Glossaire de Tectonique : failles |
Les hémigrabens se distinguent des grabens en ceci que
la dépression tectonique a la quelle ils correspondent
n'est délimitée que d'un seul coté par une
faille. L'autre coté correspond à la pente du sommet
du bloc de socle effondré, basculé à l'occasion
du jeu de la faille (ce basculement est le plus souvent dû
à ce que la faille normale est "listrique", c'est-à-dire
concave vers le haut).

Les sédiments déposés
dans un tel système se partagent en trois tranches :
- anté-tectoniques, où les couches sont basculées
avec leur soubassement,
- syn-tectoniques, où les couches se disposent en éventail,
par discordances* principalement en onlap*
- post-tectoniques, où les couches sont discordantes sur
les failles, qu'elles cachettent.
Ces fossés tectoniques, dus au découpage de la croûte par des failles normales parallèles entre elles et de même sens de rejet, appartiennent le plus souvent à des dispositifs extensifs dissymétriques liés à une expansion océanique.

Il est commun d'observer que la surface de cassure d'une faille se partage en deux ou plusieurs, ce qui se manifeste, sur son tracé, par un embranchement. C'est pourquoi on désigne communément du nom de "branche" de faille une cassure secondaire se détachant de la cassure principale.
L'existence de ces embranchements est souvent liée au fait que, lors de leur naissance, les failles sont formées par une série de cassures en échelons* parallèles mais obliques à la bande cisaillée au sein de laquelle elles apparaissent : leur connexion ultérieure se fait par développement d'une déchirure majeure, sur laquelle les failles élémentaires originelles apparaissent ainsi comme autant de "branches"
Deux branches qui se connectent de nouveau à quelque distance de leur point de divergence isolent entre elles un compartiment losangique à fusiforme appelé "navette"*
Une faille est dite "cachetée" (ou "scellée") lorsque la surface de cassure bute vers le haut contre des couches qui ne sont pas affectées par la faille : ces couches se sont donc déposées après que le jeu de la faille ait cessé.
Cette géométrie caractérise donc les failles synsédimentaires, c'est à dire celles qui se formées au cours même du dépôt des roches sédimentaires, s'il n'y a pas de lacune de dépôt entre les couches affectées par la faille et celles qui la cachettent.
On qualifie de décrochements (ou failles de coulissement) les failles dont le plan de cassure est subvertical et dont le mouvement est un coulissement dans le plan horizontal.
On distingue les décrochements dextres et sénestres : le mouvement est de sens dextre (ou "horaire") si le pivotement que subirait un objet pris dans le plan de cassure se fait dans le sens des aiguilles d'une montre (vu de dessus) ; il est dit sénestre (ou "anti-horaire") dans le cas contraire
Voir aussi l'article "failles",
ci dessous
Pour plus de précisions et des exemples voir la page "décrochements"
de la section Chartreuse.

