l'on suit en direction du sud. Il se termine par une petite cheminée, qui ne correspond pas à un accident tectonique d'importance notable mais montre tout de même des traces de friction sur de petits miroirs de faille verticaux, ce qui indique qu'elle a été déterminée par une petite faille. C'est notamment le cas à la brèche où l'on franchit la crête.
On peut, depuis la brèche de la Suiffière,
rejoindre directement le sommet par l'arête sud (quelques
passages un peu aériens). Mais cet itinéraire, s'il
est très agréable, n'a aucun intérêt
géologique car il suit la tranche des couches de l'Urgonien
inférieur.
Il est plus intéressant de prendre le sent ier qui traverse
à flanc en direction des falaises orientales, pour rejoindre
celui du Racapé.
Après avoir franchi le Pas de
la Suiffière, ce sentier descend modérément
en versant est, en recoupant (dans le sens "stratigraphiquement
remontant") les bancs de l'Urgonien inférieur.
On distingue, dans les pentes qui descendent du sommet et de son échine orientale, la vire inclinée que déterminent, dans le flanc ouest de ce synclinal, les couches à Orbitolines (fig. 9). Un couloir étroit coupe verticalement ces vires, à l'aplomb même du sommet, et les interrompt du côté gauche. Il correspond à une faille secondaire, du type normal, à compartiment droit abaissé (FN, fig. 6), qui parcourt le pupitre sommital du sud au nord.
Puis il traverse le synclinal qui accidente le pupitre sommital de la montagne (qu'il faut rapporter au synclinal du Néron) (fig. 5, fig. 8 et fig. 9), mais les conditions d'affleurement et l'absence de niveaux repères ou, à tout le moins, de litages bien visibles, rendent ce mouvement synclinal très mal perceptible sur le chemin même. On se rend compte que l'on a atteint le flanc oriental de ce pli lorsque, au terme des 500 m de cette traversée (Point 10), le sentier atteint le pied d'un couloir qui s'élève entre deux murs rocheux, car ce couloir correspond aux couches à orbitolines, redressées verticalement entre l'Urgonien supérieur à gauche et l'Urgonien inférieur à droite.
Le sentier est rejoint à cet endroit
par le sentier Racapé, qui monte du versant est par le
col des Aures.
Le sentier décrit de courts lacets dans le couloir, sur
les couches à Orbitolines qui n'affleurent cependant qu'assez
mal car elles sont souvent masquées d'éboulis. Elles
sont en outre sectionnées à plusieurs reprises par
des petites failles à rejets plurimétriques (dont
les principales sont pentées à 45° vers l'ouest),
ce qui aboutit à en réduire l'épaisseur apparente
(fig. 5) .
A la sortie amont du couloir (point 10b) le sentier s'oriente
vers l'ouest, ce qui va lui faire traverser le synclinal sommital.
De fait l'Urgonien supérieur de son flanc oriental est
vite franchi et fait place à une zone de prairies dans
lesquelles perce la Lumachelle du coeur du synclinal. Les rochers
qui limitent cette prairie vers le haut appartiennent à
l'Urgonien supérieur de l'autre flanc de ce pli, dont le
pendage est un peu plus fort que la pente de la surface du sol.
Une faille verticale (FN, fig. 6), orientée nord-sud, coupe le versant une cinquantaine de mètres en contrebas est du sommet proprement dit. Elle rehausse suffisamment son compartiment occidental pour que l'Urgonien inférieur y soit dénudé, et que seuls affleurent, contre la faille, quelques bancs jaunes des couches à orbitolines. Cette cassure, difficile à localiser sur le sentier, est bien visible dans les pentes plus abruptes qui regardent vers le Pas de la Suiffière (fig. 9).
Le sommet du Grand Som est un point panoramique assez remarquable, tant sous l'angle géologique que touristique. Les quatre figures qui décrivent ce panorama en fournissent un tour d'horizon complet.
Les fig. n° 10, 12 et 13 sont prises exactement du point culminant, par contre la fig. 11 est prise environ 200 m plus au nord, depuis un ressaut de la crête qui domine une zone déprimée percée de plusieurs avens, car on y a une vue mieux dégagée vers le nord.
