Les roches sédimentaires du bassin du Drac

Abréviations stratigraphiques
1/ formations quaternaires ; 2/ Roches tertiaires ; 3/ Roches secondaires ; 4/ Roches primaires

1/ Formations quaternaires

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2/ Roches de l'Ère tertiaire

On ne les trouve qu'en Champsaur, sur les confins du massif du Pelvoux, où le socle cristallin a été dénudé avant le Nummulitique supérieur par une érosion qui n'a conservé la couverture sédimentaire que dans les pincées synclinales les plus profondes.
Puis la sédimentation a repris en transgression sur ce bombement de socle érodé de sorte que des couches du Nummulitique recouvrent en discordance soit le socle cristallin (intérieur du massif), soit le Jurassique (sur sa bordure sud-est).

La succession nummulitique se caractérise ici par le développement, au dessus des calcaires nummulitiques et des marnes à globigérines, qui sont communs au Priabonien de toutes les Alpes du sud, d'une puissante série de bancs grèseux épais séparés par des lits argileux, les Grès du Champsaur. Ces couches marines représentent un flysch* particulièrement grossier, très voisin, en âge et en faciès, des grès d'Annot des chaînes subalpines méridionales. On y trouve des niveaux à faciès "moucheté" où les granules sableux clairs sont réunis par un ciment de cinérites volcaniques

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Images des différents termes de la succession stratigraphique tertiaire :

Aspect de la formation des grès du Champsaur : Le sommet du Pic Queyrel, devant les crêtes de rive droite de la vallée de la Muande de Molines, vu d'avion, du sud, depuis l'aplomb de Chaillollet (Champsaur).
On distingue bien le litage très régulier des bancs de grès (les niveaux gréseux sont d'autant plus verdâtres qu'ils contiennent plus de débris volcaniques)

Gros bancs de grès du Champsaur, dans le versant ouest du sommet du Palastre, sur l'échine de rive droite de la Combe Roranche (le personnage sur la vire herbeuse donne l'échelle). On voit ici (en partie) trois gros bancs qui correspondent chacun à une séquence sédimentaire. Ils sont séparés par des surfaces de discontinuité de la sédimentation (indiquées par les deux traits blancs).
Chaque séquence débute par des apports de matériel grossier, en avalanche (turbidite). Puis la décantation progressive fait sédimenter les boues de plus en plus fines (jusqu'à former des schistes argileux dans une séquence complète). L'avalanche sous-marine suivante vient brutalement raboter le sommet de la séquence précédemment déposée, créant ainsi une nette surface de séparation entre les séquences. Ce mode de sédimentation est caractéristique des "flyschs" (ici sous une variante particulièrement riche en grès).

 


"Grès mouchetés", typiques de la formation des Grès du Champsaur (Nummulitique), au col de l'Escalier (est de Saint-Bonnet) .
Les mouchetures blanches sont des zones dépourvues de cinérites volcaniques


Aspects plus particuliers de la formation des Grès du Champsaur (Nummulitique) :
a) cliché supérieur
: un amas local de "Galets mous" inclus dans certains bancs des grès mouchetés. Les inclusions sombres sont des fragments de la vase du fond marin, détachés par le passage du courant turbide et intégrés dans ce dernier.
b) cliché inférieur : un galet mou entouré d'une gangue gréseuse de nature différente du grès l'hébergeant (sans doute acquise par roulement avant transport).
dans les couches de base du Tourond (versant sud du Vieux Chaillol, est de Saint-Bonnet)
(clichés originaux obligeamment communiqués par M. Christian PRETE)


Vue rapprochée du conglomérat basal du Nummulitique, à Barbeyroux (Champsaur)
La plupart des éléments sont formés de schistes cristallins et beaucoup sont roulés
(les zones blanches sont des efflorescences de salpêtre).



3/ Roches de l'Ère secondaire


figure agrandissable
Colonne stratigraphique du Mésozoïque des chaînons à l'ouest de Bourg-d 'Oisans.
(ce schéma représente la succession la plus courante, en dehors des secteurs de hauts-fonds liasiques, où le Lias calcaire a des faciès spéciaux, plus minces, souvent à encrines)

Dans le cadre des feuilles La Mure, partie méridionale, et Saint-Bonnet à 1/50 000 (Beaumont et Champsaur), on peut séparer les niveaux suivants dans les termes supérieurs au Lias calcaire :

- calcaires très argileux, mal lités : Bathonien ( ?) - Bajocien supérieur
- calcaires argileux en bancs décimétriques à métriques, à joints marneux : Bajocien
- marnes noires feuilletées : Aalénien supérieur
- calcaires argileux gris en bancs métriques mal délimités : Aalénien inférieur (Z. à Opalinum)
- marnes noires : Toarcien supérieur
- calcschistes gris à patine ocracée : Toarcien moyen (Z. à Bifrons) débutant par des calcaires argileux noirs à patine rousse (Z. à Falciferum)
- schistes argileux noirs micacés : Toarcien basal- Domérien supérieur
- marno-calcaires calcarénitiques micacés : Domérien inférieur.

