Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/bornes/_lieux_aravis/paccaly.html
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Les vallons de Paccaly et de Tardevant ne correspondent
pas, pour un géomorphologue, au qualificatif de "combes"
qui leur est attribué dans le pays, car leur tracé
tranche orthogonalement la succession des couches.
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La "combe" de Tardevant vue d'enfilade, du nord-ouest, depuis le Mont Lachat de Châtillon.
La lèvre sud-est de la faille de la Pointe Percée
(f.pP) (partie amont du versant) est soulevée par
rapport à la lèvre nord-ouest (partie aval du versant).
suite
de ce paysage vers la gauche à la page "Mont Fleuri".
Chacune de ces "combes" résulte
d'une entaille glaciaire en forme de U, bien typique et souvent
fermée à l'aval par une moraine.
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Le débouché aval de la Combe de Paccaly
et l'extrémité nord-ouest de la crête de Paccaly
vus de l'ouest, depuis les chalets de Paccaly
On remarque la belle forme en U de la Combe
de Paccaly, due au raccord brutal entre des versants raides et
un fond presque plat (bien qu'incliné vers l'aval évidemment),
ce qui est typique de l'érosion glaciaire.
f.pP = faille de la Pointe Percée : noter
l'ébauche de rebroussement en crochon des dalles structurales
du compartiment inférieur (abaissé) de la faille.
Cette cassure a les caractéristiques de rejet d'une faille
"inverse" mais un pendage qui fait avec les couches
un angle supérieur à 90° (voir, ci-après,
le cliché du versant nord de la crête). Il s'agit
en réalité d'une ancienne faille "normale",
basculée avec les couches lors du plissement.
Ces "auges" glaciaires dissèquent
le flanc oriental du synclinal de Serraval (depuis le Nummulitique
à leur débouché aval jusqu'à l'Hauterivien
à leur sommet). Les couches y étant plus inclinées
que la pente topographique moyenne, leurs limites y dessinent
de beaux "V topographiques"* pointant vers l'aval dans
le fond des vallons et vers l'amont sur les crêtes qui séparent
ces vallons. En définitive l'érosion y a décapé
profondément la dalle urgonienne, qui n'y est conservée
que dans la partie inférieure des crêtes intercalaires,
sous forme d'arc-boutants pointant vers l'amont en chevrons, tandis
que la crête principale est presque entièrement
sculptée dans l'Hauterivien.
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Panorama du revers oriental du chaînon des
Aravis, vu du nord-est, depuis le sommet de Croise Baulet
Les deux vallons de Paccaly et de Tardevant se terminent en
cul de sac sur la crête principale des Aravis (entre la
Roche Perfia et le sommet de l'Ambrevetta), sans déterminer
de col bien marqué sur cette crête. Il en va de même
d'ailleurs pour les "combes" voisines, qu'elles soient
plus septentrionales ou plus méridionales. Cela est dû
évidemment à ce que l'érosion due aux glaciers
voit son efficacité décroître vers le haut
de la vallée qu'ils occupent et que c'est vers l'aval,
où ils s'épaississent, que leur rabotage creuse
le plus profondément..
Il cependant remarquable que la crête principale du chaînon
soit aussi peu indentée et qu'elle montre une altitude
aussi uniforme. On peut se demander si cela ne serait pas dû
à l'aplanissement général qu'ont subi les
massifs subalpins (voir la page
spéciale), qui serait peut-être intervenu,
ici aussi, avant que les glaciers soient venus creuser et modeler
les "combes" des Aravis.
Cet aplanissement aurait en effet tranché horizontalement
toute la succession des couches déjà inclinées
vers l'ouest ; puis la tranche des couches les plus résistante,
constituée par l'ensemble Urgonien-Hauterivien aurait été
mise en relief et affûtée en crête par l'érosion
mécanique. L'altitude régulière de cette
crête pourrait donc correspondre au fait qu'elle ne serait
pas encore très éloignée de celle qu'atteignait
ici la vieille surface d'aplanissement avant qu'elle ait été
profondément disséquée par les érosions
les plus récentes.
Le versant nord de la crête de Paccaly peut aisément être examiné depuis
le vallon de Tardevant. On y voit se développer dans l'Urgonien
un système de failles réalisant à l'échelle
de la centaine de mètres le dispositif classique connu
sous le nom de "blocs basculés"*.
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Détails de la partie inférieure de la crête
de Paccaly vus des basses pentes de Tardevant (altitude 2050) (vue déformée
par la perspective).
On voit bien le cachetage de la faille F1a par
le niveau U2 de l'Urgonien inférieur.
f.pP = faille de la Pointe Percée (F3a sur
le schéma) : noter que la surface de cassure fait avec les
couches un angle supérieur à 90° et en outre
qu'elle est onduleuse : ce caractère résulte sans
doute des glissements couches sur couches dans l'Urgonien, lors
du plissement qui a basculé la surface de cassure.
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La partie moyenne de la crête de Paccaly vue des hautes pentes de Tardevant (vue légèrement
plongeante).
Le cachetage* de la faille F1b par le niveau
U4 de l'Urgonien inférieur est particulièrement
bien visible.
Le niveau U4 est décalé par une faille F2
qui correspond probablement à une reprise de fonctionnement
("rejeu") de F1c car le rejet de la base de U3
est moindre que celui de la base de U1. De plus on arrive
à distinguer, sur l'arête, dans U4, deux surfaces
de cassure parallèles, convergentes en une seule vers le
bas.
Légende des autres détails
en figure suivante

