1/25.000° Série bleue : "3333 ouest - St-Pierre-d'Entremont
- Col du Granier" ou "Montmélian 1-2" et
"Montmélian 5-6".
1/50.000° géologique : feuille Montmélian (XXXIII-33).
Observation, à l'affleurement et dans le paysage, d'une grande faille de décrochement et des structures de divers ordres qui lui sont associées.
L'itinéraire aller et retour jusqu'au col et à la Croix de l'Alpe peut être aisément parcouru en une journée. Les itinéraires annexes peuvent soit être parcourus en complément dans la même journée (Roche de Fitta) soit faire l'objet d'une excursion indépendante plus difficilement combinable en une même journée (Grand Manti), sauf pour de bons marcheurs capables en outre d'effectuer les observations géologiques de façon assez rapide.
Le point de départ des itinéraires décrits
se situe à Saint-Pierre-d'Entremont.
Il y à le choix entre deux variantes de départ qui
débutent l'une et l'autre par un trajet routier d'environ
4 km avant une partie pédestre (elles convergent au point
4) :
- soit atteindre le fond du cirque de Saint-Même,
où l'on dispose d'un vaste parking au terminus de la D45E.
Cet accès est le seul qui permette de suivre l'évolution
structurale le long du trajet routier entre Saint-Pierre-d'Entremont
et le cirque de Saint-Même. Toutefois, malgré ces
deux avantages, qui s'ajoutent à l'intérêt
proprement touristique du fond du cirque, cet itinéraire
de départ présente une dénivelée supplémentaire
de presque 200 m et un risque de difficultés de repérage,
le chemin étant mal balisé.
- soit gagner le village des Varvat, terminus de la route
des Grattier, qui s'embranche à main gauche sur la D45E,
à 1 km du départ de Saint-Pierre-d'Entremont. Mais
ce village n'offre que peu de places de parking, ce qui oblige
souvent à laisser les voitures en bordure de la route avant
le village. L'autre inconvénient de cet itinéraire,
qui est celui du GR9a, est d'imposer une traversée globalement
horizontale, dépourvue d'intérêt géologique,
de plus d'une 1/2 heure (au retour comme à l'aller....).
Par contre il a l'avantage d'une dénivellation plus faible
et ne présente aucun risque de s'égarer. De plus
il offre, dans sa partie routière, des vues plus dégagées
sur le cadre régional.
- Les paragraphes ou phrases écrits en italiques
sont ceux relatifs au choix ou au repérage de l'itinéraire
;
- Les textes encadrés donnent des aperçus
globaux sur la géologie de la partie d'itinéraire
qui leur fait suite ;
- Les paragraphes écrits en retrait concernent,
selon le cas, des détails secondaires, des observations
accessoires ou des commentaires plus spécialisés
dont l'abord nécessite une culture géologique relativement
poussée : ils peuvent donc être sautés en
première lecture.
- Les astérisques * renvoient le lecteur, pour plus
d'explications sur des termes particuliers ou sur le contexte
géologique général, à l'opuscule spécial
consacré à la vue d'ensemble de la géologie
du massif de la Chartreuse. Ce dernier pourra aussi être
consulté pour obtenir des compléments d'informations
sur les formations géologiques rencontrées. Il faudra
cependant se reporter à la notice des cartes géologiques
à 1/50000° si l'on cherche une description détaillée
de ces formations.
- Les sigles placés entre crochets [] dans le texte
sont les notations désignant les niveaux stratigraphiques
sur les cartes géologiques de la France à 1/50.000°.
On trouvera, dans la liste des abréviations (via le bouton
ad hoc), les noms de ces niveaux et l'ordonnance de leur succession
ainsi que les notations abrégées qui leur correspondent
dans les diverses figures.
- Le symbole 'phi' minuscule, utilisé sur les figures
pour désigner les chevauchements mineurs (Ø
désignant ceux plus importants) n'est pas disponible pour
les textes. il est donc remplacé par 'f'
dans les légendes.
Au départ de Saint-Pierre-d'Entremont, sur 500 m, la
route ne montre aucun affleurement car le versant est tapissé
de matériel morainique.
Puis viennent plusieurs tournants, au terme desquels la route
s'engage dans la gorge du Guiers en s'orientant vers l'est (point
1). On traverse là des calcaires gris lités
du Berriasien inférieur [n1b]. Ils ont un très fort
pendage ouest et appartiennent au flanc ouest de l'anticlinal
de Perquelin (fig.2). Les affleurements
cessent ensuite, sur 500 m de part et d'autre de l'embranchement
de la route des Grattier.
Ce trajet n'offre à l'observation que quelques affleurements des calcaires gris lités du Berriasien inférieur [n1b]. Ils forment surtout l'ossature de l'échine boisée limitant du côté nord-ouest le vallonnement où sinue la route. Ces couches appartiennent toujours au flanc ouest de l'anticlinal de Perquelin, comme en témoigne leur pendage ouest, voisin de 30° en général.
