Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/chartreuse/1_general_chartr/structure.html
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L'architecture géologique de
la Chartreuse :
ses traits majeurs
|
Les couches de roches qui constituent le massif
de la Chartreuse étaient disposées originellement
(lors de leur dépôt) en vastes dalles horizontales
bien planes. Elles ont été déformées
(comme celles des autres massifs subalpins) par les efforts liés
au soulèvement alpin. L'architecture résultant de
cette déformation des couches est ce que l'on appelle la
"tectonique" du massif.

coupe ouest-est du massif, au niveau de Saint-Pierre-d'Entremont
Ce dessin donne une idée de l'allure prise par
les couches, du fait des déformations (torsions et brisures)
qui les ont affectées.
(pour voir cette coupe à une taille
plus grande, ainsi que celles qui la complètent au nord
comme au sud, chargez la planche
générale)
L'analyse de cette architecture permet d'y
reconnaître une collection de "structures tectoniques"
élémentaires, rattachables à un certain nombre
de catégories et de types,
qui se combinent. Celles de petite taille, à l'échelle
des affleurements ou plus petites, sont dites "microtectoniques".
L'inventaire de celles qui sont à l'échelle du paysage
et de la carte conduit à dégager une "organisation
structurale" du massif. Enfin cette organisation explique
de nombreux traits de son relief.
Dans le massif de la Chartreuse les déformations
"tectoniques" ont été relativement
modérées. Certes les strates y ont été
basculées, tordues et brisées (voir les coupes),
mais l'ordonnance fondamentale de la succession des couches y
reste encore bien lisible, alors que ceci n'est plus le cas, bien
souvent, dans les massifs alpins "internes". Ces déformations
ont cependant été assez généralisées
et assez efficaces pour que pratiquement aucune de ces couches,
en aucun secteur, ne soit restée plane et horizontale.
Le résultat en est que la dissection
de ces couches par l'érosion n'a pas déterminé
la formation de plateaux et de canyons, comme dans les régions
soulevées en bloc, sans être affectées par
un serrage, ou celles plus faiblement bousculées, comme
le Vercors. Elle y a plutôt dégagé assez généralement
des dalles inclinées, tranchées de falaises qui
encadrent des vallées de même direction.
D'autre part, la vague des déformations
alpines n'a atteint la Chartreuse que tardivement, au terme
d'une propagation qui s'est faite depuis le bord est des Alpes
vers l'ouest. Aussi la Chartreuse n'a telle subi que peu d'étapes
tectoniques successives et celles-ci se sont étalées
sur trop peu de temps pour que soient intervenus des changements
dans la direction des efforts. Cette direction est restée
sensiblement est-ouest, ce qui a conféré au massif
une disposition de ses structures bien réglée selon
des alignements nord-sud, ce qui apparaît très clairement
sur les photos
d'ensemble, notamment vues d'avion.
La
Chartreuse, vue d'avion, depuis le sud-ouest, au couchant. 
Les structures dues à la déformation
des couches, qui sont parfois bien visibles dans les paysages,
consistent avant tout en plis et failles .
en
savoir plus sur les plis
et failles
Les photos ci-après en donnent quelques exemples particulièrement
représentatifs.

version
plus grande de cette image
L'Écoutoux, vu du Saint-Eynard
Exemple de pli anticlinal de taille kilométrique
:
Dessiné par la barre tithonique, il est presque "droit",
seulement légèrement déversé vers
la droite (vers l'est). Le Tithonique du flanc ouest du pli est
fracturé par une faille, du type "inverse",
qui a été basculée vers l'ouest par le plissement
et est ainsi devenue horizontale (le gros points indiquent le
décalage des niveaux repères : points blancs = base
du Tithonique ; points noirs = sommet de sa corniche inférieure).
En arrière-plan, la dalle urgonienne de la Pinéa,
posée en biais sur son socle de marnes de l'Hauterivien,
appartient à un antre pli..

version plus grande de cette image
Le haut vallon de Marcieu, au nord du col de Bellefond
Exemple de pli synclinal de taille kilométrique
:
L'érosion a évidé le coeur du pli, formé
de terrains tendres du Sénonien (garnis de prairies), en
dégageant un "val" suspendu en altitude. Sur
les flancs du synclinal l'Urgonien sous jacent est mis à
nu et forme deux "crêts" saillants symétriques,
les lances de Malissard à gauche (ouest) et l'Aup du Scieu
à droite (est) sur lesquels cherchent à s' accrocher
des conifères. Dans le fond : la crête du Pinet,
derrière laquelle se profile le Granier (ces deux sommets
appartiennent aussi au flanc ouest du synclinal).
Les hauts vallons suspendus de la Chartreuse nord-orientale
vus du NE (d'avion)
Exemple de failles ("de décrochement")
coupant un synclinal de taille kilométrique.
La gouttière synclinale que dessine l'Urgonien héberge,
à droite du centre du cliché, les prairies de l'Alpette,
installées sur le Sénonien du coeur du synclinal
oriental (s.O), à son point le plus bas : on perçoit
en effet fort bien que cette gouttière est inclinée
vers le nord (vers l'avant droit).
Le synclinal est tranché et décalé (aussi
bien dans le sens vertical qu'horizontal) par deux failles de
décrochements qui délimitent le plateau déprimé
de l'Alpette: le décrochement du col de l'Alpe (d.CA)
le surhausse par rapport à la partie plus méridionale
du synclinal ; au contraire il est abaissé, vis-à-vis
du plateau du Granier, par le décrochement de l'Alpette
(d.A). Le décalage horizontal dû à
ces failles (demi flèches))est plus facile à apprécier
sur une vue
prise dans l'axe du synclinal.
En avant droit la dalle urgonienne du Granier, inclinée
vers le Grésivaudan (flanc ouest du synclinal, le flanc
est étant enlevé par l'érosion qui a creusé
le Grésivaudan) ; la gouttière synclinale de l'Urgonien
se termine, vers le sud à la Dent de Crolles, où
elle est tranchée par le Grésivaudan.
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