Le point de départ des itinéraires pédestres ici décrits (fig. 1) se situe à La Ruchère, plus précisément au parking du terminus de la route qui desservait le téléski de la Charmette (maintenant abandonné). Celle-ci s'embranche sur la gauche de la D102a, au Cleyat, dernier hameau de La Ruchère, lorsque l'on débouche sur le plateau de prairies qui domine le village et se termine, au creux d'un vallon à fond plat (ruisseau du Bruyant), près d'une forte bâtisse moderne (enseigne "Le Habert").
Remarque sur l'itinéraire : On peut aller un peu au delà en prenant, 200 mètres avant d'atteindre cet endroit, une route, d'abord goudronnée puis seulement empierrée, qui s'embranche sur la droite ; elle parcourt 700 m vers le sud, sur le flanc ouest du vallon, jusqu'à un autre parking (mais cet emplacement n'est avantageux que si l'on ne choisit pas de revenir au Habert par l'itinéraire du vallon de Léchaud).
L'itinéraire suit un bon sentier, dépourvu de tout passage délicat, même pour l'escarpement tout à fait sommital. La dénivellation est modeste (à peine 800 m) de sorte que l'excursion ne nécessite qu'une petite journée. On peut choisir entre deux itinéraires de retour, celui par le col de Léchaud, très tranquille, ou celui, plus long et plus accidenté, par le col de Bovinant (de ce dernier endroit l'on peut même gagner aisément, dans la même journée, le sommet du Grand Som, par l'un des itinéraires de son arête nord : voir le fascicule 1c).
Le secteur où se déroule cette excursion correspond exclusivement à la partie de l'ensemble structural dit de la « Chartreuse médiane »* (dont la structure se résume d'ailleurs ici en un pli unique, l'anticlinal du Couvent).
Elle présente l'intérêt particulier de donner de bons aperçus sur la structure de la partie septentrionale de cet ensemble, tant par les observations directes que par les vues que l'on y découvre, en particulier depuis le sommet. Du fait de la position relativement occidentale de ce dernier son panorama est en outre particulièrement bien dégagé en direction du Jura et du Bas Dauphiné ; la vue sur le chaînon du Grand Som y est également une des plus favorables à l'analyse de la structure de ce sommet.
I.G.N. : Série TOP25, n° 3333-OT « Massif de la Chartreuse nord », à 1/25.000°.
B.R.G.M. : Carte géologique détaillée de la France, feuille « Montmélian », n° XXXIII-33, à 1/50.000°.
- Les paragraphes ou phrases écrits en italiques
sont ceux relatifs au choix ou au repérage de l'itinéraire
;
- Les textes encadrés donnent des aperçus
globaux sur la géologie de la partie d'itinéraire
qui leur fait suite ;
- Les paragraphes écrits en retrait concernent,
selon le cas, des détails secondaires, des observations
accessoires ou des commentaires plus spécialisés
dont l'abord nécessite une culture géologique relativement
poussée : ils peuvent donc être sautés en
première lecture.
- Les astérisques * renvoient le lecteur, pour plus
d'explications sur des termes particuliers ou sur le contexte
géologique général, à l'opuscule spécial
consacré à la vue d'ensemble de la géologie
du massif de la Chartreuse. Ce dernier pourra aussi être
consulté pour obtenir des compléments d'informations
sur les formations géologiques rencontrées. Il faudra
cependant se reporter à la notice des cartes géologiques
à 1/50000° si l'on cherche une description détaillée
de ces formations.
- Les sigles placés entre crochets [] dans le texte
sont les notations désignant les niveaux stratigraphiques
sur les cartes géologiques de la France à 1/50.000°.
On trouvera, dans la liste des abréviations (via le bouton
ad hoc), les noms de ces niveaux et l'ordonnance de leur succession
ainsi que les notations abrégées qui leur correspondent
dans les diverses figures.
- Le symbole 'phi' minuscule, utilisé sur les figures
pour désigner les chevauchements mineurs (Ø désignant
ceux plus importants) n'est pas disponible pour les textes. il
est donc remplacé par 'f' dans les légendes
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Depuis son embranchement sur la D520c jusqu'à son premier lacet, la D102a traverse, dans le sens « stratigraphiquement ascendant » la succession des strates de l'Urgonien : d'abord la partie terminale de l'Urgonien inférieur, où s'intercale (dans le premier rentrant, 150 m après l'embranchement) un niveau à bancs roussâtres séparés par des lits marno-calcaires [n4O] (point 1a), puis le véritable niveau des couches à Orbitolines, qui affleure assez largement, au bout de 600 m, à l'occasion d'un nouveau tournant rentrant, particulièrement accentué (point 1b).
Après avoir contourné une échine, le tracé de la route s'infléchit en direction du sud et coupe alors, très en biseau, des strates de plus en plus jeunes de l'Urgonien supérieur. Peu avant le premier lacet l'Urgonien disparaît sur une centaine de mètres, masqué par des alluvions glaciaires, mais il affleure de nouveau au lacet même (point 2). À cet endroit on constatera, en plongeant le regard par dessus le parapet (du côté du sud-est), que la dalle urgonienne surplombe le ravin du Riou Brigoud par une falaise assez élevée. Or les pentes boisées de l'autre rive de ce dernier, qui sont pourtant nettement en contrebas, sont installées sur du Sénonien et, plus à l'est, sur de la molasse miocène. Cet important décalage vertical est dû à ce que l'abrupt dégagé par le Riou Brigoud correspond à un miroir de faille, celle-ci étant plus précisément la branche septentrionale du décrochement de l'Alpette (fig. 1).