Un arrêt peut être pratiqué à l'embranchement
de la route des Vincents et des Clarets (point A2a). La vue
en direction du nord, sur les pentes des Gandys et des Courriers
(fig.3) y est assez intéressante (quoiqu'un
peu gênée par des arbres de premier plan).
On y distingue en effet assez bien comment la Chartreuse orientale
(dans laquelle on se trouve) vient en contact par chevauchement
sur le chaînon de la Roche Veyrand, appartenant à
la Chartreuse médiane.
Au delà de ce point les affleurements se font rares,
mais le premier d'entre eux, situé à quelques 100
m. du carrefour (point A2b ) montre déjà
que le pendage est passé à 20° est, ce qui veut
dire que l'on a franchi la voûte de l'anticlinal de Perquelin.
Entre Les Grattier et Les Varvat la vue s'ouvre sur le cirque
de Saint-Même (fig.4) (qui reste cependant
en contre-jour durant une bonne partie de la journée...).
Presque tout le trajet jusqu'au point 4 se déroule
dans des éboulis anciens à gros blocs d'Urgonien*
(souvent de taille décamétrique). Toutefois, à
l'occasion d'un ravin très marqué, la nappe d'éboulis
anciens a été disséquée assez profondément
pour que soit mis a nu le bedrock*. Celui-ci a alimenté
en calcaires du Fontanil* l'éboulis plus récent,
qui colmate pendant une centaine de mètres le fond du ravin
(point A3).
Au delà, on rentre de nouveau dans la nappe d'éboulis
anciens en franchissant un rebord d'érosion souligné
par une petite falaise. Elle est formée de brèches
de pente très typiques (cimentées d'un film calciteux)
qui englobent d'énormes blocs urgoniens.
Après une traversée d'environ 200 m on atteint au
point 4a, où arrive le sentier le plus direct depuis
Saint-Même, les premiers affleurements véritables
du bedrock (calcaires du Fontanil de la masse principale, à
silex lités) (suite du trajet en C/ ).
C'est 250 m. après l'embranchement de la route des Grattier
(point B2a) que se rencontrent de nouveaux affleurements.
Ils sont formés de calcaires en gros bancs du Tithonique,
toujours à fort pendage ouest et appartenant donc au flanc
ouest de l'anticlinal de Perquelin*.
Un autre groupe d'affleurements, situé 200 m plus loin
(point B2b), montre les termes inférieurs, plus
lités, de cette formation. Le pendage y est beaucoup plus
modeste et surtout se révèle à la boussole
être dirigé vers le NNW : cette attitude correspond
au fait que l'on est ici sur la voûte de l'anticlinal, le
pendage observé correspondant pratiquement au plongement
axial du pli (vers le nord).
Enfin les derniers affleurements de la gorge du Guiers, situés
250 m plus loin (point B3), montrent des pendages de 40°
E qui témoignent du passage sur l'autre flanc (oriental)
de ce pli. Ils appartiennent aux couches les plus élevées
du Tithonique et sont suivis par une combe qui marque le passage
au Berriasien sur lequel est construit le village de Saint-Même-d'en
bas, situé à peine 200 m plus à l'est.
Au delà de ce village les lacets du trajet à
flanc de versant s'inscrivent dans le garnissage morainique* des
basses pentes du cirque et ne montrent aucun affleurement, jusqu'au
parking du terminus de la route.
Au parking situé en amont de Saint-Même, le
départ du chemin n'est indiqué par aucune pancarte
mais il est très visible : ce chemin, assez large pour
le passage d'un véhicule d'exploitation forestière,
se détache, vers la gauche, à quelques mètres
de la barrière interdisant la circulation en amont du parking.
Le chemin s'élève d'abord à pente modérée
puis, assez vite, augmente progressivement sa déclivité,
car il emprunte directement la ligne de plus grande pente. On
y voit le matériel de l'éboulis ancien, à
gros blocs (souvent métriques et le plus souvent constitués
d'Urgonien) noyés dans une matrice argileuse jaune ocracée.
Celle-ci représente sans doute pour partie de la terre
d'altération mais sa teinte laisse supposer qu'elle puisse
aussi provenir d'un soubassement proche de marnes berriasiennes
altérées.
Il faut être très attentif à quitter
ce chemin dès qu'il tourne à droite, à flanc
de pente, et redevient peu incliné : c'est là que
s'embranche, à main gauche, un sentier, peu visible au
départ (car masqué par le sous-bois), qui s'élève
ensuite par des lacets courts dans le versant. Bien que la
déclivité moyenne du versant soit ici plus forte
qu'en aval on ne note pas de changement marquant de la nature
du sol, si ce n'est que la matrice argileuse est plus importante
et héberge des éléments plus petits, surtout
constitués de calcaires du Fontanil donc d'origine très
proche : la couche d'éboulis doit être ici très
mince et, de fait, le bedrock, mis à nu par une érosion
quaternaire récente, affleure à peu de distance
plus au sud, dans les thalwegs des ruisseaux.
