1/25.000° TOP 25 / 3334 OT « Massif de la Chartreuse
sud», ou Série bleue «3233 est - Voiron»
et «3234 est - Grenoble».
1/50.000° géologique: feuille Grenoble (XXXII-34 =
n° 772, 2° édition)
L'Itinéraire A, le plus communément utilisé, est l'accès le plus direct par le versant est (fig. 3). Il part du col de Porte, que l'on atteint de Grenoble ou de Saint-Pierre-de-Chartreuse par la D512. Il suit un bon sentier, nullement exposé (mais accidenté de zones glaiseuses, glissantes par temps humide) jusqu'à l'escarpement tout à fait sommital ; ce dernier se franchit aisément et ne nécessite tout au plus que de mettre les mains au rocher dans les 10 derniers mètres. La dénivellation est de 400 m et une demi-journée suffit, même en effectuant le retour en circuit par le Mont-Fromage.
L'Itinéraire B, le plus intéressant sous l'angle géologique, monte par le versant ouest (fig.11). Il part du village de Planfay, que l'on atteint depuis Grenoble par Saint-Égrève et la D105. La dénivellation est à peine de 900 m mais la longueur du trajet est suffisante pour justifier de lui consacrer une journée entière. Cet itinéraire suit d'abord une route forestière, puis un bon sentier (sentier Vermorel), dépourvu de tous passages délicats. Il s'élève toutefois, sous l'escarpement sommital, dans un versant raide et orienté au nord, de sorte qu'il reste impraticable, car encombré de neige, jusqu'assez tard dans la saison (mi-mai en général).
Deux variantes d'accès par l'ouest sont décrites
dans le sens de la descente:
a) par le versant ouest du Mont-Fromage ;
b) par le versant sud-ouest de la Pinéa.
Elles sont l'une comme l'autre d'un parcours moins aisé,
car elles ne bénéficient pas d'un sentier aussi
bien tracé, mais sont dégarnies de neige plus précocement.
L'accès par l'arête sud (C), hors sentier mais praticable tôt dans la saison, ainsi que l'accès par le nord à l'aiguille de Quaix (D) sont en outre décrits en annexe.
La caractéristique structurale essentielle du chaînon de la Pinéa est que deux ensembles rocheux y sont superposés, par l'intermédiaire de la grande dislocation dite du "chevauchement de la Chartreuse orientale"*. En effet, alors que le couronnement de la montagne se rattache en continuité à la partie orientale du massif, son soubassement appartient au contraire aux domaines de la Chartreuse médiane et occidentale. Si l'on examine les choses de plus près, en considérant la nature des roches, on peut alors résumer comme suit les traits principaux de la constitution de ce chaînon:
a) Les parties hautes de la montagne de la Pinéa, qui sont les seules accessibles par le versant est, constituent la marge occidentale du grand ensemble de la Chartreuse orientale.
Les couches de cet ensemble, formées par du Crétacé
inférieur disposé en empilement normal, ne montrent
aucune complication structurale importante. Elles ne sont affectées
que par quelques plis peu accentués (simples ondulations)
et par quelques failles mineures (les unes, à rejet vertical,
d'orientation nord-sud, les autres, coulissantes, d'orientation
nord-est - sud-ouest).
La pyramide sommitale, en forme de pupitre incliné vers
l'est, est tout ce que l'érosion a respecté de l'Urgonien
du flanc ouest du synclinal du Néron. Les deux flancs
de ce synclinal sont par contre visibles, au niveau des couches
de l'Hauterivien et des calcaires du Fontanil, dans le socle boisé
de ce pupitre. L'axe du pli suit, à peu de chose près,
l'échine qui court vers le nord par Montvernet jusqu'au
Montfromage (fig.1).
Enfin le pied oriental de la montagne est constitué par
l'épaisse formation des marnes de Narbonne, qui n'affleurent
cependant que de façon discontinue au nord et au sud du
Col de Porte.
b) Les pentes du versant ouest du chaînon entaillent au contraire assez profondément la montagne, jusqu'à mettre à nu son soubassement de Crétacé supérieur et de Tertiaire. Ce soubassement s'enfonce vers l'est, par le jeu du chevauchement de la Chartreuse orientale, sous les calcaires du Fontanil des hautes pentes de la Pinéa.
Les replats des basses pentes sont formées, de Planfay
à Girieux, par le coeur, surtout formé de molasse
miocène, du synclinal de Proveysieux (ce pli représente
la limite entre Chartreuse occidentale et médiane).
À mi-hauteur du versant affleure une bande de Sénonien
qui représente l'enveloppe de l'anticlinal de la Chartreuse
médiane. Elle est couronnée par une lame de terrain
épaisse d'une centaine de mètres, l'"écaille
de Canaple", formée d'Urgonien supérieur
et de Sénonien, qui s'intercale "en semelle"
sous le chevauchement de la Chartreuse orientale. Cette lame rocheuse
représente une sorte de copeau arraché par le chevauchement
de la Chartreuse orientale et entraîné sous lui.
On voit plus au nord, au Charmant Som, qu'il a été
détaché du flanc est de l'anticlinal de la Chartreuse
médiane.
À la latitude de la Pinéa les terrains de l'ensemble chartreux médian disparaissent progressivement, en direction du sud, en s'enfonçant "en tunnel" sous la Chartreuse orientale. Les terrains de cette dernière, qui s'avancent de plus en plus loin vers l'ouest, finissent ainsi par reposer presque directement sur le Miocène du synclinal de Proveysieux. Toutefois l'écaille de Canaple continue, jusque sous le Néron, à s'intercaler entre les deux, bien qu'elle n'affleure en cours de route que d'une façon discontinue.
Les itinéraires du versant ouest sont les plus intéressants car ils permettent d'observer les rapports tectoniques entre la Chartreuse orientale et le soubassement de son chevauchement. Ils offrent en outre une des rares occasions d'observer les terrains néogènes, qui sont peu répandus à l'intérieur du massif.
L'itinéraire du versant oriental se contente de traverser la succession des couches crétacées (qui n'y affleurent que médiocrement). Son intérêt s'accroît en le complétant par une incursion vers le nord, sur la crête Montfromage - Balme de l'Air (partie A3).
- Les paragraphes ou phrases écrits en italiques
sont ceux relatifs au choix ou au repérage de l'itinéraire
;
- Les textes encadrés donnent des aperçus
globaux sur la géologie de la partie d'itinéraire
qui leur fait suite ;
- Les paragraphes écrits en retrait concernent,
selon le cas, des détails secondaires, des observations
accessoires ou des commentaires plus spécialisés
dont l'abord nécessite une culture géologique relativement
poussée : ils peuvent donc être sautés en
première lecture.
