Saint-Firmin, Grun de Saint-Maurice, Petit Chaillol |
La localité de Saint-Firmin est située en marge orientale du Champsaur, peu en amont du confluent de la Séveraysse avec le Drac, au débouché de la vallée du Valgaudemar, qui se jette là dans le sillon subalpin.

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Le sillon subalpin au confluent de la Séveraysse et du Drac
vu du nord-est, depuis la crête du Rocher de l'Aigle (arête sud du Grun de Saint-Maurice)
a.B = anticlinal du Brudour ; s.E = synclinal de l'Esparcelet
Ds = surface de discordance du Sénonien (sur le Crétacé inférieur) ; f.F et f.AE = les deux failles du faisceau d'Aspres (pour l'interprétation de la structure de la rive gauche du Champsaur, voir la page "Chauffayer").
Elle est installée sur les basses pentes de la rive droite de la Séveraysse, à la marge ouest des larges cônes de déjections que les torrents qui descendent de ce versant de la vallée ont alimenté. Ces pentes, qui dominent Saint-Firmin et portent les villages des Préaux et de l'Esparcelet, sont formées par les terrains sédimentaires argilo-calcaires du Jurassique inférieur et moyen.

La rive droite de la Séveraysse à la hauteur de Saint-Firmin
vue du sud, depuis le hameau d'Entrepierre (route D.316).
a.B = anticlinal du Brudour ; f.P = faille des Préaux ; s.E = synclinal de l'Esparcelet
La partie basse de l'ancien vallon qui descendait du col de l'Esparcelet est colmaté par des alluvions fluvio-glaciaires dont le sommet forme une terrasse sur laquelle se sont installés les villages de Préaux et de l'Esparcelet.
Au nord de Saint-Firmin la succession des couches sédimentaires est en outre perturbée par une grande cassure N-S, la faille des Préaux. Cette dernière a pour effet de surhausser sa lèvre occidentale, remontant ainsi au jour les couches du Lias qui forment les bosses arrondies et boisées situées à l'ouest (La Villette et Chatusse) et au nord-ouest (Les Préaux) de Saint-Firmin. De part et d'autre de la cassure les couches sont ployées par deux amples plis d'axe N-S, le synclinal de l'Esparcelet à l'est et l'anticlinal du Brudour à l'ouest (nom tiré de celui du hameau où passe l'axe de ce pli au sud du Laton).
Vers le nord ces deux plis, et la faille qui les sépare, se prolongent jusqu'à la crête du Laton et du col des Vachers. Mais sur le revers nord-ouest de celle-ci ils sont tranchés par le linéament d'Aspres. Il est toutefois à présumer qu'avant le jeu de ce faisceau de failles le synclinal de l'Esparcelet devait se prolonger par le synclinal de Fallavaux, qui lui ressemble d'ailleurs, au moins par son ampleur.
Dans ces conditions on peut se demander si la faille des Préaux ne représente pas le prolongement méridional de la faille d'Hurtières. En effet cette dernière affecte de façon similaire le flanc ouest du synclinal d'Hurtières (lequel n'est que la branche occidentale du synclinorium de Fallavaux). En ce cas le synclinal de l'Esparcelet représenterait l'extrémité méridionale reconnue du remplissage de l'hémigraben de Bourg-d'Oisans.