Le Lias calcaire ne montre guère de variations de faciès à l'est de la Matheysine, mais son épaisseur peut aisément varier du simple au double. Le niveau repère, à patine rouille, du Lotharingien supérieur était exploité (notamment au Pont du Prêtre dans la vallée de la Bonne) pour faire un ciment résistant aux eaux séléniteuses et marines (propriété attribuée à sa richesse en pyrite).
En bordure ouest de la Matheysine et dans le Beaumont nord-occidental les calcaires argileux du Lias inférieur et moyen sont envahis puis totalement remplacés par des calcaires spatiques à encrines, souvent à patine rousse, en bancs de 0,5 à 2m, dont la puissance totale ne dépasse parfois pas quelques dizaines de mètres. Ces calcaires de Laffrey ont fourni des fossiles de divers niveaux et leur sommet est daté par des ammonites du Toarcien moyen à supérieur. Ils sont d'ailleurs brutalement recouverts, sans passage transitoire, par les marnes du Toarcien supérieur. Ces couches (dans lesquelles on trouve des niveaux à grains de quartz, voire à fragments centimétriques de roches cristallines, sont considérées comme le résultat de coulées sableuses provenant d'un haut fond dénudé colonisé par des organismes (crinoïdes) aimant les eaux agitées et oxygénées. Ce dernier se confondait nécessairement avec l'actuel "dôme de La Mure" et correspondait à la crête du bloc basculé jurassique du rameau externe de Belledonne.

On trouvera de nombreux renseignements complémentaires sur les calcaires de Laffrey dans le site du Patrimoine matheysin, aux pages "Blocs basculés" , "Versenat" et "Siéroux"

Le Trias comporte, lorsqu'il est représenté au complet, les niveaux suivants (que recouvrent localement les bancs fossilifères du Rhétien) :
- Spilites en coulées superposées épaisses de 1 à 30 m et en nombre allant localement jusqu'à 5, séparées par des schistes violacés. Elles peuvent être complétées ou remplacées par des tufs, cinérites et brèches à matériel spilitique.
- Gypses occasionnels, rarement visibles en surface mais souvent rencontrés en sondage.
- Dolomies, calcaires et argilites :
. Au sommet prédominent les argilites versicolores (jaunes rouges et vertes) alternant avec des bancs de dolomie jaune peu épais et des calcaires marmoréens clairs.
. Plus bas Il s'agit de bancs plus massifs de dolomies "capucin" (brun roux) ou de calcaires dolomitiques gris, épais de quelques dizaines de mètres. Ces couches passent latéralement à des cargneules.
- Grès "de base" : Conglomérats, grès ou arkoses de teinte le plus souvent gris clair, reposant sur le Houiller ou sur le cristallin et d'épaisseur très variable (quelques centimètres à plusieurs mètres). Leur base est souvent garnie d'accumulations pyriteuses.

On trouvera de nombreux renseignements complémentaires sur le Trias de la Matheysine dans le site du Patrimoine matheysin, aux pages "Trias" et "Chuzins"

4/ Roches de l'Ère primaire

Le Houiller et le Permien ne sont présents que de façon très discontinue, mais la succession complète peut être reconstituée comme suit (de haut en bas) :

- Grès et conglomérats alternés de petits lits pélitiques, versicolores (le plus souvent rouges), épais de plus de 200 m aux Rouchoux. Il contiennent des fragments de roches volcaniques (ignimbrites) : Permien :

- Pélites noires alternées de grès gris : Houiller (toutes les datations indiquent le Stéphanien inférieur).
À l'ouest de La Mure où il était exploité pour son anthracite on pouvait reconnaître, au sein du Houiller (épais au total de 800 m), la succession suivante :
. Grés et schistes de la Simane (formation stérile du toît des exploitations : jusqu'à 400 m) ;
. Grés et schistes productifs du Villaret (200 m, avec 5 couches de charbon, de 1 à 2 mètres et une de 20 mètres d'épaisseur) = Stéphanien inférieur, daté paléontologiquement ;
. Grés et schistes des Boines (formation stérile du mur des exploitations : 200 m) avec à leur base les conglomérats des Merlins
. Conglomérats, grés et schistes de la Faurie (0 à 70 m), reposant en discordance sur le socle cristallin.

On trouvera de nombreux renseignements complémentaires sur le Houiller dans le site du Patrimoine matheysin, aux pages "Houiller" et "Chuzins"

 


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Dernières retouches apportées à cette page le 30/07/16