Compte tenu de ce que le déplacement sur cette faille est dextre et de ce que le pendage des couches est dirigé ici vers l'est il est normal que le passage de cette cassure se manifeste par un rejet vertical d'affaissement relatif de son compartiment méridional (fig. 0 ).
Passé le premier lacet, la route traverse la succession des couches urgoniennes en sens inverse (donc stratigraphiquement descendant) jusqu'au second lacet (ouvert dans l'Urgonien inférieur), puis de nouveau dans le sens ascendant jusqu'au troisième lacet, qui précède l'arrivée aux Reverdys (les couches à Orbitolines affleurent à la traversée du hameau de l'Église). Après les Reverdys (4° lacet) les entailles du bord de route ne montrent que des alluvions meubles grossières et à gros blocs, qui présentent, comme celles du premier lacet, les caractères d'un dépôt morainique (voir ci-après les commentaires concernant leur origine).
Au hameau du Cleyat (point 3) la route débouche sur le replat de prairies qui domine les autres villages. On y bénéficie d'un splendide panorama sur les gorges du Guiers Vif et sur les montagnes de sa rive droite (fig. 3). Dans les pentes de prairies qui le dominent, ainsi que dans la butte 1122 au sud du Cleyat (entaille derrière les maisons), affleurent des marno-calcaires du Sénonien. La présence de ces terrains (au lieu d'Urgonien) s'explique par le fait que nous sommes passés ici dans le compartiment sud, abaissé, du décrochement de l'Alpette (le tracé de cette cassure, masqué par le Quaternaire, a été traversé 200 à 300 m au sud des Reverdys). La vue que l'on a, de ce secteur, sur les chaînons du Petit Som et de l'Aliénard permet, en se référant au schéma de la fig. 4, de saisir assez bien les rapports entre les divers éléments structuraux qui les constituent.
Le replat lui-même représente le sommet d'un colmatage alluvial dont on a pu observer la constitution au cours de la montée (notamment au point 1). L'accumulation, en un lieu aussi élevé, d'une telle masse d'alluvions ne peut s'expliquer que par l'intervention d'un barrage temporaire, empêchant les écoulements du côté aval du vallon de La Ruchère. Le caractère morainique des dépôts suggère que cette obturation du vallon a dû être occasionnée par une langue glaciaire occupant la vallée du Guiers Vif jusqu'à l'altitude de 1100 m (puisque telle est l'altitude de la surface de remblaiement alluvial). En fait il s'agissait certainement d'une langue diffluente du glacier du Rhône, qui devait tenter de s'engager d'ouest en est dans la gorge du Frou, ceci à l'époque du maximum d'extension des glaciers de la dernière des grandes glaciations (Würmien : environ 50.000 ans), car cette altitude est précisément celle atteinte par les langues du glacier du Rhône à cette époque et dans ce secteur.
Les dépôts quaternaires de ce type sont dits "d'obturation latérale" ; ils sont formés d'alluvions fluvio-glaciaires, c'est à dire d'un mélange de matériaux torrentiels (provenant ici des pentes du Petit Som) et de matériaux abandonnés par la fonte de la marge du glacier. Le tout a été remanié par le mélange des eaux de fonte et de celles des torrents, qui ne pouvaient s'écouler qu'en longeant à contresens le bord du glacier jusqu'aux actuelles falaises du Rocher du Frou : de fait on trouve là, dans les sous-bois, un lambeau de crête morainique orientée nord-ouest - sud-est, qui s'appuie sur l'Urgonien de la Pointe du Frou et jalonne la limite atteinte par la glace qui tentait de s'engager dans la vallée du Guiers Vif.
On voit donc qu'au Würmien le massif de la Chartreuse était loin d'être couvert de glaces comme un inlandsis : au contraire il émergeait, plutôt à la façon des "nunataks", au dessus des langues glaciaires d'origine lointaine qui le ceinturaient et n'y pénétraient que fort difficilement.
Laisser sur la droite la route principale, qui tourne vers le nord pour monter à Riondettes, et prendre celle de la Charmette, qui continue horizontalement vers le sud en suivant le replat morainique. Passée la grange Molliat (enseigne « Au Rupicapra cartusiana »), elle se rapproche de la lisière des bois, côté ouest, et dépasse une échine avant de traverser un petit vallonnement où elle présente un fort élargissement (pouvant faire office de parking), juste avant une bifurcation (point 4a). Ce vallonnement est déterminé par le passage du décrochement du Pas Dinay. Rien par ailleurs ne permet de le détecter ici, si ce n'est le changement de nature des roches qui affleurent de part et d'autre, dans les pentes dominant la route : le Sénonien du flanc est de la Chartreuse occidentale y fait place en effet, vers le sud, aux marnes et calcaires berriasiens du flanc ouest de l'anticlinal de la Chartreuse médiane (observables plus loin).
