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Le bassin du Drac au Quaternaire

aperçu d'ensemble

page en cours de rédaction !

Les dépôts et les reliefs associés qui datent du Quaternaire ont fait l'objet, en 1978, d'une importante étude d'ensemble par Guy Monjuvent et sont assez attentivement explorés et illustrés sur le site http://www.paysagesglaciaires.net/.

Au Quaternaire, en particulier à l'époque du maximum de Würm ("Würm II"), le bassin du Drac a surtout subi une forte empreinte du fait du passage des glaciers qui descendaient des massifs montagneux voisins en suivant le cours des rivières qui les drainaient antérieurement.

figure agrandissable
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Les langues glaciaires des Alpes, à l'ouest du Pelvoux, au maximum d'extension de la dernière glaciation


 

 

Cartes schématiques de l'extension des glaciers à trois étapes des dernières grandes glaciations dans la vallée supérieure du Drac

(d'après G. Monjuvent).

La terrasse de Pellafol est constituée de limons lacustres recouverts de cailloutis fluviatiles. Elle s'est formée à l'occasion du remplissage du "Lac du Beaumont" par les matériaux apportés par les torrents et notamment par la Souloise.
Ce lac s'est formé à l'époque du maximum d'extension des glaciers würmiens (Würm II), alors que la langue du glacier qui descendait de la Bonne s'avancait suffisamment pour barrer la vallée du Drac au niveau de La Mure, empéchant alors l'écoulement de ses eaux.

Le cadre intérieur correspond aux limites de la carte géologique au 1/50.000°, feuille Saint-Bonnet.

(figure agrandissable)

 


 

1/ Le cours aval du Drac

En aval de la Mure et des gorges qui entaillent le versant sud de la Matheysine, le lit du Drac atteint le bedrock en entaillant un puissant colmatage alluvial glacio-lacustre dont les restes déterminent de larges replats à flanc de vallée sur les deux rives.


version plus grande de ce dessin
Panorama de la Vallée du Drac
vu du tournant de la D.529 où s'embranche la route (D.116) de Treffort.


Ce colmatage est constitué par les alluvions déposées dans un lac du Trièves qu'avait créé, à l'époque würmienne le barrage de la basse vallée du Drac par la langue glaciaire iséroise à l'emplacement de Grenoble.

Ce sont les argiles lacustres du plateau de Sinard qui témoignent d'un remplissage de la vallée par un lac. Ses eaux ont dû monter progressivement car elles étaient retenues par le glacier de la vallée de l'Isère, qui prenait à l'emplacement de Grenoble une épaisseur de plus en plus grande, au cours de la progression des glaciers au début du Würm II.
Les moraines qui recouvrent ces argiles ont été amenées par une langue diffluente de ce glacier, qui remontait, au maximum de la glaciation de Würm, dans la basse vallée du Drac presque jusqu'à la latitude de Monteynard, et dont le front devait tremper dans ce lac.
Le cours actuel du Drac s'est ensuite encaissé jusque à ré-entailler le substratum rocheux de ce remplissage alluvial en "oubliant", évidemment, ses trajets antérieurs et entraçant un cours nouveau.


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Les lacs d'obturation dans la vallée du Drac au Würm II.
hachures horizontales serrées = lacs de barrage par les langues glaciaires
hachures obliques = zones non englacées
les langues glaciaires sont désignées du nom de la vallée qu'elles empruntent.


2/ Le couloir matheyzin a été ennoyé sous la glace au Riss. Au Würm il se trouvait à une altitude de peu inférieure à celle de la surface des langues glaciaires qui descendaient par les vallées de la Bonne et de la Romanche :
- Le glacier de la Bonne ne s'y est pratiquement pas engagé et n'a fait que barrer le passage aux écoulements de ses pentes et de ses eaux de fonte. Il a abandonné, sur sa rive droite (nord) la moraine du Calvaire, sur le revers sud de laquelle est bâti l'essentiel de la ville de La Mure.
- Le glacier de la Romanche a, au contraire, envoyé une langue de diffluence* qui s'est avancée vers le sud jusqu'à la latitude de Pierre-Châtel. Lors du retrait de cette langue glaciaire elle a laissé une succession d'arcs morainiques enserrant des ombilics frontaux qui hébergent chacun un lac.


versio
n plus grande
Coupe d'ensemble du plateau matheysin
(N.B. une erreur dans la légende originelle a été retouchée)
Les grosses flèches indiquent le sens d'écoulement de la glace ; elle sont par contre disposées à l'envers du sens chronologique des étapes de retrait du front des langues glaciaire.