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Au contraire on peut, en les parcourant, y identifier une assez large gamme de structures tectoniques : plis, chevauchements, failles normales, décrochements (même s'il ne s'agit parfois que d'accidents minuscules, d'ampleur métrique à décamétrique). Cette surface représente vraisemblablement un des témoins résiduels de la surface d'aplanissement villafranchienne. |
Le sentier qui s'éloigne du sommet vers le nord s'écarte 100 m au delà du bord des falaises occidentales et emprunte une échine qui contourne par la droite une zone déprimée percée de plusieurs entrées de gouffres. Un examen précis de ce secteur permet d'y retrouver la faille N-S qui passe à l'est du sommet (FN, fig. 6) : elle détermine un étroit sillon qui rejoint le rebord nord des falaises, où réapparaissent les couches à orbitolines. Elle est même flanquée à l'est d'une seconde plus petite qui traverse d'enfilade les deux avens les plus orientaux, 10 m en contrebas gauche du sentier (fig. 14).
Ces deux cassures ont leur miroir encore enduit par places par quelques décimètres de conglomérat à ciment de Lumachelle. Il s'agit de failles normales (extensives) anciennes dont l'âge de fonctionnement remonte à l'Aptien (age de la Lumachelle). Elles sont similaires à celles, de même orientation (sensiblement nord-sud), connues sur le plateau de l'Alpette et à Bellefond.
À l'est des avens le sentier atteint une large selle (Point 11a), garnie de prairies et limitée au nord-est par la crête qui culmine à la butte cotée 1976. Cette selle correspond au passage de la bande de Lumachelle qui occupe le coeur du synclinal sommital (donc au synclinal du Néron). Ici l'érosion à respecté une hauteur suffisante du flanc oriental de ce pli pour que l'on puisse voir, à la limite ouest des rochers du point 1976, que cette Lumachelle y est chevauchée par l'Urgonien qui la borde du côté est. Ce pli est donc un pli-faille déversé vers l'ouest. Le chevauchement de son flanc est, noté f2 sur les figures, s'amplifie vers le nord et court à faible distance de la crête (toujours sur son coté ouest), avant de s'engager franchement dans le versant ouest de la montagne : cela se produit à la selle suivante de l'arête, juste avant qu'un éperon rocheux, que l'on peut appeler « antécime nord » n'accidente celle-ci et la rende plus acérée, obligeant ainsi à la contourner par l'un ou l'autre versant (Point 11b).
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C'est là un bon exemple du genre de structures auquel on applique souvent le nom d'écaillage. Il s'agit bien évidemment là de chevauchements mineurs, satellites du chevauchement de la Chartreuse orientale (qui passe par le col de Mauvernay et par celui de Bovinant). |
Depuis le point 11b on peut gagner le point
12 par deux itinéraires (fig.
1 et 5), soit le "sentier des moutons"
descendant du côté est, qui donne un aperçu
plus complet sur la structure de la montagne, soit le "sentier
du Sangle" (en Chartreuse ce terme, qui vient du latin
« cingulum » = ceinture, désigne une vire qui
court presque horizontalement à flanc de falaise). Il est
plus rapide mais plus exposé et dangereux en cas d'enneigement
persistant.
Si l'on choisit d'emprunter le sentier des moutons il est toutefois
recommandé de descendre au préalable, sur quelques
dizaines de mètres, par le sentier du Sangle, pour y examiner
le chevauchement f2 (avant de revenir sur la crète).
a) Le Sangle de Bovinant est un talus herbeux qui traverse en diagonale les falaises occidentales de la montagne. Il est déterminé par la bande de Lumachelle qui s'engage sous le chevauchement f2. Le sentier suit, à quelques mètres près, le tracé de cet accident, ce qui permet d'observer en détail les dispositions microtectoniques qu'il y a induites (fig. 15).. On y trouve aussi, de place en place, un peu de grès verts glauconieux, très friables, de l'Albien [c1] mais l'érosion n'a pas laissé subsister le Sénonien, qui devait cependant s'engager également sous l'Urgonien chevauchant. Après franchissement d'un ravin qui occasionne une légère remontée le sangle mène directement au point 12.
b) Le sentier des moutons descend d'abord en diagonale du côté est en remontant dans la succession de strates de la dalle de l'Urgonien chevauchant, puis il traverse à flanc sur le dos des couches et regagne la crête à une brèche où elle devient presque horizontale (il est agréable de la suivre et de ne descendre dans le versant ouest qu'à partir d'une autre brèche située 200 m plus au nord). La vue sur la droite montre, 100 m en contrebas de la crête, un plateau suspendu qui court parallèlement à celle-ci, au dessus des falaises qui dominent le vallon des Aures (fig. 6). Ce replat est parcouru de bout en bout, à peu près à sa rupture de pente amont, par les couches à Orbitolines dont on distingue le litage des bancs, ici verticaux : c'est évidemment la présence de ces couches, plus facilement délitables et affouillables (surtout dans cette disposition redressée offrant leur tranche à l'érosion), qui a déterminé ce trait morphologique.