Ces dernières couches sont en fait celles qui devraient reposer, par chevauchement, sur le Sénonien au nord de la faille si elles n'y avaient pas été enlevés par l'érosion. Le fait que ces terrains n'affleurent pas du côté nord du décrochement témoigne d'un soulèvement de ce compartiment. Ceci ne doit pas surprendre : en effet la surface de chevauchement de la Chartreuse médiane a, comme les couches de son soubassement, un pendage vers l'est ; de ce fait le décrochement y induit un rejet vertical de soulèvement relatif du compartiment nord (voir la fig. 11 du fascicule d'aperçu d'ensemble). De plus le mouvement du décrochement n'est probablement pas un pur coulissement horizontal mais comporte sans doute une composante d'abaissement du compartiment sud, ainsi que cela s'observe dans la plupart des autres décrochement de Chartreuse.
Aux alentours immédiats du parking de la Charmette (point
4b), autour du bâtiment moderne à l'enseigne
"Le Habert", on observe plusieurs affleurements
de calcaires argileux et de marnes du Berriasien inférieur
: en rive gauche du ruisseau au niveau du chalet les bancs ont
un pendage ouest ; au contraire plus haut dans son lit et en rive
droite, le long de la piste de ski (et notamment dans le tournant
entaillé par le tracé du remonte-pente), leur pendage
est dirigé vers l'est. Cette disposition traduit le passage
à cet endroit de la charnière de l'anticlinal
du couvent (qui est en fait entaillée presque selon
son axe par le ruisseau).
De fait les pentes plus élevées, tant à l'ouest
(crête boisée de l'Aliénard) qu'à l'est
(falaises des Balmettes) sont formées par les calcaires
du Fontanil qui représentent les flancs respectivement
occidental et oriental de ce pli (fig. 4A).
La cartographie de ce secteur montre que le décrochement du Pas Dinay décale l'axe de ce pli de près d'un kilomètre vers l'ouest. Pourtant, plus à l'ouest, le rejet de cette faille devient très modeste lorsqu'elle pénètre en Chartreuse occidentale : entre le quartier du Cernay et des Riondettes et le col de la Sariette il ne s'y exprime plus que par un rejet vertical d'abaissement du compartiment sud qui n'excède pas quelques dizaines de mètres.
Le fait que cette réduction brutale du rejet se produise à la traversée du chevauchement de la Chartreuse médiane(fig. 4B) indique que le décrochement n'a pas fonctionné tardivement par rapport au chevauchement, mais au contraire de façon synchrone, en association avec l'avancée de ce dernier (dont la flèche s'atténuait, à la faveur du coulissement sur cette déchirure, en passant du compartiment sud au compartiment nord).
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Emprunter le chemin forestier, carrossable sur 700 m, qui s'embranche du côté ouest, 200 m au nord du habert et s'élève à flanc en direction du sud (on peut aussi prendre le chemin du fond du vallon qui le rejoint un peu plus au sud au prix d'une légère redescente au fond du ravin par un sentier). On atteint ainsi un. parking (point 4c) aménagé à la bifurcation du sentier de la Charmette et du chemin du col de la Ruchère
Jusque 500 m au delà du parking le chemin ne montre que des éboulis. Peu après un embranchement de chemin d'exploitation abandonné, qui se dirige vers le sud-est, la pente du versant se fait plus forte (point 5) et l'entaille du chemin montre des calcaires du Fontanil, d'un niveau relativement inférieur (reconnaissables à leur litage encore peu épais et à leur faciès encore relativement marneux).
Ces affleurements ne représentent probablement qu'un panneau rocheux glissé ou un énorme bloc éboulé (en effet leur pendage, d'environ 45° vers l'est, semble mieux s'accorder avec cette interprétation qu'avec celle, plus hasardée, d'une disposition de couches en flanc inverse).
Au delà de l'oratoire de Teste de Lavines la pente s'atténue de nouveau en même temps que l'on entre dans une nouvelle zone tapissée d'éboulis : celle-ci se poursuit jusqu'à englober la clairière de Pré Gervet. De cet endroit on a vue sur les falaises et ravines du versant ouest du Petit Som : cela permet de se rendre compte du caractère très transitionnel, par alternances de barres calcaires et de talus marneux, que revêt le passage des marno-calcaires du Berriasien (qui en forment les pentes inférieures) aux calcaires du Fontanil (qui en forment les falaises supérieures). L'enfilade du vallon offre aussi des échappées vers le nord, sur les chaînons de rive droite du Guiers Vif (Cochette et Outheran), qui appartiennent également à l'anticlinal médian (voir fig. 8).
À la lisière sud de la clairière de Pré Gervet le chemin se raccorde à celui provenant du Tracol et s'oriente alors vers le sud-est.
(en 500 m de marche peu déclive en sens opposé on peut atteindre le Tracol, qui n'est qu'un point bas sur la crête de l'Aliénard : il ne montre que les bancs de calcaires du Fontanil, verticaux, qui constituent cette crête).
Dans le sous-bois (point 6a) affleurent alors les calcaires
gris à lits marneux du Berriasien [n1b] dont on notera
la variation progressive de pendage :
- au premier affleurement, 30 m au delà du carrefour,les
premiers bancs, pratiquement orthogonaux au chemin, sont presque
verticaux ;
- au second affleurement, 50 m plus loin, ils ne pendent plus
qu'à 60° vers l'ouest ;
- enfin au débouché du chemin dans les prairies
du col (point 6b) ils forment des dalles structurales à
faible pendage vers l'ouest (30° avec azimut N40°E).