- Les astérisques * renvoient le lecteur, pour plus
d'explications sur des termes particuliers ou sur le contexte
géologique général, à l'opuscule spécial
consacré à la vue d'ensemble de la géologie
du massif de la Chartreuse. Ce dernier pourra aussi être
consulté pour obtenir des compléments d'informations
sur les formations géologiques rencontrées. Il faudra
cependant se reporter à la notice des cartes géologiques
à 1/50000° si l'on cherche une description détaillée
de ces formations.
- Les sigles placés entre crochets [] dans le texte
sont les notations désignant les niveaux stratigraphiques
sur les cartes géologiques de la France à 1/50.000°.
On trouvera, dans la liste des abréviations (via le bouton
ad hoc), les noms de ces niveaux et l'ordonnance de leur succession
ainsi que les notations abrégées qui leur correspondent
dans les diverses figures.
- Le symbole 'phi' minuscule, utilisé sur les figures
pour désigner les chevauchements mineurs (Ø désignant
ceux plus importants) n'est pas disponible pour les textes. il
est donc remplacé par 'f' dans les légendes
Trois itinéraires permettent d'atteindre le col de Porte.
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a - par la D512, depuis Saint-Pierre-de-Chartreuse.
Après le replat d'alluvions fluviatiles anciennes de Gerbetière
la route traverse les calcaires argileux lités du Berriasien
supérieur, à pendage vers l'est, qui appartiennent
au flanc est de l'anticlinal de l'Écoutoux. L'entrée
dans la nappe d'éboulis se fait 3 km avant le col (à
la sortie d'un tournant boisé, 300 m après l'embranchement
du hameau des Guillets).
b - par la D512, depuis le Sappey.
Depuis ce village le talus de route montre plusieurs pointements
de marnes de Narbonne. On pénètre dans la nappe
d'éboulis au col de Palaquit (2,5 km en contrebas sud du
col de Porte). On est là fort près de la voûte
de l'anticlinal de l'Écoutoux mais l'affleurement de marnes
qui précède la bifurcation de la route de Sarcenas
montre encore un pendage vers l'est.
Les marnes de Narbonne émergent de nouveau sous ces éboulis
dans le grand tournant creux situé 200 m au sud du col
de Porte (point0): les lits de plaquettes que contiennent
ces marnes, permettent de bien voir leur pendage vers l'ouest,
qui indique que l'on est passé sur le flanc ouest de l'anticlinal
de l'Écoutoux.
c - Par le col de Clémencière et Sarcenas
(D57).
Cet itinéraire, moins direct que la D512, rejoint le précédent
au col de Palaquit. Il est plus intéressant car la vue
qu'il offre sur le versant sud de la montagne de la Pinéa
en donne une véritable coupe naturelle.
En amont de la traversée des gorges de la Vence la route
s'élève sur le flanc occidental de l'anticlinal
de l'Écoutoux, dans les bancs du Berriasien inférieur
dont le pendage est dans l'ensemble très redressé.
On peut signaler qu'à la sortie des gorges ces couches
manifestent quelques contorsions qui sont dues à des glissements
quaternaires (phénomène dit du "fauchage").
Plus loin les couches du Berriasien, le plus souvent masquées
par le colmatage fluvio-glaciaire würmien ne réapparaissent
que par places.
C'est enfin 1 km avant la bifurcation des routes menant à
Guilletière et au Croz, lorsqu'on s'engage à flanc
de la gorge du ruisseau de Sarcenas, que l'on entre dans la nappe
des éboulis du versant occidental de Chamechaude, reconnaissable
à ses gros blocs.
Le col de Porte se situe peu à l'ouest que la voûte du pli anticlinal de l'Écoutoux, formée ici par les marnes de Narbonne. Il est dominé à l'est par les falaises de Chamechaude, qui correspondent au coeur du synclinal du Sappey : cette disposition topographique constitue un exemple typique d'«inversion du relief»*.
Du col de Porte lui-même, prendre la route du Charmant
Som (D57d).
Elle traverse horizontalement la zone boisée, semée
de gros blocs d'Urgonien, de l'extrémité occidentale
de la nappe d'éboulis anciens de Chamechaude et atteint,
en 500 m, la prairie du col. Dépasser le terre-plein
situé devant l'hôtel et gagner, une centaine de mètres
plus au sud-ouest, un collet situé à l'orée
des bois (point 1a).
De ce collet on a une vue (fig.4) assez dégagée sur les crêtes qui ferment, vers le nord, la dépression de Saint-Pierre-de-Chartreuse. Vers l'est on voit également, par dessus les arbres, le versant occidental du sommet de Chamechaude. Il est formé de dalles urgoniennes qui plongent vers l'ouest et appartiennent au flanc oriental du synclinal du Sappey. Vers le bas elles s'interrompent sensiblement selon la ligne de la charnière de ce pli, dont le flanc ouest a été décapé de sa carapace urgonienne par l'érosion qui a ouvert le col de Porte (l'Urgonien de ce sommet dessine donc plus un "pupitre" dissymétrique qu'un synclinal perché).
C'est au collet de l'orée des bois (point 1a) qu'il faut quitter la route goudronnée du Charmant Som, qui tourne vers le nord, et prendre la route forestière empierrée (carrossable) qui s'embranche vers la gauche.
Du collet un chemin descend vers le sud (en direction du village des Croz). Quelques dizaines de mètres en contrebas du col, il coupe des affleurements de marnes de Narbonne : leur pendage est dirigé vers l'ouest, comme au col de Porte, ce qui montre que l'on est toujours là dans le flanc ouest de l'anticlinal de l'Écoutoux. C'est aussi à ce dernier pli qu'appartiennent les calcaires du Fontanil qui forment le soubassement de la pente boisée qui s'élève vers l'ouest (butte de l'Huclas).
On remarquera donc que ce collet, frère jumeau du col de Porte, ne correspond ni à un anticlinal ni à un synclinal: il s'inscrit seulement dans une combe monoclinale déterminée par les marnes de Narbonne du flanc ouest de l'anticlinal de l'Écoutoux.
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La route forestière contourne par le coté nord une butte boisée ("l'Huclas", fig. 1 et fig. 5), en restant dans des éboulis de calcaires du Fontanil qui en proviennent. Au bout de 450 m d'un trajet fort peu ascendant cette route tourne sur la gauche en s'engageant dans un vallon, en gagne le fond et s'y termine par un grand terre-plein (plate-forme de chargement de camions grumiers) où l'on peut stationner plusieurs véhicules (point 1b).
Deux chemins d'exploitation s'offrent alors: délaisser celui de droite, qui s'élève sur la pente ouest, vers les bois de la Charmette (il servira pour le retour) ; prendre celui de gauche, qui emprunte le fond du thalweg, en direction du sud.