Le sentier exécute enfin une traversée à
flanc en direction du Nord en franchissant un large vallonnement
boisé dans lequel se retrouve de l'éboulis à
blocs d'Urgonien parfois énormes provenant des falaises
supérieures de la montagne. Il rejoint alors rapidement
le chemin provenant des Varvats (point 4a).
C'est à l'endroit où convergent les deux itinéraires (point 4a) que se montrent les premiers affleurements du soubassement rocheux. Ils sont constitués de calcaires du Fontanil inférieurs, caractérisés par la présence de lits de silex blonds, d'épaisseur pluricentimétrique. La disposition des bancs (azimut N20, pendage 40° vers l'est) montre clairement qu'ils appartiennent au flanc ouest du grand synclinal de la Chartreuse orientale.
Interrompues sur une centaine de mètres par la nappe
d'éboulis à blocs d'Urgonien, ces couches réapparaissent
lorsque le chemin commence à monter plus fort, pour atteindre
un petit replat (point 4b), où elles disparaissent
de nouveau. Dès la montée à flanc qui mène
au ravin de la source (captée) de Ruine Bâton
(point 5a), les affleurements reprennent : ils appartiennent
alors à la masse supérieure des calcaires du Fontanil
(reconnaissable à la présence de nombreux silex,
pour la plupart contournés "en poupées").
Le pendage n'est plus ici que de 10° vers l'E-NE.
Les tous derniers bancs des calcaires du Fontanil forment l'échine
de rive gauche du ravin. Ils font place, immédiatement
après, aux couches de l'Hauterivien, beaucoup plus marneuses
qui donnent un sol gras, glissant. Toutefois ces couches sont
partiellement masquées sous des éboulis superficiels
et, dans la série de lacets qui vient ensuite (point
5b), on ne les voit qu'en les cherchant dans les parties les
plus creuses du sentier (le pendage reste faible et dirigé
vers l'est).
On atteint une bifurcation de sentiers (point 6a)
: laisser le sentier qui s'engage à flanc sur la droite
(il va au Habert de Dame et il est décrit en annexe), pour
prendre celui de gauche.
Il s'élève en rive gauche d'une ravine sèche,
où les arbres sont clairsemés, au sommet de laquelle
affleure encore de l'Hauterivien, dominé par la base des
falaises urgoniennes de la Roche de Fitta. En fait ce ravin est
déterminé par le passage du décrochement
du col de l'Alpe, comme en attestera, plus haut, la différence
de constitution entre ses deux rives.
Très vite le sentier grimpe par une suite de lacets
courts dans les bois situés à droite de ce ravin,
en s'insinuant entre des petits escarpements d'Urgonien. En fait
il ne s'agit pas de véritables affleurements mais d'énormes
blocs appartenant au du grand éboulement qui forme
la marge nord du Chaos de Tracarta.
Au point 6b un dernier lacet fait s'engager dans une traversée
plus longue vers le nord-est, pour contourner la base d'un abrupt
plus continu. Il est constitué par de l'Urgonien presque
"en place", quoique débité en clochetons
par les crevasses béantes qui sont à l'origine de
son débitage en chaos (et dont l'une isole notamment une
grosse tour dominant le sentier). Le fait qu'il s'agisse là
d'Urgonien supérieur, qui affleure pourtant à la
même altitude que l'Urgonien inférieur du côté
opposé du ravin, atteste de ce que ce ravin est bien parcouru
par une faille dont la composante de rejet vertical consiste en
un fort abaissement de son compartiment sud (fig.5).
Après quelques lacets qui terminent cette partie (la plus redressée) du parcours, le sentier devient moins déclive et contourne le sillon boisé déterminé par la faille, en suivant son rebord sud. À cette occasion il franchit une succession de petits ressauts de quelques mètres entrecoupés d'éboulis.
Le dernier de ces ressauts montre que l'Urgonien est affecté d'un net clivage vertical, à espacement pluricentimétrique, orienté N135. Un tel clivage est assez général ailleurs dans le massif de la Chartreuse (bien qu'il ne soit que capricieusement bien développé). Il s'agit d'une fissuration par extension, qui est orientée en moyenne selon de N90° à N110°, c'est à dire de façon grossièrement perpendiculaire à la direction de raccourcissement (et donc à l'axe des plis) dans le massif. Ici on note donc un écart notable par rapport à cette direction moyenne, écart sur la signification duquel on reviendra plus loin (voir § D1).
On débouche alors dans la première clairière
du Pratcel (point coté 1451), en bordure sud de laquelle
s'embranche le senrier du Habert de Dame (point 7a). On
aura intérêt à emprunter ce sentier sur au
moins une dizaine de mètres afin d'observer le site avec
du recul.
- Le fond plat de cette prairie est dû à un colmatage
de déjections torrentielles assez fines, qui cache probablement
un aven, installé sur le tracé de la faille de décrochement
du col de l'Alpe.
