Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/brianconnais/_lieux_Guisane_WNevache/Briancon.html
Briançon, Serre des Aigles, Enrouye.
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la trouée de la Durance au nord
et à l'est de Briançon
La ville de Briançon est bâtie
sur les reliefs calcaires des chaînons du Briançonnais
oriental, aux confins avec la zone houillère. En amont
de la ville la vallée de la Durance entaille orthogonalement
le premier de ces chaînons, celui de la Croix de Toulouse
et sur Serre des Aigles, tandis que la Guisane suit longitudinalement
(quoiqu'un peu en biais) la marge est de la zone houillère.

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Le site de Briançon
vu du sud-ouest, depuis le village du Mélezin (Cx
T = Croix de Toulouse).
z. houil. = "zone houillère (coeur
de l'anticlinorium briançonnais) ; u.RG = unité
de Roche Gauthier ; u.G = unité de la crête
des Granges ; u.En = unité de l'Enrouye (prolongement
septentrional probable de celle de la crête des Granges).
ac.B = accident (décrochement dextre ?) de Briançon
; f.L = faille de Lenlon (elle passe dans le revers oriental
de la crête du Serre des Aigles) ; f.Cl = faille
de la Clarée (masquée).
s.bR = synclinal couché du Bois des Rousses (Ø
= rupture en chevauchement de son flanc inverse) ; a.cT
= anticlinal de la Croix de Toulouse ; s.E = synclinal
de l'Enrouye. Le flanc supérieur (inverse) de ce pli présente
des cavités karstiques emplies de sidérolitique
(sid.) dont la teinte rouille a donné son nom à
la crête.
La vieille ville est plus précisément
installée sur un verrou que la Durance entaille en une
gorge profonde. Les roches qui arment ce verrou sont des dolomies
noriennes et des calcaires plaquetés à zones siliceuses
du Malm - Néocomien. Cette succession est caractéristique
de l'unité de la crête des Granges, avec laquelle
il y a d'ailleurs continuité des affleurements vers le
sud. Dans l'ensemble elle est disposée à l'envers.
Au nord du tracé de la route N94 (qui
contourne la vieille ville par le nord) les affleurements des
abrupts qui tombent de la Croix de Toulouse sont extrêmement
différents : il s'agit d'une succession carbonatée
du Trias moyen qui repose sur une semelle siliceuse de quartzites
et de Verrucano, puis de houiller, le tout dessinant une belle
charnière anticlinale déversée vers l'est.
Au prix d'un raccord synclinal (synclinal couché du
Bois des Rousses) cette succession se raccorde en continuité
avec celle du Serre des Aigles, puis de la crête de Peyrolle,
c'est-à-dire qu'elle se rattache à l'unité
de Roche Gauthier.
Le synclinal couché du Bois des Rousses est bien dessiné
au nord, à la hauteur de Saint-Chaffrey (où sa charnière
de quartzites plonge vers le nord sous le Houiller). Plus au sud,
au niveau du Serre Lan, il est rompu en chevauchement par étirement
de son flanc inverse,
On remarque en outre que ce synclinal n'affecte pas le tracé
de la faille de Lenlon, qui descend de façon quasi rectiligne
dans le versant : ceci confirme le fonctionnement tardif, postérieur
aux structures rétrodéversées, de cette cassure.

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La trouée de la Durance en amont de Briançon
vue d'amont depuis les pentes de rive gauche sous l'Infernet.
u.G = unité de la crête des Granges
; u.En = unité de l'Enrouye (prolongement septentrional
probable de celle de la crête des Granges).
ac.B = accident (décrochement dextre ?) de Briançon
; f.L = faille de Lenlon
Il y a donc un important accident qui sépare
l'unité tectonique de la Croix de Toulouse et celle de
la vieille ville. Cet accident de Briançon est partout
masqué par des formations quaternaires superficielles (éboulis,
moraine), de sorte que sa nature est quelque peu énigmatique.
Cependant son tracé, tel qu'il est contraint par la cartographie,
est sensiblement N70 et son rejet cartographique consiste en un
décalage dextre de la faille de Lenlon : on peut donc envisager
qu'il s'agisse d'un décrochement de la famille de ceux
qui sont surtout fréquents à la marge ouest du Briançonnais.
C'est à l'évidence cet accident qui a dirigé
le cours de la Durance, même si ce dernier s'inscrit maintenant
avec un tracé un peu décalé vers le sud par
rapport à la cassure.
Au sud de l'accident de Briançon la zone houillère
vient en contact presque direct avec l'unité de la crête
des Granges, jusqu'au pont Baldy, où s'intercalent de nouveau
les quartzites et le Trias moyen calcaréo-dolomitique qui
forme la crête de la Croix de Bretagne. Cette interruption
de la série post-houillère de l'unité de
Roche Gauthier n'est pas facile à comprendre, faute en
particulier d'affleurements suffisants. Il est probable qu'elle
soit liée à l'existence d'une autre cassure, orientée
NNE-SSW, qui traverse le bord occidental du massif de Peyre Haute
(faille des Oriols
et de Coste Rousse) et dont le tracé semble précisément
aboutir dans le secteur du Pont Baldy.

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cartes
géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille
Briançon
N.B. Les liens entre parenthèses
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