Moins de 200 m après le parking le chemin s'encaisse
entre des bancs de calcaires du Fontanil (point 2a) qui
pendent vers la gauche (c'est à dire vers l'est) d'environ
25°. Le sens du pendage est donc l'inverse de celui du versant
est de la butte de l'Huclas, ce qui implique que cette dernière
est le siège d'un mouvement synclinal des couches. Il ne
s'agit en fait là que d'une modeste ondulation secondaire
du flanc est du grand synclinal du Néron ("ondulation
de la Charmette", fig.5).
Le chemin continue à suivre le fond de vallon, sans montrer
d'autres affleurements, jusqu'à une petite clairière,
à l'altitude de 1450 m, où il bifurque (point2b).
On peut suivre le chemin qui continue à suivre le fond
de thalweg, mais celui-ci, glaiseux et pentu ne montre aucun affleurement
; on a donc avantage à prendre le chemin qui part vers
la gauche et s'élève à flanc vers l'est.
Il gagne l'échine de l'Huclas, où il met assez largement
à nu les calcaires du Fontanil, assez riches en lits de
silex et y fait place à un sentier qui suit l'échine
vers le sud jusqu'à son sommet (point 2c), coté
1513.
De là on rejoint, par une petite descente de quelques mètres,
un large ensellement de l'échine orientale de la montagne.
Le sol y est très argileux, ce qui trahit la présence
des marno-calcaires de l'Hauterivienqui affleurent effectivement
dans le sentier montant des Croz par le versant sud-ouest.
Sur l'échine orientale de la montagne, le long de laquelle le chemin s'élève doucement vers l'ouest, l'Hauterivien est masqué par une terre d'altération mêlée de blocs de calcaires urgoniens. La butte 1544, que l'on contourne par la gauche, est formée par un amas particulièrement volumineux de tels blocs. Cette situation, jointe au fait que l'Urgonien n'affleure nulle part plus haut, montre que ces blocs sont probablement des résidus de la nappe d'éboulis anciens qui garnit les abords du col de Porte.
Peu après le chemin s'engage franchement à flanc,
vers le sud-ouest, pour contourner le Montvernet en traversant
son versant sud (point 3a). Les marno-calcaires de l'Hauterivien,
faiblement pentés vers le sud-ouest sont alors mis à
nu, sur une centaine de mètres, par l'entaille amont du
chemin.
Cette traversée débouche sur un petit replat en
forme d'hémicycle. Mais, quelques mètres avant (point
3b), les couches de l'Hauterivien font brutalement place aux
calcaires du Fontanil alors que, compte tenu du sens de leur pendage
on devrait s'élever dans la succession. Ce décalage
est l'effet d'une faille ("faille orientale du Montvernet",
fig. 1), qui est orientée
presque nord-sud et dont le compartiment oriental est abaissé.
Le replat qui vient ensuite, dont le chemin suit le rebord sud-est sur une centaine de mètres, a la morphologie typique du sommet d'un paquet tassé*, ceinturé du côté amont (nord-ouest) par une crevasse d'arrachement*. Il faut certainement voir là le résultat d'un effondrement des calcaires du Fontanil de la lèvre ouest de la faille, devenue instable par suite de l'affouillement de l'érosion dans l'Hauterivien, plus tendre, du compartiment est (fig.6).
Le sentier franchit le rebord d'arrachement de ce paquet tassé pour déboucher dans les prairies de Plénom, qui occupent un nouveau replat.
Bien que sa morphologie soit plus confuse il a sans doute une origine analogue à celle du précédent car il est également ceinturé du côté nord-ouest par un rebord hémicirculaire, constitué par les raides pentes des calcaires du Fontanil du Montvernet (qui ressemblent également à une crevasse d'arrachement). Mais ces pentes ont été ravinées et ont alimenté des ruissellements qui ont entraîné et étendu sur le replat des matériaux fins et de l'argile d'altération, ce qui a atténué l'horizontalité du replat et y a permis l'installation de prairies.
Quoi qu'il en soit on atteint le rebord amont de ce replat à sa lisière occidentale, là où le chemin franchit un petit ravin avant de rentrer en sous-bois. Juste avant ce ravineau le sentier passe au pied d'un affleurement d'Hauterivien (point 4). Si on l'examine de très près cet affleurement (en le parcourant de bas en haut), on verra qu'à son pied les couches sont inclinés vers l'ouest, mais qu'elles prennent rapidement, vers le haut, un pendage de 20° vers l'est : elles décrivent donc une charnière synclinale: il s'agit de la charnière du synclinal du Néron. Plus à l'ouest, toutes les couches, notamment celles du panneau Urgonien de la Pinéa, conservent un pendage vers l'est, qui est celui du flanc ouest de ce pli ; c'est notamment le cas pour les affleurements d'Hauterivien que l'on trouve, après une source puis un lacet en sous-bois, dans les dernières pentes sous le col qui sépare la Pinéa du Montvernet (point5a).
Depuis le col Pinéa - Montvernet le sentier s'élève
vers le sud, le long de l'échine boisée, où
les bancs de l'Hauterivien percent encore. Lorsque l'on sort des
bois (point5b) l'échine s'accidente de saillies
rocheuses, formées de calcaires grenus à patine
roussâtre du Barrémien inférieur, que le sentier
gravit en biais vers l'est pour déboucher dans le versant
oriental du pupitre sommital.
Il s'élève ensuite au flanc de ce pupitre, sur des
dalles structurales de l'Urgonien tout à fait inférieur,
garnies d'éboulis discontinus, et atteint le pied d'un
petit rebord rocheux formant une barrière qui descend du
sommet. Ce rebord représente la tranche du banc qui recouvrait
originellement les dalles que l'on vient de traverser. Il a été
découpé par l'arrachement d'une plaque rocheuse
dont le glissement a été responsable de leur dénudation
des dalles.
Le sentier franchit ce rebord par une vire de quelques mètres, puis gagne le sommet en s'élevant en lacets sur une nouvelle dalle structurale située 3 à 4 m plus haut seulement dans la succession des bancs de l'Urgonien. Vers la fin il longe par son pied nord un nouveau ressaut, de 3 à 4 m de haut, dont l'origine est identique au précédent.
Dans cette portion terminale de la dalle sommitale, que l'on grimpe en utilisant ses fissures ouvertes en lapiaz, on observe de nombreuses surfaces de friction (à enduit calciteux strié*) : elles ne sont pas dues au glissement de plaques vers l'aval occasionné par l'érosion (dont on vient de voir les témoins) mais au glissement des strates urgoniennes les unes par rapport aux autres lors du plissement (voir la fig. 6 du fascicule "Aperçu d'ensemble").