Le miroir de faille de Sillingy (74)
vu du nord-ouest : la lévre gauche correspond au compartiment septentrional.
Cette faille orientée NW-SE appartient à l'important faisceau de cassures sénestres, dénommé "faille du Vuache". Il tranche ici l'extrémité méridionale de la montagne de Mandallaz (elle-même prolongement méridional du Salève).
Le contexte régional indique un rejet dextre (les demi-flèches indiquent le sens du mouvement relatif des lèvres). Indépendamment de cela la mise à nu de son miroir en fait un exemple bien caractérisé de décrochement
On qualifie de "faille de déchirure", des cassures coulissantes qui désolidarisent deux compartiment en cours de déformation, leur permettant de subir des déformations indépendantes, différentes dans leur dessin et dans leur ampleur (par exemple des plis plus ou moins serrés). Ces failles diffèrent en cela des véritables décrochements, qui tranchent et décalent des structures préformées (c'est même ce décalage qui permet les mettre en évidence) : ici il n'y a pas décalage mais dissemblance des structures de part et d'autre de la faille.
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On peut en rapprocher les rampes latérales qui affectent certains chevauchements : ce sont des failles de coulissement de part et d'autre desquelles l'un des compartiments de la tranche chevauchante avance plus que l'autre, à la façon de deux tiroirs situés côte à côte dont on aurait tiré l'un plus en avant que l'autre. Par l'intermédiaire des rampes latérales le mouvement de chevauchement est transféré d'une ligne de chevauchement à une autre (en retrait ou plus avancée).
Beaucoup de chevauchements se terminent ainsi par une rampe latérale qui sépare le compartiment chevauchant du secteur non affecté par le chevauchement. Le décrochement joue alors à la façon du flanc d'un tiroir dont le chevauchement constituerait le fond. Entre eux on peut parler d'un raccord "en bord de tiroir"
Le rôle des rampes latérales est donc celui de
"failles transformantes", comparables à celles
qui décalent le tracé des dorsales océaniques.
>>> De beaux exemples de telles structures sont
donnés par le secteur de La
Ruchère en Chartreuse et celui de Saint-Martin
en Vercors.
Pour le géologue ce terme désigne une cassure de la roche, ce qui se repère à l'existence d'un décalage entre les deux compartiments que sépare la faille (une cassure sans décalage n'est qu'une "diaclase"). C'est le résultat d'un "cisaillement", dont les effets se localisent sur une surface.
N.B. Cette définition ne correspond pas à l'emploi que l'on fait fréquemment de ce terme, dans le langage courant, où l'on désigne souvent par le terme de "faille" un défaut dans une falaise, voire une simple interruption, souvent béante, dans une masse rocheuse (ce qui n'est qu'une crevasse).

On distingue fondamentalement trois sortes de failles, selon le type de décalage des deux compartiments :
- a) failles normales (ou extensives):
cassures résultant d'une extension horizontale et caractérisées
par l'ouverture d'un hiatus entre les compartiments initialement
contigus d'une même tranche de couches.
Le coté de la faille où se trouve de compartiment
supérieur (où le miroir tend à se dénuder
du fait du mouvement extensif) correspond au sens de "regard"
d'une faille normale.
- b) failles inverses (ou compressives):
cassures qui réalisent un raccourcissement en amenant en
superposition l'un sur l'autre deux compartiments initialement
contigus d'une même tranche de couches (on dit donc qu'il
y a "chevauchement" des deux compartiments).
Le sens dans lequel se fait le glissement de la tranche supérieure
par rapport à l'inférieure est appelé la"vergence"
du chevauchement (c'est l'équivalent du déversement
des plis).
- c) failles de décrochement
(ou coulissantes) : déchirures le long
desquelles les mouvements étaient des coulissements
horizontaux (ou ne comportaient qu'un décalage vertical
faible en regard du décalage horizontal). Les surfaces
de cassures des failles de décrochement sont à peu
près verticales. Leurs miroirs sont porteurs de stries
ou cannelures horizontales.
Le mouvement est de sens dextre (ou "horaire")
si le pivotement que subirait un objet pris dans le plan de cassure
se fait dans le sens des aiguilles d'une montre (vu de
dessus) ; il est dit sénestre (ou "anti-horaire")
dans le cas contraire (cas de la figure c).
Les études mécaniques ont montré
que les failles se disposent, lors de leur formation, de façon
à former un angle de l'ordre de 30 à 35° par
rapport à la direction de raccourcissement induite par
les efforts exercés sur la roche.
Il peut donc se former deux failles symétriques, dites
"conjuguées", par rapport à cette direction,
qui devient la bissectrice de l'angle aigu entre les deux failles
(la bissectrice de l'angle obtus correspond à la direction
d'extension dans la masse rocheuse).

Ces deux termes désignent respectivement des blocs soulevés et des fossés effondrés, créés par la combinaison de failles normales* conjuguées*. Ces termes ne comportent aucune connotation de dimension.