- Les rochers qui la bordent du côté nord (gauche)
correspondent en effet au miroir du compartiment septentrional
de cette faille. Ils sont formés par l'Urgonien inférieur,
que l'on voit dominé par la vire des couches à Orbitolines
et la corniche de l'Urgonien supérieur, dans les abrupts
de la Roche de Fitta. On notera que ces couches présentent
un pendage faible mais nettement dirigé vers l'est.
- Les rochers de la rive sud de la prairie, sur lesquels sinue
le sentier du Habert de Dame sont formés par de
belles dalles structurales, ciselées en lapiaz par des
cannelures profondes de 10 cm à 1 m. Elles appartienennt
aux niveaux les plus élevés de la masse supérieure
urgonienne, pentés à 25° vers l'ouest, de sorte
qu'elles s'enfoncent sous les alluvions de la prairie.
Les cannelures du lapiaz ne sont pas dirigées au hasard, mais selon les deux directions N120° et N90° (valeurs moyennes ...), de sorte qu'elles s'entrecroisent à angle aigu. Bien sûr ces deux directions correspondent à celles selon lesquelles l'eau avait le plus tendance à s'écouler : on peut sans doute considérer ici que l'une (N90°) correspond à celle de la plus grande pente de la dalle, tandis que l'autre (N120°) serait celle de la fissuration principale de la roche, puisque c'est précisément l'orientation moyenne de cette dernière (qui est soumise, en fait, à des variations d'une amplitude de l'ordre de 30° d'un point à l'autre).
Ces observations montrent que le rejet de la faille comporte
deux composantes :
1° - un net rejet horizontal (de coulissement) attesté
par le fait que, dans le compartiment nord de la faille, on se
trouve plutôt dans le flanc ouest du synclinal de la Chartreuse
orientale (puisque les couches pendent vers l'est). Au contraire
dans le compartiment sud on est franchement dans le flanc est
de ce pli, puisque les couches pendent vers l'ouest. L'axe du
pli est donc décalé vers l'ouest au sud de la faille,
ce qui confère au décrochement un sens dextre.
2° - un important décalage vertical des repères
stratigraphiques, évaluable à près de 300
m. Les constuctions géométriques en coupe montrent
que ce rejet est dû au cumul du décalage vertical
des repères stratigraphiques, induit par le déplacement
horizontal, et d'un véritable abaissement du compartiment
sud (fig.5).
Reprendre le sentier, qui parcourt la clairière et
en gagne la pointe amont (point 7b). À cet endroit
la surface de cassure est dégagée sous forme d'une
muraille surplombante de quelques mètres de haut, qui domine,
du côté sud, le fond de la gorge qu'y emprunte le
sentier. La direction de la faille (environ N50°) et son pendage
(70° vers le sud-est) peuvent y être mesurés
directement.
En se retournant vers le sud-ouest on voit, dans l'enfilade de
la clairière, le col de Fontanieu et, en arrière-plan,
le Charmant Som, qui s'alignent dans la direction indiquée
par le miroir de faille : ce sont effectivement deux des points
de passage du prolongement sud-occidental du décrochement
du col de l'Alpe.
Un examen attentif des surfaces de bancs de l'Urgonien montre, à l'entrée même de la gorge, qu'elles sont affectées d'un clivage subvertical particulièrement marqué, ici espacé de 5 à 10 cm et orienté entre N120° et N150°. Or le même clivage s'observe aussi dans la petite muraille dominant la prairie du côté nord, mais il y est moins serré et orienté N90°
L'azimut de ce clivage extensif de l'Urgonien s'écarte donc de l'ordre de 30° dans le sens horaire par rapport à son orientation habituelle, en même temps qu'il devient plus dense aux approches du miroir de faille. Il faut vraisemblablement mettre ceci sur le compte d'un effet d'entraînement dû au jeu de la faille. En effet des observations analogues peuvent être faites en divers autres points le long de la faille et le pivotement observé s'accorde bien avec le cisaillement dextre lié à la cassure.
En amont de la première clairière du Pratcel,
l'itinéraire suit la ravine déterminée par
la faille, en s'en écartant rarement de plus de 10 m du
côté nord. Cette ravine est si étroite qu'elle
reste à l'ombre jusque tard dans la matinée. C'est
là un splendide exemple de morphologie structurale, puisqu'il
est évident que c'est la présence de la faille qui
a guidé le creusement du thalweg (mais ceci est loin d'être
un cas général et résulte ici de l'intensité
du broyage de la roche le long de ce miroir, cette dernière
découlant elle-même de l'ampleur du mouvement).
On débouche ensuite dans une 2° clairière (point
8) (d'où part, sur la gauche, le sentier du Pas de
l'Echelle). Dans les pentes qui la dominent du côté
nord on distingue clairement, sous la corniche sommitale d'Urgonien
supérieur, la vire à Orbitolines, dont l'altitude
relative s'est nettement abaissée par rapport au fond de
thalweg.