Le panorama du sommet (fig.7 et fig.8) est étendu mais il ne donne pas des vues particulièrement favorables à la compréhension géologique du massif. En particulier le chaînon médian, pourtant proche et vu d'enfilade, ne montre pas de coupe naturelle : en direction du nord on voit au contraire sa voûte anticlinale boisée qui s'élève vers l'arrière-plan, tandis que les unités chevauchantes qui lui sont superposées, écaille de Canaple et chevauchement de la Chartreuse orientale, se masquent mutuellement, du fait du plongement général des structures vers le sud.
Depuis le sommet, redescendre par le sentier de montée
jusqu'au col Pinéa - Montvernet (point 5a). Prendre alors
le large sentier qui remonte doucement l'échine en direction
du nord
Ce sentier reste dans l'Hauterivien (qui affleure souvent mais
toujours de façon très médiocre) jusqu'au-delà
du col, coté 1603, qui succède à la bosse
de Montvernet, précisément jusqu'au point où
des marques bleues indiquent du côté gauche le départ
d'un ancien sentier traversant en flanc ouest (point6a).
Quelques dizaines de mètres à l'est de l'échine et du sommet du Montvernet, à peine en contrebas, ce sont pourtant les calcaires du Fontanil qui affleurent. On les suit en fait tout du long, depuis le rebord garni de broussailles qui domine le replat de Plénom jusqu'à l'épaule orientale du Montvernet. Or on voit que l'Hauterivien affleure nettement plus bas dans le versant nord-ouest de cette dernière : c'est qu'il est abaissé par le passage d'une faille nord-sud (la "faille occidentale du Montvernet") (fig. 1 et fig. 5), qui est à peu près parallèle à la faille orientale du Montvernet mais dont le rejet est inverse (il s'agit donc d'un couple de failles normales conjuguées*).
Peu au nord du col 1603 se détache sur la droite un chemin d'exploitation (qui sera utilisé au retour pour la descente vers l'est). Ne pas s'y engager dès maintenant et poursuivre le parcours de crête vers nord.
La montée au Montfromage se poursuit sur les bancs sommitaux des calcaires du Fontanil (calcaires finement grenus, à patine brunâtre et à silex contournés). Ces couches ont un pendage dirigé vers l'aval de l'échine. Ce pendage est modeste, mais cependant légèrement plus fort que la pente de la ligne de crête, ce qui explique que les calcaires du Fontanil disparaissent, dans cette direction, en s'enfonçant très normalement sous l'Hauterivien. Ce pendage n'est orienté ni vers l'est ni vers l'ouest, mais vers le sud : il représente, en fait, celui du plongement axial du synclinal du Néron, pli dont la ligne de crête suit pratiquement la charnière.
L'arrivée dans la clairière du sommet du Montfromage (point6b) correspond à un changement brutal de nature des roches car des marno-calcaires du Sénonien y percent l'herbe de place en place. Le contact de ces terrains avec les précédents est très brutal et se fait exactement à l'orée sud du bois. Il correspond à un accident tectonique qui fait passer de la Chartreuse orientale* à la Chartreuse médiane (fig.9b).
Cet accident est le "chevauchement de la Chartreuse orientale"* : il est souligné par la présence d'une lame d'Urgonien, large de quelques mètres, que le chemin franchit exactement au point le plus haut du sentier (juste avant qu'il ne s'engage dans la traversée de la prairie du sommet).
Elle appartient au chapelet de copeaux tectoniques qui jalonne ce chevauchement et que l'on suit sur plusieurs kilomètres vers le nord. Mais cette lame est ici spécialement mince et le calcaire blanc urgonien y est très écrasé et fragmenté en feuillets souvent épais seulement de quelques centimètres.
Ceci traduit un broyage et un étirement particulièrement accentués, qui sont dûs à ce que la lame est ici recoupée par une faille de décrochement. Ce "décrochement du Montfromage" fig.1 et fig.9b), dextre et orienté NE-SW, n'est cependant qu'un accident mineur.
À partir du sommet du Montfromage le cheminement recoupe, dans le sens stratigraphiquement descendant, la succession des couches du flanc oriental de l'anticlinal médian (fig.9). On voit encore quelques pointements de marno-calcaires du Sénonien dans la descente jusqu'à une selle de prairies, mais, au nord de ce col, les pentes de la Balme de l'Air, que le sentier traverse à flanc, sont formées par des dalles structurales de Lumachelle. Ces pentes se terminent par un éperon rocheux (point7a) d'où la vue se dégage vers l'est, bien qu'elle reste limitée vers le sud-est par l'échine est du Montfromage (fig. 10).
Continuer à suivre le chemin, qui descend vers le nord le long de la crête . D'abord en escaliers dans les couches de la Lumachelle à pendage de 20° vers l'est, il atteint leur soubassement stratigraphique normal, formé par l'Urgonien supérieur, et cesse alors de descendre pour traverser des dépressions karstiques.
On atteint ainsi le collet boisé coté 1616 (point7b),
où deux observations peuvent être faites :
a) Au nord du collet 1616 le chemin court de nouveau sur des dalles
rousses de Lumachelle qui ont toujours le même pendage faible
vers l'est : c'est que ces couches sont abaissées par une
faille. Cette cassure, orientée N160, suit le pied du ressaut
qui limite, du côté nord-est, l'éperon rocheux
de la Balme de l'Air. Il s'agit d'un décrochement sénestre,
mais son importance est très secondaire puisque son rejet
vertical n'est que de l'ordre d'une vingtaine de mètres.C'est
néanmoins lui qui détermine certainement le collet
1616.
b) Emprunter le chemin d'exploitation forestière qui descend
d'une dizaine de mètres dans le versant ouest puis entame
une traversée à flanc vers le sud.
Alors qu'il passe au pied de l'abrupt de l'Urgonien supérieur
de la Balme de l'Air, garni d'éboulison y trouve un affleurement
décamétrique de calcaires du Sénonien supérieur,
qui émerge des éboulis, à l'ouest du chemin,
en formant une petite butte.
Cela montre que la succession de couches que l'on vient de traverser
dans le sens descendant appartient en fait à une simple
lame chevauchante, l'écaille de Canaple.
L'écaille de Canaple représente la tranche supérieure des couches du flanc oriental de l'anticlinal médian, décollée par le chevauchement de la Chartreuse orientale. Cette lame tectonique repose, tout le long de la crête, sur le Sénonien supérieur de la véritable voûte de l'anticlinal médian, qui affleure peu en contrebas ouest (fig.9a).
