Formation du "Vélodrome" d'Esclangon |
La courbure apparemment annulaire que dessinent
les couches du Tertiaire (et plus particulièrement la molasse
marine miocène) est due à ce que le synclinal E-W
d'Auribeau rencontre là un pli formé avant lui,
d'axe presque orthogonal (pratiquement N-S), le synclinal
d'Esclangon. Il semblent se prolonger l'un l'autre en continu,
mais ce n'est qu'une apparence, car ces deux plis se sont formés
successivement avec des sens
de mouvement des masses rocheuses qui sont différents.
La courbure du contour oriental du "vélodrome"
vient, en fait, de ce que le second se ces plis est enroulé
par un troisième pli, encore plus tardif, l'anticlinal
du Martelet, qui est presque parallèle à celui d'Auribeau.
Il est encore plus tardif car il en reploie le plan axial et tord
en antiforme les couches renversées de son flanc nord (à
La Colle), ainsi que celles du flanc oriental du synclinal d'Esclangon
(au Serre).

Ce schéma synthétique, représente les
rapports géométriques tectono-sédimentaires
visibles dans le Miocène de la coupe du Bès, au
nord de Tanaron, en tenant compte de la géométrie
visible aux différents niveaux des pentes de la
rive droite du Bès.
Dans la "formation olistolitique" les olistolites sont
représentés de façon purement symbolique,
avec un même figuré de hachures verticales, quelle
que soit la nature de leur matériel constitutif (il s'agit
le plus souvent de Tithonique garni d'enduits de brèches
continentales (voir PAIRIS & GIDON, 1987). On remarque que
les discordances intraformationnelles sont de sens opposé
entre le côté N et le côté S de la coupe
: cela tient à ce qu'elles sont induites par des mouvements
d'orientation et d'âge différents.
Le synclinal d'Auribeau est une structure majeure qui affecte
aussi, plus au nord dans la coupe du Bès, tous les plis
anté-miocènes (dont les parties hautes sont basculées
vers le sud) et qui se poursuit axialement vers l'ouest jusqu'aux
approches de Sisteron (vallée du Vançon au nord
de Saint-Symphorien)
Le coeur de ce
pli présente des biseaux de discordance progressive*
entre strates, qui montrent bien que la formation du synclinal
d'Auribeau est synsédimentaire du Miocène, y inclus
du dépôt de la formation de Valensole. Le basculement
progressif du plan axial de ce pli, dont le plan axial est très
redressé du côté nord de la coupe mais de
plus en plus couché vers le sud, est très clairement
observable sur le terrain. Il correspond à un plissement
par l'anticlinal du Martellet (ce qui apparaît donc
comme la déformation ultime de cet édifice).
La coupe est fait pas également apparaître que l'anticlinal
du Martellet est également responsable de l'enroulement
antiforme du Miocène du flanc inverse du synclinal d'Auribeau.
Il est à noter à ce propos que le plan axial de
l'anticlinal du Martellet est légèrement déversé
vers la droite (vers le nord), c'est-à-dire en sens inverse
du mouvement de la nappe. Ceci est cohérent avec le fait
que des plis mineurs décamétriques, également
déversés vers le nord, affectent son flanc supérieur
et confirme que ce pli n'a pu être créé lors
du charriage.


Ce dispositif s'est créé, pour
l'essentiel, avant l'arrivée de la nappe de Digne. Il faut
donc imaginer que cette dernière n'est pas passée
à plat sur cette structure mais l'a, en quelque sorte,
contournée latéralement, en épousant la courbe
de l'extrados du Tertiaire du vélodrome.
Toutefois la torsion antiforme de sa surface de chevauchement,
qui s'infléchit vers l'ouest à Esclangon, pour fermer
du côté méridional la demi-fenêtre de
Barles, est un phénomène tardif, largement dû
à la formation de l'anticlinal du Martellet, puisque ce
dernier tord à la fois la nappe et son autochtone. Cette
déformation résulte des compressions qui ont préludé
aux mouvements ultimes de la nappe (en définitive ce pli
ne semble pas indépendant du faisceau
de ceux qui accidentent la nappe plus au sud, notamment de
ceux du lobe de La Robine).