La topographie du fond de vallon est ici plus confuse : cela est lié au fait que deux failles satellites, à peine divergentes en azimut, viennent se brancher successivement du côté nord sur la faille principale (fig.6 et 7, bloc A).
La première de ces failles (F1) détermine un vallonnement secondaire qui s'écarte du fond de la gorge du côté nord, tandis que la faille principale (D) passe, quant à elle, légèrement à flanc de versant dans l'escarpement qui domine la gorge du côté sud. Entre les deux c'est le compartiment intermédiaire entre la faille nord (F1) et la faille principale (D) qui est entaillé par la gorge, de sorte que les bancs y déterminent un ressaut surplombant (que l'on devra contourner si l'on a, par mégarde, suivi le fond de la gorge).
Le sentier quitte ici le fond de la gorge et rejoint son flanc sud par un bref raidillon sur la droite, au pied d'un petit mur rocheux trahissant de nouveau au passage de la faille principale. Lorsque, quelques dizaines de mètres plus loin, ce mur s'estompe le sentier suit alors, un peu en corniche, une étroite bande rectiligne de roche broyée, large de 0,5 à 2 m selon les points, qui jalonne à son tour le tracé de la cassure.
Le matériel de cette brèche de friction (ou "kakirite"*) est d'abord constitué d'Urgonien mais bientôt on y trouve aussi des fragments de plus en plus nombreux d'un calcaire spatique roux attribuable à de la Lumachelle et même de calcaires argileux blancs du Sénonien. Cette lame de terrains broyés correspond en fait à l'écrasement d'un compartiment intermédiaire pris entre la faille principale et une seconde petite faille satellite (F2), qui se branche à son tour du côté nord (fig.6).
L'arrivée dans la combe d'alpage du Pratcel (point 9) est marquée par la réapparition d'un escarpement soulignant le traçé de la faille principale (D). Il s'agit ici d'un mur continu d'Urgonien, haut d'une dizaine de mètres, qui délimite les prairies, du côté droit, aussi loin que porte le regard vers l'est (fig.8).
du côté gauche du vallon on localise bien le passage de la première faille satellite (F1, fig.8) et l'on constate la présence d'un petit morceau de Lumachelle, supportant des ruines de chalets entre cette dernière et la seconde faille (F2). Les ravines qui entaillent les bosses de prairie, en fond de paysage, montrent que le soubassement en est formé de Sénonien car on en distingue la teinte blanche à distance. Le vallon du Pratcel s'avère donc être un véritable fossé d'effondrement (graben), puisque sa partie déprimée, encadrée de deux failles symétriques, est constituée de terrains plus récents que ses bordures (fig.7, blocs B et C).
Le talus qui garnit l'espace entre le mur de faille de sa rive
méridionale (D) et le fond du thalweg ne montre d'abord
que des éboulis. Mais en empruntant le sentier qui suit
le pied de ce mur on y voit affleurer, presque de façon
continue, des calcaires argileux blancs du Sénonien. Ceux-ci
sont très feuilletés, voire même d'aspect
broyé, au voisinage de la surface de faille, et ce sur
une frange d'une dizaine de mètres.
Cette texture est particulièrement bien visible aux abords
des ruines du habert de Valfroide (point 10), qui sont
situées précisément à cheval sur le
contact du Sénonien et de l'Urgonien. C'est une texture
dite du "type S/C", typique du broyage par écrasement
développé lors d'une déformation en cisaillement
(fig.9).
On débouche là dans un nouveau vallonnement, parallèle
au Pratcel. On y constate que l'Urgonien du mur de faille forme
désormais une bande, bordée du côté
sud-est par de la Lumachelle, que recouvre même, plus au
sud-est, du Sénonien (qui affleure de façon très
discontinue, dans les prairies, sous l'éboulis qui descend
des falaises de Roche Rousse). Cela est dû à ce que
les couches de la lèvre sud-est du décrochement
de l'Alpe dessinent une inflexion synclinale, le "synclinal
de Valfroide".
Le Sénonien du synclinal de Valfroide s'enfonce d'autre
part, en direction du sud-est, sous l'Urgonien inférieur
qui forme les falaises des Rochers de La Rousse (et ferment de
ce coté le vallon du Pratcel, depuis le point 1768 jusqu'au
nord-est du col de l'Alpe). Ceci est du au passage d'une faille
inverse, chevauchante (Ø), qui rompt le flanc est du synclinal
chartreux oriental (fig.2 et fig.7).
Cet accident est un témoin de la présence de structures
chevauchantes à la marge est du massif, structures que
le creusement de la vallée du Grésivaudan et son
colmatage alluvial ne permettraient pas de déceler autrement.
La signification du "synclinal de Valfroide" est peu claire, car on ne peut que difficilement le considérer comme un crochon dû au jeu de la faille : il résulte plus probablement d'un rebroussement des couches en crochon sous le chevauchement de la Rousse.