De fait, plus au sud, la partie inférieure (moins massive et plus envahie par la végétation) des escarpements de la Balme de l'Air, dont le chemin suit encore le pied pendant quelques centaines de mètres avant de se perdre est formée aussi par les calcaires blancs, lités et contenant des silex en éclats, du Sénonien supérieur (ils y sont toujours couronnés par les abrupts plus massifs de l'Urgonien).
Depuis le collet 1616, au lieu de revenir par le même chemin (et donc de remonter sur la crête de la Balme de l'Air), on peut poursuivre le parcours de l'échine vers le nord jusqu'à l'arrivée du télésiège de Canaple (point coté 1653) : on y rejoint l'itinéraire décrit dans l'opuscule 1H («À Canaple»), pratiquement au point 10a de ce dernier. Le mieux est alors d'emprunter le chemin qui rejoint le lacet supérieur de la route du Charmant Som en passant successivement par les points 12b, 12a et 11a de cet opuscule. Le retour au parking se fait alors en suivant la route goudronnée (D57d) jusqu'au point coté 1374 (pont sur le ruisseau qui descend du versant nord du Montfromage), puis, 150 m au delà, en empruntant le chemin forestier qui s'en détache vers la droite.
Remonter au Montfromage et en descendre vers le sud jusqu'aux
abords du col 1603. Peu avant d'atteindre ce col emprunter (sur
la gauche) le large chemin d'exploitation forestière qui
s'engage sur le versant est. Il montre d'abord les marno-calcaires
de la base de l'Hauterivien, qu'il entaille sur une dizaine de
mètres de dénivellation, puis il atteint le sommet
des calcaires du Fontanil (point8a), dont il traverse ensuite,
en diagonale vers le NE, les niveaux supérieurs, à
silex contournés.
Vers l'endroit où le chemin tourne vers l'est (point8b),
il recoupe les bancs alternés de marnes qui séparent
ces calcaires du Fontanil supérieurs de ceux de la masse
principale.
Le chemin descend ensuite vers le sud pour rejoindre le fond de
la combe de la Charmette, dans les calcaires du Fontanil à
silex lités de ce dernier ensemble (ceux-ci appartiennent
d'ailleurs au compartiment est, surhaussé, de la faille
occidentale du Montvernet). Puis il traverse vers l'est des calcaires
du Fontanil dont le pendage, incliné vers l'est (point9),
témoigne que l'on vient de franchir le mouvement anticlinal
de l'"ondulation de la Charmette" (fig.9b).
Le parcours du bas vallon de la Charmette, d'abord vers le nord-est puis franchement vers l'est, ne montre plus, jusqu'au parking, que de la terre d'altération riche en débris de silex et, pour finir, à éléments d'Urgonien, avec lesquels on retrouve la nappe des éboulis anciens de Chamechaude.
De La Monta jusqu'au pont du Guâ le D 105 grimpe à
flanc des pentes de rive droite du torrent de Tenaison en entaillant
alternativement des alternances de grès et de conglomérats
de la molasse miocène ou, plus localement, des alluvions
fluvio-glaciaires (la confusion est possible entre ces deux types
de formations si l'on se contente d'un examen rapide par la vitre
d'un véhicule en mouvement). Le pendage des couches est
toujours dirigé vers l'est car on reste dans le flanc occidental
du synclinal de Proveysieux (fig.
1). Il s'y accroît d'ailleurs progressivement (jusqu'à
atteindre 70°), au fur et à mesure que l'on gagne de
l'altitude.
Par contre, passé le pont du Guâ, tout le versant
de rive gauche est garni d'alluvions fluvio-glaciaires (voir encadré),
qui déterminent des pentes plus douces, largement garnies
de prairies et que l'on va traverser en quittant la D105 sur la
droite à la sortie de Pomaray.
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Sous ces alluvions les couches de la molasse miocène
ne sont visibles que dans les fonds de ravins. Elles y décrivent
un repli anticlinal secondaire (à axe plongeant vers le
sud) dont l'ossature de Sénonien émerge vers le
nord en formant l'échine boisée du Mont Rachais
(qui partage la vallée au nord de Pomaray et Planfay).
Cet anticlinal du Rachais subdivise donc le synclinal de
Proveysieux en deux branches (fig.1
et fig.2). Alors que l'on s'était
élevé jusqu'ici en suivant le flanc occidental de
sa branche ouest (ou "synclinal de Tenaison")
on traverse maintenant ces replis d'ouest en est et l'on gagne
ainsi, à la localité de Planfay, la branche orientale
du grand synclinal de Proveysieux (c'est à dire le "synclinal
de Girieux").
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La relative mollesse du relief y est due au fait que les terrains qui en constituent le sous-sol sont essentiellement les grès et conglomérats du Miocène, qui forment ici le coeur de la partie orientale du grand synclinal de Proveysieux (fig.1 et fig.2). |
La route forestière de Girieux étant interdite aux voitures à partir du tournant coté 954, où se trouve la dernière maison du village de Planfay, c'est à cet endroit (point 1) que débute l'itinéraire pédestre.
Au départ de ce point on peut soit (a) suivre la route, soit (b) emprunter un chemin (large mais peu fréquenté) qui s'embranche immédiatement sur la droite, en contrebas d'un réservoir d'eau en béton : ce chemin rejoint la route à son second lacet.
(a) La route s'engage dans les vallonnements du ruisseau d'Abos, qu'elle atteint après un grand rentrant, puis décrit un lacet qui la ramène vers le sud. Cette portion du trajet ne montre aucun affleurement de roche en place mais seulement du matériel fluvio-glaciaire (à gros galets arrondis) ou des éboulis anciens (à blocs anguleux, par place de très grosse taille). Elle décrit un large lacet, qui la fait revenir vers le nord, dans le même matériel, jusqu'à une selle de l'échine qui descend de la Pinéa vers Planfay.
(b) Le chemin montre d'abord du matériel alluvial mêlé, mais principalement fluvio-glaciaire ; plus haut il met à nu des affleurements de molasse miocène conglomératique qui forment en fait toute la butte qui émerge ici des éboulis du versant (point2a). On traverse ces conglomérats jusqu'à la selle du second lacet de la route, 200 m en aval du raccord du chemin, où ils disparaissent sous les éboulis. Ces affleurements appartiennent au flanc oriental du synclinal de Proveysieux car, plus au sud sur le revers oriental de la butte, ils font place à des grès grossiers du Burdigalien, disposés verticalement.