Cette variation des pendages exprime le passage progressif depuis
le flanc ouest du pli anticlinal jusqu'à sa voûte
(qui se situe en fait une centaine de mètres plus à
l'est).
Les dalles que longe le chemin avant d'atteindre les prairies du col, au point 6b, donnent un peu l'impression d'un pavage de moellons juxtaposés. Cela est dû à la présence d'un réseau de diaclases*, c'est à dire de fentes dues à l'éclatement de la roche sous l'effet des compressions qu'elle a subi. Ces diaclases, à peu près perpendiculaires aux strates, dessinent un réseau qu'il est intéressant d'analyser (fig. 5).
Si, depuis le col, la vue est bouchée vers le nord par un rideau d'arbres elle est, par contre, largement ouverte en direction du sud (fig. 6).
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Pour franchir l'abrupt du crêt* déterminé par les calcaires du Fontanil on profite de la ligne de faiblesse occasionnée par une faille de la famille des décrochements sénestres. |
À l'est du col, le sentier traverse d'abord une zone peu déclive, dépourvue d'affleurements, puis s'élève en larges lacets dans les prairies. Il met alors à nu, de façon médiocre mais presque continue, des bancs de calcaires argileux du Berriasien [n1b], qui montrent, dès les premiers affleurements, un pendage est (fig. 6). Ceci montre que l'on est maintenant à l'est de la charnière de l'anticlinal du Couvent (charnière qui doit donc être masquée par la zone des herbages du col). On reste dans ces couches jusqu'aux abords de la bifurcation des sentiers du pas du Loup et de la Cheminée (point 7a). .
Pour mieux suivre le détail de la suite de l'itinéraire on se reportera au croquis cartographique agrandi de la fig. 7. D'autre part, si l'on trouve que les pentes que l'on aborde ici sont un peu raides, il n'y a cependant pas lieu de s'inquiéter pour le franchissement de la barre rocheuse sommitale, qui se fait sans difficulté. Toutefois on peut, si l'on préfère, choisir ici d'accéder au sommet en suivant le sentier du Pas du Loup (décrit plus loin, dans le sens inverse).
Les raides prairies qui font suite à la bifurcation des sentiers cachent des alternances analogues mais où les marnes (qui ne se manifestent que par le caractère glaiseux de la terre du sentier) sont plus abondantes (niveau noté [n1-2M] sur la carte géologique). Plus haut, dans le secteur où le sentier effectue un lacet vers le sud en se rapprochant du pied de falaise, on passe transitionnellement de calcaires argileux gris-bleu à patine grise à des calcaires plus durs, à pâte plus grenue, qui tendent en outre à acquérir une patine roussâtre plus caractérisée : on est là dans le niveau de transition de la base des calcaires du Fontanil [n2C]. Le sentier revient ensuite vers le nord en suivant ce niveau, en contrebas du pied de la falaise et gagne ainsi l'aplomb du couloir. Il grimpe le cône d'éboulis qui s'en échappe et rejoint les rochers inférieurs de la rive nord de la cheminée, formés de calcaires du Fontanil francs (point 7b).
Le chemin s'élève alors en zigzag sur les rochers brisés d'un couloir de 2 à 3 m de large où l'on voit affleurer de la brèche de faille (« kakirite* »). En le suivant on garde à main gauche un rebord rocheux qui représente le miroir d'une faille sénestre, orientée N130 à N135°E. Ce mur naturel, de mieux en mieux dégagé par l'érosion vers le haut, atteint par places plus de 2 m de haut et porte, de ci de là, des traces de mouvement (mal conservées). Une marque de peinture (lettre A encadrée) est inscrite sur ce miroir de faille de la rive gauche de ce couloir au point où le couloir se rétrécit tellement que le sentier l'abandonne pour passer sur sa rive sud.
Le sentier s'élève alors, sur une vingtaine de mètres de dénivelée, par des gradins rocheux, le long d'une zone broyée secondaire, parallèle à la précédente mais plus étroite et moins bien définie. Puis il gagne sur la gauche un éperon qui porte un boqueteau de conifères : ce faisant il franchit les niveaux les plus massifs (à tendance coralligène) des calcaires du Fontanil [n2Co]. Par une traversée vers le nord le sentier traverse de nouveau le couloir principal (la faille qui le détermine est mal visible ici) puis suit, en encorbellement, la limite entre les rochers et les pentes gazonnées qui les surmontent, jusqu'à un éperon saillant porteur d'une flèche de peinture rouge dirigée vers le sud : il utilise, ce faisant, un nouveau plan de cassure presque vertical (fig. 7b) qu'il longe sur sa droite en s'inscrivant légèrement en creux dans les couches broyées de sa lèvre orientale.