Si l'on veut être complet il faut ajouter que le synclinal de Valfroide est en outre rompu du côté sud par une nouvelle faille (F3), qui met en contact la Lumachelle du synclinal avec l'Urgonien inférieur du pied des falaises de la Rousse, qu'elle remonte à l'affleurement (fig.6). Cette faille, qui disparaît ici, vers le nord-est, sous le chevauchement de la Rousse voit d'autre part son rejet s'atténuer progressivement vers le sud-ouest (fig.7, bloc B).
En progressant de ce point en direction du col, on constate enfin que les affleurements d'Urgonien et de Lumachelle se rétrécissent pour ne plus représenter qu'une lame de plus en plus étroite (fig.6 et fig.7) : cela résulte du biseautage du bord nord-ouest du repli synclinal de Valfroide par la faille principale (D), qui le sectionne en biais. Au col même cette dernière finit alors par ne plus être repérable car elle met alors en contact le Sénonien de la combe du Pratcel avec celui du pied des rochers de la Rousse (fig.7, blocs C et D).
| L'emplacement du col de l'Alpe est déterminé par le passage de la bande de terrains tendres que constitue le remplissage de Sénonien du graben du Pratcel. Ce graben est délimité par deux bordures faillées, assez complexes comme on l'a vu, qui convergent vers le bas à la 2° clairière. Or la gouttière formée par la rencontre de ces failles est inclinée vers le sud-ouest, de sorte que ce fond de graben doit affleurer à une altitude plus élevée dans le versant nord-est du col que du côté sud-ouest. On peut aisément aller le vérifier, au prix d'une courte marche, en empruntant le chemin qui descend vers le versant du Grésivaudan (fig.6). |
Dans les prairies qui descendent du col vers le nord-est on rencontre,
50 m après le col (point 11a), une entrée
d'aven. Elle jalonne de nouveau le passage de la faille principale
(D) : son bord nord-ouest est en Lumachelle alors que du côté
sud-est on y voit du Sénonien. Plus bas la prairie se rétrécit
et l'on voit, à main gauche, les dalles urgoniennes, ciselées
en lapiaz penté vers le sud-sud-ouest, sortir sous la Lumachelle.
A main droite, au contraire, une mince bande de Sénonien
marneux très broyé (texture S/C) longe le
pied d'un ressaut métrique d'Urgonien, terminaison de l'arête
rocheuse semée de bois qui domine la combe d'alpage du
côté sud-est. Le sentier traverse cette bande de
mylonite, large de quelques mètres seulement, pour contourner
par la droite une butte semée de conifères (point
11b). Ce faisant il pénètre dans le compartiment
méridional du décrochement de l'Alpe.
En quittant le chemin sur la gauche de cette butte on peut suivre le tracé de la cassure principale : il s'engage le long d'un corridor herbeux, d'orientation nord-est, à peine ascendant et parallèle à la surface des dalles du sommet de l'Urgonien qui affleurent à main gauche. De fait on y trouve quelques minuscules affleurements de Sénonien, avant d'aboutir, 50 m plus loin, au sommet d'une brèche dont la rive nord-est visiblement constituée par un important miroir de faille, penté à 70° vers le sud-est.
Cette brèche donne elle-même accès à un couloir encaissé et profond, toujours orienté N50°E (c'est à dire en direction de Montmélian que l'on distingue, dans la plaine, au pied du massif des Bauges) qui marque la traversée des falaises urgoniennes du versant Grésivaudan par le grand décrochement.
La bosse garnie de conifères que le chemin contourne par la droite est constituée par l'Urgonien inférieur. De fait, dès que le sentier reprend un azimut nord-est, il emprunte une vire de calcaires jaunes alternés de marnes qui n'est autre que celle des couches à orbitolines. Celles-ci ont un pendage nord-est et plongent dans le versant, dominées par la corniche de la base de l'Urgonien supérieur, tandis que le chemin y inscrit alors la série de ses lacets en rive droite du grand ravin où passe le décrochement du col de l'Alpe. Depuis ces lacets on voit, sur l'autre rive, les différentes failles observées aux abords du col converger et se réunir à la faille principale vers le bas.
On peut remarquer que le compartiment sud est ici nettement relevé par rapport au compartiment nord, contrairement à ce qui se passe à l'autre extrémité du Pratcel (au niveau de la première clairière). Cela s'expliquerait par le seul jeu décrochant de la faille du Col de l'Alpe si sa composante de rejet vertical n'était pas suffisamment importante pour en neutraliser l'effet à cet égard (fig.5). C'est en fait la présence du chevauchement des rochers de la Rousse qui est à l'origine de cette inversion apparente du rejet, par la remontée importante des couches du compartiment sud qu'il induit effectivement (fig.7, bloc D).
Pour le retour il est intéressant de suivre les hauteurs qui bordent, du côté nord, le fossé du Pratcel. En effet, outre que cela offre quelques vues complémentaires cela permet de récapituler et, surtout, de replacer dans l'espace les observations du trajet de montée.