À la sortie du second lacet de la route, du côté est, les bois cachent mal un amas chaotique de gros blocs urgoniens (point2b). Il s'agit d'un éboulement relativement frais qui provenait des barres rocheuses les plus proches, que l'on entrevoit à travers les arbres (point coté 1235). Ces abrupts, qui sont donc formés d'Urgonien, appartiennent à l'écaille de Canaple, c'est à dire à la lame rocheuse qui jalonne le chevauchement de la Chartreuse orientale (fig. 12). Cette lame tectonique se réduit ici à de simples copeaux qui deviennent de plus en plus minces et discontinus vers le sud (fig.1). Les raides pentes boisées qui viennent au dessus de ces abrupts se rattachent à l'ensemble chartreux oriental. Le trajet vers le nord, à flanc de pente, qu'adopte la route ne permettra pas d'atteindre les terrains de cet ensemble car il reste à une distance verticale à peu près constante en contrebas de la grande dislocation qui nous en sépare.
Après 200 m de trajet dans les éboulis la route rejoint et traverse une troisième fois le ruisseau d'Abos. Elle entaille alors l'éperon de la rive droite de ce dernier (point 3) en montrant de bons affleurements des grès calcaires lités de la base de la molasse miocène (Burdigalien). Ils appartiennent au flanc est du synclinal de Girieux (fig. 3 et fig. 12) ici pratiquement redressé à la verticale.
L'examen plus précis de la disposition de ces bancs de grès montre qu'ils sont coupés par plusieurs petites failles inverses, de rejet métrique, qui pendent à 45° environ vers l'est (fig.12). Les compartiments supérieurs de chacune de ces cassures sont décalés vers l'ouest par rapport au compartiment inférieur. Ce sens de rejet indique que ces microfailles résultent d'un mouvement cisaillant vers l'ouest : elles représentent donc très vraisemblablement une déformation secondaire induite par le chevauchement de la Chartreuse orientale (qui passe peu au dessus) dans les terrains sur lesquels il s'est avancé.
Il faut ensuite parcourir 500 m dans des éboulis, et atteindre le vallon suivant (point4), pour trouver de nouveaux affleurements. Ils sont ici formés des conglomérats de la molasse miocène du coeur du pli.
Un nouveau parcours de 250 m dans les éboulis mène
à un dernier ravin (point5), au delà duquel
la route entaille un nouvel éperon rocheux. On y reconnaît
à nouveau les bancs inférieurs de la molasse miocène
(Burdigalien). Ceux-ci, presque exclusivement gréseux sur
plusieurs dizaines de mètres d'épaisseur montrent,
à la différence de ceux du point 3, un pendage vers
l'est d'environ 30° : c'est qu'ils appartiennent à
l'autre flanc (occidental) du synclinal de Girieux (fig. 12). Ils forment une corniche que la
route entaille en traversée de flanc pour rejoindre le
petit collet du sommet du vallon au fond duquel sont tombés
les éboulements déclenchés par cette agression.
Dans les derniers mètres avant le tournant par lequel la
route s'engage dans ce col, son entaille met à nu les argiles
blanches et bariolées de l'Éocène (point6)
: c'est évidemment la présence de ce niveau qui
détermine le vallon et qui est aussi à l'origine
des glissements de terrain qui en affectent le fond. À
l'ouest du col, les sous-bois de l'échine du Mont Rachais
(1244), laissent percer (notamment dans le sentier qui descend
du col vers le sud) des dalles calcaires blanc-jaunâtres
du sommet du Sénonien, ce qui complète la succession
des couches du flanc ouest de synclinal de Girieux.
À partir de ce petit col la route traverse des éboulis pendant 500 m avant de déboucher dans la prairie de Girieux. Cette oasis de prairies horizontales est installée sur des épandages de déjections torrentielles issues d'un ravin à écoulements intermittents qui descend du versant nord de la Pinéa (c'est un "plan alluvial"). On y découvre une vue panoramique sur le versant ouest du chaînon de la Pinéa (fig. 13), où se déroule la suite de l'itinéraire (surtout en gagnant sa lisière occidentale pour avoir plus de recul).
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Le sentier Vermorel se détache de la route moins
de 200 m au nord de l'orée du bois (point 7)
et gagne, à travers les prés, le fond du ravin boisé
qui descend du Montvernet.
Il en suit d'abord la rive droite, sur 500 m, en ne montrant que
des pierrailles de déjections torrentielles. À l'altitude
de 1350 m il passe en rive gauche et s'écarte du fond du
thalweg pour monter en diagonale vers le sud-ouest (point8a)
(laisser de coté les pistes moins bien tracées
qui suivent la rive droite). Le tracé du sentier recoupe
alors des bancs de la molasse miocène, à lits conglomératiques,
qui affleurent aussi dans le lit torrentiel.
Ces bancs sont orientés presque N-S et pendent modérément
(30°) vers l'est. Ils appartiennent au flanc est du synclinal
de Girieux, qui est donc ici assez fortement renversé
(fig.14) (comme l'est également
le Sénonien des basses pentes du Montfromage, qui dominent
ce ravin du côté nord).
La direction de ces bancs miocènes étant N20°E, ils devraient se prolonger, sur l'autre rive (sud) du vallon, dans le socle de la Pinéa. Or la suite du trajet montre que ce n'est pas le cas. En effet le sentier, qui s'élève dans cette direction par deux grands lacets dans les éboulis, s'y heurte à une barrière de falaises urgoniennes orientée presque est-ouest (point8b). Cet Urgonien, étant disposé à l'endroit (comme on le constate au point 9), ne peut donc pas appartenir au flanc est du synclinal de Proveysieux.
En fait ces falaises sont séparées du Miocène du fond de ravin par un autre accident tectonique, car la zone masquée par l'éboulis n'est pas assez large pour cacher la large bande de Sénonien qui devrait s'intercaler entre les deux. La cartographie (fig.1) montre qu'il s'agit du décrochement dextre du Montfromage. C'est certainement à la proximité de ce dernier que l'Urgonien doit de s'y débiter en grandes plaques délimitées par des miroirs de faille subverticaux, orientés NE-SW et porteurs de fortes cannelures subhorizontales dextres.
Ces falaises prolongent en réalité celles de la Balme de l'Air et appartiennent, comme elles à l'"Écaille de Canaple"* (fig. 14). Elles présentent un certain nombre de toits surplombants, inclinés vers l'est, dont l'examen montre qu'ils sont formés de miroirs de faille garnis de stries : ils correspondent sans doute plutôt à des glissements couches sur couches liés au déplacement chevauchant de l'Écaille de Canaple.
Le sentier longe le pied de ces falaises en direction de l'est
(donc de la droite vers la gauche). Il traverse, à leur
extrémité nord-est, une petite ravine et s'élève
ensuite sur sa rive droite par une succession de trois courts
lacets (point9)
Au premier il atteint des bancs de Lumachelle qui coiffent la
falaise urgonienne (ce qui démontre la disposition "à
l'endroit" de ces couches) ; puis il suit la surface de ces
bancs en revenant vers le sud-ouest ; enfin il les traverse d'ouest
en est entre le second et le troisième lacet.
