Les crêtes méridionales du Brec de Chambeyron |
La longue arête déchiquetée qui court depuis le sommet du Brec en direction du col de Stroppia montre des changements de nature et et de pendage des roches dont on ne comprend bien l'agencement qu'à la faveur des vues d'enfilade que l'on peut avoir notamment d'avion. En fait ils résultent de ce que les couches sont plissées par un enchaînement anticlinal - synclinal, déversé vers l'ouest, dessinant un S lorsqu'on le voit du sud .
Les crêtes situés au sud du sommet du Brec sont remarquables par les dalles rocheuses qui plongent du côté français, c'est-à-dire sur leur versant ouest : ce sont des dalles "structurales" qui correspondent aux surfaces de couches dénudées par l'érosion. Elles sont particulièrement redoutables à la Tête des Cibitolles, où elles sont constituées des calcaires ladiniens, peu brisés, et très redressées, presque jusqu'à la verticale (au flanc ouest de l' anticlinal du Brec).
Plus bas et plus au sud dans le versant ouest, entre Parrias Coupa et Buc de Nubiera, l'ensemble de ces couches dessine une torsion synclinale accusée, que l'on peut l'appeler synclinal du Parrias Coupa. Les marbres en plaquettes du coeur de ce pli déterminent dans le versant un talus suspendu, cerné par les falaises du Malm.
L'axe de ce pli est un peu oblique au chaînon, de sorte qu'il rejoint la ligne de crête au sommet du Buc de Nubiera (3219, appelé par erreur "Massour" sur la carte I.G.N.). La continuité de ce pli est perturbée au sud de ce sommet car la crête y est traversée par une faille compressive à vergence sud-ouest. Du côté français ce chevauchement de Nubiera traverse le coeur jurassique du synclinal du Parrias Coupa de sorte qu'on le retrouve le coeur de marbres en plaquettes de ce pli, abaissé, dans les falaises du versant sud du sommet du Buc de Nubiera.
Cette cassure présente de très grandes similitudes avec celles que l'on observe à la Tête des Bréquets, dans la coupe naturelle du versant est des Rochers de Saint-Ours. Elle correspond certainement à une étape de déformation qui est tardive par rapport au plissement mais qui ne l'est pas nécessairement par rapport au charriage de la digitation du Brec. En effet leur vergence paraît être la même que celle de l'anticlinal du Massour (voir ci-après).
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L'extrémité méridionale de
la crête culminante du Brec :
téléphoto prise depuis la rive gauche de l'Ubayette (haut
vallon de Courrouit) ;
(pour éviter toute confusion entre les plans on a masqué
la crête du Massour, qui se profile devant le vallon du
Massour et en cache le fond) .
Le synclinal du Parrias Coupa (s.PC), dont le
coeur est d'ailleurs affecté d'un repli anticlinal, est
coupé presque transversalement par les falaises qui tombent
du Buc de Nubiera sur le vallon du Massour et disparaît plus au sud "dans le ciel". En outre deux cassures distinctes viennent l'affecter sur cette transversale :
ØN = chevauchement de Nubiera, qui rompt, en le biseautant au niveau du Malm, le flanc supérieur du synclinal ; f.sN = faille sud de Nubiera, cassure vraisemblablement subverticale (faille extensive ou décrochante ?) qui dénivelle les couches du flanc inférieur d'une petite centaine de mètres en les abaissant dans son compartiment méridional.
Dans le versant italien l'on voit le tracé de cette cassure courir en diagonale, en s'abaissant vers le nord, à travers les abrupts qui dominent le lago di Nubiera et se perdre sous les ébouis du versant occidental du vallonasso di Stroppia.
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Le versant italien du chaînon du Brec
vu de l'est, depuis le Monte Boulliagna (sommet de rive gauche
de la haute Maira)
ØB = surface de charriage de l'unité
du Brec de Chambeyron ; ØN = faille (chevauchement)
de Nubiera ; a.pA = anticlinal du Passo dell'Asino.
La charnière de l'anticlinal du Brec est particulièrement bien visible dans la falaise des Cibirolles.
À l'extrémité sud-occidentale du chaînon, dans la crête et le ravin du Massour (l'un comme l'autre orientés E-W, perpendiculairement à la crête principale du chaînon) on observe un nouveau basculement des couches vers l'ouest ; celles-ci dessinent ainsi un pli, lui aussi d'axe NW-SE, l'anticlinal du Massour. Or les couches du flanc sud-ouest de ce pli se biseautent à tour de rôle sur la surface chevauchement de l'unité du Brec ; en outre, sous cette dernière, le matériel jurassique et crétacé de la nappe de du Châtelet, comme le flysch de la nappe de l'Embrunais, sont rebroussés en synclinal. On peut donc penser que ces derniers plis représentent les crochons créés par l'avancée en chevauchement de la digitation du Brec sur une nappe du Châtelet déjà recouverte par le flysch de l'Embrunais.
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L'extrémité méridionale du
chaînon du Brec aux abords du col du Vallonnet,
vue du nord-ouest, depuis la rive gauche du vallon de Plate Lombarde
(Rochers de Saint-Ours, pentes des Baumes).
a.M = anticlinal du Massour ; s.PL =
synclinal de Plate Lombarde ; f.RB = failles "plates"
de la Rocca Blanca
ØS = surface de chevauchement de l'Unité de Serenne ; ØH = surface de chevauchement de l'Unité de l'Eyssilloun
Les unités de flysch de l'Embrunais (de Serenne et de l'Eyssilloun) sont pincées
dans un synclinal de Plate Lombarde (s.PL), d'axe SW-NE. Le front méridional
de l'unité du Brec s'encapuchonne sous ces unités
en se ployant en un anticlinal du Massour (a.M) qui semble bien être
le crochon* frontal de son chevauchement..
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Ce dessin récapitule les accidents représentés
dans cette page, en montrant la disposition de la seule dalle des
couches jurassiques. |
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