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Tête Dure, Bec du Lièvre


rive droite de l'Ubayette aux environs de Larche

Ce chaînon montagneux, d'allure générale peu hardie, sépare la vallée de l'Ubayette de la dépression du Haut Rouchouse entre les ravins du Rouchouse et de l'Orrenaye. Au point de vue géologique il s'intercale entre les affleurements du haut vallon du Rouchouse (nappe du Rouchouse), dont il est séparé par la faille du Ruburent et ceux des flyschs des nappes de l'Embrunais qui occupent toute la rive opposée de l'Ubayette


version plus grande, muette, de cette image

Le versant oriental de la vallée de l'Ubayette, à l'est et au sud-est de Larche
vu du nord-ouest, depuis le Fort Lacroix (rive gauche de la vallée, en face de Saint-Ours).

La surface de charriage des nappes de l'Embrunais (ØH) court à flanc de pente. Elle y est renversée car on est ici dans le flanc oriental du synclinal de Meyronnes (formé postérieurement au charriage). Au abords du col de Larche elle se montre même replissée, comme l'est ce flanc de pli tardif.
Le tracé de la faille du Ruburent est masqué sur toute sa longueur par la crête du chaînon.

Le chaînon de Tête Dure et la dépression du Rouchouse version plus grande, muette, de cette image
vus du nord-ouest, depuis le sommet de la Viraysse

NS = nappe de Sautron ; NRo = nappe du Rouchouse ; FRu = faille du Ruburent ; a.R = anticlinal du Rouchouse.
Noter le contraste de relief entre la dépression du Haut Rouchouse et les montagnes qui l'encerclent, soulevées par la faille du Ruburent (Tête Dure) ou appartenant à la nappe supérieure, de Sautron (Tête de Moyse et Tête de Sautron, qui apparaîtrait plus à gauche que les limites du cliché).

Les terrains qui le constituent forment l'Unité de Tête Dure, qui a une disposition tectonique très simple. En effet il s'agit d'une succession stratigraphique briançonnaise complète, qui pend vers le sud-ouest de plus en plus fortement, depuis les crêtes vers le bas de pentes, conformément au fait qu'elle affleure au flanc ouest de l'anticlinal du Rouchouse. Cette unité n'étant séparée des affleurements de la haute dépression du Rouchouse que par la faille du Ruburent, on pense qu'elle devait initialement constituer le prolongement occidental de la série du Rouchouse, maintenant surélevé par la faille du Ruburent.


version plus grande, muette, de cette image


version plus grande, muette, de cette image // (extrait de la publication n° 024 )

Détails du chaînon de Tête Dure et du Bec du Lièvre
vue d'ensemble, du nord-ouest, depuis le sommet de Tête Dure (le point 2683 est la Cime des Palets).

La faille du Ruburent est largement masquée car elle suit le pied des abrupts du côté gauche de la crête.
Ce cliché montre l'attitude très redressée (subverticale) des couches triasiques qui forment la crête des Aiguillettes. On remarque qu'à la selle située immédiatement au sud des Aiguillettes de Combe Rémi (cliché suivant) les bancs du Dogger, moyennement pentés vers la droite, reposent en discordance sur la tranche des dolomies triasiques, subverticales. L'origine de cette disposition n'est pas élucidée avec certitude mais ne semble pas due à un accident tectonique : elle pourrait donc résulter d'un basculement des strates triasiques au Jurassique.

On distingue en arrière-plan la klippe de Moyse, qui appartient à la nappe de Sautron.