C'est juste avant d'atteindre ce dernier que l'on franchit le
chevauchement de la Chartreuse orientale (sans le voir
vraiment car les conditions d'affleurements sont insuffisantes).
En effet le troisième lacet coupe de mauvais affleurements
de calcaires du Fontanil (plus jaunes et à pâte plus
fine que la Lumachelle).
Le sentier revient ensuite vers le sud-ouest, en traversant de nouveau la ravine : son tracé passe là quelques mètres seulement au dessus de celui du chevauchement de la Chartreuse orientale. Arrivé sur la rive gauche (sud-ouest) de cette ravine il s'éloigne de cet accident en s'élèvant dans la succession des calcaires du Fontanil par quatre lacets courts qui lui permettent d'atteindre le rebord supérieur de la falaise dont ces calcaires forment le couronnement. À partir de là le sentier effectue une traversée ascendante d'environ 200 m (coupée seulement par un très court lacet, au niveau d'une petite source). Au terme de cette traversée (point10) il traverse la limite entre les calcaires du Fontanil et l'Hauterivien, aux abords d'un nouveau grand lacet.
Les six grands lacets suivants (dont les deux derniers sont particulièrement espacés) font franchir, en 200 m de dénivellation, tout le talus de l'Hauterivien. Le sentier comporte d'assez nombreux passages glaiseux, évidemment dûs à la nature argileuse de ces couches; il est en outre coupé de quelques ravineaux qui montrent de place en place leurs alternances de marnes et de bancs de calcaires argileux. Le sixième lacet s'inscrit sur l'échine ouest de la montagne, dans un secteur dégagé d'arbres (point11). On est là à l'aplomb des falaises sommitales, ce qui permet de voir que leur base est constituée par les couches rousses, bien litées, du Barrémien inférieur. Deux ultimes courts lacets font atteindre ces couches, au pied de la falaise, dans le versant ouest.
À partir de là le sentier longe d'abord, vers le nord, le pied du premier des bancs du Barrémien inférieur, puis il tourne vers l'est en s'engageant dans la traversée ascendante de la face nord du prisme rocheux sommital. Il coupe alors en oblique la succession des bancs suivants (leur pendage, ici bien observable, est de 25° vers le sud-est). À cette occasion on peut examiner de plus près les bancs du Barrémien inférieur , formées de calcaires grenus, un peu argileux mais dépourvus de véritables lits marneux entre les bancs. Au terme de cette traversée on débouche sur l'arête nord par une petite brèche ouverte dans les couches les plus basses de l'Urgonien inférieur proprement dit (point12).
Depuis ce point on rejoint l'itinéraire A, peu au sud du point 5b, au prix d'une descente de quelques dizaines de mètres dans le versant oriental du pupitre sommital, sur les dalles structurales brisées de l'Urgonien basal.
On peut évidemment revenir à Planfay par le même chemin mais il est également possible de le faire par deux autres itinéraires, au moins:
Cet itinéraire est à conseiller en cas d'enneigement (tardif ou précoce) du sentier Vermorel. Le tracé du sentier devient malheureusement de plus en plus difficile à repérer, sans doute par insuffisance de fréquentation
Gagner le sommet du Montfromage par l'itinéraire
A (tronçon 3).
De là descendre au collet situé en contrebas ouest
(point13) et s'engager dans le vallonnement de prairies
qui en descend vers le sud-ouest. Il s'agit de la combe monoclinale
qui suit la limite entre la Lumachelle et le Sénonien de
l'écaille de Canaple : son orientation s'infléchit
fortement vers le sud, en même temps que sa pente s'accentue.
Elle est bordée, à main droite, par une échine
où affleure la Lumachelle (cette dernière y couronne
la falaise urgonienne qui prolonge vers le sud celle celle des
Balmes de l'Air et qui représente la semelle de l'écaille
de Canaple). En rive gauche elle est dominée par la raide
pente boisée des calcaires du Fontanil de l'échine
sud du Montfromage, au bas de laquelle passe le chevauchement
de la Chartreuse orientale.
Se laisser toujours guider par le fond de thalweg (on peut
se livrer à des incursions vers l'ouest jusqu'au rebord
supérieur de la falaise, notamment pour obtenir une vue
d'ensemble du versant ouest de la Pinéa, mais il ne faut
pas chercher à la franchir !).
Vers l'altitude de 1570 le thalweg s'engage dans un sous-bois
léger. C'est à peu près là (point14)
que les dalles de Lumachelle viennent directement en contact avec
les calcaires du Fontanil de la rive gauche : le Sénonien
qui s'intercalait entre les deux disparaît parce que toutes
les couches sont ici coupées en biseau par une cassure
transverse secondaire, dont le compartiment sud est abaissé.
Il s'agit de nouveau du "décrochement du Montfromage", cassure dextre qui a déjà été rencontré en deux points: d'une part immédiatement au sud du sommet du Montfromage et d'autre part au pied des falaises inférieures du versant ouest de la Pinéa (en direction duquel on peut voir qu'il se dirige effectivement).
Cet accident est encore jalonné par quelques lambeaux d'Urgonien, d'épaisseur métrique à décamétrique (l'un d'entre eux est visible dans la pente de prairies juste à l'orée sud des bois). Comme celui de l'échine de Canaple ces lambeaux appartenaient, avant leur dislocation en chapelet par cette cassure, à la lame urgonienne qui jalonne le chevauchement de la Chartreuse orientale.
En aval de ce point un mauvais sentier conduit à l'orée
inférieure du bois, où l'on voit la falaise de l'Urgonien
de Canaple s'interrompre et faire place à une pente argileuse
assez raide. C'est là que passe la cassure du Montfromage,
car les escarpements qui reprennent, immédiatement au sud,
en sous-bois, sont constitués par les calcaires du Fontanil
de la Chartreuse orientale (abaissés par la faille).
La lame urgonienne de l'écaille de Canaple, elle aussi
abaissée, disparaît temporairement car elle est cachée,
en contrebas, par des éboulis et des déjections
torrentielles (on la retrouve en rive gauche, 250 m plus au sud,
au point 9). Le sentier met à profit la rupture de continuité
qu'introduit ainsi la faille dans la falaise urgonienne de l'écaille
de Canaple pour descendre en courts lacets dans des éboulis
gras et rejoindre les déjections torrentielles du fond
de vallon.
Le sentier rejoint ensuite le pied du sentier Vermorel à l'endroit (point8) où ce dernier traverse des affleurements de molasse miocène (voir itinéraire B, section 3), c'est à dire à peu de distance des prairies de Girieux.
