Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/diois/_lieux_baronnies/serres.html
La ville de Serres doit son nom à sa
position, à l'extrémité d'une crête
rocheuse (un "serre") au débouché aval
d'une double cluse* sur le cours du Buëch.

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La cluse de Serres
vue d'avion, depuis le sud-est (aplomb du Bersac)
s.R = flanc nord du synclinal de Rosans ; ØT
= chevauchement des Tourettes ; a.S = anticlinal de Serres (prolongement oriental de celui des Tourettes)
; s.M = synclinal de Montmorin ; a.D = anticlinal
du Duffre ; f.S = faille de Serres
La cluse de Serres coupe à chacune de
ses extrémités la barre tithonique, respectivement
à l'amont au flanc nord du grand synclinal de Montmorin
et à l'aval (à Serres même) au flanc sud de
ce pli. Ce synclinal possède un coeur de marnes bleues
apto-albiennes qui affleure en rive droite du Buëch, entre
Serres et Sigottier.

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Deux coupes de part et d'autre du cours du Buëch
à Serres
par J.Flandrin, 1963 (présentation retouchée)
Les notations sont celles des cartes géologiques (voir liste
des abréviations)
Le village de Sigottier est construit
au débouché aval de la cluse du Torrent d'Aiguebelle,
sur le versant sud de la barre du Tithonique du flanc nord du synclinal, redressée
à la verticale. L'érosion
a spectaculairement découpé les bancs supérieurs,
un peu moins massifs, de ces calcaires en une succession de clochetons
qui sont de typiques chevrons de V topographiques*.
Le site de Sigottier
vu d'aval, depuis les abords du parking.
s.M = synclinal de Montmorin ; a.A =
anticlinal de l'Aup
Il est paradoxal que le torrent d'Aiguebelle ait éprouvé
le besoin d'entailler ici la barre tithonique, alors qu'il aurait
pu poursuivre son cours jusqu'au Buëch en suivant le coeur
de Terres Noires de la combe de La Piarre.
On peut penser qu'il emprunte là un ancien cours du Buëch,
abandonné depuis par cette rivière, mais on ne voit
pas quelle serait la cause de cet abandon...
L'explication qui me semble la plus vraisemblable est que la vallée
du Buëch a dû être occupée au Quaternaire
ancien par une langue du glacier durancien qui devait atteindre
au moins l'entrée amont de la cluse de Serres et, de ce
fait, devait l'obturer jusqu'à une certaine hauteur : les
eaux s'écoulant depuis les versants de la vallée
étaient donc astreintes à courir le long du glacier
à un niveau supérieur à celui du lit actuel
de la rivière et a utiliser des brèches des crêtes
tranversales pour les franchir. Ceci doit s'être passé
au Mindelien, en tous cas bien avant le Würm car, lors de
cette dernière glaciation, la langue glaciaire du Buëch
ne dépassait pas Montmaur.
La cluse amont du Buëch donne, en outre,
une bonne coupe naturelle du Barrémien et de l'Hauterivien
du flanc nord du synclinal : on y voit notamment combien les niveaux
du Barrémien inférieur ont été affectés,
lors de leur dépôt, par des phénomènes
de glissements sous-marins ("slumping*).
La rive droite du Buëch
vue depuis la rive gauche, de la route (N 75), 2 km en amont
de Serres.
On est là dans le flanc nord du synclinal de
Montmorin.
Les couches de l'Hauterivien supérieur sont affectées
d'un slumping* très typique, à couches largement
disloquées, dans l'ensemble disposées en biais avec
un pendage vers la gauche plus fort que celui des couches encadrantes.
Par ailleurs, au dessus d'un gros banc très continu, une
tranche importante des bancs du Barrémien inférieur
est également affectée de basculements et torsions
(c'est un slumping moins évolué).
La corniche tithonique dessine cartographiquement,
à l'est de Serres, une ligne de crête en arc ouvert
vers l'ouest, qui culmine à la montagne d'Arambre. Cette disposition, qui
a l'apparence d'une terminaison périclinale du synclinal,
correspond simplement au fait que l'axe du pli se relève
là de façon accentuée en direction de l'est.
Ce relèvement axial, qui affecte de la même manière,
au sud de Serres, l'axe du synclinal de Rosans (voir la
page L'Épine)
est dû à ce que ces plis E-W interfèrent ici
avec l'anticlinal de Savournon, plus récent, qui leur est oblique car
orienté NW-SE.
Il est à noter que cet anticlinal est hâché
de fractures peu obliques à son axe, fractures qui s'observent
surtout autour de Savournon même. Le jeu de ces failles
NW-SE s'avère avoir comporté une composante de coulissement
dextre, car l'axe du synclinal de Montmorin - Sigottier - Arambre,
N80°E dans sa localité éponyme, s'infléchit
dans ce sens, entre Serres et Savournon, pour y prendre un azimut
qui se rapproche alors de N120°E.

Carte géologique très simplifiée des
environs de Serres
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication
n° 074
Cette carte est imprimable à l'échelle du 1/250.000°
: pour cela porter la résolution de 72 dpi à 200
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des couleurs
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géologiques au 1/50.000° à consulter : feuilles
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