Le haut vallon d'Orrenaye |
La partie inférieure de ce vallon, orientée SW-NE jusqu'à la bergerie (où il se coude à 90°), coupe transversalement les bandes de terrain de l'unité de Tête Dure.
Le sentier qui monte depuis le col de Larche reste principalement dans les éboulis qui descendent du Bec du Lièvre, d'où la vue vers ce sommet donne l'impression (illusoire) d'une disposition assez chaotique de ses couches (voir la page Tête Dure).
L'orientation NW-SE que prend la partie supérieure de ce vallon le met dans le prolongement méridional de la dépression du Haut Rouchouse. Ce coude brutal est dû à ce que le tracé du vallon est alors guidé par celui de la faille du Ruburent Le creusement des abords de cette cassure par l'érosion s'explique avant tout par le fait que son compartiment oriental voit largement affleurer les marbres en plaquettes tendres de la partie haute de la série de cette nappe (abaissée, de ce côté, par le jeu de la faille). Un second facteur a dû jouer, qui est le fait que le tracé de la cassure est jalonné de roches très tendres, comme les gypses et les cargneules, qui affleurent notamment au col de la Gipière.
Ces gypses sont très disloqués et représentent une sorte de brèche de faille*. Ils ne peuvent guère avoir pris place le long du plan de cassure qu'en remontant de la profondeur (par une sorte de diapirisme*), depuis la surface de charriage de la nappe du Rouchouse (un coussinet de telles roches s'observe effectivement, plus au sud, dans les secteurs du Ruburent et de l'Oserot le long de cette surface de charriage).


Un peu paradoxalement le lac d'Orrenaye est toutefois installé à l'écart de ce tracé, sur les terrains siliceux de la base de l'unité de Tête Dure, remontés par le jeu de la faille.
C'est un exemple du phénomène de "dérive latérale" de l'abrupt de faille, qui se manifeste souvent lors de l'évolution de ces reliefs de faille. Il a dû être facilité par le pendage général des couches qui est incliné vers l'ouest dans les deux compartiments de la faille et sans doute aussi par le rabotage par les glaciers quaternaires qui, descendant des crêtes orientales (Tête de Moyse), venaient buter contre les abrupts occidentaux de la dépression et les affouiller.

En rive ouest, la crête de la Blave - Signora représente le prolongement méridional de cette unité de Tête Dure. Comme plus au nord, au Bec du Lièvre, la succession stratigraphique, très fortement pentée vers l'ouest, y est coupée de failles à composante extensive disposées obliquement par rapport à la faille du Ruburent (la plus importante coupe la crête en biseau au point coté 2722). Au SE de la Pointe de la Signora (à la Cime de Peyrassin, à la Tête et aux lacs de Ruburent) le jeu de ces cassures amène le Dogger à reposer presque directement sur les quartzites triasiques.
| Ces failles se connectent à celle du Ruburent
par un angle aigu, pointant vers le NW : cela suggère
qu'elles puissent représenter des failles secondaires,
de Riedel*, liées à une composante de coulissement
dans le jeu de cette grande cassure ; compte tenu de leur sens
de rejet (décalage vers le nord du compartiment occidental)
cela correspondrait à un jeu dextre. Cette conclusion semble en bon accord avec les connections qui existent, sur le versant italien, entre ce système de cassures et celui de la faille de Bersezio (cf page Argentera), dont le rejet dextre se manifeste de façon évidente au niveau de la limite entre autochtone et zones internes. La composante de soulèvement du compartiment occidental de la faille du Ruburent résulte donc peut ête du fait que ce coulissement s'exerce sur un dispositif qui plonge vers le NW (de sorte qu'un mouvement dextre se traduit par un surhaussement relatif du compartiment occidental) |


En rive droite
(orientale) le vallon d'Orrenaye est dominé par la crête
d'Orrenaye, qui est formée par les calcaires triasiques
de l'extrémité nord de la klippe de Moyse (appartenant
à la nappe de Sautron). Cette arête se signale par
sa ciselure très ruiniforme, typique des reliefs dolomitiques.
Au pied de ses escarpements le matériel ébouleux
s'étale sur le replat qui domine le fond du vallon en glaciers rocheux*
dont les arcs pseudo-morainiques sont assez spectaculaires.

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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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