Un Rift est un graben de grande taille (à l'échelle de la croûte terrestre), en général bordé de chaque coté par un escalier de failles normales.
exemple d'un système
de failles normales conjuguées, délimitant des grabens
et des blocs en escaliers : page "Lorzier"
Le jeu d'une faille (c'est-à-dire son fonctionnement) induit un décalage des deux compartiments qu'elle sépare. Deux problèmes pratiques se posent au tectonicien :
- mesurer le décalage final, que l'on
appelle le "rejet" de la faille ;
- déduire de ce rejet (en utilisant aussi d'autres informations)
le déplacement occasionné par le jeu de la
faille (c'est-à-dire le vecteur par lequel le décalage
a été obtenu).
Le déplacement
global (= "rejet réel") peut être
déterminé par le décalage d'un repère
linéaire tracé sur une surface : par exemple on
peut utiliser l'intersection avec une surface de couche d'un plan
de faille ou d'un plan axial de pli. Cette possibilité
est plus théorique que fonctionnelle dans la pratique.
Toutefois il est fréquent de déterminer grossièrement
l'effet d'un décrochement par le décalage de la
trace topographique des plis qu'il traverse (l'absence d'un tel
décalage étant la preuve que la faille n'est pas
un décrochement...).
La direction et le sens du déplacement sont indiqués
par les "tectoglyphes"
que le frottement des lèvres a inscrit sur le miroir de
faille. Mais ils ne donnent pas la valeur de ce déplacement
et, en outre, ils peuvent n'indiquer que les ultimes mouvements,
qui ne sont pas toujours dirigés de la même façon
que le mouvement principal.

Le rejet apparent n'est qu'une des composantes du rejet global. Il correspond au décalage de surfaces repères (couches, principalement), beaucoup plus fréquemment observées et dont l'écart entre les deux lèvres est plus facile à repérer (figures 1).
Il peut, dans la pratique, se mesurer de différentes
manières, selon les conditions d'observation (et notamment
selon les conditions d'affleurement) :
- le "rejet vertical" est la distance
de deux points situés sur la même surface, à
la verticale l'un de l'autre : c'est idéalement ce que
l'on peut mesurer dans de profondes tranchées ou dans des
forages ;
- le "rejet stratigraphique" est la distance
entre les deux surfaces homologues, mesuré perpendiculairement
à ces surfaces (selon une inclinaison orthogonale à
leur pendage donc) : c'est plus difficile à réaliser,
mais c'est ce dont on approche le plus facilement dans l'observation
de falaises
- Le "rejet horizontal" est la distance
entre les tracés, sur une surface plane horizontale, des
deux surfaces homologues. On peut le mesurer longitudinalement
le long du tracé de la faille ou perpendiculairement à
ce tracé. On s'en approche en mesurant sur une carte
la distance entre les deux surfaces homologues (mais en cas de
relief accentué cela donne un résultat un peu erroné).
Il est très important de ne pas confondre
le rejet apparent avec le rejet réel. Il faut en particulier
s souvenir que le même rejet apparent peut être le
résultat de déplacements fort différents
(figures 2).
En particulier un rejet vertical ou stratigraphique donné
peut être obtenu soit par un déplacement horizontal
en coulissement soit par un déplacement vertical, dès
lors que la surface repère déplacée est inclinée
(et non horizontale).
voir
aussi, à ce sujet, la page "rapports du relief avec la structure de
détail"

A) un décrochement (ici dextre) (D) induit
un rejet vertical (rv), de même valeur sur toutes
les sections verticales si les couches sont inclinées et
planes
B) l'ampleur de ce rejet varie, selon l'emplacement, si
le pendage des couches n'est pas constant (cas des plis) : c'est
ainsi que, dans le cas représenté, les couches,
inclinées vers la droite, du compartiment situé
en avant sont juxtaposées, par suite du déplacement
horizontal, à des couches moins inclinées du compartiment
situé en arrière (voire aux couches horizontales
de la voûte du pli, à l'extrême gauche de ce
compartiment).
Dans le cas B on a souvent utilisé l'expression de "failles
en touches de piano", car le rejet vertical
croît de gauche à droite. Mais cette expression suggère,
de façon erronée, que ce rejet résulterait
d'un basculement, alors qu'en fait, dans la majorité des
cas, c'est le résultat d'un décrochement.
Noter que le rejet vertical mis ici en évidence ici s'observera
aussi si la falaise est orientée perpendiculairement à
la surface de faille (par exemple parallèlement à
la face de droite du bloc A)
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