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Les roches sédimentaires du bassin du Drac |
formations quaternaires du bassin du Drac
Roches tertiaires
On ne les trouve qu'en Champsaur, sur les confins
du massif du Pelvoux, où le socle cristallin a été
dénudé avant le Nummulitique supérieur par
une érosion qui n'a conservé la couverture sédimentaire
que dans les pincées synclinales les plus profondes.
Puis la sédimentation a repris en transgression sur ce
bombement de socle érodé de sorte que des couches
du Nummulitique recouvrent en discordance soit le socle cristallin
(intérieur du massif), soit le Jurassique (sur sa bordure
sud-est).
La succession nummulitique se caractérise ici par le développement, au dessus des calcaires nummulitiques et des marnes à globigérines, qui sont communs au Priabonien de toutes les Alpes du sud, d'une puissante série de bancs grèseux épais séparés par des lits argileux, les Grès du Champsaur. Ces couches marines représentent un flysch* particulièrement grossier, très voisin, en âge et en faciès, des grès d'Annot des chaînes subalpines méridionales. On y trouve des niveaux à faciès "moucheté" où les granules sableux clairs sont réunis par un ciment de cinérites volcaniques

Dans le cadre des feuilles La Mure, partie méridionale, et Saint-Bonnet à 1/50 000 (Beaumont et Champsaur), on peut séparer les niveaux suivants dans les termes supérieurs au Lias calcaire :
- calcaires très argileux, mal lités : Bathonien
( ?) - Bajocien supérieur
- calcaires argileux en bancs décimétriques à
métriques, à joints marneux : Bajocien
- marnes noires feuilletées : Aalénien supérieur
- calcaires argileux gris en bancs métriques mal délimités
: Aalénien inférieur (Z. à Opalinum)
- marnes noires : Toarcien supérieur
- calcschistes gris à patine ocracée : Toarcien
moyen (Z. à Bifrons) débutant par des calcaires
argileux noirs à patine rousse (Z. à Falciferum)
- schistes argileux noirs micacés : Toarcien basal-
Domérien supérieur
- marno-calcaires calcarénitiques micacés : Domérien
inférieur.
Le Lias calcaire ne montre guère de variations
de faciès à l'est de la Matheysine, mais son épaisseur
peut aisément varier du simple au double. Le niveau repère,
à patine rouille, du Lotharingien supérieur était
exploité (notamment au Pont du Prêtre dans la vallée
de la Bonne) pour faire un ciment résistant aux eaux séléniteuses
et marines (propriété attribuée à
sa richesse en pyrite).
En bordure ouest de la Matheysine et dans le Beaumont nord-occidental
les calcaires argileux du Lias inférieur et moyen sont
envahis puis totalement remplacés par des calcaires spatiques
à encrines, souvent à patine rousse, en bancs de
0,5 à 2m, dont la puissance totale ne dépasse parfois
pas quelques dizaines de mètres. Ces calcaires de
Laffrey ont fourni des fossiles de divers niveaux et leur
sommet est daté par des ammonites du Toarcien moyen à
supérieur. Ils sont d'ailleurs brutalement recouverts,
sans passage transitoire, par les marnes du Toarcien supérieur.
Ces couches (dans lesquelles on trouve des niveaux à grains
de quartz, voire à fragments centimétriques de roches
cristallines, sont considérées comme le résultat
de coulées sableuses provenant d'un haut fond dénudé
colonisé par des organismes (crinoïdes) aimant les
eaux agitées et oxygénées. Ce dernier se
confondait nécessairement avec l'actuel "dôme
de La Mure" et correspondait à la crête du bloc
basculé jurassique du rameau
externe de Belledonne.
Le Trias comporte, lorsqu'il est représenté
au complet, les niveaux suivants (que recouvrent localement les
bancs fossilifères du Rhétien) :
- Spilites en coulées superposées épaisses
de 1 à 30 m et en nombre allant localement jusqu'à
5, séparées par des schistes violacés. Elles
peuvent être complétées ou remplacées
par des tufs, cinérites et brèches à matériel
spilitique.
- Gypses occasionnels, rarement visibles en surface mais
souvent rencontrés en sondage.
- Dolomies, calcaires et argilites :
. Au sommet prédominent les argilites versicolores (jaunes
rouges et vertes) alternant avec des bancs de dolomie jaune peu
épais et des calcaires marmoréens clairs.
. Plus bas Il s'agit de bancs plus massifs de dolomies "capucin"
(brun roux) ou de calcaires dolomitiques gris, épais de
quelques dizaines de mètres. Ces couches passent latéralement
à des cargneules.
- Grès "de base" : Conglomérats,
grès ou arkoses de teinte le plus souvent gris clair, reposant
sur le Houiller ou sur le cristallin et d'épaisseur très
variable (quelques centimètres à plusieurs mètres).
Leur base est souvent garnie d'accumulations pyriteuses.
Le Houiller et le Permien ne sont présents
que de façon très discontinue mais la succession
complète peut être reconstituée comme suit
:
- Grès et conglomérats alternés de petits
lits pélitiques, versicolores (le plus souvent rouges),
épais de plus de 200 m aux Rouchoux. Il contiennent des
fragments de roches volcaniques (ignimbrites) : Permien
- Pélites noires alternées de grès gris : Houiller (toutes les datations indiquent le Stéphanien
inférieur).
À l'ouest de La Mure où il était exploité
pour son anthracite on pouvait reconnaître, au sein du Houiller (épais au total de 800 m), la succession
suivante :
. Grés et schistes de la Simane (formation stérile
du toît des exploitations : jusqu'à 400 m) ;
. Grés et schistes productifs du Villaret (200 m, avec
5 couches de charbon, de 1 à 2 mètres et une de
20 mètres d'épaisseur) = Stéphanien inférieur,
daté paléontologiquement ;
. Grés et schistes des Boines (formation stérile
du mur des exploitations : 200 m) avec à leur base les
conglomérats des Merlins
. Conglomérats, grés et schistes de la Faurie (0
à 70 m), reposant en discordance sur le socle cristallin.