À mi-hauteur de la montée depuis le col on quitte le Sénonien pour entre dans des affleurements de Lumachelle, en bancs très faiblement inclinés vers l'ouest-nord-ouest : ceci est dû au passage d'une cassure (F4), orientée N60°E qui remonte le compartiment de la Croix par rapport à celui du col. Elle détermine également, plus au nord-est, une petite falaise d'Urgonien qui domine la marge nord des prairies où affleure la Lumachelle.
Cette faille constitue l'accident bordier du graben du côté nord-ouest (fig.6 et fig.7, blocs C et D). Elle est toutefois distincte de la faille F1, qui joue le même rôle plus au sud-ouest. Dans cette direction F4 va se brancher à angle aigu sur F1 et assure le relais de cette dernière, dont le rejet s'atténue du sud-ouest au nord-est (fig.6 et fig.7, blocs B et C).
Pour descendre et rejoindre le Pas de l'Echelle on utilisera la très large échine qui descend vers les chalets de l'Alpe en permettant toutes les divagations.
- En se portant d'abord sur son versant nord on aura une excellente
vue sur le grand synclinal oriental de la Chartreuse et sur le
Granier (fig.10).
- En se se déplaçant au contraire le long du revers
sud de cette échine on atteint le point de branchement
de la faille F4 sur F1. Le miroir de faille de cette dernière
cassure est merveilleusement dégagé mais commence
à être sérieusement corrodé en lapiaz.
C'est aussi des abords de ce point que l'on a le meilleur point
de vue pour récapituler à distance les observations
faites, à la montée, sur le graben du Pratcel et
sur son bord méridional (fig.11).
- Enfin, plus on descend l'échine vers le sud-ouest, plus
la vue permet de voir clairement que le prolongement du synclinal
est nettement décalé vers l'ouest dans le compartiment
sud : on perçoit donc directement le décalage de
l'axe de ce pli par la faille du col de l'Alpe et l'on en apprécie
l'ampleur, supérieure à 1 km. À cet égard
les meilleures vues sont celle du Pas de l'Echelle lui-même,
où l'on se trouve dans l'axe même du synclinal, et
surtout celle de la Roche de Fitta.
Pour gagner le Pas de l'Echelle il est préférable de rejoindre le Chalet de l'Alpe, en traversant légèrement vers l'ouest : on y retrouvera le GR9A, qui ramènera vers le sud. Cet itinéraire évite de perdre du temps à chercher son chemin sur les lapiaz de la dalle sommitale de l'Urgonien et à chercher ensuite l'emplacement du passage, dans la falaise qui tombe sur le Pratcel.
Le Chalet de l'Alpe se situe pratiquement dans l'axe du synclinal et l'itinéraire entre le chalet et le Pas de l'Echelle suit sensiblement cet axe. Le pendage des couches n'est en effet dirigé ici ni vers l'ouest ni vers l'est, mais seulement de 10° vers le nord, ce qui représente tout simplement la valeur du plongement axial du synclinal dans cette direction.
Ce passage ne comporte aucun passage délicat (contrairement à ce laisserait croire son nom). Il est à noter que le sentier franchit les falaises sans que celles-ci se montrent affectées par le moindre accident tectonique (ce qui contredit l'opinion, répandue, selon laquelle toute brèche dans une falaise correspond à une cassure !). Il franchit d'abord la masse urgonienne supérieure par de courts lacets qui se terminent par un petit goulet rocheux. Puis on traverse, sur une centaine de mètres, en diagonale vers la droite (en direction du sud-ouest), le talus herbeux des couches à Orbitolines, ici presque totalement masquées par les éboulis. Enfin on rentre dans la masse inférieure urgonienne lorsque la descente devient plus raide et en sous bois. On y reste jusqu'au fond de la gorge, où l'on rejoint le point 7b.
Ce sommet est un belvédère qui s'atteint aisément, en moins d'une demi-heure de marche, soit depuis le Pas de l'Echelle soit depuis le Chalet de l'Alpe.
- Depuis le Pas de l'Echelle un sentier sinue sur le
lapiaz en suivant le bord de la falaise. Il n'est l'occasion d'aucune
observation intéressante.
- Depuis le Chalet de l'Alpe on contournera par le nord-ouest
le lapiaz, semé de bosquets, pour suivre une large prairie
qui s'élève en diagonale vers le sud-ouest en suivant
la douce déclivité des couches de Lumachelle (qui
y affleurent largement en dalles structurales). Elle donne une
bonne vue, du côté nord, sur le fond du synclinal.
En outre on y voit de plus en plus nettement, au fur et à
mesure que l'on s'en rapproche, que l'Urgonien du flanc ouest
domine, par un petit ressaut assez continu, les prairies où
affleure la Lumachelle. Cela correspond à une petite faille
N-S, à compartiment est abaissé de quelques dizaines
de mètres.
Cet accident, bien que modeste, n'est pas négligeable car on peut le suivre, décalé par les décrochements nord-est - sud-ouest, du col de l'Alpette au nord au col de Bellefond au sud et, au-delà, jusque dans le flanc est du plateau de la dent de Crolles (il s'agit d'un témoin d'une phase de fracturation distensive assez ancienne, en tous cas précoce par rapport au plissement du massif lui-même).