Cet itinéraire est le plus direct si l'on désire effectuer un retour rapide, mais il présente des passages un peu raides. D'autre part son intérêt géologique est assez limité.
Depuis le sommet suivre directement le fil de l'arête sud (ou descendre une vingtaine de mètres en contrebas, par le sentier, avant de la rejoindre en traversée à flanc).Descendre sur le versant oriental de la dalle urgonienne, en restant à proximité des falaises ouest, jusqu'à l'éperon méridional du glacis rocheux. Ce dernier se franchit par un passage raide, balisé de rouge et comportant 5 m d'escalade facile (point15).
On gagne ensuite l'échine boisée, où les marques de points rouges conduisent d'abord à une petite éminence (point16). Elle est couronnée par un chapeau de brèche de pente et représente donc une "butte témoin" de la nappe des éboulis anciens qui devait tapisser la majorité des pentes de Chartreuse avant la ravinement du Quaternaire récent. Le soubassement de cette butte est formé d'Hauterivien. La position de ce dernier, surélevée par rapport aux bancs de la base de l'Urgonien du pupitre sommital, s'explique par le passage d'une faille qui emprunte le couloir boisé qui sépare la butte des escarpements urgoniens : c'est le "décrochement de la combe Léra" (fig.1).
Les marques rouges s'engagent ensuite dans le versant ouest pour descendre le ravin de Léra. Assez raide et souvent glaiseuse la piste suit pratiquement la trace du décrochement. On atteint ainsi les abords du lacet supérieur de la route forestière (point3) d'où l'on rejoint Planfay par le chemin qui s'en détache du côté gauche en sortie de lacet (ce chemin bifurque 200m plus loin : il faut prendre la branche de droite, plus descendante).
La qualité et l'intérêt des observations
géologiques de cet itinéraire ne sont pas particulièrement
remarquables, mais il a l'avantage d'être très tôt
débarrassé de sa neige.
Il ne suit de sentier que dans la partie qui fait accéder
à l'échine sud de la montagne. Au delà, le
parcours, en sous-bois, se fait le plus souvent en utilisant de
simples pistes d'animaux
Le point de départ de l'itinéraire se situe 500
m avant les dernières maisons du village de Planfay, 300
m en amont du dernier lacet de la route (point20).
Il faut prendre là un chemin de chars qui s'élève
doucement, à flanc, vers le sud-est.
Ce chemin reste dans du matériel fluvio-glaciaire jusqu'au
moment où il décrit un large rentrant d'un premier
thalweg. Au delà (point21) il s'entaille assez vite
dans les calcaires du Fontanil, où il s'élève
en recoupant plusieurs ravines. Il mène ainsi à
un large col (lieu-dit Bois Ronzier) (point22) ouvert
dans la base de l'Hauterivien.
(ce dernier est séparé des calcaires du Fontanil affleurant plus à l'ouest par une faille nord-sud, à compartiment oriental abaissé: c'est le prolongement méridional de la faille est du Montvernet).
À partir du Bois Ronzier des chemins d'exploitation
forestière permettent de rejoindre l'échine de la
montagne et de la suivre, toujours dans l'Hauterivien qui affleure
souvent, jusqu'au lieu-dit Les Salanches (point23).
Il s'agit d'un col au delà duquel la pente de l'échine
se redresse fortement. Ce trait morphologique est dû à
ce que au nord de ce col les calcaires du Fontanil, qui n'affleuraient
jusqu'alors qu'en contrebas est de l'échine, se surhaussent
jusqu'à former la crête des "Prés de
Quaix" elle même. Ceci résulte à l'évidence
d'une faille transverse (la "faille des Salanches",
fig.1, sans doute sénestre
mais dont le tracé est mal établi).
Depuis le coté sud du col on voit, à travers les
arbres , la faille orientale du Montvernet, qui décale
les calcaires du Fontanil dans les abrupts du versant sud-est
du ressaut des "Prés de Quaix" (fig.15).
Gravir ce ressaut par son revers ouest et en atteindre le sommet (point24). La présence d'affleurements d'Hauterivien explique que l'échine y devienne beaucoup moins déclive. On rejoint le sentier, balisé de rouge, de la combe de Léra (itinéraire 4b), sur la bosse de brèches de pentes (point 16) qui précède l'arrivée au pied sud des escarpements rocheux sommitaux.
Depuis le point 22 de l'itinéraire C (fig.11) on peut aisément gagner le pied de l'aiguille de Quaix. Pour cela il faut commencer par monter sur la butte située au sud du col puis suivre ensuite, vers le sud, l'échine boisée plutôt descendante (1 km de marche sur un bon chemin).
Ce trajet se déroule d'abord sur les calcaires du Fontanil
du compartiment ouest de la faille orientale du Montvernet. En
contrebas est de l'échine, notamment dans le chemin qui
descend à Quaix, affleure l'Hauterivien appartenant à
l'autre compartiment, abaissé, de cette faille.
La faille est légèrement oblique à l'échine
et la coupe finalement en biseau aigu, pour passer dans son versant
ouest : c'est ce qui détermine le col situé au nord
de l'aiguille de Quaix. En franchissant ce dernier on passe donc
dans le compartiment oriental, abaissé, de la faille. C'est
pourquoi l'Urgonien basal et le Barrémien inférieur,
qui forment les rochers sommitaux de l'aiguille (et qui appartiennent
à ce compartiment) affleurent à peine plus haut
que les calcaires du Fontanil visibles au nord-ouest du col.
Depuis le col nord de l'aiguille on peut contourner ses escarpements par le versant est pour atteindre une étroite brèche rocheuse de son arête sud, d'où l'on a une vue vers l'ouest. Cette vue porte en fait surtout sur le relief ruiniforme (tours rocheuses et clochetons) des rochers soutenant le plateau du Sappey de Proveysieux. Il s'agit d'énormes masses de brèches de pente, sans doute contemporaines des autres éboulis anciens de Chartreuse, également consolidés en brèches. Ils représentent sans doute les produits d'un éboulement catastrophique qui a démantelé la crête urgonienne entre les Rochers de Chalves et les Rochers de l'Église. Une datation du ciment calcitique de ces brèches a conclu à un âge supérieur à 400.000 ans.














La mention "anticlinal du Fournel" ne désigne en fait qu'un repli anticlinal secondaire qui se développe dans le flanc ouest du pli de ce nom.

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1° édition. Texte, figures et mise en page par M.GIDON, juin 1997 © M.GIDON et association "A la découverte du patrimoine de Chartreuse" (tous droits de reproduction réservés) 1997. |