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Paccaly et Tardevant


Les vallons de Paccaly et de Tardevant ne correspondent pas, pour un géomorphologue, au qualificatif de "combes" qui leur est attribué dans le pays, car leur tracé tranche orthogonalement la succession des couches.

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La "combe" de Tardevant vue d'enfilade, du nord-ouest, depuis le Mont Lachat de Châtillon.
La lèvre sud-est de la faille de la Pointe Percée (f.pP) (partie amont du versant) est soulevée par rapport à la lèvre nord-ouest (partie aval du versant).
suite de ce paysage vers la gauche à la page "Mont Fleuri".


Chacune de ces "combes" résulte d'une entaille glaciaire en forme de U, bien typique et souvent fermée à l'aval par une moraine.

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Le débouché aval de la Combe de Paccaly et l'extrémité nord-ouest de la crête de Paccaly vus de l'ouest, depuis les chalets de Paccaly
On remarque la belle forme en U de la Combe de Paccaly, due au raccord brutal entre des versants raides et un fond presque plat (bien qu'incliné vers l'aval évidemment), ce qui est typique de l'érosion glaciaire.
f.pP = faille de la Pointe Percée : noter l'ébauche de rebroussement en crochon des dalles structurales du compartiment inférieur (abaissé) de la faille.
Cette cassure a les caractéristiques de rejet d'une faille "inverse" mais un pendage qui fait avec les couches un angle supérieur à 90° (voir, ci-après, le cliché du versant nord de la crête). Il s'agit en réalité d'une ancienne faille "normale", basculée avec les couches lors du plissement.


Ces "auges" glaciaires dissèquent le flanc oriental du synclinal de Serraval (depuis le Nummulitique à leur débouché aval jusqu'à l'Hauterivien à leur sommet). Les couches y étant plus inclinées que la pente topographique moyenne, leurs limites y dessinent de beaux "V topographiques"* pointant vers l'aval dans le fond des vallons et vers l'amont sur les crêtes qui séparent ces vallons. En définitive l'érosion y a décapé profondément la dalle urgonienne, qui n'y est conservée que dans la partie inférieure des crêtes intercalaires, sous forme d'arc-boutants pointant vers l'amont en chevrons, tandis que la crête principale est presque entièrement sculptée dans l'Hauterivien.

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Panorama du revers oriental du chaînon des Aravis,
vu du nord-est, depuis le sommet de Croise Baulet

Les deux vallons de Paccaly et de Tardevant se terminent en cul de sac sur la crête principale des Aravis (entre la Roche Perfia et le sommet de l'Ambrevetta), sans déterminer de col bien marqué sur cette crête. Il en va de même d'ailleurs pour les "combes" voisines, qu'elles soient plus septentrionales ou plus méridionales. Cela est dû évidemment à ce que l'érosion due aux glaciers voit son efficacité décroître vers le haut de la vallée qu'ils occupent et que c'est vers l'aval, où ils s'épaississent, que leur rabotage creuse le plus profondément..

Il cependant remarquable que la crête principale du chaînon soit aussi peu indentée et qu'elle montre une altitude aussi uniforme. On peut se demander si cela ne serait pas dû à l'aplanissement général qu'ont subi les massifs subalpins (voir la page spéciale), qui serait peut-être intervenu, ici aussi, avant que les glaciers soient venus creuser et modeler les "combes" des Aravis.
Cet aplanissement aurait en effet tranché horizontalement toute la succession des couches déjà inclinées vers l'ouest ; puis la tranche des couches les plus résistante, constituée par l'ensemble Urgonien-Hauterivien aurait été mise en relief et affûtée en crête par l'érosion mécanique. L'altitude régulière de cette crête pourrait donc correspondre au fait qu'elle ne serait pas encore très éloignée de celle qu'atteignait ici la vieille surface d'aplanissement avant qu'elle ait été profondément disséquée par les érosions les plus récentes.