Coupe de la partie septentrionale de la dépression du Rouchouse
passant peu au sud-est de Larche (partie gauche en rive sud du torrent du Rouchouse)
légende des figurés (nouvelle fenêtre)
n.P = nappe du Parpaillon ; u.S = unité de Serenne ; s.M = synclinal de Meyronnes ; f.R = faille du Ruburent ; a.Ro = anticlinal du Rouchouse.
Nappes briançonnaises (de bas en haut de l'empilement) : n.Ro = nappe du Rouchouse ; n.S = nappe de Sautron.
(extrait de la publication n° 024, 1958, retouché)

Le Bec du Lièvre (à gauche) et Roche Peyron (à droite)
vus du nord depuis la selle immédiatement au sud des Aiguillettes (enneigement de tout début d'été)

La barre des calcaires du Dogger, peu pentée vers la droite repose sur le Carnien schisto-bréchique, à patine ocreuse, qui forme la vire enneigée. Au contraire les affleurements gris sur lesquels est posé le sac à dos sont des dolomies ladiniennes dont les bancs sont presque verticaux.

A l'extrémité sud du chaînon l'entaille transversale du ravin inférieur de l'Orrenaye montre une coupe qui révèle quelques complications de détail. Celles-ci donnent, vu du thalweg de l'Orrenaye, une impression chaotique : c'est seulement le résultat d'une juxtaposition perspective de panneaux décalés par des failles subverticales, obliques à la crête.


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Le Bec du Lièvre
vu du sud, depuis le vallon de l'Orrenaye, près du col du Ruburent

f1 est une faille presque verticale qui décale les couches dans le sens dextre (le compartiment en avant décalé vers la gauche).
Le tracé f2? pourrait donner lieu à une interprétation analogue (d'où la désignation ici utilisée) mais il se confond pratiquement avec celui de la base des couches du Dogger et le pendage des couches est plus fort (même légèrement basculé vers le sud-ouest) dans le compartiment qui affleure en contrebas , conformément à ce qui s'observe plus au nord sur la crête (selle au sud des Aiguillettes). Cette surface semble donc correspondre plutôt à une discordance sédimentaire (on peut être tenté d'envisager que ce soit le jeu extensif de la faille f qui ait provoqué le basculement du bloc situé plus à l'ouest).

Ces failles se connectent à celle du Ruburent par un angle aigu à pointe dirigée vers le NW : cela suggère qu'elles puissent représenter des failles secondaires, de Riedel*, liées à une composante de coulissement dans le jeu de cette grande cassure ; compte tenu de leur sens de rejet (décalage vers le nord du compartiment occidental) cela correspondrait à un jeu dextre.
Cette conclusion semble en bon accord avec les connections qui existent, sur le versant italien, entre ce système de cassures et celui de la faille de Bersezio, dont le rejet dextre se manifeste de façon évidente au niveau de la limite entre autochtone et zones internes. La composante de soulèvement du compartiment occidental de la faille du Ruburent résulte donc peut ête du fait que ce coulissement s'exerce sur un dispositif qui plonge vers le NW (de sorte qu'un mouvement dextre se troduit par un surhaussement relatif du compartiment occidental).
On ne peut pas exclure non plus qu'il s'agisse d'anciennes failles extensives jurassiques : c'est ce que suggèrerait la discordance du Dogger sur le Trias que l'on observe au nord du Bec du Lièvre (cf plus haut dans cette page).


Coupe de la partie méridionale de la dépression du Rouchouse
(partie gauche passant en rive droite du torrent de l'Orrenaye)
légende des figurés (nouvelle fenêtre)
n.P = nappe du Parpaillon ; u.S = unité de Serenne ; s.M = synclinal de Meyronnes ; f.R = faille du Ruburent ; a.Ro = anticlinal du Rouchouse.
Nappes briançonnaises (de bas en haut de l'empilement) : n.Ro = nappe du Rouchouse ; n.S = nappe de Sautron.
(extrait de la publication n° 024, 1958, retouché)

 Carte géologique simplifiée des montagnes entre Acceglio et le col de Larche.
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

carte cliquer sur les imagettes Légende
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuilles Larche et Aiguille de Chambeyron
consulter l'aperçu structural général sur les montagnes de l'Ubayette
consulter l'aperçu structural général sur la zone briançonnaise méridionale

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