La Saume |
La crête de la Saume appartient à la nappe de la Font-Sancte et jalonne la grande barrière de falaises (crête des Veyres) qui marque le bord oriental des affleurements de cette unité.
Fondamentalement la structure de son sommet est très simple, se résumant à un simple crêt* à regard vers l'est, armé par la puissante barre des calcaires du Dogger et du Malm (chacun de ces niveaux atteint ici une épaisseur supérieure à 100 m).


Cette barrière est interrompue, immédiatement au sud du sommet, par un escalier de deux failles extensives qui déterminent les abrupts qui tombent sur le Pas du Curé : la plus méridionale est la faille des Pelouses.

De la Mamelle se détachent vers l'est une arête rocheuse qui est formée par la partie inférieure (Trias moyen) de la nappe de la Font-Sancte, que l'on voit se redresser progressivement jusqu'à la verticale par un mouvement synclinal.

Cette arête ferme du côté nord la dépression du lac des Prés Sébeyrands. Elle est accidentée par une profonde brèche (point coté 2614), où un accident presque vertical met en contact les couches de la partie occidentale de la crête avec celles de même âge, mais en polarité de sens opposé (base à l'ouest) qui forment, plus à l'est, l'arête des Crestettes. Il s'agit là de la surface de chevauchement de la nappe d'Assan (qui a été ici basculée vers l'est lors de la formation de l'anticlinal amont du Guil). À gauche les couches de la nappe de la Font-Sancte sont rebroussées en un crochon synclinal ouvert vers l'ouest.
Cette disposition s'observe plus au nord sur les deux autres arêtes qui descendent vers l'est depuis la crête de la Saume (voir la page "Lourette") et vers le sud sur lest arêtes orientales du Pic des Heuvières et de la Partietta.
Les couches de l'arête des Crestettes, rattachables à la nappe d'Assan, sont, quant à elles, franchement posées sur les calcschistes de la bande Ceillac - Chiappera. Elles en sont séparées par une surface de rétrocharriage, selon un schéma identique à celui de la coupe C.
Cette surface se suit vers le nord dans les pentes orientales de la Croix du Mélezet et se perd dans les bois de Lourette. Sans doute cette disparition correspond-elle à un amortissement progressif, car le flanc oriental de l'anticlinal amont du Guil n'est plus rompu, au nord du Cristillan, par un tel accident.
Vers le nord l'arête de la Saume s'abaisse assez doucement en formant la Crête de la Mourière. Celle-ci est bordée à l'ouest par des dalles de Malm qui supportent des placages de marbres en plaquettes ; les couches de la crête elle-même sont presque horizontales et le Malm y est coiffé d'un chapeau discontinu de marbres en plaquettes, de sorte que le structure se rapproche de celle d'un mont* jurassien.
Le versant ouest de la montagne appartient entièrement au flanc oriental du synclinal de la Maison-du-Roy - Aspaturas, qui plonge vers le vallon inférieur des Pelouses (où passe l'axe du pli). Les calcaires du Malm s'y enfoncent sous un talus de marbres en plaquettes, mais des failles à peu près N-S (prolongements de celles de la Font-Sancte et des Veyres) y déterminent un relief de vallons N-S, remplis par les marbres en plaquettes, entre lesquels font saillie des échines de Malm.
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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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