L'Olan |
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Le vallon de Font Turbat Le cours tout-à-fait supérieur de la Bonne emprunte une belle "auge" glaciaire. Toutefois cette auge, comme la plupart de celles du massif, n'est pas exemplaire car son fond plat n'est pas visible, masqué par les cônes d'éboulis qui descendent des deux versants. Les deux épaulements de l'auge glaciaire dont formés
par le granite de Turbat, de même que le Pic de Turbat,
au fond à droite. |
Comme beaucoup de ses pairs cette montagne a un socle de granite (plus précisément ici de gneiss granitisés en migmatites*), mais son sommet est formé par un chapeau de gneiss. Toutefois une première particularité est qu'il s'agit de gneiss amphiboliques et une seconde est que ceux-ci reposent sur leur substratum granitique par l'intermédiaire d'une faille (qui a été dénommée chevauchement de l'Olan).

version
plus grande, muette, de cette image
La face nord-ouest de l'Olan
vue de l'W-NW, depuis l'aplomb du refuge de Fond Turbat.
ØO = "chevauchement" de l'Olan (la neige souligne la petite vire qu'il détermine)

Du fait que la surface de ce chevauchement de l'Olan est inclinée vers le NE, son tracé traverse en biais le flanc sud de la montagne, en s'abaissant progressivement vers l'est. Elle atteint et traverse la vallée de la Séveraisse aux environs Rif du Sap. À cet endroit des couches triasiques sont pincées sous la cassure, ce qui montre que cet accident a fonctionné lors des étapes tectoniques alpines. On peut donc envisager que son rejet chevauchant se poursuive dans le contenu sédimentaire du "synclinal" de Morges et, plus précisément, que le chevauchement de l'Aiguille de Morges en constitue le prolongement.
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Toutefois il est remarquable que cet
accident de l'Olan juxtapose des gneiss amphiboliques à
des granites, roches qui leur sont normalement sous-jacentes.
D'autre part la remontée d'une lame de granite le long
de la cassure paraît difficile à expliquer dans
une tectonique en compression. Cette hypothèse, inédite et personnelle à l'auteur de ce site, lui paraît très séduisante : elle amènerait alors à considérer que le "chevauchement de l'Olan" est un cas d'inversion tectonique (transformation d'une faille normale en faille inverse lors des compressions alpines) au niveau du socle. Ce serait d'ailleurs alors, à ma connaissance, le seul cas véritable connu actuellement dans les massifs cristallins externes. Le prolongement, dans le synclinal de Morges, de la cassure extensive correspondant au premier jeu du chevauchement de l'Olan, pourrait alors être représenté par la faille orientale du Pic de Vallon Clos : de fait cette faille de Vallon Clos ne semble pas pouvoir se prolonger vers le NW autrement que par la faille du Rif du Sap ; de plus elle est sectionnée par le chevauchement de Morges (qui correspond probablement au prolongement du chevauchement" de l'Olan, lors de son jeu compressif). |
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