figure plus grande
La coupe naturelle de la Crête de Paccaly (partie
haute), en rive nord du vallon de Tardevant.
U1, U2, U3 et U4 désignent les niveaux successifs
de l'Urgonien (dans l'ordre ascendant). F1 et F2 sont les failles extensives synsédimentaires qui débitent
l'Urgonien (les failles F2 sont des cassures de fonctionnement
plus tardif que F1)
F3a est encore plus tardive et appartient au
faisceau des failles N50 syn-Nummulitiques. Elle se poursuit vers
le NE par la faille de la Pointe Percée.
Ce dispositif est "cacheté"
par les niveaux supérieur de l'Urgonien (U4 et suivants)
et s'amortit vers le bas dans les couches de l'Hauterivien. Il
s'agit par conséquent de failles de tassements synsédimentaires.
Leur jeu traduit donc le fait que la dalle urgonienne, en cours
de dépôt, était l'objet d'une traction horizontale
tendant à l'entraîner vers l'est : on peut y voir
les effets d'un affaissement du bord de la plate-forme carbonatée
où se déposait cette formation, dont le talus se
trouvait précisément du côté est à
cette époque.

Schéma interprétatif (avant basculement)
Ce schéma, tiré de l'observation de la
coupe de la Mamule (inversé
pour tenir compte de la différence d'orientation des vues)
s'applique presque identiquement à la crête de Paccaly.

Coupes du versant oriental des Aravis selon la ligne de partage
des eaux Arly - Arve
ØCB = chevauchement de Croise Baulet
; ØM = chevauchement de La Miaz ; ØA
= chevauchement d'Areu ; ØMa = chevauchement de
Magland. s.A = synclinal d'Arpenaz ; a.A = anticlinal
d'Arpenaz.
Failles extensives anciennes : f.G = faille de la
Grangeat ; f.pP = faille de la Pointe Percée.
N.B. : Seule la moitié droite de cette coupe (Ambrevetta
- Aiguilles Noires) concerne le secteur étudié dans
cette page : il correspond à la rive nord-est du vallon
de Tardevant.
Vue d'ensemble sur
le chaînon des Aravis septentrionaux 
Pour plus de détails consulter la publication
n°166
carte géologique au 1/50.000° à consulter
: feuilles Annecy-Bonneville et Cluses
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1/12/08