On trouve, à partir de cette brèche
une nouvelle bande de Lumachelle, d'abord très étroite,
qui s'épanouit vers le nord et détermine une bande
de prairies du côté ouest de la crête. Cette
dernière est formée, quant à elle, d'Urgonien,
vertical ou peu renversé vers l'ouest, qui est très
faiblement chevauchant sur la Lumachelle (f3, fig. 3). Cela correspond à un nouveau
repli synclinal qui s'étrangle et disparaît «
dans le ciel » (par érosion), du côté
sud est de la brèche.
Après une descente en diagonale dans cette prairie suspendue,
le sentier des moutons s'engage dans une cheminée ("cheminée
supérieure") pour franchir la falaise urgonienne qui
la supporte. Cette dernière débouche sur la vire
du sangle en recoupant le chevauchement f2 (point 12).
Il est aisé de s'engager sur cette vire, vers le sud, pour
observer en quelques dizaines de mètres divers aspects
du contact chevauchant, notamment les stries de friction à
la base du surplomb de l'Urgonien qui forme le toit et, sur une
frange décimétrique sous ce toit, le feuilletage
schisteux par écrasement de la Lumachelle.
Le sentier parcourt ensuite un trajet très analogue à
celui qu'il vient de faire : quelques décamètres
à flanc sur des prairies couvrant mal la Lumachelle, en
empruntant la vire du sangle, puis il franchit la barre de l'Urgonien
supérieur par une nouvelle cheminée ("cheminée
inférieure") et débouche à nouveau sur
des prairies de Lumachelle (point 13) en recoupant un nouveau
chevauchement (noté f1 sur les figures) à
l'entrée d'une vire qui s'engage ver le sud de façon
similaire à celle du sangle.
Le chevauchement f1 ne se prolonge que peu vers le sud au delà de la cheminée inférieure car il est interrompu par une faille subverticale (D3, fig. 3 et 4) qui amène, dans le prolongement de la Lumachelle chevauchée, les couches à orbitolines de son compartiment méridional. C'est en fait cette cassure qui détermine la partie haute du passage de la cheminée inférieure puis interrompt, à son sommet, la continuité de la bande de Lumachelle de la vire du Sangle. Elle se poursuit enfin jusqu'à la crête où elle décale les couches à Orbitolines dans le sens dextre, conformément à ce que pouvait laisser supposer a priori son orientation moyenne nord-est - sud-ouest (fig. 3).
Vers le bas cette faille présente un curieux tracé, en baïonnette, car la surface de faille se tord là, en traversant la vire des couches à Orbitolines de son compartiment sud, de telle façon qu'elle se dispose presque à plat, à la fois dans le prolongement de la surface de f1 et presque dans le plan des couches à Orbitolines (fig. 3 et fig. 4).
Cette disposition implique d'une part que le mouvement décrochant a du s'effectuer en même temps que le chevauchement f1 (puisque le décrochement se déforme au passage de celui-ci) et d'autre part qu'au sud de D3, l'Urgonien supérieur a glissé vers la gauche par rapport de la masse inférieure (ce glissement, prolongeant en quelque sorte celui sur f1). Ce déplacement relatif des deux masses urgoniennes n'a pu se produire que par des glissements couches sur couches au sein des couches à orbitolines (qui ont donc été le siège de déformations internes que l'on ne soupçonnerait pas sans cela). C'est d'ailleurs là un exemple du rôle de "niveau de décollement" qu'elles jouent en de nombreux points du massif Chartreux.