Entre les deux fronts de ces langues glaciaires s'est formé un vaste lac dont il ne reste comme témoin que le petit étang du Crey et le vaste comblement d'alluvions fluvio-lacustres qui occupe la zone plate entre Pierre Châtel et La Mure ("marais de La Mure"). Les eaux de ce lac débordaient vers l'ouest par dessus les affleurements de socle du col de la Festinière et leur déversoir était constitué par la vallée de La-Motte-d'Aveillans (ce qui a certainement contribué fortement au creusement de cette dernière, dans son tracé transversal aux chaînons du Sénépy et du Conest).

 

Carte des dépôts quaternaires de la Matheysine

(extrait de G. MONJUVENT, 1978, fig.123, p.240, légende retouchée)

1 = moraines rissiennes
2 = alluvions diverses du bassin de la Motte d'Aveillans
3 = moraines du maximum d'extension du Würm II
4 = formations diverses de l'ombilic de la Mure (retrait du Würm II et recrue du Würm III)
5 = glissement de terrain du Lac Mort
6 = delta du Würm II
7 = cônes de déjection postérieurs au Würm II
8 = remplissage de la dépression lacustre d'obturation du maximum du Würm II
9 = alluvions récentes de fond de vallée
10 = chenaux d'effluents d'eaux de fonte
11 = crêtes morainiques rissiennes

figure de plus grande taille


3/ Entre La Mure et Corps le Drac suit la marge occidentale des montagnes du Beaumont en parcourant une large zone déprimée, qui n'est autre que le sillon subalpin, installé comme plus au nord dans la combe monoclinale* des Terres Noires. Mais il y a percé le remplissage alluvial du sillon et creusé son lit jusque assez profondément dans le bedrock en l'entaillant en gorges. Ceci est dû à ce que la surface de ce remplissage alluvial, qui constitue la terrasse de Pellafol, se trouve suspendue nettement au dessus du profil d'équilibre de la rivière, profil que celle-ci a cherché a rejoindre par creusement au cours du Quaternaire récent.
La position surélevée de cette terrasse vient de qu'elle s'est créée, à l'époque du maximum d'extension des glaciers wurmiens (Würm II), en conséquence du fait que la langue du glacier qui descendait de la Bonne barrait la vallée du Drac à l'altitude de La Mure (où se trouve sa moraine latérale). En empêchant l'écoulement des eaux du Drac, ceci a créé un vaste lac qui a subi un comblement partiel par des alluvions, d'abord argileuses, lacustres, puis caillouteuses, fluviatiles. Cette nappe alluviale est maintenant morcelée par les entailles conjuguées du Drac et de ses affluents la Sézia (en rive droite) et la Souloise (en rive gauche).


4/ En Champsaur ...

Bien qu'il soit assez large, le fond du sillon subalpin n'est pas constitué, dans le Champsaur, par une large plaine alluviale (comme dans le Grésivaudan au nord de Grenoble), mais par une zone de collines dans laquelle le Drac s'inscrit par une entaille assez étroite (sauf en amont de Saint-Bonnet).

Ces collines ont un substratum de Terres Noires qui n'affleure en général qu'au fond des ravins car il est recouvert par une nappe assez épaisse d'alluvions fluviatiles et glaciaires. La vallée du Drac a en effet été occupée par une puissante langue glaciaire, en grande partie issue d'une diffluence depuis le glacier de la Durance, qui passait par dessus le col Bayard.


 

Carte schématique de l'extension des glaciers au Champsaur au Würm :

en blanc les langues glaciaires :
1, 2, 3 = stades de retrait du Würm (1 = maximum atteint au Würm II ; 3 = maximum atteint au Würm III).

tiretés = dépôts d'obturation du Würm
pointillés = moraines rissiennes
hachures obliques = secteurs jamais englacés

figure de taille normale
extrait de Guy Monjuvent 1978

Carte des formations quaternaires du Gapençais et du Haut Champsaur

figure de petite taille
version plus grande

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