Le versant nord de la crête de Paccaly peut aisément être examiné depuis le vallon de Tardevant. On y voit se développer dans l'Urgonien un système de failles réalisant à l'échelle de la centaine de mètres le dispositif classique connu sous le nom de "blocs basculés"*.

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Détails de la partie inférieure de la crête de Paccaly vus des basses pentes de Tardevant (altitude 2050) (vue déformée par la perspective).
On voit bien le cachetage de la faille F1a par le niveau U2 de l'Urgonien inférieur.
f.pP = faille de la Pointe Percée (F3a sur le schéma) : noter que la surface de cassure fait avec les couches un angle supérieur à 90° et en outre qu'elle est onduleuse : ce caractère résulte sans doute des glissements couches sur couches dans l'Urgonien, lors du plissement qui a basculé la surface de cassure.


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La partie moyenne de la crête de Paccaly vue des hautes pentes de Tardevant (vue légèrement plongeante).
Le cachetage* de la faille F1b par le niveau U4 de l'Urgonien inférieur est particulièrement bien visible.
Le niveau U4 est décalé par une faille F2 qui correspond probablement à une reprise de fonctionnement ("rejeu") de F1c car le rejet de la base de U3 est moindre que celui de la base de U1. De plus on arrive à distinguer, sur l'arête, dans U4, deux surfaces de cassure parallèles, convergentes en une seule vers le bas.

 

Légende des autres détails en figure suivante

figure plus grande
La coupe naturelle de la Crête de Paccaly (partie haute), en rive nord du vallon de Tardevant.
U1, U2, U3 et U4 désignent les niveaux successifs de l'Urgonien (dans l'ordre ascendant). F1 et F2 sont les failles extensives synsédimentaires qui débitent l'Urgonien (les failles F2 sont des cassures de fonctionnement plus tardif que F1)
F3a est encore plus tardive et appartient au faisceau des failles N50 syn-Nummulitiques. Elle se poursuit vers le NE par la faille de la Pointe Percée.

 

 


Ce dispositif est "cacheté" par les niveaux supérieur de l'Urgonien (U4 et suivants) et s'amortit vers le bas dans les couches de l'Hauterivien. Il s'agit par conséquent de failles de tassements synsédimentaires. Leur jeu traduit donc le fait que la dalle urgonienne, en cours de dépôt, était l'objet d'une traction horizontale tendant à l'entraîner vers l'est : on peut y voir les effets d'un affaissement du bord de la plate-forme carbonatée où se déposait cette formation, dont le talus se trouvait précisément du côté est à cette époque.


Schéma interprétatif (avant basculement)
Ce schéma, tiré de l'observation de la coupe de la Mamule (inversé pour tenir compte de la différence d'orientation des vues) s'applique presque identiquement à la crête de Paccaly.



Coupes du versant oriental des Aravis selon la ligne de partage des eaux Arly - Arve
ØCB = chevauchement de Croise Baulet ; ØM = chevauchement de La Miaz ; ØA = chevauchement d'Areu ; ØMa = chevauchement de Magland. s.A = synclinal d'Arpenaz ; a.A = anticlinal d'Arpenaz.
Failles extensives anciennes : f.G = faille de la Grangeat ; f.pP = faille de la Pointe Percée.
N.B. : Seule la moitié droite de cette coupe (Ambrevetta - Aiguilles Noires) concerne le secteur étudié dans cette page : il correspond à la rive nord-est du vallon de Tardevant.

 


Vue d'ensemble sur le chaînon des Aravis septentrionaux
Pour plus de détails consulter la publication n°166

carte géologique au 1/50.000° à consulter : feuilles Annecy-Bonneville et Cluses

Grand Bornand

Mont Lachat de Ch.

MontFleury
La Clusaz LOCALITÉS VOISINES La Miaz

col des Aravis

La Giettaz

Croise Baulet
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