On peut enfin remarquer que ce décrochement D3 ne se poursuit pas vers l'ouest au delà du tracé du chevauchement de la Chartreuse orientale (fig. 3). Il doit donc se connecter avec lui (selon le schéma des failles de déchirure, transformantes entre chevauchements) et servir ainsi d'intermédiaire de connexion entre le chevauchement majeur Ø3 et le chevauchement mineur f1. Comme ce dernier ne se prolonge pas au sud de D3 c'est certainement de cette façon qu'il faut comprendre sa terminaison en ce point. En définitive on peut dire que le chevauchement majeur Ø3 se subdivise là en plusieurs chevauchement mineurs, chacun d'eux n'absorbant qu'une partie du rejet total (ce qui explique le faible rejet que la construction de coupes conduit à attribuer à Ø3 dans son tronçon compris de part et d'autre du col de Bovinant, entre D3 et D1.
Les affleurements de Lumachelle où l'on
débouche en sortant de la cheminée inférieure
sont ceux qui recouvrent l'Urgonien supérieur de la grosse
épaule qui domine des ses abrupts le Habert de Bovinant.
Le sentier contourne ce ressaut en se dirigeant vers le nord le
long d'une échine herbeuse garnie de Lumachelle. Celle-ci
correspond à la voûte d'un anticlinal dont l'axe
plonge doucement vers le nord (c'est une sorte de « mont
» jurassien en modèle réduit). Ce pli s'avère
être l'équivalent de l'anticlinal du Grand Som
(dont la charnière a été observée,
sous le Grand Som, au point 7) La Lumachelle de
la voûte du pli s'enfonce vers l'est, comme normal, sous
du Sénonien qui détermine une combe de prairies.
du côté ouest au contraire on passe brutalement de
l'Urgonien au Sénonien du vallon de Bovinant par un ressaut
urgonien : cette rupture du flanc ouest de l'anticlinal correspond
au passage du chevauchement de la Chartreuse orientale
(Ø3).
De tous les endroits où on l'observe en Chartreuse, c'est ici que, cet accident a le rejet le plus modeste : cela vient sans doute (a) de ce qu'on le coupe à une altitude particulièrement élevée, car l'étirement des flancs de son pli-faille s'y atténue du bas vers le haut ; (b) de ce que ses trois chevauchements satellites se partagent déjà une bonne part du rejet chevauchant total.
Cette échine s'efface au col de Bovinant, ou plus exactement 50 m au sud-est du col proprement dit (point 14). Ceci est dû à ce que la voûte anticlinale urgonienne plonge vers le nord sous les marno-calcaires sénoniens, mais aussi à ce qu'elle est tranchée là par la branche D2 du décrochement de Bovinant (fig. 3).
Cette voûte anticlinale, ainsi que le chevauchement de la Chartreuse orientale, sont décalés de 200 à 300 m. vers l'est par la cassure D2. Le passage de ce décrochement est jalonné par un affleurement d'Urgonien qui émerge du Sénonien, dans les prairies et que traverse horizontalement le sentier du col du Fret (c'est une "navette", c'est à dire un copeau détaché de l'une des lèvres de faille et traîné le long du plan de cassure).
Cent mètres au nord-ouest du col, les prairies à soubassement de Sénonien s'appuient sur le petit rebord rocheux d'Urgonien qui forme la limite méridionale des dalles structurales (à regard est) des rochers de Léchaud (fig. 3). Cette limite, bien soulignée par le changement de végétation correspond au passage de la faille satellite la plus septentrionale du décrochement de Bovinant (D1).
Au sud du col de Bovinant, entre le col et le Habert de Bovinant, le sentier suit, au pied ouest de l'échine - à coeur d'Urgonien - de l'anticlinal du Grand Som, le fond de vallonnement humide - à soubassement de Sénonien - du synclinal de Mauvernay.
Le chevauchement de la Chartreuse orientale est masqué par les éboulis, entre le fond de cette combe et les rochers urgoniens qui la dominent à l'est.
La charnière anticlinale de l'anticlinal du Grand Som, si bien visible sous ce sommet, est ici difficile aussi à observer. Elle se voit cependant, dans l'entaille sud de l'échine, c'est-à-dire dans le saillant rocheux qui domine le chalet de Bovinant du côté de l'est (pour la voir il faut gravir les pentes d'éboulis vers le sud-est, jusqu'à être dans son axe, N-S).
Les deux itinéraires ci-après sont des variantes praticables au départ du chalet de Bovinant.
