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Le Monte Oserot

les montagnes de rive gauche de la Stura sur la transversale de Bersezio

Ce sommet, qui surplombe Bersezio, est le dernier bastion des chaînons briançonnais qui soit visible depuis la vallée de la Stura lorsqu'on la descend d'ouest en est. Le point culminant de ce chaînon, coté 2861 mais non nommé sur les cartes, est situé 1km au nord du Monte Oserot (2781).

image sensible au survol et au clic

Le versant sud-ouest du Monte Oserot vu du depuis la Tête du Fer (massif de l'Argentera - Mercantour)
Depuis ce point de vue lointain la perspective est moins déformée que depuis la vallée de la Stura mais Bersezio est caché par les pentes herbeuses de la rive droite de la vallée (Ferriere).
ØRo = surface de charriage de la nappe du Rouchouse proprement dite ("unité de l'Oserot") : sa semelle de roches volcaniques permiennes (transformées en prasinites) forme le coeur d'un anticlinal couché qui pourrait être le crochon* frontal de la nappe.
L'unité de l'Oserot recouvre ici deux groupes d'écailles imbriquées, celles de l'Iretta et celle de la Vicariotta. L'écaille de la Vicariotta appartient à la nappe de la Rocca Peroni (N.RP), tandis que les autres semblent plutôt se rattacher à la nappe du Rouchouse (voir l'essai d'interprétation de cette structure).
La faille de Bersezio, qu'emprunte ici la vallée de la Stura, tranche cet empilement tectonique et juxtapose ces unités aux terrains autochtones du massif de l'Argentera.



Panorama replaçant le cliché ci-dessus dans son cadre géologique.


version de plus grande taille de cette figure
Croquis interprétatif du cliché ci-dessus, extrait de la publication n° 059


Coupe des chaînons au nord de Bersezio (son tracé traverse le cours de la Stura 2 kilomètres au nord-ouest de cette localité).
légende des figurés (nouvelle fenêtre)
n.P = nappe du Parpaillon ; u.S = unité de Serenne ; Ø = accident d'Argentera (cassure limitant l'extension, vers le sud ouest, des nappes briançonnaises, se raccordant plus au sud à la faille de Bersezio) ; a.Ro = anticlinal du Rouchouse.
Nappes briançonnaises (de bas en haut de l'empilement) : n.RP = nappe de Rocca Peroni ; n.Ro = nappe du Rouchouse ; n.S = nappe de Sautron ; u.M = unité de Marinet.
(extrait de la publication n° 024, 1962, retouché)


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La partie septentrionale du chaînon de l'Oserot vue d'avion, d'enfilade des crêtes, depuis le sud-est.
La coupe naturelle visible sur ce cliché peut être considérée comme une clé pour la compréhension de la structure du Briançonnais au sud-est de Larche.
L'oeil est attiré, au centre du cliché, par la tache verte des andésites (Pv = a) du Passo La Croce, qui représentent la semelle siliceuse de la nappe du Rouchouse (n.Ro). Immédiatement à droite les dolomies triasiques de la nappe de Rocca Peroni (n.RP) dessinent une charnière anticlinale : c'est le coeur de l'anticlinal de nappes du Rouchouse. On voit en outre, sur le flanc oriental de ce pli, que la nappe de Sautron (n.S) bascule aussi à la verticale.
Ø = accident d'Argentera (cassure limitant l'extension, vers le sud-ouest, des nappes briançonnaises) ; f.R = faille du Ruburent (en rouge, largement masquée, au sud du lac du Ruburent, derrière la crête du Bric) : elle décale le tracé de la surface de chevauchement de la nappe du Rouchouse sur la nappe de Rocca Peroni.



légende des figurés (nouvelle fenêtre)
Coupe des chaînons à l'est de Bersezio, traversant le cours de la Stura 1,5 kilomètre au sud-est de cette localité.
Ø = accident d'Argentera (cassure limitant l'extension, vers le sud ouest, des nappes briançonnaises, se raccordant plus au sud à la faille de Bersezio) ; f.R = faille du Ruburent ; a.Ro = anticlinal du Rouchouse.
Nappes briançonnaises (de bas en haut de l'empilement) : SB = unités sub-briançonnaises ; n.RP = nappe de Rocca Peroni ; n.Ro = nappe du Rouchouse ; n.S = nappe de Sautron ; u.M = unité de Marinet.
(extrait de la publication n° 024, 1962, retouché)

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Le haut vallon de Servagno, vu d'avion, de l'ouest, depuis l'aplomb de Bersezio.

On voit là, de plus près, le contact, plongeant vers la gauche (Ø), de l'unité briançonnaise la plus basse (celle de Rocca Peroni) sur l'unité subbriançonnaise la plus élevée (celle du Giordano).
En arrière-plan les crêtes des confins du domaine briançonnais et de celui des schistes lustrés piémontais.


(extrait de la publication n° 024, M.GIDON 1962)



Complément : Origine de l'imbrication d'écailles du versant occidental de la montagne de l'Oserot :

Ces écailles font place, du côté est, à la seule nappe de Rocca Peroni, par l'intermédiaire d'un système de failles subverticales, à compartiment ouest abaissé, qui affecte la surface de chevauchement du Briançonnais sur le Subbriançonnais. À ceci près l'écaille de la Vicariotta (qui repose directement sur l'unité subbriançonnaise du Giordano) se connecte sans difficulté au reste de la nappe de Rocca Peroni. Par contre les écailles de l'Iretta sont rebroussées et froissées au flanc ouest de l'anticlinal couché de l'Oserot ; d'autre part la couverture carbonatée du flanc normal de ce pli est décollée de sa semelle siliceuse (laminage des quartzites et du Verrucano).

Ces données ont suggèré une interprétation en plusieurs étapes de déformation, comportant une phase de fracturation extensive (cf publication n° 059).


figure agrandissable
Un essai d'interprétation de l'évolution structurale dans le secteur du Monte Oserot.
Coupe l : Charriage (Ø2) de la nappe du Rouchouze (Ro) sur celle de Rocca Peroni (RP) et (Ø1) sur le Subbriançonnais (SB). Coupe 2 : Fracturation. Coupe 3 : Nouvelle compression. 3a, Rabattement vers le SW des plans de failles ; 3b, Reprise des mouvements tangentiels vers le SW : l'unité de l'Oserot se décolle de sa semelle siliceuse, celle ci restant ancrée contre l'unité de l'Iretta (le biseautage qui affecte vers le SW le Trias carbonaté de l'unité de l'Oserot est donc attribué au rabattement et au cisaillement de la faille F1).
La coupe 3b reprend de façon synthétique (et en les rectifiant), les coupes de la planche d'ensemble.
tcd, Trias moyen calcaréo dolomitique ; r-ti, Semelle siliceuse permo-werfénienne (non différenciée).





Carte géologique simplifiée
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Larche
consulter l'aperçu structural général sur la zone briançonnaise méridionale
consulter l'aperçu structural général sur la Haute Stura

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