L'orientation de cette cassure secondaire est N155° E, donc plus méridienne que celle de la faille principale (N130 à N135° E). D'autre part, du côté nord-est de cette faille, l'entaille du sentier permet de voir que les couches sont écrasées en feuillets dont l'azimut est N20° E et le pendage de 45° vers le SE (fig. 7b). Il s'agit là d'une schistosité de mylonite, dont la disposition témoigne d'un déplacement de type sénestre comme pour la faille principale, sur laquelle elle se branche d'ailleurs, au fond du couloir, selon un angle très aigu : ceci suggère que cette cassure représente une faille secondaire "de Riedel*". Vers le nord-ouest, de l'autre côté de l'éperon portant la marque de peinture, on voit le miroir de cette cassure s'infléchir pour prendre un azimut moins méridien (N145) avant de s'engager dans un deuxième couloir.
En amont de cet éperon (point 7c) le sentier s'engage dans une pente gazonnée en mettant à vif un sol argileux très riche en débris de silex : on franchit en effet ici le niveau marno-calcaire par l'intermédiaire duquel on passe des calcaires du Fontanil proprement dits, qui forment les falaises, aux couches terminales de cette formation (« calcaires à silex » [n2S]), lesquelles constituent ici la crête herbeuse (fig. 7b). Le sentier suit le flanc de la petite combe monoclinale déterminée par ce niveau tendre pour gagner la selle de prairie qui sépare le sommet de l'antécime sud-est.
Le sommet du Petit Som lui-même (1772), ainsi que la crête qui le prolonge vers le nord appartiennent aux couches du sommet des calcaires du Fontanil proprement dits. Le niveau marneux qui les coiffe plonge dans le versant est de la montagne en déterminant une petite combe à rhododendrons.
Le panorama du sommet (fig. 8, 9, 10 et 11) porte assez loin vers l'ouest, où peu de crêtes font obstacle. Vers l'est, où, par contre, les crêtes de Belledonne n'apparaissent que difficilement, par dessus celles des Rochers des Éparres et du chaînon du Grand Som. La vue est surtout intéressante vers le nord (fig. 8) et le sud (fig. 11) où l'anticlinal de la Chartreuse médiane est visible selon sa direction axiale. En direction du Grand Som (fig. 10) la perpective est favorable (l'altitude et le recul étant suffisants) pour détailler l'empilement de lames chevauchantes (« écailles ») qui caractérise ce sommet.
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Du point de vue morphologique on traverse là une combe monoclinale* typique, encadrée de ses deux crêts*. |
La portion descendante de ce trajet, qui mène au col de Léchaud, est commune à tous les itinéraires (à moins que l'on ne choisisse de revenir par celui de montée). Même si l'on choisit l'option de descente par le vallon de Léchaud il est conseillé de faire au préalable le petit détour consistant à atteindre la crête des Roches Rousses (voir l'itinéraire de descente par Bovinant). C'est pourquoi cette portion de trajet est décrite ci-après.
Après avoir franchi, au sud-est du sommet, la selle déterminée par la vire des marno-calcaires du sommet la masse principale des calcaires du Fontanil, le sentier recoupe le flanc nord de l'antécime sud-est. Cette butte herbeuse est formée par partie basse de la formation sommitale des calcaires du Fontanil (« calcaires à silex » [n2S]). Ces sont les couches terminales de cette formation (niveaux à huîtres) que le sentier coupe ensuite dans sa descente directe sur col de Léchaud.
Le col de Léchaud (1704) est ouvert dans les marno-calcaires de la base de l'Hauterivien, qui affleurent surtout dans son versant nord. À l'est du col le sentier de flanc, à peine ascendant, qui se dirige vers le passage des Roches Rousses, traverse des pentes d'herbe où ces couches sont masquées sous les éboulis qui tapissent le pied des Roches Rousses. Les rochers de cette crête sont formés par la partie basse de l'Urgonien inférieur car, à leur base pointent hors de l'herbe les calcaires roux du Barrémien inférieur. On remarque combien la corniche urgonienne est ici peu élevée, la crête se trouvant à peine 50 m au dessus de la limite Hauterivien - Barrémien inférieur, ce qui est inhabituel en Chartreuse. Ceci est dû à ce que l'on se trouve ici dans un secteur où subsiste, entre les vallons affouillés par les étapes d'érosion les plus récentes, un fragment de la surface d'aplanissement ancienne qui a tronqué les voûtes des anticlinaux. (fig. 12b).
Aux approches du passage des Roches Rousses (point 13) c'est de l'Urgonien typique qui forme les rochers qui affleurent ensuite à main gauche. Pourtant ce sont des calcaires roux du Barrémien inférieur qui forment les premiers rochers qui apparaissent plus loin, à main droite, lorsque l'on s'engage dans la brèche proprement dite (fig. 13). Il n'y a donc pas correspondance des strates d'un côté à l'autre du sentier, mais un décalage, dû à ce qu'il emprunte là un couloir de faille.
Dans le goulet même du passage, le miroir de la lèvre nord de cette cassure forme un mur de 1 m de haut, orienté N135. Sur 1 à 2 m de long il est en outre garni par un placage de brèche de faille, épais de 50 cm environ, où l'on distingue un début de feuilletage mylonitique subvertical (fig. 13) : la disposition de ces feuillets, qui font un angle aigu vers l'ouest par rapport au mur de faille, est en accord avec le jeu sénestre qu'indique le décalage cartographique de la limite inférieure de l'Urgonien (et que suggére aussi l'orientation de la faille ).