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Elle donne également l'occasion d'observer un beau couloir de faille de décrochement. |
Depuis le chalet de Bovinant prendre le
sentier qui s'élève en diagonale dans les prairies
de rive gauche du vallon du col (fig. 3).
L'herbe de ces pentes cache mal le Sénonien inférieur,
qui appartient au compartiment intercalé entre les branches
D1 et D2 du décrochement de Bovinant (les pentes plus rocheuses
qui s'élèvent à main gauche montrent successivement
les termes inférieurs de la succession : Lumachelle puis
Urgonien supérieur et couches à Orbitolines). Le
sentier abandonne les prairies pour gravir, par quelques courts
lacets, le ressaut d'une nervure rocheuse urgonienne qui descend
vers le col de Bovinant (point 15) et représente
la lèvre nord-occidentale de la faille D1.
Dans la prairie juste avant d'atteindre le rocher on trouve quelques médiocres affleurements de calcaires roux coquilliers, à surfaces bioturbées, typiques des couches à Orbitolines. Ils sont coincés là dans un étroit compartiment intermédiaire entre la faille D1 et une faille secondaire (fig. 3).
Au sommet de ce rebord rocheux le sentier débouche
sur une surface criblée d'avens et semée de quelques
épicéas. Elle est formée par de l'Urgonien
inférieur, faiblement incliné vers l'est, et se
poursuit vers l'ouest jusqu'à la crête des Roches
Rousses. Mais cette surface n'est pas une dalle structurale ;
au contraire elle recoupe en biseau les bancs urgoniens, car elle
est moins pentée qu'eux, de sorte que sur la crête
il ne subsiste plus guère que l'extrême base de l'Urgonien
inférieur.
On est en fait ici sur l'une des portions résiduelles du
vieux glacis d'aplanissement, sans doute d'âge Quaternaire
très ancien, qui avait arasé les reliefs de la Chartreuse
avant les dernières déformations tectoniques. Toutefois
l'examen sur place de cette surface n'apporte pas de données
supplémentaires et c'est plus à distance (fig. 4) que la vue montre le mieux ses rapports
géométriques avec les couches.
Après un parcours d'environ 200 m, en traversée
peu ascendante, le sentier met le cap plus franchement vers la
crête. Il suit bientôt une sorte de corridor naturel,
rectiligne et large de 1 à 2 m, qui s'encaisse entre deux
murs discontinus hauts de 0,5 à 2 m. Il utilise là
un "couloir de faille" correspondant à
une zone broyée entre les deux lèvres d'un décrochement
sénestre orienté à peu près N150°
E. Ce couloir tectonique débouche exactement à la
brèche des Roches Rousses (point 16), que
le sentier franchit en biais par rapport à la crête,
de façon à toujours le suivre. Son aspect de corridor
y est particulièrement frappant car les miroirs des deux
lèvres de la faille sont par places bien dégagés
et même porteurs de stries horizontales (fig. 16).
Sur le versant ouest de la brèche le rejet sénestre
de la faille est perceptible à ce que ce sont les petits
bancs roux du Barrémien inférieur qui forment presque
tout de suite la lèvre sud-ouest, tandis que la lèvre
opposée (plus saillante) se montre encore formée
par de l'Urgonien pendant plus de 50 mètres.
Depuis cette brèche on peut gagner le col de Léchaud et, de là soit
a) gagner le sommet du Petit Som
b) rejoindre le sentier du pas du Loup
c) rejoindre l'itinéraire de montée, entre les points 4 et 3 : en contrebas du sentier du Pas du Loup il n'y a pas de vrai sentier mais on ne rencontre aucune autre difficulté qu'une marche en sous-bois un peu raide par places.
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Depuis le chalet de Bovinant gagner le col
de Bovinant. De là s'èlever de quelques mètres
par le le sentier du Grand Som, mais le quitter presque immédiatement
pour suivre l'une des pistes qui traversent, horizontalement vers
la droite, les prairies à soubassement de Sénonien.
On atteint l'extrémité nord d'un éperon rocheux
urgonien qui est celui que traverse plus au sud la "cheminée
inférieure (point 17a). Le sentier traverse vers
l'est au pied des rochers et le début de leur entaille
montre que l'Urgonien supérieur y repose sur les bancs
verticaux de la Lumachelle par une surface de faille, inclinée
environ à 45° vers l'est. Ce petit chevauchement représente
le premier des chevauchements mineurs de l'Urgonien du Grand Som
(f1, fig. 3).
