Fouillouse, crête de la Souvagea |
Le village de Fouillouse est le terminus de la route étroite qui emprunte le pont du Châtelet et constitue le point de départ pédestre pour accéder au cœur du massif de Chambeyron ou pour se rendre dans la vallée de l'Ubayette par les cols du Vallonnet ou de Mirandol. Il est installé au débouché du vallon de Plate Lombarde, à la marge septentrionale d'une zone de replats suspendus au dessus de la vallée de l'Ubaye.

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Le village de Fouillouse, vu d'amont, en direction de la vallée de l'Ubaye
(N.B : en parler local le mot de "fouillouse" désigne la marmotte, allusion probable au fait que les habitants permanents y demeuraient l'hiver "terrés dans la neige", en dépit de l'excellente exposition du site)
Ce replat, anciennement cultivé mais maintenant essentiellement garni de prés de fauche, correspond au sommet d'un ancien colmatage de la vallée de l'Ubaye par des matériaux fluvio-glaciaires (lors de la dernière glaciation, du Würm) ; il culmine aux environs de 1900 m. (en amont des dernières maisons) et ses matériaux constitutifs s'observent, en contrebas du village, notamment au niveau du parking, dans l'entaille, qui s'est actuellement ré-activée, du torrent de La Baragne.
Les termes plus anciens du matériel de cette nappe affleurent dans les pentes qui dominent le village du côté nord-est (notamment le long du sentier des lacs de chambeyron), à la faveur du fait que le pendage des couches y est notablement plus fort que l'inclinaison de la surface topographique (les couches les plus anciennes sont celles qui affleurent le plus haut sur la pente).

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plus grande, muette, de cette image
Le versant nord-est du
vallon de Fouillouse et la plus haute maison du village (installée sur le replat du sommet des alluvions glaciaires).
Les ravines qui descendent des lacs de Chambeyron (Les
Passets) trouent suffisamment la nappe du Châtelet pour
montrer l'enroulement de ses couches en une demi voûte (= "anticlinal des Passets)" déversée
vers le sud-ouest.
Le flysch noir a été noté "fn
(olist)" car on y observe ici plusieurs passées
de schistes à blocs, qui viennent s'ajouter aux alternances
gréso-marneuses qui constituent généralement
l'essentiel de cette formation. La présence de ce matériel,
qui en fait un olistostrome*, est sans doute liée à
la mise en place des nappes de flysch de l'Embrunais (dont le
début est donc contemporain de ces dépôts).
Une coupe naturelle de cette succession (montrant jusqu'aux calcaires du Trias moyen) est offerte, à l'est du village, par le vallon des Passets, qui descend du Lac Premier. Il s'agit d'une vallée morte (dépourvue de cours d'eau) qui présente toutes les caractéristiques d'un creusement par une langue glaciaire, maintenant fondue : profil transversal en U, large fond rocheux aplani (bien que sillonné de ravines) et flancs abrupts culminant par des épaulements. Cette coupe montre aussi l'enroulement de ces couches en un anticlinal des Passets, déjeté vers l'ouest.

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Croquis interprétatif, plus détaillé,
du cliché ci-dessus
a.P = anticlinal des Passets.
On traverse la même succession de couches, affleurant presque en dalles structurales, dans les pentes qui s'élèvent au dessus du village pour culminer à la crête de la Souvagea (nommé "Bec Roux" sur la carte IGN, mais antérieurement "Panastrel de la Souvagea" par les habitants de la vallée). Le sentier du refuge de Chambeyron les parcourt en lacets puis en diagonale en traversant la série dans le sens stratigraphiquement descendant.

Le revers méridional de la crête de la Souvagea, vu de Saint-Paul / Ubaye (voir le cliché d'ensemble à la page "Saint-Paul")
Le village de Fouillouse est caché derrière le premier plan de l'échine du Bois de Debalens. Le sentier du refuge de Chambeyron est repéré en pourpre.
a.P = anticlinal des Passets ; ØCh = surface de chevauchement de la nappe du Châtelet.
En certains points de ce versant le flysch noir repose directement sur le Jurassique, voire sur le Trias. Le caractère discordant de ce contact (ici souligné de jaune) montre que son substratum a été érodé (ou arasé tectoniquement) avant la sédimentation de l'olistostrome qui constitue cette formation.
Cette pente représente en fait le revers, coupé en biseau par la surface d'érosion, d'un crêt* jurassien dont l'abrupt, formé par le Trias moyen, tombe sur le vallon d'aval.

Les crêtes de rive gauche de la gorge de la Haute Ubaye (partie aval) vues du sommet de la Font-Sancte (cliché original obligeamment communiqué par M. Jean-Pierre Bouillin).
n.aC = nappe des Aiguilles de Chambeyron (digitation de Chauvet) ; n.S = nappe de Sautron (présumée) ; nCh = nappe du Châtelet. L'aiguille rocheuse du point 2501 est fichée dans les marbres en plaquettes qui sont attribués à la nappe de Sautron ; du fait de sa constitution (lame de Malm et de Dobber disposée en synforme renversée) elle ne peut représenter un copeau basal de la nappe du Châtelet : son origine et son mode de mise en place sont donc obscurs ...


Les abrupts nord-orientaux des Becs de la Souvagea, vus des pentes nord du Pas de la Souvagea (sentier de la Pointe de Chauvet).
On a distingué les niveaux successifs du Trias moyen qui affleurent dans l'abrupt du crêt* de la Souvagea : tcA = calcaires, rubanés de dolomies jaunes, de l'Anisien ; tcL = calcaires plus massifs du Ladinien inférieur ; tD = dolomies noires-blanches et grises du Ladinien supérieur (ici les deux niveau inférieurs sont seuls visibles au sommet de l'abrupt)
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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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