Il est intéressant de se porter sur l'un des points hauts de la crête, soit au nord soit au sud du passage, pour y scruter le versant ouest du chaînon Grand Som - Dent de l'Ours, afin d'essayer d'en déméler les complexités . Le versant occidental de la Dent de l'Ours est représenté en fig. 15. Les rapports entre ce tronçon de crête et celui du Grand Som sont schématisés en fig. 16. La structure de l'arête nord du Grand Som est en outre représentée cartographiquement en fig. 17.
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Il emprunte d'abord la typique combe monoclinale* de l'Hauterivien, puis franchit le crêt* de calcaires du Fontanil pour revenir dans la combe anticlinale* berriasienne de la Charmette). |
Le sentier qui descend par le vallon de Léchaud décrit de grands lacets et n'a qu'une pente faible, ce qui inciterait à couper par des raccourcis en suivant le fond du thalweg ; il est pourtant recommandé de ne pas le faire car, grâce à cette caractéristique, il a l'avantage de bien "balayer" le fond du vallon et de permettre ainsi des observations relativement nombreuses.
Les premiers lacets se font dans des prairies où pointe l'Hauterivien (point 8a). Le sentier revient alors vers l'ouest et traverse une échine garnie de végétation arbustive (point 8b) où il recoupe les calcaires du Fontanil supérieurs "à silex" [n2S]. Un petit thalweg masque le niveau marneux qui les sépare des calcaires du Fontanil inférieurs [n2F] où l'on reste jusqu'au second lacet (fig. 7). Quelques mètres au nord de celui-ci (point 8c) passe un décrochement dextre orienté NE-SW dont le miroir de faille forme un ressaut haut de un à trois mètres, à regard sud (c'est lui qui détermine la brèche de la crête sommitale située au nord de l'antécime nord). Il s'agit d'une faille mineure, de rejet sans doute décamétrique, rapportable à la famille conjuguée de celles observables au couloir du Petit Som et à la brèche des Roches Rousses.
Un longue traversée sinueuse ramène sur l'autre flanc de vallon où l'on passe sous la domination des falaises urgoniennes des Roches Rousses. On y retrouve le sol argileux dû à l'Hauterivien, qui perce effectivement par endroits sous la végétation. Avant de pénétrer dans le couvert des premiers bois (point 9a) on portera le regard sur la rive opposée pour y observer les cicatrices caractéristiques de l'effondrement d'un large panneau rocheux, aux dépens de la dalle des calcaires du Fontanil du Petit Som (fig. 14).
Le troisième et dernier grand lacet s'effectue dans un secteur où l'Hauterivien disparaît sous les éboulis modernes. C'est certainement cette circonstance qui est à l'origine de la présence d'une petite source, que rencontre le sentier quelques dizaines de mètres plus loin (point 9b). Ses eaux circulant dans l'éboulis, perméable, ont été rassemblées à sa base, à la surface de son bedrock argileux (donc imperméable) d'Hauterivien.
Le sentier franchit ensuite par quelques sinuosités un replat boisé plus ou moins encombré d'éboulis avant d'aborder, par l'est, un talus plus raide. Il y reprend un tracé en lacets à l'occasion duquel on voit de nouveau affleurer les calcaires (à silex) du Fontanil supérieurs [n2S], puis rejoint le fond d'une combe où s'ouvre une clairière : celle-ci correspond vraisemblablement au niveau marneux qui marque la limite entre ces derniers et les calcaires du Fontanil inférieurs.
On arrive là au point coté 1446 que l'on peut appeler selle des Balmettes (point 10). Ce replat de sous-bois est dominé du côté nord par une butte dont l'ossature rocheuse perce sous les arbres. Elle est formée de calcaires du Fontanil inférieurs, clairs et relativement massifs (donc appartenant aux niveaux élevés de cette formation, à tendance périrécifale, proches de ceux du sommet du Petit Som). Pourtant, à quelques dizaines de mètres de la selle vers le nord-est, un chemin (qui mènerait à Saint-Pierre-d'Entremont par le Pas Dinay) montre au contraire des bancs de calcaires du Fontanil supérieurs (brun-roux, à silex). Les calcaires de la butte sont donc remontés par une faille qui doit vraisemblablement déterminer le vallon où elle passe. Compte-tenu de son rejet vertical et de l'orientation NE-SW de ce vallon on peut en conclure qu'il s'agit d'un décrochement dextre (« décrochement des Balmettes »).
Prendre le large chemin de gauche, qui se dirige vers le nord-ouest et s'engage donc dans le compartiment septentrional du décrochement des Balmettes. Sur quelques dizaines de mètres il recoupe d'abord, perpendiculairement aux strates, des bancs assez épais de calcaires du Fontanil (à faciès relativement clair). Puis il traverse une zone où affleurent des calcaires argileux gris-bleutés, en bancs décimétriques alternant avec des marno-calcaires : il s'agit du niveau relativement tendre qui marque le pied de la falaise principale des calcaires du Fontanil (c'est celui que l'on a suivi, masqué sous l'herbe, en amont du point 7b, avant d'atteindre le pied de la cheminée de montée au Petit Som).
