Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/0_geol_gene/structures_tecto/decrochements.html
ou "failles de coulissement"
voir
aussi : la notion
de faille et les agencements
de failles.
Ce sont, au contraire des autres types de failles,
des déchirures le long desquelles les mouvements étaient
des coulissements horizontaux (ou ne comportaient qu'un
décalage vertical faible en regard du décalage horizontal).
Le mouvement est de sens dextre (ou
"horaire") si le pivotement que subirait un objet pris
dans le plan de cassure se fait, vu de dessus, dans le
sens des aiguilles d'une montre (dit aussi sens "horaire")
; il est dit sénestre (ou "anti-horaire")
dans le cas contraire
Les surfaces de cassures des failles de décrochement
sont à peu près verticales. Leurs miroirs sont porteurs
de stries ou cannelures horizontales (ce qui ne se voit que sur
les vues
rapprochées).
cliquez sur les vignettes pour afficher le cliché correspondant
!
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Le décrochement de l'Alpette
vu d'enfilade, depuis son extrémité
occidentale à La Ruchère.
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Sous cet angle la faille est vue d'enfilade, ce qui
ne permet pas d'apprécier la valeur du décalage
horizontal (le compartiment droit se déplace relativement
vers l'avant). Par contre cela met en évidence l'attitude
très verticale du plan de cassure.
Remarquer que la barre urgonienne de la Roche Veyrand, abaissée
par la faille dans la gorge du Guiers Vif, se trouve dans le prolongement
exact de la falaise des calcaires du Fontanil du socle de cette
montagne, qui lui ressemble (cela avait fait croire aux anciens
auteurs à un redoublement de l'Urgonien par chevauchement).
voir commentaires
complémentaires sur ce dernier point.
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Vue plus rapprochée du décrochement
de l'Alpette
depuis le roc du Pinet
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sous cet angle la composante verticale du rejet est la plus apparente,
mais ce n'est qu'un aspect accessoire de cette cassure, dont on
voit bien le pendage subvertical.
version
plus grande, sans commentaires, de cette image
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Les décrochement de l'Alpette et de
l'Alpe, dans leur traversée des hauts plateaux orientaux
de la Chartreuse,
vue prise du NE (d'avion)
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La gouttière du synclinal chartreux oriental
héberge, à droite du centre du cliché, les
prairies de l'Alpette (installées sur le Sénonien
du coeur du pli). Elle est tranchée et décalée
(aussi bien dans le sens vertical qu'horizontal) par des failles
de décrochements. Le plateau déprimé de l'Alpette
(partie centrale du cliché) est délimité
par deux de ces cassures : le décrochement du col de l'Alpe
le surhausse par rapport à la partie plus méridionale
du synclinal ; au contraire il est abaissé, vis-à-vis
du plateau du Granier, par le décrochement de l'Alpette
(le décalage horizontal dû à ces failles est
plus facile à apprécier sur une vue prise dans l'axe
du synclinal).
En avant droit la dalle urgonienne du Granier, inclinée
vers le Grésivaudan correspond au flanc ouest du synclinal
(son flanc est étant enlevé par l'érosion
qui a creusé le Grésivaudan) ; la gouttière
du synclinal oriental se termine au fond à gauche, à
la Dent de Crolles, où elle est tranchée par le
Grésivaudan..
En Chartreuse les failles de décrochement
sont presque toujours orientées NE-SW et le déplacement
relatif des compartiments est alors dextre (c'est à
dire que le compartiment SE est décalé vers le sud-ouest
par rapport au compartiment NW). Pour chaque faille le déplacement
approche de 3 km à la marge est du massif. Il décroît
vers l'ouest, en même temps que le décalage total
se "dilue" entre un nombre plus grand de fractures moins
importantes, de sorte qu'aucun décrochement ne franchit
le chevauchement le plus occidental.
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Les failles de décrochement du synclinal
oriental de la Chartreuse
(vu du N, d'avion)
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Les traits blancs représentent les quatre tronçons
successifs du synclinal oriental de la Chartreuse. Ils sont décalés
dans le sens dextre par trois décrochements majeurs : d.A
= décrochement de l'Alpette ; d.CA = décrochement
du col de l'Alpe ; d.B = décrochement de Bellefond.
On distingue aussi, à l'avant gauche, l'extrémité
du décrochement secondaire des Pinchérins, qui traverse
le plateau du Granier.
On complétera avantageusement cette vue par celle du même
synclinal vu sous un angle plus oblique.
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La partie septentrionale du synclinal oriental
de la Chartreuse
vu du sud, depuis les Lances de Malissard
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On voit bien, sous cet angle, les décalages
successifs de l'axe du synclinal par les décrochements
du col de l'Alpe (DCA) et de l'Alpette (DA). Chacun
est souligné par un abrupt regardant vers le sud, qui est
dû au rejet vertical qui s'y ajoute au décalage horizontal.