On peut aisément aller toucher le mur de faille et se
convaincre que les couches de Lumachelle butent bien contre l'Urgonien,
notamment au point de terminaison amont des affleurements de Lumachelle
(point 15). Au delà il n'y a plus guère de
sentier mais on atteint le sommet sans difficulté, en traversant
plusieurs petites dolines ouvertes dans l'Urgonien.
Du sommet la vue est panoramique, notamment en direction du sud,
sur le cirque de Saint-Même (fig.12),
ainsi que sur la dépression de Saint-Pierre-d'Entremont
et les chaînons qui la bordent du côté ouest.
Cet itinéraire constitue une variante qui peut également
être pratiquée au retour (en sens inverse de la description).
Il implique à peu près 1 h à 1h 30 de trajet
supplémentaire. Il peut également être pratiqué
pour rejoindre soit le sommet du Grand Manti soit le col de Bellefond
(dans le cadre de la traversée N-S du "haut plateau
chartreux").
Son intérèt géologique réside surtout
dans le fait qu'il fait traverser le "Chaos de Tracarta".
Au point 6a prendre le chemin de droite :
Il traverse d'abord, pendant 200 mètres environ, à
flanc dans de raides pentes boisées pour rejoindre le rebord
sommital des falaises du cirque de Saint-Même, ici constituées
par la seule masse inférieure urgonienne. Puis il serpente
longuement dans le chaos de Tracarta, formé de blocs
gigantesques accumulés par un énorme éboulement.
Il résulte de la fragmentation de la dalle de l'Urgonien
supérieur a l'occasion de son glissement vers l'ouest.
Celui-ci s'est produit selon la direction de son pendage, à
la surface des couches à orbitolines, sous la traction
de la pesanteur. Le bord supérieur de ce chaos est constitué
par la falaise de Roche Blanche (que l'on entrevoit à
travers les arbres sur la gauche). La forme en croissant de lune,
ouvert vers l'aval, de cet abrupt est effectivement caractéristique
des crevasses d'arrachement des tranches rocheuse ainsi détachées
(cela tient à de simples raisons mécaniques).
Le dispositif qui est cause de cet arrachement est bien visible
en fig.12 : les couches du flanc est du synclinal
chartreux oriental n'étaient pas retenues du côté
aval de leur pendage car ce flanc de pli est ici tranché
par la falaise du Pas de la Mort, à l'ouest de laquelle
se trouvait la charnière du pli avant érosion. C'est
sans doute le ramolissement des niveaux argileux des couches à
Orbitolines par des infiltrations d'eau le long des fissures de
la masse urgonienne supérieure qui a accentué le
glissement de cette dalle en facilitant son décollement.
Au terme la traversée du choas (point 16) le
sentier franchit, par un grand lacet, l'extrémité
sud de la crevasse d'arrachement de la Roche Blanche. À
cette occasion on voit bien que le pendage de l'Urgonien supérieur
est dirigé vers l'aval du versant.
La partie suivante du trajet consiste en une traversée
vers le sud à la surface de cet Urgonien supérieur,
ciselé en lapiaz. Elle est agrémentée de
quelques crevasses béantes qui donnent sans doute une bonne
image de ce que devait être la crevasse de la Roche Blanche
avant l'éboulement (elles annoncent sans doute le détachement
ultérieur de nouvelles tranches rocheuses....!).
Enfin le sentier s'élève dans une petite combe jusqu'à l'orée supérieure des bois, où affleure la Lumachelle, pour rejoindre rapidement le Habert de la Dame. Ce chalet est installé à proximité de la limite supérieure de la Lumachelle. Il est dominé, du côté sud, par une échine de prairies (l'Alpette de la Dame) (point 17) où affleure largement le Sénonien.
Il est recommandé d'atteindre au moins cette échine,
car on y découvre une belle vue
- vers le sud, sur la gouttière du grand synclinal oriental
de la Chartreuse, qui s'élève en direction du col
de Bellefond (c'est un "val" typique en terminologie
géomorphologique)
- du côté nord sur le fossé tectonique du
vallon qui monte au col de l'Alpe.(il est, à vrai dire,
un peu lointain et caché par les pentes boisées
de La Roche Blanche)
On peut poursuivre l'ascension le long de cette échine, qui s'élève avec un grande régularité, jusqu'à la crête du Grand Manti . Cela n'offre aucune occasion d'observations géologiques mais permet d'avoir une vue dégagée sur le Grésivaudan et les crêtes de Belledonne.
Du Habert de la Dame un sentier (GR9) rejoint le point 7a par une traversée descendante au cours de laquelle on reste en continu sur le lapiaz du sommet de l'Urgonien supérieur












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© M.GIDON et association "A la découverte du patrimoine de Chartreuse" (tous droits de reproduction réservés) 1991. |