Le chemin tourne ensuite à angle droit pour traverser, en diagonale vers le sud-ouest, les ressauts inférieurs des escarpements les plus septentrionaux de l'arête du Petit Som (il suit alors un trajet parallèle au décrochement des Balmettes, qui recoupe ces escarpements un peu plus au sud, dans le sommet des abrupts dominant ce chemin). Il donne là une coupe bien rafraîchie des termes inférieurs des calcaires du Fontanil et de leur passage transitionnel aux calcaires gris bleutés du Berriasien moyen : celui-ci se fait par alternances de marno-calcaires, calcaires argileux gris-bleutés et de calcaires bioclastiques rousseâtres (ce sont les mêmes niveaux qui ont été traversés entre les points 7 a et 7b). Une descente à flanc, en sous-bois, à travers le garnissage ébouleux du pied des abrupts, mène au débouché des bois, à l'extrémité supérieure du téléski et de la piste de ski des Charmettes (point 11).
L'ancien sentier, que recoupe le chemin, mène à
cette même piste, quelques dizaines de mètres en
contrebas. Il n'y a aucun avantage à l'emprunter.
Deux possibilités s'offrent alors, entre lesquelles le
choix dépendra surtout du point de stationnement adopté
pour la voiture :
· a) emprunter la piste de ski de la Charmette
: elle ne montre tout d'abord que des éboulis, jusqu'à
un replat spacieux ; à partir de celui-ci les petites ravines
mettent à nu les alternances marno-calcaires du Berriasien
inférieur dont on voit sans peine le pendage, toujours
orienté vers l'est (point 12a).
On aboutit ainsi directement au parking inférieur de la
Charmette ("Le Habert").
· b) descendre sur une vingtaine de mètres
de dénivelée, le long de la lisière ouest
de la piste de ski, en cherchant l'embranchement de l'ancien sentier,
qui s'engage en sous-bois vers la gauche. Au prix de sinuosités
peu déclives, sur un terrain très argileux (soubassement
de marno-calcaires du Berriasien inférieur) il rejoint
le rebord supérieur du thalweg du ruisseau du Bruyant.
La descente de sa rive est (point 12b), en longs lacets
jusqu'au torrent, permet d'observer en détail les alternances
de marnes et de calcaires argileux du Berriasien inférieur
(certains bancs, particulièrement massifs, ne sont pas
sans évoquer les calcaires du Tithonique, avec lesquels
ils ont été confondus sur la carte géologique).
Après avoir traversé le ruisseau du Bruyant ce sentier
rejoint rapidement le parking supérieur (point 4c).
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L'essentiel du dispositif tectonique y consiste en un synclinal qui est rompu par le chevauchement du chaînon du Grand Som. Il est en outre coupé en biais par des décrochements dextres. |
Atteindre (voir plus haut, fin de B3) le passage des Roches Rousses (point 13).
Il est intéressant de se porter sur l'un des points hauts de la crête, soit au nord soit au sud du passage, pour y scruter ler versant ouest du chaînon Grand Som - Dent de l'Ours, afin d'essayer d'en déméler les complexités . Le versant occidental de la Dent de l'Ours est représenté en fig. 15. Les rapports entre ce tronçon de crête et celui du Grand Som sont schématisés en fig. 16. La structure de l'arête nord du Grand Som est en outre représentée cartographiquement en fig. 17.
Sur le versant oriental de la crête le sentier descend vers le sud-est en traversant des lapiaz percés d'avens.sur une cinquantaine de mètres, son tracé suit presque le miroir de la faille NW-SE qui détermine le passage, en restant toutefois quelques mètres en contrebas. Puis cette cassure est recoupée par une faille dextre N75 (qui franchit la crête une centaine de mètres au sud de la brèche empruntée par le sentier : c'est la cassure Dd de la fig. 10) : ces deux failles constituent un couple de "failles conjuguées". Au delà on perd le fil de leurs tracés, ainsi que de ceux des autres cassures (toutes mineures) qui affectent ce secteur, dans le réseau des lapiaz qui se développent sur la pente.
Le sentier débouche enfin sur une épaule, cotée 1646 (point 14), où la vue se dégage sur le fond du vallon de Bovinant. Celui-ci contraste avec le plateau urgonien des Roches Rousses par son aspect moins tourmenté et son garnissage de prairies (à l'extrémité duquel se distingue le chalet). Ces prairies masquent mal les affleurements à aspect crayeux du Sénonien inférieur [c6-7M]. Ces couches affleurent là au coeur du synclinal qui constitue la frontière entre la Chartreuse médiane et la Chartreuse orientale (synclinal de Mauvernay, SM sur la fig. 12a).
Ce vallon serait donc un val*, si le flanc est de ce pli synclinal n'était rompu par le chevauchement de la Chartreuse orientale, qui porte à une altitude considérablement plus élevée l'Urgonien du chaînon du Grand Som : de ce fait on a plutôt affaire là à une combe monoclinale* (<fig. 16).
Le synclinal de Mauvernay est coupé en oblique par le faisceau de décrochements de Bovinant, ce qui décale son tracé, en baïonnette, dans le secteur du col (fig. 15). Le petit rebord rocheux d'Urgonien que franchit le sentier pour descendre jusqu'au Sénonien de la pente de prairies est précisément déterminé par la principale d'entre elles (DF), que l'on voit bien, d'ici, se poursuivre, de l'autre côté du col de Bovinant, par le couloir du col du Fret (fig. 15 et fig. 17),
On peut gagner directement le chalet en traversant les prairies en diagonale ; on y recoupe plusieurs cassures parallèles (fig. 17), qu'il est impossible de déceler au sein des affleurements (d'ailleurs médiocres) de Sénonien. Il est plus intéressant de passer par le col de Bovinant lui-même et d'en examiner les abords.