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Le haut vallon de Brudour
vu du sud, depuis le col de l'Esparcelet
(les astériques renvoient à des clichés de détail de la page "Rouchoux")
a.Br = anticlinal du Brudour (ondulation la plus orientale) ; s.E = synclinal de l'Esparcelet ; f.P = faille des Préaux
spa (en rouge) = surface de la pénéplaine anté-triasique.
Noter que, dans les hautes pentes de droite, tout le flanc oriental du synclinal est renversé, presque à l'horizontale, y compris le socle cristallin (la voûte du pluton de granite, renversée, forme un chapeau sur la crête). Il n'y a, à l'évidence, aucun chevauchement du socle sur sa bordure sédimentaire.
Vers le sud les axes de ces plis s'abaissent, de sorte que les calcaires liasiques de l'anticlinal s'enfoncent sous les terrains plus récents, du Dogger, au sud de la Séveraysse et que ces couches qui forment le cœur du synclinal prennent une largeur d'affleurement de plus en plus grande dès la rive nord de cette rivière et plus encore en rive sud. Ces couches étant d'autre part moins résistantes à l'érosion elles ne donnent que des reliefs modestes et sont souvent masquées sous les alluvions quaternaires. C'est ainsi que l'axe du synclinal peut être suivi vers le sud jusqu'à la latitude de Lallée, où il affecte les niveaux plus calcaires du Bajocien à La Blache, mais on le perd, au delà, dans les Terres Noires du soubassement du plateau de Chauffayer.
À l'est de Saint-Firmin les couches jurassiques reposent stratigraphiquement sur le socle cristallin du massif du Pelvoux, qui affleure dans les pentes escarpées du versant occidental de l'arête sud du Grun de Saint-Maurice. Mais les déformations tectoniques y ont basculé très fortement la surface de la pénéplaine anté-triasique, au point de lui donner, à mi pente (à l'est de l'Esparcelet) une attitude pratiquement verticale, voire même de la renverser dans les pentes les plus basses. Néanmoins les terrains sédimentaires qui se sont déposés sur le socle cristallin restent toujours en contact stratigraphique sur ce dernier.
Les pentes de rive droite (nord-ouest) du ravin du Villard.
vues du sud, vers l'altitude de 1600 m, depuis le chemin qui monte depuis l'Esparcelet vers le Bec de l'Aigle.
Ce cliché montre que l'interface socle - couverture (en rouge) ne pend encore que très fortement vers l'ouest à ce niveau du versant (on trouvera une analyse détaillée de la succession des couches qu'elle supporte dans l'opuscule de G. BUFFET, 1989).
On se trouve donc ici, comme le plus souvent sur la marge orientale du Champsaur, sur le flanc ouest d'un gros anticlinal, déversé vers l'ouest et d'axe presque N-S (ici plus précisément N 130), qui a ployé la surface du socle cristallin.
L'orientation et l'ampleur de ce pli amènent de façon assez évidente à le rapprocher des plis d'axe N-S du Dévoluy et donc à l'attribuer à l'étape de plissement post-nummulitique.
Il convient en outre de souligner que, contrairement à certaines vues théoriques, l'on n'observe pas ici de chevauchement généralisé du socle sur sa bordure sédimentaire, même si localement des petites failles inverses viennent couper leur interface.
Au sud du cours de la Séveraysse, au pied des abrupts du massif du Petit Chaillol, les rapports entre le socle cristallin et sa couverture sont très similaires.

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Le Petit Chaillol et la rive gauche du Bas Valgaudemar
vus du nord depuis le col de l'Esparcelet.
d.bV (en jaune) = décrochement du Bas Valgaudemar ; a.pC = anticlinal N-S du Petit Chaillol
ØM = chevauchement de Moussière ; s.bP (en rose) = synclinal E-W du Banc du Peyron
(pour plus d'explications sur le socle cristallin voir la page "La Motte")
Toutefois la charnière du pli que décrit l'interface socle - couverture est reportée 2 km vers l'ouest par rapport à sa position au nord de la rivière. Ce décalage est le fait d'une importante faille de décrochement dextre, le décrochement du Bas Valgaudemar, que le cours de la rivière suit presque exactement entre les villages du Séchier et de Saint- Maurice.
Vers le sud-ouest cet accident semble s'amortir dans les couches du Jurassique médio-supérieur du sillon subalpin du Champsaur car on n'en trouve plus aucune trace sur la rive occidentale de cette vallée.
Vers le nord-est on ne le suit avec certitude, dans le socle cristallin de la rive septentrionale du Valgaudemar, que jusqu'aux abords occidentaux du village du Roux, où il est jalonné par une bande d'affleurements liasiques. Il est surprenant qu'il n'ait pas été repéré au sein du socle cristallin, quelques centaines de mètres plus au nord, dans la coupe naturelle du torrent du Mas (où il pourrait correspondre à la limite ouest de l'affleurement de leptynites des Maisonnettes ...) : en effet cette terminaison paraît bien brutale, en regard de l'ampleur du rejet de la cassure. Sa direction le conduirait à rejoindre au-delà, par les pentes de Baume Rousse, la faille occidentale du col de la Vaurze, mais l'on ne dispose que d'indices trop ténus pour envisager sérieusement cette hypothèse.

légende
des couleurs
Carte géologique simplifiée du Champsaur septentrional
redessinée sur la base de la carte géologique
d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne,
au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
voir l'aperçu général sur la géologie du Champsaur |
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