Vallon et Col de la Charmette, col de la Vache |

Le remplissage molassique du synclinal y est réduit aux 50 à 100 m inférieurs de la formation, alors qu'à Proveysieux il est beaucoup plus épais. Du côté nord du col le torrent septentrional de Tenaison entaille assez vite les couches plus anciennes, sénoniennes puis urgoniennes. Cela vient de ce que le plongement axial, vers le sud, du synclinal est plus fort que la pente du torrent méridional de Tenaison.

La montée au col, depuis Saint-Égrève, par la D105, n'offre qu'assez peu d'observations. Elle se déroule presque intégralement dans la molasse miocène du coeur du synclinal de Proveysieux, que suit le vallon de Tenaison. Ce dernier est un typique val* jurassien dont les deux versants correspondent symétriquement aux couches, plus récentes (sénoniennes, puis urgoniennes), des flancs de deux plis anticlinaux qui l'encadrent : respectivement flanc est de l'anticlinal de la Chartreuse occidentale, à l'ouest, et flanc ouest de l'anticlinal du Couvent, à l'est. La route évolue d'abord, depuis Saint-Égrève jusque bien au delà de Proveysieux, dans le flanc ouest du synclinal, comme le montre le pendage des couches vers l'est (ce pendage s'accroît d'ailleurs pour atteindre son maximum aux abords du Pont du Guâ). Elle traverse le coeur du pli, masqué par du matériel morainique, en passant en rive gauche du vallon, dans le secteur de Pomaray. À mi-course de la montée qui suit (pentes du Bois Chourot, 3 km au nord de Pomaray, vers l'altitude de 1000 m) les affleurements reprennent et la route est surplombée par un abrupt formé par des bancs de molasse en petits bancs qui montrent un pendage très fort vers l'ouest (ce qui permet de constater que l'on est bien là dans le flanc est du synclinal). Il s'agit plus précisément des calcaires gréseux assez durs qui appartiennent à la partie inférieure de la formation (étage « Burdigalien* »).
Ce sont des couches miocènes d'un niveau plus élevé, formées de molasse plus argilo-sableuse et de bancs de conglomérats, mais appartenant toujours au flanc est du synclinal, qui affleurent lorsque la route traverse le thalweg principal puis dans les deux lacets qu'elle décrit, un kilomètre avant l'arrivée au col. Dans la dernière portion du trajet la route suit les bancs de molasse (inclinés vers l'ouest), tandis que l'on voit à travers le sous-bois, les dalles du Sénonien sous-jacent affleurer en rive opposée. - |
Au col et le long de la route qui mène
au Chalet de la Charmette le bedrock,
formé de molasse miocène, est masqué par
des éboulis grossiers (qui représentent le débordement
de la nappe d'éboulis anciens qui garnit les pentes inférieures
du Charmant Som).
Ces éboulis dissimulent le passage, entre le col et le
chalet, du décrochement dextre de l'Oursière,
qui décale l'axe du synclinal de Proveysieux de près
de 200 m vers l'est, au nord de cet accident. Cela se traduit
par le fait que, si les dernières couches rencontrées
au sud du col pendaient vers l'ouest, au contraire elles pendent
vers l'est dans la descente sur le versant nord du col.
A l'est du col partent deux pistes d'exploitation forestière : celle qui part vers le nord permet de monter au Charmant Som par le vallon de l'Oursière et l'arête nord (Chamechine). Celle qui s'élève directement vers l'est permet de gagner les chalets du Charmant Som en rejoignant le crête de la montagne à l'épaule du Fournel. (voir la carte itinéraire)
| Excursion
au Charmant Som |
A l'ouest du col
une route mène à la clairière du chalet du
col (ancien hôtel du Touring-Club, parking aménagé
pour une vingtaine de voitures).
Le chalet se situe déjà dans le flanc ouest du synclinal,
pratiquement à la limite entre Miocène et Sénonien.
Il en part un chemin forestier qui mène à la Grande
Sure par son versant est : on peut emprunter ce chemin sur quelques
centaines de mètres de distance pour observer la succession
des couches sénoniennes du flanc ouest du synclinal de
Proveysieux.
| Excursion
à la Grande sure |
Un kilomètre au nord du col la route tourne à gauche en tranchant les couches de base la molasse miocène puis entaille, au sortir d'un tournant creux, des sables rouges indurés.

Il s'agit du contenu d'une poche karstique ouverte à l'Éocène dans les calcaires à silex du Sénonien. Elle s'est alors remplie de dépôts continentaux décalcifiés et rubéfiés par le chaud climat de l'époque.
Des sables analogues furent exploités sur le versant sud du col, en rive droite du vallon de Tenaison, aux anciennes carrières de Grandchamp et du Crozet (chemin d'accès s'embranchant 1,5 km en amont de Pomaray). On y voit encore quelques affleurements de sables mais l'énorme cavité d'exploitation (100 m de diamètre et 50 m de profondeur) est envahie par la végétation.
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(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)
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(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°) |
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Charmant Som W |
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