On peut également rejoindre le col de Bovinant, en suivant, en contrebas est du point 1646, la lisière entre prairies et rochers ; ce trajet correspond sensiblement au tracé de la faille septentrionale du faisceau de Bovinant. Aux abords du col ce tracé devient difficile à localiser, à partir du moment où l'Urgonien du compartiment nord s'enfonce sous le Lumachelle et le Sénonien du haut vallon des Éparres : il se repère encore sur une dizaine de mètres à l'est du col, par l'affrontement de la Lumachelle avec le Sénonien inférieur, mais se perd au delà, dès que les deux compartiments deviennent constitués l'un et l'autre de Sénonien (il passe au pied du gros rognon rocheux isolé dans les prairies en contrebas est du col).
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Les deux barres rocheuses, de l'Urgonien et des calcaires du Fontanil sont franchies en utilisant des cassures (décrochement dextre dans le premier cas, décrochement sénestre dans le second. |
Au habert (= chalet) de Bovinant (point 15a) prendre le sentier qui descend vers le couvent. Il quitte les affleurements de Sénonien inférieur pour traverser un replat rempli d'éboulis (qui cachent la Lumachelle), puis atteint une échine herbeuse sous laquelle se trouve la barre rocheuse de l'Urgonien supérieur. Pour franchir ce ressaut le sentier décrit un grand lacet, à l'extrémité nord duquel il recoupe le niveau des couches à Orbitolines ; puis il revient vers le sud en suivant ce niveau sur une dizaine de mètres (fig. 17) avant de rejoindre les éboulis qui remplissent le fond du vallon.
Au nord de ce lacet, 10 m plus haut (point 15b), les couches à Orbitolines se cachent sous des éboulis mais la lèvre nord de la faille du habert de Bovinant (DB, fig. 17) est dégagée par l'érosion (qui a plus profonément érodé le compartiment sud) : le miroir de faille est localement conservé et porte des surfaces à stries horizontales. La faille s'engage, plus haut sur la droite, dans un couloir très étroit entre Urgonien supérieur (à droite) et inférieur (à gauche).
Le sentier du Couvent suit ensuite les éboulis du pied d'escarpement sur une cinquantaine de mètres puis descend plus rapidement le long de la rive gauche du vallon. C'est alors qu'il faut prendre, vers la droite, le sentier du Pas du Loup (point 15c), qui part vers le nord. Il traverse presque horizontalement les éboulis sous l'extrémité sud des falaises des Roches Rousses puis gagne le fond du vallon. Il y franchit une nervure boisée (point 16a) au bas de laquelle affleurent les couches le plus basses de l'Hauterivien mais dont l'échine et le versant ouest sont formés par les calcaires à silex [n2S] du sommet des calcaires du Fontanil.
Après un second vallonnement, plus important, une montée d'une dizaine de mètres, en diagonale sur des dalles structurales des calcaires du Fontanil (masse principale) mène à une brèche rocheuse de la crête sud du Petit Som (point 16b). De là on a une dernière vue sur les falaises les plus méridionales des Roches Rousses et sur les failles de décrochement (satellites de celle de Bovinant) qui l'accident (fig. 18).
Au Pas du Loup le sentier traverse la falaise du versant
ouest de la crête sud du Petit Som. Il utilise d'abord un
étroit corridor rocheux ouvert à flanc entre la
falaise et une écaille rocheuse qui s'en décolle
(point 17a). En fait il suit là, sur un cinquantaine
de mètres de long, une cassure d'orientation N150°E,
à rejet sénestre (comme le montrent, à main
droite, des enduits calcitiques porteur des stries de friction),
donc de la même famille que celle de la cheminée
du Petit Som : l'« appel au vide » qui agit en traction
sur le compartiment rocheux inférieur y a ouvert un espace
béant entre les deux lèvres (mais le passage y est
cependant un peu exigu par places).
Par une traversée légèrement ascendante dans
un sous-bois clairsemé, le sentier traverse en diagonale
les niveaux successifs de la barre des calcaires du Fontanil.
Il s'en échappe par un dernier passage rocheux descendant,
nécessitant de prendre appui des mains (point 17b),
où il franchit les couches de transition, à alternances
marno-calcaires, de la base de cette formation.
Là encore le sentier utilise une petite cassure, d'orientation N150°E, à rejet sénestre : il ne s'agit sans doute pas de la même que celle du Pas du Loup mais d'une autre, quasi jumelle, en tous cas de la même famille.
La traversée d'un vallonnement garni d'éboulis en pente raide mène à une échine, à la lisière supérieure des bois, où recommencent les affleurements : il s'agit des couches de calcaires argileux gris bleutés du Berriasien moyen, que l'on recoupe sur près de 250 m avant de rejoindre l'embranchement de chemin d'où part celui de la cheminée ouest (antérieurement parcouru à la montée).
Emprunter ensuite l'itinéraire de montée pour rejoindre le parking de la Charmette.






















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