Schéma montrant le décalage d'un niveau
repère ployé en synclinal, à la suite d'un
décrochement dextre.
(inspiré de l'Urgonien du synclinal oriental
de la Chartreuse, notamment au niveau du col de Bellefond)
Les parties représentées en tirets sont celles susceptibles
d'être enlevées par l'érosion lorsque cette
dernière a rectifié l'alignement des falaises (c'est
notamment le cas du rebord du Grésivaudan). On voit ainsi
apparaître dans ces falaises des rejets verticaux qui sont
différents (notamment de sens opposé) dans le flanc
ouest (rvO) et dans le flanc est (rvE).
rh est le rejet horizontal., ASs l'axe synclinal
dans le compartiment sud et ASn dans le compartiment nord.
(figure
agrandissable).
Schéma montrant le rejet vertical (rv) induit
par un décrochement dextre (A) et sa variabilité
en fonction du pendage des couches (B).
(inspiré de l'Urgonien du flanc oriental de
la Roche
Veyrand).
Dans le cas B on parle souvent de faille "en touche de
piano", car le rejet vertical croît de gauche à
droite. Cette expression suggère, de façon erronée,
que ce rejet résulterait d'un basculement, alors que, dans
la majorité des cas, c'est en fait le résultat d'un
décrochement.
La grande importance des décrochements,
tant par leur nombre que par l'ampleur du décalage des
plis qu'ils introduisent, est peut-être la singularité
la plus marquante de la Chartreuse par rapport aux autres massifs
subalpins, notamment à ses plus proches voisins, les Bauges
et le Vercors.
L'existence de ces cassures montre que l'écrasement
transversal du massif était compensé non seulement
par un déplacement de matière vers le haut (plis
et chevauchements) mais aussi, en partie, par un étirement
horizontal N-S. Ce dernier est certainement en relation avec l'allongement
généralisé de la chaîne qu'implique
la courbure en arc de la chaîne alpine, et plus précisément
avec le coude accentué dessiné par cet arc au niveau
de Grenoble.
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A propos des décrochements il faut parler
de deux types de cassures qui en sont de proches parentes :
Les "failles de déchirure"
sont des cassures coulissantes qui désolidarisent deux
compartiment en cours de déformation, leur permettant
de subir des déformations indépendantes, différentes
dans leur dessin et dans leur ampleur (par exemple des plis plus
ou moins serrés). Ces failles diffèrent en cela
des véritables décrochements, qui tranchent et
décalent des structures préformées (c'est
même ce décalage qui permet les mettre en évidence)
: ici il n'y a pas décalage mais dissemblance des structures
de part et d'autre de la faille.
Les "rampes latérales",
qui affectent certains chevauchements, sont des failles de coulissement
le long desquelles l'un des compartiments de la tranche chevauchante
avance plus que l'autre, à la façon de deux tiroirs
situés côte à côte dont on aurait tiré
en avant l'un plus que l'autre. Par l'intermédiaire des
rampes latérales le mouvement de chevauchement est transféré
d'une ligne de chevauchement à une autre (en retrait ou
plus avancée).
Beaucoup de chevauchements se terminent ainsi par une rampe latérale
qui sépare un compartiment chevauchant d'un secteur non
affecté par le chevauchement. Le décrochement joue
alors à la façon du flanc d'un tiroir dont le chevauchement
constituerait le fond.
Le rôle des rampes latérales est donc celui de "failles
transformantes", comparables à celles qui décalent
le tracé des dorsales océaniques.
>>> De beaux exemples de telles structures sont
donnés par le secteur de La
Ruchère en Chartreuse (ainsi que celui de Saint-Martin
en Vercors).
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On constate souvent que les décrochements s'accompagnent de déformations par serrage qui se manifestent autour et au voisinage de la surface de fracture. Lorsque la part de ces effets de serrage est importante on parle de "décro-chevauchement" et l'on dit que la faille a joué en "trans-pression" (c'est même fréquent, en raison du fait que ces surfaces de cassures sont disposées obliquement par rapport à la direction de raccourcissement qui leur correspond). C'est en particulier le cas, en Chartreuse et en Vercors, en ce qui concerne la "faille de Voreppe".
On peut également observer des cas de jeu décrochant en "trans-tension", mais c'est plus exceptionnel.
Pour en savoir plus sur les décrochements
en Chartreuse consulter la publication
n°142
voir aussi microstructures
des lèvres de faille 
voir
aussi microstructures
des couloirs de faille 
voir aussi : la
notion de faille
et les agencements
de failles.
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