Mont Niélard |
Ce sommet s'intercale entre les deux ensembles montagneux du Cheval Noir et de Crève-Tête, qui se rattachent l'un comme l'autre au domaine ultradauphinois par leur couverture de Nummulitique.

La montagne du Niélard se singularise cependant, par rapport à eux, par sa constitution très différente. En effet le Nummulitique n'y occupe qu'une place restreinte et les abrupts sommitaux y sont essentiellement formé de calcaires jurassiques avec des niveaux de brèches.

Cette succession jurassique est réduite par condensations et lacunes et riche en niveaux de brèches. Elle n'est donc pas sans évoquer certaines autres séries stratigraphiques connues plus au nord dans le domaine valaisan* du Beaufortain oriental (ex zone "des brèches de Tarentaise").
Ces divers traits ont valu à l'unité tectonique
du Niélard d'être considérée comme
une "digitation" indépendante, dont le rattachement
aux domaines ultradauphinois, valaisan ou subbriançonnais
a été discuté :
- la présence de calcaires à grandes nummulites
transgressifs sur le Jurassique s'oppose au rattachement de l'unité
du Niélard à l'ensemble valaisan, dans lequel R.Barbier
(1948) l'avait d'abord rangée (en compagnie de l'unité
du Mont du Fût, telle qu'il la concevait alors) avant que
l'âge crétacé (et non nummulitique) des flyschs
valaisans soit reconnu ;
- elle ne présente guère d'analogies stratigraphiques
avec les unités subbriançonnaises voisines (digitation
de la Grande Moendaz) car le Jurassique y est beaucoup plus complet
et plus marneux ;
- enfin la différence de sa succession anté-nummulitique
par eapport à celles, ultradauphinoises, voisines du Cheval
Noir ou de Crève-Tête est certes fragrante. Mais
la présence des calcaires à grandes nummulites plaide
par contre fortement en faveur de son rattachement à la
zone ultradauphinoise...
L'unité du Niélard repose en
chapeau par l'intermédiaire de gypses et/ou de cargneules
triasiques, sur les unités ultradauphinoises du Cheval
Noir et de Crève Tête, de sorte que, géométriquement,
c'est donc pratiquement une klippe*. Toutefois :
a) son chevauchement tranche en biseau le flysch du Cheval Noir,
terrain qui manque totalement sous la klippe à son bord
nord-ouest, au pied de la Pointe du Grand Niélard (2544),
avant de réappparaître (selon toute vraisemblance)
à Crève Tête. La klippe est donc logée
dans une véritable entaille tectonique qui a dénudé
localement de son flysch tertiaire l'unité ultradauphinoise
sous-jacente, selon la géométrie d'un coup de gouge
porté transversalement à cette unité.
b) il est remarquable que l'unité du Niélard
est limitée du côté sud-est
par la cassure qui constiue le front tectonique du domaine subbriançonnais
Or celle-ci sectionne franchement la surface de chevauchement
de l'unité du Niélard, qui est moins fortement pentée
vers l'est que lui : cette cassure représente en fait de
l'extrémité méridionale de la faille
de la moyenne Tarentaise (voir la page spécialement consacrée
à cet accident).

En définitive l'unité du Niélard s'avère donc être un élément aussi énigmatique quant à sa position structurale que quant à son origine paléogéographique ...
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Saint-Jean de Belleville |
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