Poliénas |
Poliénas est situé à la limite entre la plaine alluviale de l'ombilic* de Moirans et un petit chaînon calcaire qui se détache des collines du Bas Dauphiné (revers sud-est du plateau de Chambaran) pour avancer en éperon, vers le Sud-est, dans la plaine alluviale de l'Isère.
image sensible au survol et au clic

Poliénas et l'ombilic de Saint-Gervais,
vus du sud-est, depuis les pentes de la Chatagnaire (D35 montant
aux Écouges).
La ligne de tirets gras correspond à l'abrupt
de la faille de Chapuisière, qui est fossilisé par
le contact discordant* de l'Oligocène contre les divers
niveaux du flanc oriental de l'anticlinal de Poliénas.
Le tracé plus septentrional de cette faille, qui passe
entre Morette et Poliénas, n'a pas été indiqué. Plus au nord elle est cachetée par le Miocène du
plateau de Chambaran (dont la dispostion horizontale des strates est évoquée par des tirets fins).
En avant-plan, l'Isère parcourt la plaine alluviale qu'elle
a édifiée en comblant de dépôts fluvio-lacustres
l'ombilic* de Saint-Gervais. Cette dépression avait été
creusée par les oscillations sur place de l'extrémité
de la langue glaciaire iséroise, au maximum de son extension
au Würm.
Ce chaînon se signale par la présence d'une vaste carrière ouverte au nord du village. Elle exploite l'Urgonien, qui y est débité en mettant à nu des dalles à pendage accusé vers l'est. Ces couches appartiennent, en fait, au flanc oriental d'un anticlinal de Poliénas qui s'enfonce vers le nord (Tullins) sous sa couverture molassique miocène, non plissée (il s'agit donc d'un pli anté-miocène).

Ce pli se rattache à la fois, du côté nord, à la famille des plis des chaînons jurassiens et, du côté sud aux plis occidentaux du Vercors ; en effet il se connecte à ce massif par l'intermédiaire des affleurements urgoniens entaillés par l'Isère au seuil de Rovon (c'est vraisemblablement lui qui forme, plus au sud, l'anticlinal des gorges du Nant).
Un trait remarquable de l'anticlinal de Poliénas
est le fait qu'il est parcouru longitudinalement par une faille
extensive qui surélève le flanc est du pli (elle
porte à l'affleurement les calcaires du Fontanil du coeur
du pli, dans les gorges mortes de Châteauneuf, par lesquelles
la N92 traverse le chaînon).
Dans le prolongement méridional de cette cassure, immédiatement
à l'est des villages de Pierre Brune et de Chapuisière,
on peut observer des terrains oligocènes, représentés
par des brèches et conglomérats à ciment
de marnes rouges ou blanches. Ces derniers viennent en contact
direct avec la base de l'Urgonien et s'appuient en discordance
sur les couches de celui-ci, par un contact apparemment stratigraphique
(sans tectonisation).

Ce fait indique que, selon toute vraisemblance, les dépôts oligocène se sont accumulés là en s'appuyant sur un abrupt qui devait être constitué par celui de la lèvre orientale - soulevée - de la faille de Chapuisière. En outre on peut penser que les brèches qu'ils contiennent correspondent à des éboulis tombés de cet abrupt. Cette faille de Chapuisière a donc sans doute fonctionné à l'Oligocène et a, en tous cas, été cachetée* à cette époque (avant même que la voûte du pli soit ennoyée sous les dépôts molassiques de la mer miocène).

Carte géologique très simplifiée de l'extrémité septentrionale du Vercors.
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication n° 074
Cette carte est imprimable à l'échelle du 1/250.000°
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dpi (ou imprimer avec une réduction à 36 %.) Pour
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