Le fait que cet éperon rocheux ne se poursuit pas en direction
du nord, est dû à ce qu'il est sectionné,
là où passe le sentier, par le décrochement
D2.
Un peu plus à l'ouest ce décrochement est jalonné par l'affleurement d'urgonien qui émerge du Sénonien, dans les prairies.
La bosse située 20 m en contrebas du sentier est formée par le prolongement nord de l'anticlinal du Grand som, décalé par la faille de 200 m vers l'est (distance mesurée le long du plan de faille).
Le sentier suit cette faille vers l'est en restant au pied de l'abrupt rocheux de sa lèvre méridionale. Il traverse d'abord une petite lame de Lumachelle prise entre deux masses d'Urgonien (il s'agit probablement du prolongement nord de f2 (fig. 3). Puis il franchit un ressaut par un petit passage rocheux où l'on peut observer effectivement de la brèche de faille (point 17b).
Le sentier aborde ensuite un vallonnement boisé,
garni d'éboulis, qui s'élève rapidement vers
le sud (point 18). Il correspond à la vire des couches
à Orbitolines, car les bancs les plus inférieurs
de ce niveau (calcaires jaunes) affleurent en placage au pied
de la falaise de la rive est de ce vallonnement (on entre donc
dans l'Urgonien inférieur).
Le sentier sort alors du sous-bois et s'élève plus
rapidement vers le nord, en traversant une pente où l'Urgonien
inférieur n'affleure que par pointements sous l'éboulis
(on y traverse le décrochement D2, sans le repérer).
La fin de la montée (point 19a) s'effectue par de
courts lacets qui restent dans le compartiment méridional
du décrochement D1, mais dont les boucles septentrionales
viennent toucher le lèvre septentrionale de cette faille,
comme en témoigne la présence de fragments de brèche
de faille.La brèche de faille qui jalonne D1 affleure
largement au col même, où l'on voit qu'elle
est épaisse de 50 cm à 1 m et détermine à
l'évidence les deux couloirs qui descendent sur l'un et
l'utre flanc de la crête.
Du col du Fret on peut rejoindre le sommet
du Grand Som par son arête septentrionale, soit en la suivant
intégralement (passages d'escalade encombrés d'arbres),
soit en redescendant sur le versant ouest jusqu'à la vire
des couches à Orbitolines (point 18) pour la remonter
ensuite, sans problème, jusqu'à la crête.
On suit alors celle-ci, très facilement, pour rejoindre
le point où elle est recoupée par le sentier des
moutons (en amont du point 12).
L'accès à la Dent de l'Ours, par son arête
rocheuse méridionale est dépourvu de tout intérêt
géologique, car on y reste sur la tranche des couches (très
redressées) de l'Urgonien inférieur.
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Le trajet se déroule, en majeure partie, longitudinalement par rapport à la direction des plis et failles, avant de reprendre, dans la partie finale, une direction transversale (en coupant le flanc occidental de l'anticlinal de l'Écoutoux). |
Redescendre sur le versant est par le sentier
« des cent lacets » (à quelques unités
près le compte est effectivement bon).
Le couloir qu'emprunte le sentier est déterminé
par la réunion, quelques dizaines de mètres en contrebas
du col, des deux branches D1 et D2 du décrochement de
Bovinant. Au cours de cette descente on reste dans la masse
urgonienne inférieure. Comme c'est souvent le cas dans
l'Urgonien, le litage est très difficile à voir
; toutefois on arrive à distinguer que les couches de la
rive nord, d'abord verticales, dessinent plus bas quelques ondulations
décamétriques : elles dessinent un anticlinal en
genou, qui est celui du Grand Som, décalé vers l'est
par le décrochement.
Dans les derniers lacets le sentier abandonne le tracé
du décrochement pour franchir les rochers de son compartiment
sud-est par un ressaut. Il débouche ainsi sur la jupe d'éboulis
qui garnit le pied des falaises jusqu'au col des Aures (point
20). Pendant la traversée de ces éboulis, longue
de près de 500 m., on se retournera pour regarder, en direction
du nord, les détails structuraux de l'arête rocheuse
du versant oriental de la Dent de l'Ours (fig.
17).
Arrivé au fond du thalweg des Aures
(clairière) laisser à main gauche le sentier qui
va aux Rey et aux Arragons, en descendant à flanc vers
le nord, toujours sur le versant ouest du vallon. Prendre le chemin
qui gagne le fond du vallon et le traverse pour se diriger vers
la crête boisée des Aures.
Peu après avoir traversé une première fois
le fond de la combe de l'Hauterivien, ce chemin revient vers le
sud en traversant les niveaux terminaux des calcaires du Fontanil
[n2S]. Il décrit un second lacet au fond du vallon (qu'encombre
un éboulis à gros blocs) pour traverse le flanc
oriental de ctte combe jusqu'à rejoindre la crête
des Aures au sud de la butte 1568 (point 21).
Les affleurements de ce secteur sont constitués par la
partie haute des calcaires du Fontanil proprement dits [n2F].
Ces couches y manifestent un rapide changement de pendage, qui
leur fait dessiner un anticlinal (il n'est pas possible de savoir
si ce dernier représente l'anticlinal de l'Écoutoux
lui-même, ou un simple repli au flanc ouest de ce dernier).
Emprunter le sentier qui suit la crête
vers le sud.
Il reste dans les calcaires du Fontanil, à fort pendage
ouest, mais traverse progressivement leur succession vers le haut.
Le sommet de la crête (coté 1658) (point
22) est formé par les calcaires du Fontanil terminaux,
à silex [n2S]. On y a une très belle vue sur l'impressionnante
barrière de falaises qui soutient le glacis sommital du
Grand Som. Elles sont formées d'Urgonien inférieur
dont les couches, presque partout verticales appartiennent aussi
au flanc ouest de l'anticlinal de l'Écoutoux et ne sont
séparées de la crête des Aures que par l'Hauterivien
du col et des vallons qui y montent.
Rejoindre (100 m plus à l'ouest) le Col des Aures, où les prairies masquent mal les bancs de l'Hauterivien (ceux-ci affleurent mieux sur la rive est des vallons qui descendent du col vers le nord et vers le sud ; par contre ils disparaissent sous les éboulis sur leurs rives occidentales).
Contrairement à ce que divers auteurs ont cru il ne passe aucun accident tectonique dans le vallon des Aures.et l'Hauterivien y affleure à sa place stratigraphique normale entre calcaires du Fontanil et Urgonien.
Du col la vue s'ouvre sur les chaînons septentrionaux du massif (fig. 18) : grâce au décrochement de l'Alpette, qui le ramène vers l'ouest, le flanc oriental de l'anticlinal de la Chartreuse médiane y est visible dans l'enfilade du vallon des Aures.
Après une montée d'une dizaine de mètres dans le talus d'éboulis le sentier Racapé effectue une traversée vers le sud, au pied des falaises (point 23) sur les couches rousses et relativement litées du Barrémien inférieur. Ces couches sont localement subhorizontales, à la faveur d'une petite ondulation locale, alors que, plus haut, les bancs urgoniens sont au contraire dans l'ensemble verticaux.
Les bancs de la partie basse des falaises urgoniennes sont effectivement affectés de replis décamétriques, à la faveur desquels ils présentent temporairement un pendage horizontal (à la charnière) ou vers l'est (fig. 5). La géométrie de ces plis, déversés vers l'est - un flanc court penté vers l'est entre deux flancs longs pentés vers l'ouest - n'est d'ailleurs pas celle des plis d'entraînement qui auraient pu être créés par un chevauchement vers l'ouest. Au contraire elle s'explique bien si on les considére comme des plis parasites ("drag folds") développés au flanc ouest d'un anticlinal majeur.
Le Racapé lui-même est une succession de cheminées ouvertes et de petites vires (câbles). Le sentier y franchit les bancs de l'Urgonien inférieur par : ces bancs sont partout verticaux mais leur litage est fort peu distinct car ces couches sont très massives. La pente s'atténue progressivement avant que le sentier débouche, au point 10a, sur le replat où il rejoint le sentier du pas de la Suiffière au pied de la cheminée des couches à Orbitolines.














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© M.GIDON et association "A la découverte du patrimoine de Chartreuse" (tous droits de reproduction réservés) 1995. |